‹ Inscriptions antiques (volume 2)Chapitre 24 sur 101 · O//VM · texte numérisé non relu

O//VM

. . . ./WzVlTAS-CONIVGI carissimo et incomparabili . . SIVS-ET-MVCIA-FILL PATn pientissimo ponenditm curaverunt

ET' SVB- ASCiû dcdicaventnt PROCVRANTEAELIODIONY5/0

De Boissieu, p. 530. — Comarmond, Description, p. 324; Notice, p. 119. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 21.

Aelius Dionysius était vraisemblablement l'affranchi du défunt; celui-ci devait, dans ce cas, s'appeler Aelius.

Le surnom de l'épouse pourrait tout aussi bien avoir été Bonitas que Félicitas. Les deux surnoms se rencontrent assez fréquemment.

La fille s'appelait Miicia de son surnom; probablement le gentilice de sa mère lui avait été donné sans changement pour cognomen.

Épitaphe d'Aelius Felicianus.

Arcade L. — Cippe avec base et couronnement; « extrait, en « février 1870, du lit du RHONE vis-à-vis la place GROLIER ». Une ascia occupe le milieu de l'attique qui surmonte la corniche. Un trou carré, bordé d'une feuillure pour recevoir un portillon, se voit au milieu de la plinthe de la base. — Hauteur 1 m. 75, du dé 1 m. 08; largeur o m. 60.

/ / AELI ■ FELICI AN / / / INIA • CHRY s i S ■ C O N I V G I 5 DIVA • VIVO

SVB • ASCIA D E D I C A V I T ////////LIB

Gobin , Inscriptions et pierres antiques extraites dit lit du Rhône, p. 11. — Martin-Daussigny, n° 1142 de son Registre d'entrées.

Diis Manibns . . . Aclii Feliciani, . . . inia Chrysis conjugi, viva vivo, sub ascia dedicavit, et liberto.

« Aux dieux Mânes de Aelius Felicianus, . . . inia Chrysis

« a, de son vivant, élevé ce tombeau et l'a dédié sous V ascia. « Et à , leur affranchi (on affranchie) ».

Le nom Aelius, que porte le mari, assigne à l'inscription une époque probablement non antérieure à Hadrien.

Le monument n'était d'abord destiné qu'aux deux époux ; un de leurs esclaves, ayant ensuite obtenu d'eux l'affranchissement, a été admis à avoir sa sépulture dans le tombeau de ses patrons.

Épitaphe d'Aelia Fileta.

Arcade VIII. — Cippe avec base et couronnement, « trouvé il « y a deux ans (c'est-à-dire en 1814) derrière la maison Serlio « à la QUARANTAINE » (Artaud). Une ascia se voit à la première ligne entre les sigles DM. — Hauteur 1 m. 18, du dé o m. 65; largeur o m. 35.

AELIAE-FILETAE AVR • PVSINNio 5 CO N I V G I

KARISSIMAE ET • SIBI • VIVOS />ONENDVM CVRAVIT • ET »o SVB • ASCIA

Les deux N et l'I suivant de PVSINNIO à la quatrième ligne, le

dernier I et le T de DEDICAV1T à la dernière liés en inono-

Artaud, Notice, 1 8 1 6 , p . 17; Musée lapidaire, arcade XI. — De Boissieu, p. 501. — Comarmond, Description, p. 53; Notice, p. 18. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 4.

Diis Manibus et memoriae Aeliae Filetae, Aurelius Pttsiiiuio coniugi karissimae et sibi vivos ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire d'Aelia Fileta ; Aurelius « Pusinnio à son épouse très chère et pour lui-même, a, de son « vivant, élevé ce tombeau et l'a dédié sous Yascia ».

Les noms Aelia de la défunte et Aurelius de son mari attribuent d'une manière presque certaine à cette épitaphe une époque non antérieure à celle de Marc Aurèle. Cependant l'orthographe vivos pour vivus semble être en désaccord formel avec cet âge et en exiger le feculement à près d'un siècle. Quintilien, mort vers la fin du premier siècle ou au commencement du second, nous apprend, en effet (1, 7), que. du temps de son enfance, les maîtres écrivaient cervom et servom, mais que depuis ces mêmes mots ne s'écrivaient plus que par deux v, c'est-à-dire vu. Il s'en faut toutefois que cette objection ait pour notre inscription la valeur qu'on pourrait être tenté de lui reconnaître ; il est notoire que pour tous les usages imités de la Capitale, la province a toujours été également longue à les accepter et à s'en dessaisir. C'est ainsi que l'usage des accents, qui, à Rome, s'éteint sous le règne de Trajan, persiste dans le midi de la Gaule jusque sous celui de Sévère Alexandre, c'est-à-dire pendant encore plus d'un siècle.

Fileta pour Pbileta fait voir qu'il n'y avait sans doute pas, dans le langage habituel, entre / et pb l'extrême différence que signale aussi Quintilien (12, 10) tout à l'avantage de la diphthongue sur

la lettre simple : celle-là « pleine de douceur et d'aménité ». celleci rendant un son qui, dit-il, « n'est presque pas d'une voix « humaine ».

Épitaphe d'Aelia Germanilla.

Arcade XLVI. — Fragment présentant la face, incomplète à gauche, d'un sarcophage; « autrefois chez les GÉNOVÉFAINS » (Millin), quartier SA1NT-IRÉNÉE ; entré au Musée avant 1 8 1 6. L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures pourvu , de chaque côté , d'un appendice en forme de queue d'aronde. Une ascia, aujourd'hui disparue, se voyait peut-être autrefois à la dernière ligne. — Hauteur o m. 66, longueur I m. 29; hauteur de la partie encadrée o m. 46.

tfELIAE • GERMANILLAE

..AELI -GERMAnInI • FlLIAE , QVAE'VIXIT- ANNls VI- MENSI a/ï

B VS • VIIII • DIEBVS- XIII -HORIS- III 5 AELIVS • GERMANiNVS • PATER

FlLIAE ■ DVL ^ CISSIMAE-P-C

Le mot DVL CISSIMAE à la dernière ligne séparé en deux parties à cause d'une défectuosité de la pierre.

De Saint- Antoine, lettre du 14 avril 1631 à la Bibliothèque Barberine de Rome. — Millin, Voyage, I, p. 511. — Artaud,

Notice 1816, p. 57; Musée lapidaire, arcade XXXVII. — De Boissieu, p. 502. — Comarmond, Description, p. 237; Notice, p. 87. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 16.

Diis Manibus Aeliae Germanillae Aelii Germanini filiae,

quae vixit annis VI, mensibus VII II, diebus XIII, boris III ; . . . Aelius Germaninus, pater filiae dulcissimac ponendum curavit.

« Aux dieux Mânes; à Aelia Germanilla, fille de Aelius

« Germaninus, morte à l'âge de six ans, neuf mois, treize jours « et trois heures ; . . . Aelius Germaninus à sa fille chérie a élevé « ce tombeau ».

L'indication du nombre d'heures ajouté sur les épitaphes à celui des ans, mois et jours écoulés avant le trépas, est une marque de l'extrême regret des survivants ; aussi, ce témoignage de tendresse ne se rencontre-t-il guère sur les tombeaux des personnes âgées, mais est, au contraire, fréquent sur les tombeaux des enfants. Autant il est rare qu'un fils ou une fille se laisse mourir de chagrin à la suite de la perte de l'un des auteurs de ses jours, autant sont nombreux les exemples de mères entraînées dans la tombe par la mort de jeunes enfants, que leur amour se plaisait à parer de l'espérance de mille brillantes qualités futures. C'est dans l'ordre des choses qu'il en soit ainsi; quelle serait, en effet, la garantie de la faiblesse du jeune âge si précisément ce n'était cette tendresse innée des parents pour leurs enfants, d'autant plus chéris qu'ils sont encore plus petits? Une inscription de Lyon, qui est l'épitaphe d'une de ces mères désolées morte de douleur de la perte d'un enfant, lui reproche que dunt nimia pia fuit facta est inpia, c'est-à-dire d'être devenue par excès d'amour maternel oublieuse de toute autre affection.

A cause du nom Aelius, l'inscription, de même que les précédentes, n'est probablement pas d'une époque antérieure à Hadrien ou aux premiers Antonins.

La filiation exprimée, non dans la forme habituelle par le prénom du père, mais par ses trois noms, offre une irrégularité d'autant plus inutile que ces mêmes noms sont répétés dans les lignes suivantes.

Le surnom de la fille dérivé par diminutif de celui du père.

Au sujet de la dernière ligne, où se voyait peut-être une ascia intercalée dans le mot DVL CISS1MAE et aujourd'hui disparue par suite d'un accident présumé de la pierre, M. Le Blant, qui donne dans ses Inscriptions chrétiennes de la Gaule (I, p. 106) un extrait de la lettre ci-dessus mentionnée de 1631, s'exprime ainsi : « Nous voyons par la copie de M. de Saint-Antoine que « la partie manquante portait Y ascia. M. de Saint-Antoine était « prêtre et chanoine de Saint-Jean , de Lyon , et sa lettre était « adressée au cardinal Barberini, qui se proposait de publier, en « supplément à Gruter, une série d'inscriptions latines et grec- « ques ». L'érosion de la pierre semble être fort ancienne et remonter probablement à l'antiquité ; il n'est nullement certain que Yascia indiquée sur la copie en question ait été réellement vue. Dans tous les cas, il n'en apparaît actuellement la moindre trace.

Page 1