‹ Inscriptions antiques (volume 2)Chapitre 26 sur 101 · C AT V M EST · texte numérisé non relu

C AT V M EST

CHRONI, à la quatrième ligne, avec H dimidiée; le T et l'R de

MATRONA, à la onzième, liés en un monogramme; il y a la place d'une lettre entre le second B et le second A de BARBz'ANE.

Gruter, 664, 10. — Spon, Recherche, p. 94; éd. 1857, p. 103. — Artaud, Notice, 1808, p. 57; 181 6, p. 79; Musée lapidaire, arcade LX. — De Boissieu. p. 214. — Comarmond, Description, p. 373; Notice, p. 134. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 24.

Dits Mauibus et aeternae quieti P. Aelii Maxiiui Polychronii, qui vixit amiis II, mensibus III, dicbus II1I ; Aelia Eutychiane et Agapeiits, parentes filio dulcissimo ponendum curaverunt; oui locunt arae pietati concessit Iulia Barbiane, matrona incomparabilis; sub ascia dedicatum est.

« Aux dieux Mânes et à l'éternel repos de Publius Aelius Maxi- « mus Polychronius, mort à l'âge de deux ans, trois mois et quatre « jours; Aelia Eutychiane et Agapetus. ses parents, ont élevé à « leur fils chéri ce tombeau. Julia Barbiane, matrone incomparable, « a concédé l'emplacement de ce pieux autel. Le monument a « été dédié sous Y ascia ».

Le jeune Polychronius est mort à l'âge de deux ans. En lui donnant ce surnom d'heureux augure par lequel lui était promise une longue vieillesse, ses parents ne s'attendaient certainement pas à ce qu'une mort si hâtive viendrait faire de leur trop téméraire escompte sur l'avenir une cruelle épigramme. Son père, qui n'est mentionné qu'avec un nom servile, était peut-être un esclave. C'est de sa mère qu'il tenait le gentilice Aelius, et vraisemblablement d'un affranchissement remontant par filière à l'empereur Hadrien, qui s'appelait, comme on sait, Publius Aelius.

Une généreuse dame, Julia Barbiane, a donné l'emplacement du tombeau. Le mot ara, par lequel ce tombeau est désigné, n'est pas une expression abusive. Les âmes des morts, considérées qu'elles étaient comme approchant de la nature divine, bénéficiaient

toutes de l'apothéose et devenaient les dieux Mânes; les tombeaux étaient, dans le fait, des autels consacrés à ces dieux, comme l'indique la formule diis Manibus, début habituel des épitaphes.

La phrase qui constate le don de l'emplacement funéraire est incorrectement construite. On n'aperçoit pas à quoi se rattache le mot pietati; on ne sait s'il s'agit de la piété des parents ou de la piété de la donatrice. Dans le premier cas, cui serait à remplacer par quorum; dans le second, c'est pieiale que l'on aurait dû écrire, c'est-à-dire « par piété ». Le nominatif neutre dedicatum qui vient ensuite ne peut non plus s'expliquer qu'à la condition d'introduire dans le texte les mots hoc monumentum.

Ces incorrections, entre beaucoup d'autres plus ou moins marquantes qui se rencontrent assez fréquemment sur les inscriptions de Lyon, ne sont pas inutiles à constater; elles mettent sous nos yeux des spécimens fidèles des négligences du langage familier de nos ancêtres romains.

Remarquer le double surnom du défunt.

Epitaphe d'Aemilia Valeria.

Arcade XLV. — Fragment présentant la face antérieure d'un sarcophage, partagée du haut en bas en deux fragments et incomplète à droite; découvert à VAISE « en 1845 dans les fondations « de l'ancienne église » (Comarmond). L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures pourvu, de chaque côté, d'un appendice en forme de queue d'aronde. — Hauteur 1 m. 10, Ion-

IÔO INSCRIPTIONS FUNÉRAIRES

gueur i m. 9s; hauteur de la partie encadrée o m. 90. longueur 1 m. 30.

E T • Q V IETI • AETERNAE AEMILIAE- VALERIAE • FEMINAE- S ANC TISSIMAE-tfVAE-VIXIT-ANNIS-LIIII-MEN SE • I • DIEBVs • XXIIII • SINE • VLLA- ANIMI • LAESI 5 ONE • SVPErSTITIBVS • LIBERIS • QVINQVE • NE

DPOTIBVS / / CVM • QVIBVS ■ OB • INSIGNEM • ER m GAEOS-PIé'TATEM-SINECONIVGEVITA-DVL

CISSIMA- VIXIT-ANN-XVIII-M-IIIDI

AEMILIA-ZOTICE'ETSVLPICIVS-ZOTICVS

■o ET-AEMI/IALVPVLAET-AEMILIVS-ZOTI

CVS- ET-rtt'MILIA-ZOTICA -fIlI-MATRI

PIENTIssz'MAE-PONENDVM-CVRAVERVNT

et SVB-ASCIA • DEDICAVERVNT

De Boissieu, p. 480. — Comarmond, Description, p. 274; Notice, p. 101. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 18.

Diis Manibus et quieti aeternae Aemiliae Valeriae, feminae sanc- Hssimae, quae vixit annis LIIII, mense I, diebits XXIIII, sine ulla aniini laesione , super siitibus liber is quinque , nepotibus . . . , cum quibus 6b insignem erga eos pietatem sine coniuge vita àulcissima vixit annis XVIll, inensibus III, die I; Aemilia Zotice et Sulpicius Zoticus et Aemilia Lupula et Aeiuilius Zoticus et Aemilia Zotica, filii, matri pientissimae ponendum curaverunt et sub ascia dedicaverunt.

« Aux dieux Mânes et au repos éternel d 'Aemilia Valeria, « femme très vertueuse, morte à l'âge de cinquante-quatre ans, « un mois et vingt-quatre jours, sans avoir jamais éprouvé de la « part des siens aucune contrariété. Elle a laissé survivants cinq « enfants et petits-enfants, en la compagnie desquels.

INSCRIPTIONS FUNERAIRES IÔI

« n'ayant pas voulu, par une insigne affection pour eux, se rema- « rier, elle a vécu d'une très douce existence dix-huit ans, trois « mois et un jour. Aemilia Zotice, Sulpicius Zoticus, Aemilia « Lupula, Aemilius Zoticus et Aemilia Zotica , ses enfants, ont « élevé à leur excellente mère ce tombeau et l'ont dédié sous « Yascia ».

La défunte s'appelait Aemilia Valeria. Probablement Valeria était le nom gentilice de sa mère, qui lui aura été donné pour surnom sans changement. D'après l'usage le plus ordinairement suivi en pareil cas, on aurait dû l'appeler Valeriana.

Des cinq enfants qu'elle a laissés, quatre se nomment comme elle Aemilius ou Aemilia; un seul, le second ou l'avant-dernier selon l'ordre observé, porte un nom différent et s'appelle Sulpicius. Elle n'aura été mariée que peu de temps peut-être, et son fils Sulpicius aura été seul le fruit de ce mariage. Les autres enfants, nés sans père légitime, n'ont pu recevoir que le nom de leur mère.

Si la vie commune avec ses enfants et petits-enfants date du commencement de son veuvage, Aemilia Valeria a été veuve à trente-six ans.

Le tombeau est élevé et la cérémonie de la dédicace faite au nom de tous les survivants.

Épitaphe d'Aestivius Ursio.

Arcade VI. — Petit cippe privé de sa base, mais encore pourvu de son couronnement ; autrefois dans la collection De Langes (Gruter), à FOURVIÈR.E; « trouvé au quartier SAINT-GEORGES,

« dans les fondations de l'église des Trinitaires » (Artaud); entre au Musée avant 1816. Une ascia occupe, entre les sigles D M de la première ligne, le bandeau de la corniche. — Hauteur o m. 55, du dé o m. 33; largeur o m. 27.

ET MEMORIAE

AETERNAE AESTIVI • VRSIONS 5 QVI • VIXIT • AN • XXV

D- VIIII-RVSTICI NIA • VENNOki'A CONIVGI • DVLCIS SIJYIO-P-C-ET-SVB-AS 10 CIA • DEDICAVIT

PROCVRANTIBVS V ICTOR I O • E VT Y C H ETE • ET • APRL • ALEXSAN D R O

L'N et l'I de VRSIONIs à la quatrième ligne, l'I et l'L de APRIL à favant-dernière, liés en monogrammes.

Gruter, 752, 4. — Spon, Recherche, p. 52 ; éd. 1857, p. 58. — Artaud, Notice 18 16, p. 78 ; Musée lapidaire, arcade LV11I. — De Boissieu, p. 502. — Comarmond, Description, p. 367; Notice, p. 133.

Diis Manibiis et memoriae aeternae Aestivii Ursionis, qui vixit anuis XXV, dicbus Vllll ; Rusticinia Véhnonîa coniugi dulcissimo ponendum curavit et sub ascia dedicavit , procurautibus Victorio Eutychete et Aprilio Alexsandro.

. « Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d'Aestivius Ursio,

« mort à l'âge de vingt-cinq ans et neuf jours ; Rusticinia Ven- « nonia à son époux bien-aimé a élevé ce tombeau et l'a dédié « sous Xascia, par les soins de Victorius Eutyches et d'Aprilius « Alexsander ».

Tous les gentilices de cette épitaphe : Aestiviiis, Rusticinia, Victorius, Aprilius, sont visiblement des cognomina transformés.

Vennonia, peut-être originaire du pays des Vennones, anciens habitants de l'actuelle Valteline, au pied des Alpes à l'entrée de l'Italie.

Épitaphe d'Ancharius Marianus.

Arcade LVII. — Petit cippe privé de sa base, mais encore pourvu de son couronnement; « découvert à SAINT-IRÉNÉE et placé près « de l'entrée du couloir qui conduit à la crypte située sous l'église, « à gauche du perron de la façade » (De Boissieu); entré au Musée en 1863 (Daussigny). — Hauteur o m. 55, du dé o m. 31; largeur o m. 27.

HAVE IN AETRNM Q ANCHARI AE"ERNVMQ 5 M A R I A N E

Le T et le second E de AETERNVM à la- seconde et à la quatrième lignes, l'V et l'M du même mot, à la seconde, liés en

monogrammes ; ANCHARI , à la troisième, avec H dimidiée à droite.

De Boissieu, p. 502. — Martin-Daussigny, n° 1015 de son Registre d'entrées.

Hâve in aeternum, Q. Ancbari, aeternumque, Mariane, vale!

« Adieu pour l'éternité, Quintus Ancharius, et pour l'éternité « adieu, Marianus ».

Hâve était la formule du salut du matin, vale celle du salut du soir; sur les tombeaux, c'est l'adieu éternel. La manière dont ces deux formules coupent ici les noms a fait croire à quelques-uns que l'épitaphe est commune à deux défunts, l'un appelé Qiiintus Ancharius, l'autre Marianus. 11 n'y a qu'un défunt; il s'appelle Quintus Ancharius Marianus des trois noms réguliers de la nomenclature romaine.

Ancharius est un nom devenu rare de bonne heure sous l'empire. La première femme du père d'Auguste se nommait Ancharia.

Hâve par /; est l'orthographe épigraphique ordinaire. Au dire de Quintilien (I. 6), on écrivait anciennement le mot sans aspiration.

Épitaphe d'Annius Speratus.

Arcade XXVI. — Cippe dont la base manque avec la partie inférieure du dé et dont le couronnement, réduit à sa moitié

droite, a été retaillé et affleuré au dé ; découvert dans la SAONE « parmi les matériaux antiques du pont du CHANGE » (De Boissieu); « en 1847, dans 'a voûte de la troisième arche, rive gauche « de la Saône » (Comarmond). — Hauteur o m. 96, largeur

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