‹ Inscriptions antiques (volume 2)Chapitre 30 sur 101 · QVI-SIBI- ANTE-MORTEM-RO · texte numérisé non relu

QVI-SIBI- ANTE-MORTEM-RO

GAVIT • QVAM ■ PARENTIBVS SVIS-C-IVL-MAXIMVS-'FILIAS

'o TRO-ET-AVRELIA-FAVSTINA

MATER'VNICO- FILIODESO LAT-PC'ET-SVB'ASCIADEDI CAVERVNT-MVLTIS'ANNIS VIVAT- QVI'DIXERITARPAGI TIBI • TERRAM • LEVEM

Le mot FAVSTINI ajouté après coup dans l'interligne; l'N et

l82 INSCRIPTIONS FUNÉRAIRES

le T de INFANTIS à la quatrième ligne, les deux N de ANN1S à la sixième et à la treizième, liés en monogrammes.

Gruter, 682, 9. — Spon, p. 46; éd. 1857, p. 51. — Ménestrier, Histoire cous., p. 56. — Colonia, Hist., litt., I, p. 210. — Greppo, Revue du Lyonnais, X, p. 334. — De Boissieu, p. 486. — Comarmond, Description, p. 307, pi. 16; Notice, p. 113. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 20. — Wilmanns, 247.

Diis Manibus et memoriae aeteruae M. Aurelii Faustini, infanfis dulcissimi et incontparabili, qui vixit annis Vllll, uieusibus II, diebus XIII , qui sibi ante mortem rogavit quam parentibus suis; C. lutins Maximus filiastro, et Aurélia Faustina, mater unico filio, desolati, ponendum curaverunt et sub ascia dedicaverunt.

Multis annis vivat qui dixerit : Arpagi, tibi terrant lèvent !

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Marcus « Aurelius Faustinus, enfant tendrement aimé et incomparable, « mort à l'âge de neuf ans, deux mois et treize jours, ayant « demandé de mourir avant ses parents. Caius Julius Maximus « à son filiâtre, et Aurélia Faustina à son fils unique, ses « parents désolés ont élevé ce tombeau et l'ont dédié sous « \' ascia.

« Vive de longues années celui qui te souhaitera, enfant trop « tôt ravi, la terre légère ».

Ce suave enfant, qui, en présence du trépas, « souhaita de « mourir avant ses parents », était déjà né lorsque sa mère fut unie en mariage à Julius Maximus, car c'est d'elle qu'il tenait ses noms. Son prénom et son nom sont précisément ceux de l'empereur Marc Aurèle, son surnom est celui de l'impératrice Faustine. Son épitaphe doit-être d'une époque voisine de celle du règne de Marc Aurèle.

Ainsi qu'on l'a remarqué bien avant nous, le mot filiasier est

étranger au style littéraire; c'était, comme aujourd'hui encore, un terme du langage familier.

La prière adressée au visiteur du tombeau est des plus touchantes. Dans les idées des anciens, toute relation entre le corps et l'âme n'était pas rompue par la mort. Les Mânes du défunt se plaisaient à venir le visiter ou au moins à hanter la tombe sous laquelle reposait la dépouille mortelle. On supposait même que celle-ci n'était pas entièrement dépourvue de sensibilité, et l'on s'inquiétait du malaise que devait lui causer, surtout si elle était celle d'un enfant, le pesant fardeau de la terre. Le souhait de « la terre légère » était un souhait pieux, réputé efficace pour le soulagement du mort, et c'est souvent, comme ici, que l'épitaphe l'implore de la piété du passant. Quant au mot grec latinisé arpagi, il est l'équivalent de rapte et il se rencontre fréquemment sur les épitaphes des enfants (voy. Marini, Arv., p. 364). Il signifie « enlevé », ou par la mort ou par les dieux et alors au ciel. C'est par allusion à cet enlèvement des enfants au ciel que souvent était représenté, sur des tombeaux ornés de sculptures, le rapt de Ganymède. Le torse juvénile trouvé dans la maçonnerie d'un des tombeaux de la voie d'Aquitaine (ci-dessus, p. 34), est peut-être, comme nous l'avons conjecturé, le reste d'une statue de Ganymède.

Déjà, du temps de Juvénal (Sut., IL 6), il était de mode à Rome d'emprunter au grec les termes de tendresse. Le tombeau du jeune Faustinus et plusieurs autres témoignent que Lyon n'était pas resté étranger à cette mode.

Le changement de cas dans les mots infantis dalcissinri et incomparabili au lieu de incomparabiln est fréquent. C'était même une règle, nécessitée pour la clarté et qui se retrouve sur les épitaphes du meilleur temps, qu'après les noms du défunt, au génitif comme régime de dits Manibus, vinssent au datif les qualificatifs, et on écrivait par exemple dits Manibus Ti. Claudii Festi, patri oplimo préférablement à patris optimi.

Épitaphe d'Aurelia Pervinca.

Pilastre entre les arcades XIV et XV. — Cippe avec base et couronnement, extrait du puits de TRION en mars 1886. Sur la face supérieure existe un loailus carré contenant autrefois l'urne cinéraire. A l'extrémité de chacune des deux volutes de la lysis, se voyait un trou de scellement; celui du côté gauche a disparu. Une ascia, gravée au trait, occupe, entre les sigles D M, le milieu de la première ligne de l'inscription. — Hauteur o m. 88 ; du dé o m. 45, largeur o m. 39.

ET-MEMOrIaE- AETtf RNAE AVRELIAE PERVINCAE • AMlcae 5 INCOMPARABI/f

AVREL • MESSORIA NVS • AMICVS • ET • SIBI • VIVS • PONE ND VM • C VR AVIT ■o ET-SVB-A SCIA DEDl

Allmer et Dissard, Trion, p. 184. — Allmer, Revue êpigraphiqiie, II, p. 279.

Diis Manibus et memoriae aeternae Aureliae Pervincae, amicae incomparabili, Aurelius Messorianus, amicus, et sibi vivus ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d'Aurelia Pervinca; « Aurelius Messorianus à son amie incomparable , et de son « vivant pour lui-même, a élevé ce tombeau et l'a dédié sous « l' ascia ».

Aurélia Pervinca est déjà pour nous une ancienne connaissance. Nous l'avons rencontrée sur une des inscriptions précédentes (cidessus, I, p. 394), où elle figure comme affranchie et héritière d'un soldat retraité de l'armée de la Germanie Inférieure, Marcus Aurelius Januarius, vétéran de la légion XXX" Ulpia Victrix , cantonnée à Vetera.

Le mot arnica a fréquemment le sens de « maîtresse » ; le mot amicus se prend, au contraire, toujours en acception honnête; il n'y a donc pas lieu de supposer entre Pervinca et Messorianus autre chose qu'un lien d'amitié.

Epitaphe d'Aurelia Sabbatia.

Arcade XVI. — Cippe privé de sa base, mais encore pourvu de son couronnement; extrait du puits de TRION en novembre 1885. Un pyramidion, brisé à la pointe, terminait le couronnement; la lysis qui lui sert de socle présente, entre deux antéfixes d'angle, un fronton obtus au milieu duquel est gravée en creux une ascia.*

Les sigles D M, qui composent à elles seules la première ligne de l'inscription, occupent le milieu du bandeau de la corniche. — Hauteur o m. 88; du dé o m. 48, largeur o m. 30.

ET • MEMORIAE

AETERNAE AVRELIAE'SABBA

5 TIAE- ANIMAE-IN

NOCENTISSIMÂ E QVAE- VIX • ANM ■ 1 1 1 1 MENS • V III I • D • XII /AVREL-SEXTIANVS

'o ET -GESATIA • CLARI

/ // / • FlLIAE • DVL cissiM- P ■ C ET- SVB a s c i a ■ D E D I C

Allmer, Revue èpigrapbique, II, p. 279. — Allmer et Dissard, Trion, p. 185.

Diis Manibus et memoriae aeternàe Aureliae Sabbatiàe, animâe innocentissimâe, qnâe vixit annis lïll, mcnsibiis Vlïll, diebus XII ;

Aiirclius Sextiâmis et Gesatia Clarifia (?) filiâe duleissimae

ponendum curaverunt et sitb ascia dedicaverunt.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d'Aurelia « Sabbatia, innocente âme. morte à l'âge de quatre ans, neuf

« mois et douze jours Aurelius Sextianus et Gesatia

« Clarina, ont élevé à leur fille chérie ce tombeau et l'ont dédié « sous Y ascia ».

Remarquer le gentilice Gesatia et le cognomen Sabbalia qui évoquent le souvenir de deux nationalités bien différentes : gauloise pour la mère, juive pour la fille.

A cause des accents qu'elle contient, l'inscription ne doit pas être postérieure à la période antonine.

Épitaphe de ....... mari d' Aurélia Sabina.

Arcade XXXIV. — Moitié inférieure d'un sarcophage, découvert « en 1824, lors de la reconstruction de l'église SA1NT-1RÉNÉE » (Comarmond); « en 1825, devant l'église Saint-Irénée et placé « ensuite dans la rampe gauche du perron de cette église » (De Boissieu). L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures pourvu, de chaque côté, d'un appendice en forme de queue d'aronde; ces appendices sont occupés par les sigles D M. — Hauteur o m. 65, largeur 2 m. 14, de la partie encadrée 1 m. 20.

LIIDW I I I I I I I I / / I I I I I I I I I I I I I I / / I ! / IVSADFECTIONEMAR1TIPERMANENTAETERNA BENEFICIA-ET-LICET • SORS • INl QVA • FATORVM • vlTAM ABSTVLERIT ■ MEMORIA-TAMEN • LAVDIS • El VS • ET • GLO RIAE'MANENTEHOCTITVLO-DVRABITAETERNA AVRELIA-SAbInA CONIVGI KARISSIM'DVLCISSIM PIENTISSIM INCOMPARABILQyImECVM-vIxITSINEVL- LA-ANIMI-LAESIONE-ANN-XX-M-II-ET-SIBI-vIvA-P-C-ET-S-AD

Archives historiques du Rhône, 12, p. 62. — De Boissieu, p. 481.

— Comarmond, Description, p. 209, Notice, p. 77. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 13.

adfectione mariti permanent aeterna bénéficia, et, ticet

sors iniqna fatorum vitam abstulerit, memoria tamen taudis ejus et gloriae, manente hoc iitiilo, durabit aeterna. Aurélia Sabina coniugi karissimo, dulcissimo, pientissimo , incotnparabili, qui mecum vixit sine ulla animi laesione annis XX, mensibus II, et sibi viva ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

« inoubliables bienfaits et éternels témoignages de

« l'affection d'un mari; et, bien que l'injuste arrêt des destins « ait mis fin à ses jours, son souvenir, conservé par cette épitaphe « consacrée à son éloge et à sa gloire, demeurera éternel. Aurélia « Sabina, à son mari très cher, excellent et incomparable, qui « a vécu avec moi sans m'avoir jamais causé aucune contrariété, « vingt ans et deux mois, ai de mon vivant, élevé ce tombeau « et l'ai dédié sous ï ascia ».

Voici un texte dont la mutilation est bien regrettable. S'il faut prendre à la lettre les éloges de l'épitaphe, le défunt était un personnage marquant, qui s'était acquis de la renommée, voire même « une gloire sans fin ». Il a au moins eu, à notre connaissance, le mérite de n'avoir jamais causé a sa femme, pendant les vingt années qu'il a vécu avec elle, ni le moindre chagrin ni la moindre peine. Mais c'était là, à Lyon, — les inscriptions en font foi, — la règle commune, et un fait si ordinaire ne saurait justifier de valables prétentions à l'admiration de la postérité. Malheureusement, le texte a péri en partie et avec cette partie l'éternel souvenir confié à sa garde.

Épitaphe d'Aurelia Secundina.

Pilastre entre les arcades XLIII et XLIV. — Cippe avec base et couronnement, extrait du puits de TRION en janvier 1886. Une ascia, gravée en creux, occupe, à la première ligne de l'inscription, le milieu de l'espace entre les sigles DM. — Hauteur 1 m. 86; du dé 1 m. 24, largeur o m. 51.

ET • MEMORIAE

AETERNAE 0 AVRELIAE • SECVN 5 DINAE' QVAE ■ VIXIT

ANSflS-XXV-M-XI-D/III PERVINCIVS • PO LYCHRONIVS CONIVGI • CARIS 'o SIMAE-H^INCONPA

RABILI • POISENDM CVRAVIT • ET • SVB ASC ■ DEDICAVIT

Les deux N de ANNIS. le D et le V de DVIII à la sixième ligne, l'E et le T de ET, l'N et le P de INCONPA à la dixième,

l'N et l'E, l'N et le D, l'V et l'M de PONENDVM à la onzième liés en monogrammes; le point après AETERNAE figuré par une palmette.

Allmer et Dissard, Trion, p. 187. — Allmer, Revue èpigrapbique, II, p. 280.

Diis Manibus et memoriae aeternae Aureliae Secundinae quae vixit annis XX y, mensibus XI, diebus Vllï ; Pervincius Polychronius coniugi carissimae et inconparabili ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d'Aurelia Secun- « dina, morte à l'âge de vingt-cinq ans, onze mois et huit jours; « Pervincius Polychronius à son épouse très chère et incom- « parable a élevé ce tombeau et l'a dédié sous X ascia ».

Pervincius, à cause de son surnom servile Polychronius, n'était vraisemblablement qu'un affranchi.

Remarquer le gentilice Pervincius formé du cognomen Pervincus, et la rencontre incorrecte d'une n avec un p dans le mot inconparabili.

Épitaphe de Bellius Belliolus.

Arcade XXXVIII. — Cippe dont la base et le couronnement ont été retaillés et affleurés au dé; « découvert, quartier des « TERREAUX, en 1832, dans les matériaux de l'ancien quai des

« AUGUSTINS près de l'égout de la rue du Bessard » (de Boissieu). — Hauteur 2 m., largeur o m. 79.

ET-MEMORIAE- DVLCIS SIMAE-C- BELLI- BELLIOLI

Qyl-vIxiT-ANNls-VII-M-IIII 5 D-III-C-BELLIVS-OCTAVIVS

PATER-ET-FIRMIA-SEXTIOLA MATER-ET-BELLIA-OCTA/IOLA SOROR • Vlvi • s/BI • POSTE

rIsqve-svIs-fecervnt-et

SVB • ASCIA • DEDICAVERVNT

A la quatrième ligne Vil et non pas VI, à la septième BELLI A et non pas FILIA ; le premier A et le V de OCTAVIOLA, à la même, liés en un monogramme ; le point entre les sigles D M, à la première, figuré par une hedera.

De Boissieu, p. 503. — Comarmond, Descr., p. 229; Notice, p. 84. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 15.

Diis Manibiis et memoriae dulcissimae Caii Bellii Bellioli, qui vixit annis VII, mensibus II II, diebus III; C. Bellius Octavius, pater, et Firmia Sextiola, mater, et Bellia Octaviola, soror, vivi sibi posterisque suis feceruut et sub ascia dedicaverunt.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire chérie de Caius Bellius « Belliolus, mort à l'âge de sept ans, quatre mois et trois jours; « Caius Bellius Octavius, son père, et Firmia Sextiola, sa mère, « et Bellia Octaviola, sa sœur, ont, de leur vivant, élevé ce « tombeau et aussi pour eux-mêmes et pour leurs descendants « et l'ont dédié sous ï ascia ».

IÇ2 INSCRIPTIONS FUNÉRAIRES

Le sentiment de tendresse que laisse percer la formule memoriae dulcissimae au lieu de l'ordinaire memoriae aeternae s'explique par le jeune âge du défunt. Voir ci-dessus n° 249 le commentaire de l'épitaphe de Germanilla.

Le père, la mère et la sœur se réunissent pour élever en commun le tombeau et faire en commun la consécration sous Yascia.

Le même prénom commun au père et au fils.

Bellius le nom du père, Firmia le nom de la mère, cognomens transformés en gentilices ; au contraire, Octavius le surnom du père , gentilice employé comme cognomen , et permettant d'apercevoir que la grand-mère paternelle s'appelait probablement Octavia.

Les surnoms des deux enfants dérivés par forme diminutive des noms du père : Belliolus de son nom gentilice, Octaviola de son surnom.

Si d'autres enfants étaient venus, ils eussent sans doute reçu des surnoms tirés des noms de leur mère.

Les gentilices de forme cognominale, marque certaine d'une basse extraction.

Épitaphe de Bittia Titia.

Arcade L. — Cippe avec base et couronnement; « trouvé « en février 1870 dans le lit du RHONE vis-à-vis la place « GROLIER. » (Daussigny). Une ascia, gravée au trait, se voit à la première ligne entre les sigles D M, non au milieu de l'intervalle entre les deux lettres, mais très rapprochée de l'M ; il y avait

peut-être près du D une autre ascïa, aujourd'hui disparue. — Hauteur 1 m. 40, du dé o m. 80; largeur o m. 65.

ET • MEMORIAE- AETERNAc

BITTIAE • TITIAE • FeMINa'e

SANCTISSIMA'E • ET • INCOM

5 PARABILI ■ MORIBVS • e t pic

TATETSABINIOSANCTOCON

IVGI- VIVO- IVLIVS- DIVICIACUS

ET-SABINIVS-SANCTINVS- FI//

PARENTIBVS a KARISSIM/.v

10 PONENDVM • CVRAVERV///

ET-SVB • ASCIA • DEDICAVE

Le T et l'E final de pieTATE liés en un monogramme; les A de FEMINAE, de SANCT1SS1MAE, de pieTATE, accentués.

Gobin, Inscriptions et pierres antiques extraites du lit du Rhône, 'p. 14. — Martin-Daussigny, n° 1144 de son Registre d'entrées.

Diis Manibus et inemoriae aeiernae Bittiae Titiae, feminàe sauetissimâe et incoinparabili moribns et pietâte, et Sabinio Sancto, coniugi vivo; lutins Diviciacus et Sabinius Sanctinus, filii, parentibus harissimis ponendum curaverunt et sitb aseia dedicaverunt.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Bittia Titia. « femme très vertueuse, d'une pureté de mœurs et d'une piété « incomparables, et à Sabinius Sanctus. son mari survivant ; Julius « Diviciacus et Sabinius Sanctinus, ses fils, ont élevé à leurs « parents très chers ce tombeau et l'ont dédié sous Yascia ».

La défunte, Bittia Titia, avait pour surnom un gentilice qui vraisemblablement avait été celui de sa mère.

De son mariage avec Sabinius Sanctus était né son fils Sanctinus, dont le surnom dérive par diminutif de celui du père. Elle avait eu d'un précédent mariage avec un Julius son autre fils, Julius Diviciacus, en qui nous retrouvons peut-être un descendant de l'éduen Divitiacus, l'allié des Romains dans la guerre des Gaules. La substitution du c au / dans Diviciacus écrit par c sur notre inscription et par / dans les Commentaires, n'est pas un obstacle à l'identification des deux formes du nom. Soit en épigraphie, soit chez les auteurs, la confusion des deux lettres est fréquente ; par exemple otium et ocium , tribunicius et trïbunitius, et dans les noms propres, Arretinus et Arrecinus, Acilianus et Atilianus, etc. (Marini, Arv., p. 173).

Le nom Bittius, s'il n'est le même que Vettius, serait aussi un nom celtque, transformé en gentilice romain.

L'éloge décerné à Bittia est remarquable ; il nous montre que, non moins chez les paeïns que chez les chrétiens, la pureté des mœurs et la pietas, c'est-à-dire, non pas la dévotion, mais le dévouement affectueux, étaient tenues en honneur.

Épitaphe de Cabutius Sextus.

Arcade LI. — Fragment présentant le dé, très détérioré et incomplet à droite et en bas, d'un cippe qui primitivement devait être pourvu d'une base et d'un couronnement; « servant autrefois « de borne au coin de la rue SA1NT-1RÉNÉE » (Artaud); « où il « était enterré sens dessus -dessous au tiers de sa hauteur »

INSCRIPTIONS FUNÉRAIRES IÇS

(Comarmond) ; entré au Musée avant i S 1 6. — Hauteur o m. 96, largeur o m. 37.

Q__- CABY/i S E X T I • HO mi N I S • O P T / 5 MI • QVI • Six

IT- ANNIS-X// M • XI • D • V// c 0 B V T I A acCEPTa p a 'o //ICA

L'M de la première ligne réduite à l'extrémité inférieure de sa haste gauche ; les deux N de ANNIS à la sixième, liés en un monogramme; l'I à la dixième incertain : un I ou une L. mais plutôt un I.

Spon, exemplaire interfolié à la Bibl. nationale. — Ménestrier, Hist. cous., p. 1 10. — Artaud, Notice 18 16, p. 14. — De Boissieu, p. 504. — Comarmond, Description, p. 279; Notice, p. 102.

Diis Manibus Q. Cabutii Sexti, boininis optimi, qui vixit annis X .. ., mensibus XI, diebus V. . . ; Cabutia Accepta patri carissimo ponendum curavit, sitb ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes de Quintus Cabutius Sextus, homme plein

« de bonté, mort à 1 âge de ans, onze mois et cinq (?)

« jours ; Cabutia Accepta a élevé à son père ce tombeau et l'a « dédié sous Y ascia ».

Sextus, ordinairement prénom, employé ici comme surnom.

CabuHus, nom peut-être celtique. Une inscription des Alpes Cottiennes (C. I. L., V. 7221). mentionne une Tertia,* Càbutonis filia; faut-il reconnaître dans ce Cabiito le thème primitif, et alors plutôt ligure que celtique, du nom de notre Cabutius, ou bien tout simplement le surnom très romain et très commun Capito, défiguré par une prononciation locale?

Épitaphe de Caesonius Felicio.

Arcade XVIII. — Petit cippe avec base et couronnement trouvé dans la SAONE; « extrait en 1847, de 'a dernière arche, arcus « mirabilis, du pont du CHANGE » (De Boissieu) ; « découvert « en 1847 dans les fondations de la première pile du pont du « Change, rive gauche » (Comarmond). — Hauteur o m. 70. du dé o m. 4=> ; largeur o m. 40.

CAESONI • F E L I C I O N i s

i- A E S O N I A • AMPLIATrt

FILIO • CARISSIJWO

5 DEFVNCTO • A NM O R

Les deux N de ANNOR à l'avant-dernière ligne liées en un monogramme.

De Boissieu, p. 504. — Comarmond, Description, p. 106; Notice, p. 36.

Diis Manibus Caesouii Feliciouis; Caesonia Ampliata filio carissimo, dèfuncto annorum XXIII.

« Aux dieux Mânes de Caesonius Felicio ; Caesonia Ampliata « à son fils très cher, mort à l'âge de vingt-trois ans ».

Ce fils, à qui l'épitaphe ne donne pas de père et qui a le nom gentilice de sa mère, était vraisemblablement un fils naturel.

Le nom Caesonius, déjà connu à Lyon par d'autres inscriptions; un Marcus Caesonius (ci-dessus, II, p. 429) était sévir augustal de la colonie Copia Claudia Augusta Lugudiinum.

La mère du défunt se nommait Ampliata, non Amplia comme d'autres ont lu à tort.

Épitaphe de Callistia Ma.

Pilastre entre les arcades XXX et XXXI. — Cippe avec base et couronnement, découvert le 8 mai 1885 à TRION, à 10 ou is mètres au couchant du pont de la montée de Loyasse. Un cône en forme de pomme de pin, trouvé en même temps et à côté, lui appartenait peut-être et devait s'emboîter dans une mortaise carrée qui occupe le milieu de la face supérieure. Sur le devant de la plinthe de la base se voit une cavité à ouverture carrée, autrefois pourvue d'un portillon, dont il reste les scellements. Le

cippe reposait sur une dalle quadrangulaire au centre de laquelle existe un loculus répondant à cette cavité. — Hauteur 1 m. 13, du dé o m. 64 ; largeur o m. 51.

C ALLISTIAE

ME • TERTINIAE • PRIMI 5 TlVAE * MATRIS •

SEVER*COBRVNVS

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