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Le T et le second E de AETERNAE à la première ligne, 11 et l'N de RVFINVS à la troisième, l'M et l'V de DOMVS à la huitième, l'V et l'A de TVA à la onzième, l'N, le T et l'E de CVRANTE, le T et le dernier E de SEQVENTE à la dernière, liés en monogrammes.
Bellièvre, Epitaph., p. 88. — Symeoni. ms., p. 88. — Gruter, 66 i , i. — Spon, Recherche, p. 53; éd. 1857, p. 60. — Ménestrier. Hist. cous., p. 58. — Burmann, Anfhol., IV, 1 5. — Artaud,
Notice 1808, p. 51; 18 16, p. 35; Musée lapidaire, arcade XXI. — De Boissieu, p. 484. — Comarmond, Description, p. 147; Notice, p. 52. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 9.
[D/ïs Mauibus, quieiji aeternae L. Claudii Rufini.
Claudius hune vivus Stygias Rufinus ad timbras
Instituit titulum, post animae requiem Qiù teslis vitae fati sit lege futurus,
Cum domus accipiet saxea corpus babens, Quodque meam retinet vocem data littera saxo Voce tua vivet, quisque lege s titulos. Rottio hic situs est, juveuili robore quondam, qui sibi, moxque suae nutrici Marciane, item Verinae, conlactiae, haec monumenta dédit et sub ascia dedicavit, curante Claudio Sequente, patrono.
« Aux dieux Mânes, au repos éternel de Lucius Claudius Rufinus.
« Claudius Rufinus ai, de mon vivant, gravé cette épitaphe afin « que, lorsque mon âme goûtera le repos parmi les Ombres, « habitantes des bords du Styx, et que mon corps, subissant la « loi du Destin, aura pris gîte dans cette maison faite d'un bloc « de pierre, elle soit un témoin survivant de mon existence, et « que ma voix, conservée par ces lignes confiées au marbre, « revive par ta voix, qui que tu sois, passant, qui t'arrêteras pour « les lire.
« Ici repose Rottio, autrefois plein de jeunesse et de vigueur. \< A ce tombeau, qu'il s'est préparé pour lui-même, il a joint « bientôt cejui de sa nourrice Marciane, et ensuite celui de Verina, « sa sœur de lait, et il les a dédiés sous Y ascia par les soins de « Claudius Sequens, son patron ».
Les épitaphes en vers, communes sous la République et au bas Empire, ont été peu fréquentes pendant les premiers siècles de la période impériale. Cette rareté des inscriptions métriques est à peine regrettable, si l'on en juge par celles que l'on rencontre çà
et là et sont comme autant d'images trop fidèles de cette civilisation demi-barbare au-dessus de laquelle ne s'est guère élevé l'Occident romain. 11 n'y a pas exception pour Lyon; sans doute d'ailleurs, on s'y occupait beaucoup moins de poésie que de bureaucratie et de commerce. Il ne faut pas non plus l'oublier, les épitaphes et surtout celles des simples particuliers ne sont pas des morceaux de haute littérature, et certainement n'en valent pas moins pour cela. Rédigées en famille, elles nous offrent, à la place des boursouflures et des banalités dont les eussent remplies des rhéteurs de profession, des échantillons sincères de la culture et du langage du peuple. Celle de Rufinus n'est pas pire que la plupart de celles que l'on trouve ailleurs. Elle n'a pas toujours à l'égard de la syntaxe un parfait respect; elle embrouille les membres de phrase, elle ne se déconcerte pas devant un solécisme ou un pléonasme et saute, sans s'en soucier davantage, d'une personne grammaticale à une autre; mais c'est déjà quelque chose qu'elle soit absente de fautes de prosodie. Ce qu'elle dit du corps inerte dans la tombe et de l'âme, habitant à l'état d'Ombre le lieu de repos qu'enveloppe le Styx. est conforme aux croyances des païens. L'idée que la voix du passant lisant l'épitaphe sera comme une continuelle renaissance de celle qui l'a dictée, n'est ni sans grâce ni sans originalité. La bizarre transformation qui de Rufinus a fait Rottio nous initie à un détail de la vie intime de notre personnage poète; Rottio était le petit-nom dont l'appelaient les personnes de son entourage familier, sa soeur de lait, sa nourrice, à qui probablement en appartenait l'invention.
Le texte ne donne pas de prénom au patron ; c'est sans doute que, celui de l'affranchi étant déjà énoncé dans les premières lignes, une répétition aura été jugée superflue.
Épitaphe de Claudia Victoria.
Arcade XXIV. — Cippe avec base et couronnement; « trouvé « en décembre 1874, rue de TRION, en creusant pour l'établis- « sèment de la gare de Saint-Just » (Daussigny). Une tfscia est gravée sur le haut de la face latérale droite. — Hauteur 1 m. 47. du dé o m. 75, largeur o m. 50.
QVAE- vIxiT- ANN-X