‹ Inscriptions antiques (volume 2)Chapitre 40 sur 101 · MENS ■ I • DIES • X I · texte numérisé non relu

MENS ■ I • DIES • X I

CLAVDIA • SEVERl

NA • MATER • FlLIAE

DVLCISSIMAE

ET- SIBI ■ Vl VA- FECT

■o SVB • ASCIA • DEDI

Martin-Daussigny, n" 121 1 de son Registre d'entrées. — Allmer, Revue èpigraphique, 1. p. 298. — Locard, Note sur vue tombe romaine' trouvée à Lyon et renfermant le masque d'un enfant, 1882, p. 11. avec héliogravure. — Allmer et Dissard, Trion. p. 33.

• VICTORI AE

Diis Manibus et memoriae Claudiae Victoriae, quae vixit annos X, mensem I, dies XI ; Claudia Severina, mater, fiîiae dulcissimae et sibi viva fecit, sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire de Claudia Victoria, « morte à l'âge de dix ans, un mois et onze jours ; Claudia Seve- « rina a élevé ce tombeau à sa fille chérie et, de son vivant, pour « elle-même et l'a dédié sous l'ascia ».

Claudia Victoria, qui porte le nom gentilice de sa mère, paraît avoir été une enfant naturelle. Son surnom Victoria lui venait peut-être de son père, qui alors devra s'être appelé Victor ou Victoriims, mais non Victorins qui était un cognomen des plus inusités.

Une inscription, aujourd'hui perdue, autrefois à Saint-hénée, mentionnait un Claudius Severinus, ami et héritier d'un batelier du Rhône. Etait-il parent de notre Claudia Severina? était-il son père ou son frère ou son fils au cas où elle aurait eu d'autres enfants que sa fille Victoria ? ne devait-il qu'au hasard cette communauté de noms? Il n'est nullement possible de le dire.

Mais ce qui ajoute à notre inscription un intérêt tout à fait exceptionnel , c'est l'objet extrêmement curieux et sans autre exemple peut-être, trouvé dans la tombe sur laquelle gisait descellé et renversé le cippe qu'elle décore. Cette tombe était une auge, non d'un seul bloc, mais à parois rapportées, assez longue pour recevoir le corps d'une grande personne et assez haute de bords pour pouvoir contenir deux corps superposés. Elle était fermée par deux dalles : l'une plus grande, aplanie finement au-dessus de la tête et simplement dégrossie au-dessus du corps, devait porter sur cette partie moins achevée le cippe, placé ainsi sur le milieu du cercueil ; l'autre, plus petite et à peu près carrée, couvrait les pieds et pouvait être soulevée à volonté. Ces dalles enlevées, on put reconnaître que l'auge n'avait jamais renfermé que le corps de la jeune Victoria; sa mère, oublieuse de sa promesse, n'était pas venue l'y rejoindre. Aux pieds du cadavre avaient

été déposés une poupée articulée en ivoire, des aiguilles de la même matière, des épingles en bronze, un moule malheureusement fracturé au moment de la découverte et maintenant incomplet. Ce moule est en plâtre et a fourni le portrait dont est donnée ici la reproduction. Il est facile de se rendre compte de sa présence dans le tombeau. Ne pouvant consentir à se séparer entièrement de sa fille que la mort vient de lui ravir, la mère de la jeune Victoria a coulé sur le visage non encore décomposé de son enfant

du plâtre liquide, et, après avoir tiré du moule ainsi obtenu une image de ses traits chéris, a pieusement joint le moule lui-même aux autres objets confiés à la garde de sa tombe.

Recuelli par M. Drugeat, conducteur des travaux du chemin de fer de Lyon à Saint-Just, ce moule a été remis par lui, au bout de plusieurs années, à M. Locard, de l'Académie de Lyon, qui. à son tour et non moins généreusement, s'est empressé d'en enrichir le Musée et a publié sur cet objet une notice très complète.

C'est peut-être la première fois qu'un moule de plâtre coulé sur le visage d'un mort se rencontre dans un tombeau romain ; il serait toutefois extrêmement téméraire d'affirmer que l'acte inspiré à Claudia Severina par l'amour maternel constitue un fait unique dans l'antiquité. Les anciens ont connu aussi bien que nous le plâtre et ses usages divers. Pline le Naturaliste (36. 24), parle abondamment du plâtre; il en indique plusieurs sortes et signale comme le meilleur celui qui se faisait avec la pierre spéculaire. Il dit qu'après avoir détrempé le plâtre il faut l'employer sans retard parce qu'il prend très vite et acquiert en peu d'instants la dureté de la pierre. Il atteste qu'on en faisait des bas-reliefs pour la décoration des édifices et d'élégantes corniches à l'intérieur des appartements. II raconte (35, 12) que l'invention des moules de plâtre, pris sur le visage pour en tirer des images en cires donnant l'empreinte fidèle des traits, était due à Lysistrate de Sycione, frère du statuaire Lysippe, et que bientôt le procédé du moulage devint si usuel qu'il n'arrivait presque jamais qu'un statutaire fît une statue sans en prendre ensuite un moule, afin de pouvoir reproduire en argile ou en plâtre autant de répliques de son œuvre qu'il le voulait. Lysippe et son frère vivaient trois cent cinquante ans avant J.-C. Si maintenant on considère qu'il était d'usage dans les familles de l'aristocratie romaine de conserver dans l'atrium de la maison et de promener solennellement dans les cortèges funèbres !es images en cire des ancêtres, on devra reconnaître que la pratique du moulage en plâtre sur nature vivante, bien loin d'avoir été inconnue aux anciens, était au contraire infiniment plus répandue chez eux qu'elle ne l'est chez nous et, sans doute aussi, plus perfectionnée; car, outre que l'on a pu constater, d'après la finesse de l'empreinte, que la pâte du moule a dû être d'une plasticité extrêmement sensible, l'analyse chimique d'un fragment détaché de ce moule a donné, non pas du plâtre pur, mais un mélange composé d'une partie de chaux sur deux parties de plâtre.

D'après la forme assez bonne des lettres, l'épitaphe de Victoria

paraît ne pas devoir être postérieure au second siècle ; à cause du gentilice Clainlius, répandu à Lyon dès le temps d'Auguste par Drusus et Germanicus et plus tard par Claude, elle pourrait remonter même au premier siècle, si la présence de la dédicace sous l'àscia, inconnue alors, ne l'attribuait plutôt au deuxième.

Épitaphe de Coelius Pyrinus.

Arcade VI. — Tablette de marbre, bordée de moulures formant encadrement autour de l'inscription ; autrefois, « apud abbatem « de la Croix » (Maffei); « à la porte de TRION. dans la maison « de Claude Trollier, à la cour de son granger, au-dessus du « degré » (Ms. Ruolz-Dissard : ex notis D. Roman de Rives); « dans la collection Artaud, acquise par la ville » (Comarmond). — Hauteur o m. 32, largeur o m. 51 ; hauteur à l'intérieur du cadre o m. 27, largeur o m. 23.

SEX • SELIO P Y R I N o

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5 PlENTISSIiWO

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