CASTOR
L'V de MACV, à la sixième ligne, inscrit dans le C.
Artaud, Notice, 1816, p. 72; Musée lapidaire, arcade LIV. — De Boissieu, p. s 14. — Comarmond, Description, p. 349; Notice, p. 126. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 2}.
Diis Manibus et viemoriae aetcrnae luvcutiiiiae Auspiciae, quae vixit aiinis XXllll, mensibus VU, dies XXII , sine ulla macula ; Centusmia Abba neptiae bene uiei cuti et sibi viva ponendum eu ravit et sub ascia dedicavit. Procuravit lutins Castor.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Juventinia « Auspicia, qui a vécu sans tache et est morte à l'âge de vingt- « quatre ans, sept mois et vingt-deux jours; Centusmia Abba à « sa petite-fille bien méritante et pour elle-même, a, de son « vivant, élevé ce tombeau et l'a dédié sous {'ascia, par les soins « de Julius Castor ».
luvcntinia, gentilice formé d'un cognomen ; le mot écrit sans l'élision ordinaire de 1 '// à côté du v.
Auspicia, ou peut-être Auspicia pour Auspicula; il y aurait simplement une foute de gravure. On trouve toutefois Auspicius comme surnom sur d'autres inscriptions.
Annis, dies, transition fautive d'un cas à un autre, sans doute dans les habitudes du parler vulgaire. C'est aussi au langage familier qu'il faut imputer le barbarisme neptia pour neptis.
Centusmia, gentilice formé d'un nom celtique qui se retrouve en beaucoup d'endroits sous la forme primitive Ciutusnius, et toujours écrit par i, non par e comme ici.
Abba, nom barbare, mais peut-être pas gaulois. La mère de l'empereur Maximin, née dans le pays des Alains. s'appelait Ababa (Capitolin, Maximinorum, 1)
La sigle M, abréviation de nteuses, surmontée inutilement d'une barre d'abréviation.
Épitaphe de Juventia Felicissima.
Pilastre entre les arcades LU et LUI. — Cippe avec base et couronnement; extrait en novembre 1883 du puits de TRION. — Hauteur o m. 94, du dé o m. 50, largeur o m. 49.
D I I S MAfJBVS ETQVIETI-AETERNAE JVVENTIAE-FELICISSIJVE /EMINAE • SANTISSIIVk sic
5 tfVAE-VIXIT-ANMIS-XXX//
, //III-AVRELIVS • AGA //'OPVS-LIBERTVSAVG CONIVGI ■ ET- DOMNAE KARISSIMAECVM- Qua ■o T'IXIT-EX-VIRGINIO-AN
NISXXIII-SINE-VLAAN MI- LAESONE- PONEN sic
DVM-CVRAVIT-ET-SVB ASCIA ■ DEDICAVIT
Lettres de bonne forme; l'N et l'I de MANIBVS à la première ligne, l'M, l'A et l'E de FELICISS1MAE à la troisième, les deux
N de ANNIS à la cinquième, l'N et l'I de ANI à la fin de la onzième, liés en monogrammes.
Allmer, Revue èpi graphique, II. p. 169. — Allmer et Dissard.
Dits Manibus et quieti aeternae luventiae Felieissimae, feminae san(c)tissimae , quae vixit annis XXX..; . . Aiirelius Agathopus, libertus. Aiigusti, coniugi et domnae karissimae, atm qua vixit ex Virginia annis XXIII sine nia animi laes(i)one, ponendum titrant et sub ascia dedicavit.
« Aux dieux Mânes et au repos éternel de Juventia Felicissima, « femme très vertueuse, morte à l'âge de trente . . . ans; Aurelius « Agathopus, affranchi de l'empereur, à son épouse et maîtresse « très chère, avec laquelle il a vécu, depuis le temps de sa virginité, « vingt-trois ans, sans qu'elle lui ait jamais fait aucun chagrin ; <v il lui a élevé ce tombeau, qu'il a dédié sous {'ascia »
Juventia devait avoir, lorsqu'elle est morte, plus de trente ans. car, ayant vécu avec son mari vingt-trois ans, elle se serait mariée à l'âge de sept ans, ce qui n'est pas admissible. El le n'avait sans doute pas alors moins de quinze ou seize ans; le chiffre XXX qui termine la cinquième ligne se continuait donc au commencement de la ligne suivante par un complément qui élevait le nombre des années de sa vie.
La même lacune du commencement de la sixième ligne contenait aussi le prénom qu'Aurelius tenait de l'empereur qui lui avait accordé l'affranchissement, c'est-à-dire le prénom de Lucius si cet empereur était Verus, ou celui de Marcus s'il devait ce bienfait à Marc Aurèle ou à Commode ou à Caracalla ou à Eliogabale ou à Sévère Alexandre, sans parler des empereurs postérieurs qui se sont aussi appelés Marcus Ai/retins, mais sont d'une époque plus basse que celle à laquelle l'inscription semble se rapporter.
Etant affranchi d'un empereur, Aurelius Agathopus ne peut pas avoir été l'affranchi de sa femme, qui, d'ailleurs, porte un gentilice différent du sien ; la qualification de douma qu'il lui donne n'est, par conséquent, pas autre chose ici qu'une expression de tendresse, et c'est peut-être ce qu'on a voulu marquer par la déviation de l'orthographe.
Il s'était marié étant lui-même vierge : cum qua vixit ex virgiriio amiis XXIII.
L'adjectif virgiiu'i/s est connu par d'autres inscriptions. Il est vrai que le lexique de Forcellini explique qu'il faut entendre par ce mot l'homme qui avait épousé « une femme vierge »; mais les exemples qu'il cite sont opposés à ce sens, notamment celuici dans lequel la virginité du jeune mari est mise en parallèle
avec celle de la jeune épouse : quod débiterai virginins
virginiae si/ae fecisse, modo Virginia fecit. On a vu dans une des précédentes inscriptions (ci-dessus, II, p. 498), l'exemple d'un jeune homme parvenu à l'âge de vingt ans moins quelques jours, loué d'avoir emporté au tombeau sa virginité, et c'est un trait de mœurs tout à l'avantage de l'antiquité sur notre époque de rencontrer non rarement sur des épitaphes l'éloge de jeunes hommes encore vierges lorsqu'ils se sont mariés, et d'avoir à reconnaître que le cas était assez fréquent et assez tenu en honneur pour avoir donné lieu à un terme usuel.
L'inscription, a-t-il été dit, n'est pas antérieure à Marc Aurèle, ni vraisemblablement postérieure à Sévère Alexandre; a cela se rapporte la forme du surnom Felicissima de la défunte ; les surnoms de forme superlative n'apparaissent pas avant le second siècle.
Santissima, orthographe plutôt due à une omission, comme celle de \'i dans iaesone, qu'à une prononciation devenue plus tard commune, mais qui n'a pas dû être en usage de si bonne heure.
Épitaphe de Labiena Severa.
Arcade VIII. — Stèle incomplète en bas; autrefois à SAINT- IRENÉE, « dans la collection des GÉNOVÉFAINS » (Artaud); « trouvée à l'époque de la construction du Refuge Saint-Michel, « à Saint-Irénée » (Comarmond). L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures dont elle n'occupait que la partie supérieure, et elle est surmontée d'un fronton triangulaire inséré dans un rectangle, l'un et l'autre bordés de moulures. — Hauteur i m. 50, largeur 0 m. 83, de la partie encadrée o m. 52.
dI s
LABIENAE- SEVERAE
LABIENVS • VICTOR
Fi LI AE
Lettres de bonne forme, du premier ou du second siècle.
Artaud. Notice 1816, p. 11; Musée lapidaire, arcade VII. — De Boissieu, p. 514. — Comarmond, Description, p. 54; Notice, p. 18. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 4.
Dits Manibus Labienae Severae; Labienus Victor filiae.
« Aux dieux Mânes de Labiena Severa ; Labienus Victor à sa « fille ».
Labiena, Labienus, forme de noms gentilices terminés en enus, que l'on croit être originairement propres à l'Italie centrale : la haute vallée du Tibre, le Picénum et le Samnium. Le célèbre lieutenant de Jules César dans la guerre des Gaules s'appelait Labienus de son nom gentilice. C'était aussi celui d'un déclamateur célèbre loué par Sénèque le père, et qui était d'une telle violence qu'au lieu de Labienus on l'appelait Rabieuus.
Le laconisme du texte et la bonne forme des lettres, indices d'ancienneté.
Fragment.
Pilastre entre les arcades XVI et XVII. — Fragment présentant la partie supérieure d'un cippe avec son couronnement surmonté d'un cône; trouvé à TRION le 8 mai 1885. — Hauteur o m. 50, largeur o m. 30.
et MEMORIAL ...-RIAE LVCRE V S
Allmer et Dissard, Antiquités découvertes à Trion, p. 1 10.
Diis Manibus et memoriae [Sai]riae? Lucretillae?; us
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Satria ? « (ou Valeria?) Lucretilla ».
Épitaphe de Lucretia Valeria.
Arcade XX. — Cippe dont la base et le couronnement ont été retaillés par devant et affleurés au dé; « extrait des fouilles faites « en 1825 à SAINT-IRÉNEH » (De Boissieu) ; « trouvé à Saint- « Irénée dans le champ dit des Martyrs » (Comarmond). — Hauteur 1 m. 60, du dé o m. 95, largeur o m. 72.
LVCRETIAE • WLERIAE SEX ■ AV I VS • HERMEROS CONIVGI • S I B I • MERIT 5 ET • SIBI • Vl V VS • POSVIT
ET ■ SVB • ASCIA ■ DEDICA
V I T O *eONOC UC KAKON GCTIN £XI TAP TI KAAON £N AYTTJ 'o THKI TAP ^eONGPUN
OMMATA KAI KPAAIHN
Lettres de bonne forme, probablement du deuxième siècle;
le V et le premier A de VALERIAE, liés en un monogramme ; accents sur le premier E de LVCRET1AE, sur le dernier A de VALERIAE. sur l'O de HERMEROS. sur l'A de DEDICAV1T.
De Boissieu, p. 490. . — Comarmond, Description, p. 136, pi. 14; Notice, p. 48. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 8.
Diis Manibits Liicrètiae Valeriàe ; Sex. Avilis Hermeros coniugi sibi meritae et sibi vivus posait et sub ascia dedicàvit.
O yQôvoq oùç y.cc/.o<j lazcj, èyi yzp xl xa/cv Iv autw : Tr;K( yoep odovepâv op[JLOCxa tkxi y.oxolr,v.
i< Aux dieux Mânes de Lucretia Valeria ; Sextus Avius Hermeros « à son épouse bien méritante et pour lui-même a. de son vivant, « élevé ce tombeau et l'a dédié sous Yascia.
« Oh ! que l'envie est un hideux mal ! Mais ce qu'elle a au « moins de bon en elle, c'est qu'elle consume les yeux et le « cœur des envieux ».
Avius Hermeros. le mari de Lucretia Valeria, paraît avoir eu à se plaindre des envieux. Pour quel motif? Le distique, que, pour se venger d'eux, il a inscrit au bas de l'épitaphe de sa femme, ne nous en apprend rien. Peut-être un mariage de beaucoup au-dessus de son mérite et de sa condition, qui semble avoir été celle d'affranchi, lui avait-il inspiré un orgueil souvent froissé par des jaloux. Quoiqu'il en soit, les vers dans lesquels il exhale son ressentiment ne sont pas de sa composition. Un savant académicien lyonnais, Bréghot du Lut. qui s'est occupé de cette inscription (Mèm. de l'Acad. de Lyon, 2, pp. 1 13 et 331), les a retrouvés avec deux légères variantes parmi les épigrammes de l'Anthologie et en a fait le sujet d'intéressantes observations : « La découverte du monument de Lucretia Valeria donne à « l'épigramme de l'Anthologie une antiquité certaine, probable- <\ ment bien antérieure à l'époque de l'inscription, qui peut
« appartenir au second siècle. Eyi pour ïysi et r/jxi pour v?\v.zi « prouvent qu'alors déjà les Grecs prononçaient la diphthongue « et en 1 comme le font les grecs modernes, mais qu'ils conser- « vaient à Ycta le son et la valeur de l'ê long, au lieu de le « prononcer i; la conjonction yàp, employée pour de, est une « négligence ou une faute du graveur; le sens et la mesure « s'accordent à condamner cette variante de la leçon conservée « par l'Anthologie ».
Le susceptible mari de Lucretia Valeria n'était pas un lettré ; il n'a pas su citer deux vers sans y introduire plusieurs fautes.
Valeria, gentilice employé comme cognomen et vraisemblablement passé de la mère à la fille.
L'épitaphe de Lucretia n'est pas la seule inscription grecque trouvée à Lyon. Outre celles avec les acclamations x°"Pe> wy/savî (ci-dessus. L p. 407; III, p. 95. De Boissieu, p. 308), on se rappelle l'épitaphe moitié latine, moitié grecque, terminée par un vers d'Homère (III, p. 67), du marchand syrien Thaïm ; d'autres ont disparu, par exemple l'épitaphe, toute en grec, d'une Septimia Juliané et celle d'une Aurélia Callisté, dont le mari console les derniers instants par cette pensée philosophique, exprimée en grec : « Tranquillise ton esprit, Callisté, nul n'est immortel ».
Épitaplie de Lullia Macrina.
Arcade LV1II. — Cippe avec base et couronnement; « trouvé « dans le RHONH , le 22 novembre 1864, vis-à-vis la place
« GROLIER » (Gobin). — Hauteur 2 m. os. du dé 1 m. 30, largeur o m. 80.
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