‹ Inscriptions antiques (volume 2)Chapitre 59 sur 101 · VI A R · texte numérisé non relu

VI A R

FALIO

ERÎ

JVE R I T ff. • P • C • S • a • D 33

Lettres de forme médiocre; LE et le T de ET à la seconde ligne, l'R et LI de MARI à la fin de la huitième, le T et LE de

LIBERTE, l'E et le T de ET à la neuvième, l'M et le premier E, l'A et le second E de MERITAE, l'E et le second D de DED à la dernière, liés en monogrammes. L'I surélevé qui termine la onzième ligne a peut-être été fait ainsi pour valoir deux I, la place manquant pour les graver à la suite l'un de l'autre, et donnerait, dans ce cas, avec le V qui le précède, le chiffre VII.

Allmer, Revue èpigrapbique, II, p. 135. — Allmer et Dissard,

Diis Manibus et niemoriae aeternae; Mariae Dafneni, feminae quae vixit mecum annis XVIU , mensibus VU, diebus V; Marins Cefalio liber tae et coniugi sibi matrimonii annis VI (ou VU), meritae, ponendum cnravit et sub ascia dedicavii.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Maria Dafné, « morte à l'âge de dix-huit ans, sept mois et cinq jours; Marius « Cefalio à son affranchie et épouse bien méritante de lui par « six (ou sept) années de mariage, a élevé ce tombeau et l'a « dédié sous V ascia ».

Maria Dafné, morte à dix-huit ans et demi au bout de six ou sept ans de mariage, n'avait pas treize ans quand elle devint la femme de son mari. Elle avait été épousée juste à l'âge où la loi marquait pour les filles le passage de l'enfance à la puberté.

Remarquer l'absence de qualificatif à la suite du mot FEMINE, la substitution de l'F à PH dans les mots Dafneni et Cefalio, et la surélévation de cette lettre en conformité peut-être de l'usage grec de surélever très souvent le phi (voy. Jullian, dans le Bulletin èpigrapbique, 1886).

Épitaphe de Maria Sapricia.

Arcade XLII1. — Petit cippe avec base et couronnement; « trouvé en mars 1875 en creusant pour établir la gare de « TRION du chemin de fer de Lyon à Saint-Just » (Daussigny). Les sigles D M qui composent à elles seules la première ligne de l'inscription sont gravées sur le bandeau de la corniche. — Hauteur o m. 75, du dé o m. 3 s. largeur o m. 35.

ET ■ MEMORIAE AE TERNAE MARIAE SA<RI CIAE FLAVIVS ZEPHY RVS MARITVS CON IVGI KARISSIMAE ET PIENTISSIMAE QVAE VIXIT • ANN1S XXX M ■ VI DIEB XI P C ET SVB • ASC • DID

Lettres petites et d'assez bonne forme, du deuxième ou du troisième siècle; le P et l'R de SAPRICIAE, aux troisième et quatrième lignes, liés en un monogramme ; plusieurs A avec un point central en remplacement de la barre.

Martin -Daussigny, n° 12 17 de son Registre d'entrées. — Allmer et Dissard, Trion, p. 46.

Diis Manibus et memoriae aeternae Mariae Sapriciae; Flavius Zepbyrus, maritiis, coniugi harissimae et pientissimae quae vixit annis XXX, mensibus VF diebus XI. ponendum eu ravit et sub ascia JiJieavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Maria Sapricia; « Flavius Zephyrus à son épouse excellente et très chère, morte « à l'âge de trente ans. six mois et onze jours, a élevé ce tombeau « et l'a dédié sous Y ascia ».

Epitaphe probablement non antérieure, à cause du nom Flavius, aux empereurs Flavii du premier siècle.

Sapricia, cognomen à signification injurieuse.

Pientissima, superlatif très fréquent de l'inusité piens, connu toutefois par quelques exemples : Parentes pieutes filio feeerunf (Maffei, Mus. Veron., 129, 3); Pieutes salvete (Muratori, 1624, 4).

Didieavit, orthographe déjà vue et sans doute conforme à une prononciation admise dans le langage du peuple.

Epitaphe de Matia Vera.

Arcade XXVI. — Cippe avec base et couronnement, trouvé en août 1885 et provenant peut-être du puits de TRION. Une ascia gravée en creux occupe, entre les sigles D M de la première ligne

de l'inscription, le milieu du bandeau de la corniche. Un trou de scellement se voit à l'extrémité de chacune des deux volutes de la lysis. — Hauteur o m. 80, du dé o m. 34, largeur o m. 33.

ET • MEMORIAE • AET

MATIAE • VERAE • Q V A E • ME

cvm • vIx-anm-xxxvi • m- 111

D • X • S I N E • VLLA • ANIMI • LAESIO NE • LONGVS • AMOR • PERt • DIREP TA • MORT; ■ RECEPT ■ VTINAM • No's FATVS • TEXISST • VTROSQVE PVSIKNON • DVBITATVS • CON IVG • INCOMPARAB • DE Q V A NI HIL • DOLVI • NISI • MORTEM • P- C • ET SVB • ASCIA • DEDICA't

• Lettres de bonne forme, probablement du deuxième siècle; les deux N de ANN à la quatrième ligne, l'I et le T de PERIT à la sixième, le T et l'E de MORTE à la septième, le groupe final ET de TEX1SSET à la huitième, les deux premières N de PVSIN- NON à la neuvième. l'A et le V. l'I et le T de DEDICAVIT à la la dernière liés en monogrammes; accents sur l'A de VLLA, sur l'O de NOS. sur l'A de FATVS, sur l'O de VTROSQVE, sur l'O de PVSINNON et sur l'A de DVBITATVS.

Allmer, Revue, II. p. 137. — Allmer et Dissard, Trion, p. 20s.

Diis Manibus et memoriae aeternae Matiae Vevac, quae mecum vixit aniiis XXXVI, mensibus III, diebus X, sine ullâ auimi laesione. Longi/s amor periit direptus a morte. Reeeptus Utinam nos fa tus texisset utrôsque !

Pusinnônius Dubitàtus coniugi incomparabili, de qua nihil dolui nisi mortem, ponendum curavit et sub aseia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Matia Vera, « qui a vécu avec moi trente-six ans, trois mois et dix jours, sans « m'avoir jamais fait aucune peine. Notre long amour a péri brisé « par la mort. Plût aux dieux que le destin que tu as subi nous « eût couchés tous les deux en même temps dans la tombe! Pusin- « nonius Dubitatus à mon épouse incomparable, de qui je n'ai « jamais reçu d'autre chagrin que celui de sa mort, ai élevé ce « tombeau et l'ai dédié sous l'ascia ».

Cette épitaphe échappe un peu à la banalité des rédactions ordinaires. Un sincère sentiment y respire dans l'expression des regrets de ce mari qu'une habitude de trente-six ans a lié à sa femme et dont la longue affection est brisée par la mort de sa compagne. Elle est remarquable aussi au point de vue philologique à cause des spécimens qu'elle nous présente de quelques-unes des fautes qui avaient cours dans le langage familier, par exemple la transition, assez fréquente sur les inscriptions de Lyon, mais non moins incorrecte pour cela, qui termine à la troisième personne grammaticale une phrase commencée à la première : de qua nibil doliti nisi mortem, ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

Nifatus ni utrosque ne sont des formes fautives; l'un et l'autre sont de bonne latinité; le dernier se rencontre maintes fois dans Cicéron, dans Virgile, dans Sénèque et autres auteurs du meilleur temps; fatus se lit dans Pétrone et sur d'autres inscriptions. Par contre, le distique qui renferme ces mots est construit dans un complet mépris des règles de la prosodie, et nous ne devons pas manquer de rapporter l'observation qu'a bien voulu nous faire M. Mommsen au sujet de la fin du premier vers, qui. pense-t-il, pourrait se lire : dire(m)pta morte recepta. Quant au barbarisme tetexisset, reproché par nous à tort (Revue épigraphique, II, p. 138) au rédacteur de l'inscription, il n'existe pas sur la pierre; on y lit simplement TEXISSET.

On connaissait à Lyon le gentilice Pusonius, évidemment formé du cognomen Pt/sio, mais non encore Pusinnonius, dérivé de

Piisinno. C'est aussi la première fois qu'y apparaît le gentilice Matia.

Un ami d'Auguste, un chevalier, auteur d'un traité de cuisine et grand amateur d'horticulture, s'appelait Matius et avait laissé son nom à un fruit recherché, le malitm Matianum, dont il était l'inventeur. Suétone rapporte que Domitien se contentait, le plus souvent, pour son souper, d'une pomme matiane. 11 est question des pommes matianes dans l'Édit de Dioclétien ; les dix premier choix : inala optima Mattiâna, ou les vingt en second en choix : séquentiel, ou quarante petites : mala minora; y sont cotées quatre deniers, c'est-à-dire, d'après la valeur de o fr. 0212 attribuée par M. Lépaulle au denier de l'Édit, 8 centimes et demi. Pour le même prix on pouvait se procurer dix beaux coings ou vingt coings ordinaires, ou un corbillon de la mesure d'un sextariits de jujubes, de cerises ou d'abricots, ou encore deux beaux melons sucrins, dix belles courges, ou un cent de châtaignes ou de noix sèches, etc. Le tarif de quatre deniers est celui qui revient le plus souvent dans le chapitre consacré aux fruits et aux légumes.

Épitaphe de Matisonius Pollio.

Pilastre entre les arcades XXXVI et XXX VU. — Cippe avec base et couronnement, extrait du puits de TR10N en janvier 1886. Sur la face supérieure de l'attique apparaissent deux scellements de plomb servant autrefois à retenir au moyen de tenons en fer un ornement faîtier. Une ascia en relief occupe, entre les sigles D M

de la première ligne de l'inscription, le milieu du bandeau de la corniche. — Hauteur i m. 19, du dé o m. 65, largeur o m. 38.

ET • MEMORIAE • AE TERNAE • Q- MATISO NI • POLLIONIS • Q AN 5 NAVSONIVS- PRIS

CVS • NEPOS • AVN CVLO • P I E NT J S S M O ET- HELVIA • GAETICA CONIVX • DIGNO 'o POSVERVNT • ET • S V3

ASCIA • DHDIKAAERVNT

Lettres d'assez bonne forme, du deuxième ou du troisième siècle; l'N et le T, le second 1 et l'M de P1ENTISSIMO, l'V et le B de SVB, le premier E et le second D, l'A et le V, l'N et le T de DEDIKAVERVNT, liés en monogrammes.

Allmer, Revue épigraphique, II, p. 314. — Au mer et Dissard, Trion, p. 208.

Dits Manibus et memoriae aetèrnae Q. Matisonii Pollionis, Q. Ann'uts Aitsoiiius Prisa/s, nepos, avunculo pientissimo, et Helvia Gaetica, eoniitx, digao. posuerunt et sub ascia dedikaverunt.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Quintus « Matisonius Pollio ; Quintus Annius Ausonius Prisais à son « excellent oncle, et Helvia Gaetica à son digne époux ont élevé « ce tombeau et l'ont dédié sous l' ascia ».

Cette courte et simple inscription n'est pas entièrement exempte de difficultés. La pierre porte nettement ANNAVSONIVS sans

interponctuation à la suite de ANN. Nous n'osons cependant pas prendre sur nous d'en faire un seul mot et de nous exposer à fabriquer gratuitement le très invraisemblable gentilice Annaitsonius ; il nous paraît moins aventureux de lire en deux mots Anii(ius) Ausonius en admettant une négligence de gravure et un double cognomen. Egalement, l'épithète respectueuse de digno, que, pour nous conformer au sens résultant de la construction du texte, nous traduisons par « digne époux », serait, semble-t-il, plus convenable dans la bouche d'une nièce que dans celle d'une épouse. Il ne serait pas impossible que l'épitaphe n'ait pas été rédigée avec toute la clarté désirable, et que Helvia Gaetica ait été la femme, non pas de l'oncle, mais du neveu ; Priscus et sa femme auraient élevé un tombeau à leur digne et excellent oncle.

Remarquer, en outre, l'orthographe AVNCVLO avec la suppression usitée de l'V voyelle à la suite du V consonne.

An(nius) n(atione) Ausonius, peu vraisemblable surtout entre le gentilice et le cognomen.

Helvia Gaetica , gentilice et cognomen tous deux de forme ethnique, et rappelant des pays bien éloignés l'un de l'autre, celui des Helves et celui des Gètes.

Fragment d'épitaphe faisant mention d'un Meleager.

Pilastre entre les arcades XXXV et XXXVI. — Fragment provenant d'un sarcophage; « trouvé en août 1862, dans la SAONE,

« au pont Nemours » (Daussigny), anciennement et actuellement le pont du CHANGE. — Hauteur o m. 20, largeur o m. 45.

MELEAGE/' . . .

I VS • PONENrf// ///

c 11 r a v e r il NT-ET-S VB-A s c i a

Martin-Daussigny, n" 1007 de son Registre d'entrées.

Meleager était aussi le surnom d'un sévir augustal, Caius Ulattius Meleager, patron de la corporation des sévirs et de toutes les autres corporations lyonnaises autorisées ; mais rien n'indique que le Meleager de notre fragment soit le même que ce personnage : le Culatus Meleager des modernes historiographes, sans doute déjà célèbre en son temps à cause de ses nombreux patronages, mais devenu bien plus célèbre encore, au nôtre, par ce grotesque pseudonyme. Quel dommage que Rabelais ait trop tôt vécu pour connaître notre Méléagre culatus ! Quel riche sujet ! Quelle intarissable mine de bonnes plaisanteries gauloises !

Epitaphe de Messius Hermadio.

Arcade XIV. — Stèle à fronton triangulaire avec antéfixes aux angles, partagée de haut en bas en deux fragments ; trouvée en

décembre 1884 dans le RHONE, en face de la place GROLIER. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. Un disque ou plutôt un croissant occupe le milieu du fronton. — Hauteur o m. 83, largeur o m. 4s; hauteur de la partie encadrée o m. 36, largeur o m. 29.

M- Mt'SSl • HERMA DIO//IS • DEFVNC TI-AhwXI-MESSIA

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