MO
Lettres d'assez bonne forme , du deuxième ou des premières années du troisième siècle; l'N et le T de PIENTISS1MAE à la huitième ligne, l'E et le T de ET à la neuvième et au commencement de la douzième, l'N et le T de DEDICAVERVNT à la onzième, les deux N de ANN à la douzième, liés en monogrammes; le second jambage de l'X du mot V1XIT, à cette même douzième ligne, prolongé supérieurement en un long trait en la forme d'une petite palme; le point à la suite de la syllabe MO. qui compose à elle seule la dernière, figuré aussi par une palmette.
Allmer et Dissard, Trion, p. 226. — Allmer. Revue èpigraphique, II. p. 395.
Diis Manibus et memoriae aeternae Q. Sosii Antonini, qui vixit annis XVIIII, meusibus III, diebus XIII, qiiique post obitum patris supervixit meusibus VU, die I ; Valeria Florentina, mater dolens obitu filii pieutissimi et duleissimi. et Sosii : Valeria et Florentinus, fratres, ponendum curaverunt et sub ascia dedicaveruut. — Et T. Aurclio Iulio, qui vixit annis XXVII, meusibus V, diebus XXVI, gêner 0 pientissimo.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Quintus Sosius « Antoninus, mort à l'âge de dix-neuf ans, trois mois et treize « jours, ayant survécu au décès de son père sept mois et un jour; « Valeria Florentina, sa mère, navrée de douleur de la perte de « son fils chéri, et Sosia Valeria et Sosius Florentinus. ses sœur et « frère, ont élevé ce tombeau et l'ont dédié sous V ascia. — Et « à Titus Aurelius Julius, mort à l'âge de vingt-sept ans. cinq «mois et vingt-six jours; Valeria Florentina à son excellent « gendre ».
Valeria Florentina. la mère du défunt, a perdu en peu de mois son mari et son fils et bientôt après son gendre, tous encore très jeunes. On pense involontairement à la longue et terrible peste qui, pendant une partie du règne de Marc Aurèle, sévit sur l'univers entier et n'épargna pas plus les Gaules que les autres provinces. Elle avait, croit-on, pris naissance en Ethiopie, en l'an 166, et de là s'était répandue par l'Egypte dans le pays des Parthes ; l'armée de Vérus, alors en Syrie, l'apporta en Italie, d'où elle passa dans les Gaules et s'y étendit jusqu'au Rhin. Capitolin et Ammien Marcellin rapportent, au sujet de ce fléau, une histoire merveilleuse : Des soldats, qui pillaient un temple d'Apollon, à Babylone suivant Capitolin, à Séleucie d'après Ammien, ayant trouvé un coffret d'or consacré par des cérémonies magiques, s'empressèrent de l'ouvrir
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croyant y trouver quelque trésor ; il s'en échappa aussitôt un miasme pestilentiel qui , après avoir infecté le pays des Parthes, se répandit par toute la terre.
Deux petites palmes, l'une formée de la branche prolongée de IX du mot VIXIT à la douzième ligne, l'autre tout à la fin du texte, pourraient donner à l'épitaphe de Sosius Antoninus une vague apparence de christianisme, si la certitude que le corps du défunt a été incinéré ne venait enlever d'avance à cette faible présomption toute vraisemblance.
Remarquer la bizarre coupure du mot po\st, l'interponctuation du mot composé super.vixit; l'M, abréviation de niensibus, inutilement surmontée d'une barre ; le mot dolens suivi de l'ablatif, le gentilice de la mère devenu sans transformation le surnom de la fille, et son surnom passé au fils: le mot fratres pour désigner la sœur et le frère; le gentilice Iiilius employé comme cognomen.
Épitaphe de Sutia Anthis.
Arcade XI. — Cippe dont la base a été retaillée à fleur du dé; autrefois à SAINT-GEORGES, chez les Trinitaires, « sous une « galerie du couvent » (Spon); « encastré dans une des murailles « de la maison des Trinitaires, autrefois hôtel Bellièvre » (Artaud); entré au Musée avant 1808. Une ascia au trait occupe, entre les sigles D M, le milieu de la seconde ligne de l'inscription. La première ligne est gravée sur le bandeau de la corniche. Au-dessus de ce bandeau se voit un bas-relief représentant deux animaux
accroupis et affrontés, gardiens d'un coffret entr'ouvert, placé entre eux. — Hauteur 1 m. 10. du dé o m. 71, largeur o m. 48.
Cassette entr'ouverte entre deux chiens
JVERVLA ET EDVCAt//
ET • MEMORIAE
AETERNAE
SVTIA • ANTHIS
QVAE • V IXIT • A KNIS X X/ Kï • I X • d//v • QVE • DVM NIJWIA • PI A • F VIT- FACTA EST-1NPIA-ET-ATTIO-PRO BATIOLO • CERIALIVS • CA /LISTIO ■ CONIVX • ET PATER //// ET • Sllil VIVO! PONEICVM
CVRAVIT-ET-SVB-AS CIA-DEDICAVIT
Lettres d'assez bonne forme, probablement du deuxième siècle ; l'M et l'E de MER.VLA à la première ligne, les deux N de ANN, la seconde X et le V du chiffre XXV. la seconde N et le D de PONENDVM, liés en monogrammes; un accent sur le second 1 de VIXIT.
Gruter, 831, 6. — Spon, Recherche, p. 86; édit. 1857, p. 97. — Coi.onia, Hist. litt., 1. p. 264. — Artaud, Notice 1808, p. 34; 18 16, p. 17; Musée lapidaire, arcade XI. — Orelli, 4651. — Greppo, Lettre à M. le docteur Labus sur une inscription du Musée de Lyon, Lyon, 1838. — De Boissieu, p. 49b. — Le Blant, Inscr. chrèt. de la Gaule, I, p. 168. — Comarmond, Description, p. 77; Notice, p. 27. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 5.
Merula et Educat\us\ ou Educat\a\.
Diis Manibus et memoriae aeternae Sutia Anthis. quae vixit annis XXV, mensibus IX, Jiebus XIV (ou XV); quae dum nimia pia fuit facta est inpia, et Attio Probatiolo , Cerialius Callistio, coniux et pater, et sibi vivos ponendum curavit et sub ascia dedicavit.
« Merula et Educatus ou Educata.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Sutia Anthis, \< morte à l'âge de vingt-cinq ans, neuf mois et quatorze (ou « quinze) jours, et qui par excès de piété (maternelle) a manqué « de piété (conjugale), et à Attius Probatiolus; Cerialius Callistio, <\ leur époux et père, a, de son vivant, élevé ce tombeau et aussi « pour lui-même et l'a dédié sous X'ascia ».
Renier a donné, au sujet de cette épitaphe, dans la réédition de
la Recherche de Spon, une note que voici : « le mot
« MERVLA et un autre mot aujourd'hui effacé étaient, suivant la « conjecture de M. Mommsen (Anii. de l'Institut archèol., 1853, « p. 82), les noms des deux animaux représentés au-dessus de « la corniche. M. l'abbé Greppo a publié sur ce monument une « dissertation, dans laquelle il s'est efforcé de prouver que Sutia « Anthis était chrétienne et que c'est ainsi qu'il faut entendre « l'espèce de reproche que lui adresse son mari. M. De Boissieu « (p. 497) et M. Edmond Le Blant (/user, chrèt. de la Gaule, I, « p. 169), ont combattu cette opinion et en ont démontré l'inad- « missibilité ». Le véritable sens qu'ont les mots pia et impia avait été déjà expliqué par Hagenbuch dans une annotation à la reproduction de cette épitaphe dans le recueil d'Orelli.
Attius Probatiolus, qui porte un gentilice différent de celui de son père et de celui de sa mère, était, suivant toute probabilité, un fils que celle-ci avait eu d'un premier mariage. Cet enfant étant venu à mourir, sa mère aura conçu de cette perte un tel chagrin qu'elle s'en sera laissée mourir, et c'est avec raison que
son mari lui adresse le reproche d'avoir manqué de piété envers elle-même et envers lui par excès d'amour maternel : Ditm nimia pia fuit, facta est inpia.
La cassette entr'ouverte qui se voit sur le couronnement du cippe est censée, croyons-nous, renfermer les cendres du jeune Probatiolus ou celles de sa jeune mère. Elle est gardée par deux animaux, que sans doute l'enfant, ou elle, avait affectionnés. L'un des deux, celui de gauche, est certainement un chien ou plutôt, d'après son nom Merula, une chienne, et l'homonyme alors par diminutif d'une chienne rendue célèbre par un insigne trait de fidélité dont la mythologie a gardé le souvenir. L'autre animal se laisse moins sûrement déterminer; Artaud l'a pris pour un pourceau, et il en a un peu l'apparence; son nom Educatus ou Educata convient toutefois assez mal à un pourceau et rend très probable la conjecture de Renier que les animaux sont peutêtre deux chiens, c'est-à-dire deux chiennes si l'animal de droite s'appelait Educata.
Cerialius, gentilice formé d'un cognomen.
Inpia, orthographe archaïque.
Nimia pia pour nimium pia. locution incorrecte du langage populaire.
Épitaphe de Talusius Primanus.
Pilastre entre les arcades XXXV et XXXVI. — Cippe avec base et couronnement; extrait en décembre 1885 du puits de TRION. Une ascia, gravée en creux, occupe le milieu de l'espace compris
entre les sigles D M de la première ligne de l'inscription. — Hauteur o m. 82, du dé o m. 37. largeur o m. 40.
ET ■ MEMORIAE
AETERNAE P R I M A N I • TA 5 LVSIVS • PRIMVS