‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 12 sur 70 · SEPTIME SÉVÈRE, CARACALLA ET GÉTA · texte numérisé non relu

SEPTIME SÉVÈRE, CARACALLA ET GÉTA

Taurobole offert pour la conservation de Septime Sévère, de Caracalla et de Géta.

Arcade L. — Fragment « retiré du lit de la SAONE vis-à-vis

« la rue MARTIN, en août 1870 » (Martin-Daussigny), au quartier d'AINAY. — Hauteur o m. 80, largeur o m. 40.

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zMP ■ CAES • L • sept- severi pii

PERT • Aug filii iniP ■ CAES • M • AVrel ■ antonini Pli FELlcis aug 20 pari M ARAb - adiab ■ fratris taurobOLlum niatri deum m ■ i fec

L'I au commencement de la onzième ligne, le T de PART à la treizième privés de leur partie supérieure ; le T du pareil groupe, à la dix-neuvième, de sa haste entière et de la moitié gauche de sa traverse; les lettres OLI, à la vingt et unième, de leur partie inférieure; la quatorzième ligne et la quinzième martelées dans l'antiquité.

Martin-Daussigny, n° 1 1 52 de son Registre d'entrées. — Allmer,

Revue êpigraphique, I, p. 9, avec fausse attribution à Septime Sévère et à Plautien. — Dissard, Catalogue, p. 92.

Pro sainte dominorum nostrorum frium :

Imperatoris Caesaris, divi M. Antonihi Pii Germanici Sarmatici filii, divi Commodi fratrie, divi Au ton in i PU uepotis, divi Hadriaui pronepotis, divi Trajani Parthici abnepotis, divi Nervae adnepotis, L. Septimii Sevcri PU Pertiuacis Augusti, pontifias maximi, patris patriae, Arabici Adiabenici Parthici maximi.

Et Imperatoris Caesaris M. Aurelii Antonini pii felicis Augusti, Imperatoris Caesaris I. Septimii Severi Pii Pertiuacis Augusti filii, Parthici maximi Arabici Adiabenici.

Et [P. Septimii Getae nobilissimi Caesaris], Imperatoris Caesaris L. Septimii Severi Pii Pertiuacis Augusti filii, Imperatoris Caesaris M. Aurelii Antonini pii felicis Augusti Parthici maximi Arabici Adiabenici f rat ris.

Taurobolium Matri deum maguae Idaeae fecit (ou fecerunt)

« Pour la conservation de nos trois maîtres :

« L'empereur César Lucius Septime Sévère pieux Pertinax « Auguste, souverain pontife, père de la patrie, arabique adiabé- « nique parthique très grand, fils du dieu Marc Antonin (Marc « Aurèle) pieux, germanique sarmatique, frère du dieu Commode, « petit-fds du dieu Antonin le Pieux, arrière-petit-fils du dieu « Hadrien, arrière-arrière-petit-fils du dieu Trajan parthique, « arrière-arrière-arrière-petit-fils du dieu Nerva ;

« L'empereur César Marc Aurèle Antonin (Caracalla) pieux « heureux Auguste, parthique très grand, arabique adiabénique, « fils de l'empereur César Lucius Septime Sévère pieux Pertinax « Auguste ;

« Et [Publius Septimius Géta, nobilissime César], fils de l'empe- « reur Lucius Septime Sévère pieux Pertinax Auguste, et frère « de l'empereur César Marc Aurèle Antonin (Caracalla) pieux « heureux Auguste, parthique très grand, arabique, adiabénique;

« Un taurobole à la Grande Mère des dieux Idaéenne a été fait « par ».

Le nom de Pertinax conservé à la douzième ligne et à la dixseptième permet de reconnaître clairement Septime Sévère ; ceux à'Imperator Caesar M. Aurclius conservés à la dix-huitième font reconnaître non moins sûrement Caracalla déjà associé à l'empire. Il y a à chercher quels étaient les noms autrefois contenus dans les lignes martelées, c'est-à-dire la quatorzième et la quinzième.

Les princes mêlés à l'histoire du règne de Septime Sévère dont les noms ont subi l'injure d'une radiation officielle sont Albin, Géta et Plautille ; il faut y joindre Plautien, le père de cette princesse.

L'association de Caracalla à l'empire en qualité d'auguste prend son point de départ en 198. 11 a sur l'inscription les surnoms de phis et dtfclix: le premier lui a été donné seulement en 201, le second un peu plus tard. 11 ne peut donc pas être question d'Albin, tué au commencement de 197. Il doit s'agir alors de Géta ou de Plautille.

Géta était plus jeune que Caracalla et moins avancé en honneurs. Il ne fut élevé à la dignité de César qu'en 198, en même temps que Caracalla recevait celle d'empereur et d'auguste, et lui-même ne parvint à cette dernière en association avec son père et son frère que onze ans plus tard, en 209. Sur les monuments où figurent les noms des trois princes, ceux de Géta prennent rang, non pas immédiatement après ceux de Septime Sévère, mais toujours après ceux de Caracalla.

La même observation est valable pour l'impératrice Plautille, la femme de l'aîné des deux fils de Septime Sévère; ses noms ne viennent jamais avant ceux de son mari. Or, en s'en tenant à l'apparence du fragment et en acceptant la ligne par laquelle il débute pour la première de l'inscription, les noms martelés de Géta ou de Plautille seraient venus immédiatement après ceux de Sévère et avant ceux de Caracalla, et alors, Albin devant être

repoussé parce qu'il était mort longtemps avant l'érection de l'autel, Géta ou Plautille parce que leurs noms ne seraient pas à leurs places, on se trouve en présence d'une difficulté sans issue à moins d'admettre, comme nous l'avons fait, que le fragment ne donne pas le commencement de l'inscription.

En recourant à ce moyen, toutes les difficultés essentielles s'évanouissent. Le texte nomme dans l'ordre régulier en premier lieu Septime Sévère avec ses noms et titres et la généalogie imaginaire qu'il s'était fabriquée quand, en 196, il avait donné à son fils les noms de Marc Aurèle Antonin, en second lieu Caracalla qualifié fils de Septime Sévère et en troisième lieu Géta qualifié pareillement fils de Septime Sévère et frère de Caracalla.

En raison de la haute et exceptionnelle situation de Plautien, sa fille n'aurait pas été nommée sans qu'on eût pris de là occasion de le nommer, lui aussi, avec ses titres de préfet du prétoire, de clarissime personne, de pontife nobilissime, de parent des augustes et de nécessaire compagnon de toutes leurs expéditions (Wilmanns, 986). Puisque la mention du taurobole clôt rémunération des noms sans qu'il s'y trouve rien de semblable, ni une seconde place martelée, c'est que ni Plautille ni Plautien n'y figuraient.

Le 27 février de 212, un an et quelques jours après la mort de Septime Sévère, Caracalla ayant assassiné son frère, obtint du sénat un décret contre sa mémoire ; les noms du malheureux jeune prince furent effacés sur tous les monuments publics. L'arrêt fut exécuté avec une rigueur extrême, et même dépassé ; prononcer seulement le nom de Géta devint un crime punissable de mort; jusque dans les comédies, — et il y était fréquent, — on fut obligé, partout où il se rencontrait, de lui en substituer quelque autre.

Les lettres OLI échappées à la destruction de la dernière ligne du fragment ne peuvent guère avoir appartenu qu'au mot taurobolium. Le monument dont ce fiagment provient, aurait donc été

un autel dédié en souvenir d'un sacrifice taurobolique offert pour Septime Sévère, Caracalla et Géta, et non avant que Caracalla eût le surnom de felix reçu au plus tôt vers l'an 205 ; mais il se peut qu'il ait été d'une époque beaucoup plus tardive, de l'an 208 par exemple, alors que Septime Sévère, se rendant en Angleterre, dut passer à Lyon avec ses deux fils.

Géta eut en 209 seulement, comme nous venons de le dire, le titre d'Auguste. Si, — ce qui est peu probable, l'opportunité ne s'en laissant pas apercevoir, — le taurobole n'avait été fait qu'après l'investiture de ce titre, la restitution à substituer à celle ci-dessus proposée pour les lignes martelées devrait remplacer par le mot abrégé AVG les mots nobilissimi caesaris et n'arriverait plus à remplir l'espace disponible.

Par qui et avec quels détails de cérémonie a été célébré ce taurobole ? L'insuffisance du texte conservé ne permet pas de le savoir.

Taurobole sans date et sans mention du prince en faveur de qui il a été offert.

Arcade XXXI. — Bloc quadrangulaire qui doit avoir été le dé d'un autel dont la base et le couronnement étaient rapportés; « découvert en 1847 dans la démolition du vieux PONT DU « CHANGE sur la SAONE ; il faisait partie de la rangée de « pierres qui formait la clef de voûte de la deuxième arche rive

« gauche » (Comarmond) . Une tête de taureau, aujourd'hui martelée, occupait le milieu de la face antérieure entre la troisième ligne et la dernière. — Hauteur i m. 10, largeur o m. 65.

TAVROBOLIVM

MATRIS • DEVM • AVG

BILLIA -T-FlL- VENERIA

Tête de

taureau

De Boissieu, p. 38. — Comarmond, Description, p. 186, pi. 3; Notice, p. 67. — Monfalcon , Réédition de la Recherche de Spon, 1587, p. 356; Musée Lapidaire, p. 12. — Dissard, Catalogue, p. 92.

Taurobolium Matris deum augustae, Billia, Titi filia, Veneria — Locus datus decreto decurionum.

« Taurobole de la Mère des dieux auguste, Billia Veneria, fille « de Titus (Billius).

« Emplacement donné par décret des décurions ».

Le laconisme de ce texte n'ouvre le champ qu'à des conjectures. La donation de l'emplacement de l'autel sur un lieu public permet cependant de penser que la solennité n'a pas été de caractère privé. La tête de taureau représentée seule éloigne la supposition que le sacrifice puisse avoir eu pour objet la conservation de deux princes.

11 faut remarquer le surnom augusta ici donné à la déesse et qu'on ne lui retrouve, croyons-nous, nulle part ailleurs. Aurait-on voulu exprimer par là, dans la rédaction par trop écourtée de l'inscription, que le taurobole a été offert en faveur d'un empereur ?

Au Dépôt. — Fragment d'une tablette en marbre, incomplet de tous côtés, trouvé en 1884 dans le RHONE, vis-à-vis la place GROLIER. — Hauteur o m. 08, largeur o m. 09.

caeSAR- ...R

Inscriptions contenues dans les paragraphes suivants.

Claude. — Ci-après : Inscriptions diverses. Poids en bronze au nom de Claude en lettres d'argent incrustées: TI-CL-CA- AVG ; poids appartenant peut-être au mobilier des bureaux du procurateur de la Lyonnaise comme étalon de vérification.

Claude. — Ci-après : Marques de fabrique. Tuyaux de plomb au nom de Claude : TICL-CAES, trouvés au nombre de plus de vingt au clos Billon, près du château d'eau de l'aqueduc de Pilât.

Claude. — Ci-après : Inscriptions de provenance non lyonnaise. Borne milliaire apportée du camp de la Valbonne.

Maximin. — Ci-après : Inscriptions de provenance non lyonnaise. Borne milliaire apportée d'Ampuis.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Tibère. — Fragment (De Boissieu. p. 90). découvert en 1847 rue MARTIN . dans les fondations de l'ancien couvent Saint- Michel . au quartier d'AINAY. Nous avons proposé, dans notre Revue èpigrapbique (1. p. 5), la restitution suivante et l'attribution à la période comprise entre le 10 mars de l'an 15 deJ.-C. date de l'élection de Tibère à la dignité de pontifex maxinuis. et le 26 juin de l'année suivante, terme de sa XVIe puissance tribunicienne : tiberio caesari, divi augnSTl Filio, angusto, pontifici max\U.O, consuli II, tribu nicia potestate XV (ou XVI), IMPeratori IV (?) ou peut-être IX.

Vespasien. — Fragment (De Boissieu, p. 529), autrefois au quartier SAINT-PIERRE, à la porte de la chapelle SAINT-COME. daté de la sixième année du règne de Vespasien consul pour la septième fois avec son fils Titus consul pour la cinquième fois (Voy. Revue èpigrapbique, I. p. 5) : .... MAGNO .... ANNO SEXtoimp- caes- wSPASIANI AVGVSTI VU e\- vesV- AVG- /• V • consulibus, très provincial GALLIAi? — La date répond à l'an 76.

Hadrien. — Borne découverte le 27 avril 1887 à CHAGNON, dans le canton de Rive-de-Gier (Chaverondier, dans le Mémorial de la Loire du 2 mai 1887, et dans la Loire Républicaine du 3 du même mois; Thiollier et Testenoire-Lafayette, dans le Bulletin de la Diana, 1887, p. 172, avec photographie de M. Thiollier). relative à l'aqueduc du Pilât. Elle reproduit une ordonnance de l'empereur Hadrien, faisant défense « à tous de labourer, semer « ou planter » sur une certaine largeur de terrain « destinée à la « protection de l'aqueduc » :

ex avcToriTaTI imp • caes- Haï a

NI • H A D R I A Ni AVG • NEMINI 5 ARANDI • SER

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