EST
Ex audoritate Imp(eratoris) Caes(aris) Traiani Hadriani Aug(usti) nemini arandi serendi pangendive ius est intra id spatium agri quod tutelae ductus destinatum est.
« De l'autorité de l'empereur César Trajan Hadrien Auguste, « défense de labourer, semer ni planter sur cet espace de terrain « affecté à la garantie de l'aqueduc ».
L'aqueduc, qui, du hameau de la Martinière sur la commune d'izieux, amenait à Lyon les eaux du Gier par un parcours de près
de soixante-dix-neuf kilomètres, passait , en effet , sur le territoire de Chagnon, où existe encore, au nord du village, sur la rive droite du ruisseau de la Durèze, affluent du Gier, un souterrain de 600 pas de long marqué sur la carte du Dépôt de la guerre. La bande de terrain sur laquelle il n'était pas permis de cultiver était celle qui courait au-dessus de l'aqueduc, qui en cet endroit passait sous terre. Elle était, paraît-il, délimitée de chaque côté par des bornes qui en marquaient la largeur. La pierre récemment découverte était une de ces bornes.
Trouvée à environ 200 mètres en amont de Chagnon, à 110 mètres de l'angle ouest du cimetière et sur la même rive du ruisseau, à une douzaine de mètres en contre-bas du chemin de Saint-Julien-en-Jarez à la Madeleine, mais renversée et par conséquent déplacée, elle ne devait cependant pas être éloignée de sa place primitive. Il eût été particulièrement intéressant, si cette place primitive eût été exactement connue, de pouvoir mesurer sa distance du passage de l'aqueduc et arriver ainsi à savoir d'une manière précise quelle était la largeur de l'espace affecté à la garantie de ce passage. Faute de donnée certaine, on peut toutefois se faire à cet égard une idée approximative d'après des cas analogues. Une inscription de Venafrum, en Italie (Mommsen, Inscriptiones regni Neapolitani, 4602), relate une ordonnance de l'empereur Auguste prescrivant de laisser vacant de chaque côté de l'aqueduc de cette localité un espace de huit pieds de large ; l'aqueduc, qui, là, était extérieur, avait lui-même trois pieds de largeur : donc en total dix-neuf pieds. On n'aperçoit pas de nécessité de supposer à la bande de terrain destinée à la conservation de l'aqueduc du Gier à son passage à Chagnon une largeur plus grande.
Septime Sévère. — Autel (De Boissieu , p. 59. Manuscrit Ruolz-Dissard), autrefois à Lyon, au siège de l'OFFICIALITÉ , actuellement et depuis longtemps déjà à Fontaines-sur-Saône : dédié aux Matronae Anfaniae et aux Maires Pannoniorum et
Delmatarum pour la conservation de Septime Sévère et de la famille impériale par un tribun de la légion lre Minervia, Titus Julius Pompeianus, en qui Léon Renier (Mélanges d'èpigrapbie, p. 152) a reconnu le fils ou plutôt le petit-fils de ce Claudius Pompeius, gendre de Marc-Aurèle, qui refusa l'offre qui lui fut faite par Didius Julianus de partager avec lui l'empire. La légion Ire Minervia appartenait à l'armée de la Germanie Inférieure et est une de celles qui ont combattu pour Sévère contre Albin. Les Matrones Aufaniennes et les Mères des Pannoniens et des Delmates sont les divinités que Septime Sévère, inquiet des succès d'Albin au commencement de la guerre, avait consultées dans sa route et qui lui avaient prédit qu'il serait victorieux. Trouvée à Lyon, l'inscription ne peut pas avoir été rédigée du temps que Lyon était au pouvoir d'Albin, et n'a été par conséquent faite qu'après la victoire de Sévère. — Nous croyons savoir que M. Hirschfeld ne considère pas comme suffisamment fondée l'opinion de Léon Renier relativement à Titus Julius Pompeianus.
Philippe. — Fragment (De Boissieu, p. 529), daté du VI ou xVI KAL • Martias ou Maias, IMP • D • N • PHILIPPO AVG et TITIANO cos. Le consulat de l'empereur Philippe avec C. Maesius Aquillius Fabius Titianus ou C. Bultius Geminius Titianus (Voy. Klein, Fasti consulares) répond à l'an 245.
Constantin. — Borne milliaire (De Boissieu, p. 371), employée dans la construction de l'ancienne église de la GUILLOTIÈRE et, après la démolition de cette église, comme butte-roue au portail de la cour d'une auberge dans la rue des Asperges : Imp(eratori) Caes(ari) Fl(avio) Val(erio) Constant(ino) p(io) f(elici) Aug(usto), divi [Constant ii Augusti pii filio]
Inscriptions étrangères relatives à Lyon.
Hadrien. — Statue élevée à Hadrien en l'an 119 par les bateliers du Rhône, à SAINT-JEAN-DE-MUZOLS, à une demilieue en amont de Tournon, dans le département de l'Ardèche. (Dé de piédestal, extrait vers 1860 du mur de l'abside d'une petite chapelle romane située à mi-plaine entre le Rhône et le coteau de la rive droite; déposé actuellement au bord de la grande route, avec divers autres débris antiques provenant du même lieu, devant l'église nouvellement construite. Voy. Gruter, 248, 8 et 1002, 10; Allmer, Inscript, de Vienne, 1, p. 53) : Imp- Caes- , divi I Traiani Parthici \jiï, divi Nervae tiepoti, Traiano I Hadriano Aug, | pontifmax% , trib- I poicsP III, cos- III, I nantae Rbodanici I indulgentissimo I principi. « A l'empereur César Trajan Hadrien Auguste, fils du « dieu Trajan parthique, petit-fils du dieu Nerva ; souverain <. pontife, revêtu de la puissance tribunicienne pour la troisième <-. fois, consul trois fois, prince très bienfaisant, les bateliers <\ du Rhône ». Cette inscription, dont la date tombe en 119, doit se rapporter à un passage d'Hadrien à Lyon dans un de ses voyages en Gaule. Sans doute il aura voulu faire sur le fleuve une partie de sa route et n'aura pas manqué de gratifier à cette occasion la corporation lyonnaise des bateliers du Rhône, dont il avait pris ou quitté les bateaux à Saint-Jean-de-Muzols, de quelque insigne libéralité, en reconnaissance de laquelle ils lui ont érigé en cet endroit une statue.
Commode. — Taurobole offert en 184 pour la conservation de Commode, de la famille impériale et de la colonie de Lyon (Inscription « découverte au XVIe siècle dans le territoire de TEING », sous l'autel de la chapelle de l'ERMITAGE ; voy. de Boissieu. p. 28) : [pro sainte imp- caes- m- aur commodi I anionini augpi]i domuusq divimae colon- copiae claud- aug- lug- I taurobolium fecit q- aquius antoniayms poniif perpétuas, — sculpture en relief représentant une tête de taureau, — ex vaticinatione pusonii jnliani arcbi\galli inchoatum XII liai mal consum\matum VIIIl hal mai' l eggio marullo I civ papirio aeliano cos- praeeunte aelio I castrense sacerdote tibicine albio verino : « Taurobole offert pour la conser- « vation de l'empereur César Marc Aurèle Commode Antonin « Auguste le Pieux, et de la maison divine et de la colonie Copia « Claudia Augusta de Lyon, par Quintus Aquius Antonianus, « pontife perpétuel, d'après la prescription prophétique de l'ar- « chigalle Pusonius Julianus ; commencé le XII des calendes « de mai (20 avril), terminé le VII II des calendes de mai « (23 avril), sous le consulat de Lucius Eggius Marullus et de « Cneus Papirius Aelianus. Le prêtre officiant a été Aelius « Castrensis ; le joueur de flûtes Albius Verinus ». Le consulat indiqué répond à l'année 184.