II. — INSCRIPTIONS RELATIVES AUX FONCTIONS REMPLIES PAR DES SÉNATEURS
César, à la suite de la guerre qui le rendit maître de la Gaule, fit, en l'an 50, de tout le pays qu'il venait de conquérir, une seule province, et les choses demeurèrent en cet état jusqu'à ce que, vingt-trois ans plus tard, en l'an 27, Auguste le divisa en trois provinces : l'Aquitaine étendue au nord de la Garonne jusqu'à la Loire , la Belgique prolongée au sud de la Moselle jusqu'au Rhône, la Lyonnaise formée du reste de la Celtique et ainsi appelée du nom de la colonie romaine fondée en l'an 43 par le sénat au confluent de la Saône et du Rhône. Mais malgré cette division, les trois provinces, dont Lyon par sa situation à leur limite commune et bientôt après au point de départ de quatre routes divergeant en quatre directions opposées était la capitale, n'en continuèrent pas moins pendant tout le règne d'Auguste à rester administrées comme ne formant qu'une seule province sous un commandement militaire dont l'autorité embrassait, non seulement la Gaule entière, mais aussi, tant qu'elle fut sous la domination romaine, la partie de la Germanie comprise entre le Rhin et l'Elbe.
Ce fut Tibère qui fit des trois Gaules trois gouvernements séparés sous autant de gouverneurs particuliers, tous trois de rang prétorial et sans commandement militaire. La Germanie du Rhin à l'Elbe ayant échappé aux Romains, une première fois en l'an 9 de notre ère par l'incapacité de Varus après avoir été pendant environ vingt ans réduite en province , et une seconde fois
définitivement par le mauvais vouloir de Tibère alors qu'elle venait d'être entièrement reconquise, une zone de territoire fut prélevée sur la Belgique le long de la rive gauche du Rhin pour former deux provinces sous les noms de haute et de basse Germanie, pourvues chacune d'une forte armée commandée par un légat impérial de rang consulaire.
Le gouverneur de la Germanie Supérieure résidait à Mayence. celui de la Germanie Inférieure à Vetera près Xanten, celui de la Belgique à Reims, celui de l'Aquitaine peut-être à Bordeaux ; le gouverneur de la Lyonnaise résidait à Lyon.
Les inscriptions relatives à des fonctions exercées par des sénateurs ne sont pas nombreuses, mais quelques-unes d'entre elles sont d'un intérêt capital :
C'est en première ligne le discours prononcé à Rome en l'an 48 par l'empereur Claude à l'effet d'obtenir pour les citoyens romains de la Gaule chevelue le droit d'accès au sénat et aux fonctions de la carrière sénatoriale; discours dans lequel est, entre autres choses, fait mention des sénateurs que les colonies de Lyon et de Vienne , — et Vienne depuis plus longtemps que Lyon , — envoyaient déjà à la curie de Rome; de jeunes Gaulois, la plupart Viennois à ce qu'il semble, qui, sans être sénateurs, assistaient aux réunions comme auditeurs ; du Viennois Valerius Asiaticus parvenu au consulat; de Fabius l'Allobrogique; de Drusus opérant le recensement dans la Gaule ;
Se montrent ensuite des dates par les noms des consuls des années 160, 172, 184. 190, 194, 197 et 247 ;
Puis vient une série de hauts fonctionnaires et de personnes appartenant à l'ordre sénatorial :
Un préfet du prétoire, le célèbre Plautien (ci -après), honoré d'abord des ornamenta consularia , puis du consulat avec le titre de consul pour la seconde fois ;
Plusieurs gouverneurs de la Lyonnaise : Tiberius Claudius
Quartinus (inscr. perdue), pourvu sous Trajan et Hadrien de diverses fonctions prétoriales, et , d'après l'opinion de Renier, peut-être devenu gouverneur de la Lyonnaise ; — Lucius Aemilius
Front (ci-après), legatus Augusti pro praetore provinciae Lugu-
dunensis, sous Antonin le Pieux (?), et parvenu ensuite au consulat; — Titus Flavius Secundus Philippianus (ci-après), legatus Aiigitstoriiin triiim provinciae Lug(dunensis) , sous Septime Sévère régnant avec ses deux fils ;
Un gouverneur de l'Aquitaine, Caius Alfidius Gallus Paccianus (inscr. perdue), legatus Augusti pro praetore provinciae Aquitanicae, postérieurement à Hadrien, honoré d'une statue par la cité des Lemovices probablement à l'autel de Rome et d'Auguste ;
Un personnage prétorial , curateur et patron de la colonie de Lyon : Lucius Fulvius Gavius Numisius Petronius Aemilianus (ci-après), v(ir) c(larissimus), curator reip(ublicae) coloniae Lugdunensiiim, sous Septime Sévère régnant avec Caracalla ;
Une femme appartenant à l'ordre sénatorial, Cervidia Vestina (ci-après), clarissima femina, l'épouse du curateur et patron Fulvius Aemilianus dont il vient d'être parlé ;
Un fils de sénateur, Titus Flavius Victorinus Philippianus (ciaprès), clarissimus jitvenis ;
Un autre fils de sénateur, Titus Flavius Aristius Ulpianus (ciaprès), frère du précédent, clarissimus puer ledits in patricias J a mi H as;
Un enfant de quatre ans admis aux privilèges des fils de sénateurs : Caius Julius Celsus Maximianus (ci-après), adlechis annorum quattuor in amplissimum ordinem ab Imperatore Tito Aelio Hadriano Anioniuo Pio, sous Antonin le Pieux :
Un jeune homme pourvu d'une des fonctions du vigintivirat, Julius Taurus (ci-après), decemvir siliiibus judicandis.
L'inscription au nom du gouverneur Flavius Philippianus est gravée sur un autel ; les autres se lisent ou se lisaient autrefois sur des piédestaux de statues.