L- AEMilio-l-f.qV\ Ri N FRON////0. leg. aVGPRFR
PROV inciae.lugVD COS
T R E Sp r 0 v in c ia e G A L L I A E
Martin-Daussigny. nos 858 et 1005 de son Registre d'entrées. — Pour la partie retrouvée la première, Renier dans Spon. Rech.. éd. 1857. P- 273 '• Journal de l'instr. publ.. mars i8s8. — Bernard.
Temple d'Auguste, p. 98, pi. 7. — Monfalcon, Musée lapidaire, suppl., fac-similé en gravure. — Allmer. Revue èpigraphique, 1. p. 26. — Dissard. Catalogue, p. 95.
L. Aemilio, . .filio, Qitiriua, Fronfiiio (?), legato Augusti propraetore proviuciae Lugudunensis, cousuli, très proviuciae Galliae.
« A Lucius Aemilius Frontinus , fils de ; de la tribu
« Quirina , légat impérial propréteur de la province Lyonnaise, « consul, les trois provinces de la Gaule ».
Borghesi mentionne dans ses Œuvres (3, p. 385) trois Aemilius, à l'un desquels semble pouvoir se rapporter l'inscription qui décorait le piédestal de la statue décernée par l'assemblée des trois Gaules : un Aemilius Fronto. qui fut sous Hadrien un des quatre consulaires d'Italie institués par ce prince ; un Aemilius Frontinus, proconsul d'Asie sous Marc-Aurèle, mentionné par Eusèbe {Hist.eccl., 5, 18), et peut-être fils du précédent ; un Aemilius Frontinianus (Gruter, 302, 2), sénateur au commencement du règne de Commode et autre fils de Fronto. La longueur du surnom de ce dernier, à qui d'ailleurs on ne connaît d'autre dignité que celle de sénateur, ne permet pas de songer à lui. A l'égard de son père présumé, Aemilius Fronto, la supposition qu'il pourrait être le personnage de notre inscription rencontre un obstacle dans la remarque faite par Renier que seulement sous le règne de Marc Aurèle a commencé l'usage d'écrire le titre pro praetore par l'abréviation PR ■ PR en remplacement de celle plus compliquée PRO PR . précédemment employée. De plus, si déjà sous Hadrien Fronto était ancien gouverneur de la Lyonnaise et ancien consul . on ne comprendrait guère que l'assemblée des très Galliae eût attendu environ une trentaine d'années pour lui décerner un honneur dont le motif présumable a dû être sa bonne administration de la Lyonnaise ou plutôt sa promotion au consulat. La vraisemblance la plus grande reste donc en faveur d' Aemilius Frontinus, proconsul d'Asie sous Marc Aurèle et le plus élevé des trois en dignité. Son gouvernement
de notre province devrait peut-être alors se placer sous Antonin le Pieux , car s'il avait eu lieu sous le règne commun de Marc A.urèle et de Vérus, on devrait lire sur l'inscription : leg. aVCG, c'est-à-dire legaio Aiigiistorum duorum, et, s'il avait eu lieu plus tard, dans la période des onze années comprises entre 169 et 180 qui représentent le règne de Marc Aurèle après la mort de Vérus, il y aurait difficilement l'espace de temps nécessaire pour un gouvernement qui durait habituellement trois ans, pour un consulat et pour un intervalle variable de huit à seize ans entre les fonctions de consul et le proconsulat d'Asie (Waddington, Fastes des prov. asiat., ch. 1).
Lucius Julius Frontinus (?) est un nom à ajouter à la liste des gouverneurs de la Lyonnaise. Sa place chronologique serait entre le gouvernement de T. Vitrasius Pollio sous Hadrien et celui de Septime Sévère, le futur empereur, sous Commode.
Statue décernée à Plautien par l'assemblée des trois Gaules.
Arcade XXV. — Grande pierre carrée sans ornements, écornée en bas à gauche; trouvée le ior octobre 1873 dans le lit de la SAONE, rive gauche, presque en face de la rue Martin, au quartier d'AINAY. Elle présente la moitié droite d'une inscription, dont le surplus était contenu sur une autre pierre pareille. Les deux pierres réunies formaient vraisemblablement le dé d'un piédestal pourvu d'une base et d'un couronnement rapportés. — Hauteur 1 m. S5>
largeur o m. 92; largeur totale présumée 1 m. 84. Hauteur des lettres 0 m. 10.
c (?) fulvio />LAVTIANO
praef . prAEt . C V cos. II adfini DOMINOR NN
fortissim . PRINCIPVM severi et aw/OnInI AVGG et getae 110b. CAESARIS trES g allia e
Martin-Daussigny, n° 1202 de son Registre d'entrées. — Allmer, Revue èpigrapbique, I, p. 29. — Dissard. Catalogue, p. 95.
CaioQ) Fulvio Plaittiano, praefecto praetorio, clarissimo viro, consiili II, adfini dominorum nostrorum diiorum fortissimorum principum Severi et Antonini Augustorum et Getae nobilissimi Caesaris, très Galliae.
« A Caius(?) Fulvius Plautianus, préfet du prétoire, clarissime. « consul deux fois, allié de nos maîtres très vaillants princes « Sévère et Antonin augustes, et de Géta nobilissime césar, les « trois Gaules ».
Il s'agit de Plautien, le célèbre préfet du prétoire, dont la fille épousa Caracalla et fut impératrice.
C'est vainement qu'on chercherait dans l'histoire l'exemple d'une fortune plus haute, plus imméritée, précipitée d'une manière plus soudaine que celle de Plautien. Plautien, homme de néant, élevé rapidement par la faveur de Septime Sévère, son compatriote, au faîte de la grandeur et de la puissance, était un monstre pétri de tous les vices. Livré à des débauches sans nom , que dévoilaient
FONCTIONS SKNATORIALES II3
l'extrême pâleur de son visage et un tremblement habituel de tout son corps, il ajoutait à cela une ambition et une rapacité effrénées, qui ne reculaient devant aucun crime. Jamais particulier n'avait possédé des richesses aussi grandes; on assure qu'elles dépassaient celles de Septime Sévère, — le plus riche des empereurs romains. — et de ses fils tout ensemble. Telle était l'amitié de Sévère pour cet odieux personnage, — amitié restée une grande honte sur sa mémoire. — qu'il souhaitait de l'avoir pour successeur et « eût « voulu mourir avant lui »! Il souffrait qu'on décernât à son favori des statues plus nombreuses et plus hautes qu'à lui-même . qu'il eût une puissance plus redoutée que la sienne, qu'il étalât un faste supérieur au sien . qu'il se permît de morigéner et d'insulter l'impératrice . qu'il eût un espionnage le tenant au courant de tout ce qui se passait dans le palais, que les soldats jurassent par sa fortune, que le sénat lui décrétât des prières publiques comme à un empereur, qu'on craignît plus de lui déplaire qu'à lui-même. Plautien paraissait être le véritable empereur, Sévère n'être que son subalterne.
Une seule chose était encore au-dessus de la puissance et de la richesse de ce méchant homme : c'est l'insolence de son orgueil. Lorsqu'il sortait, des appariteurs couraient en avant pour que personne ne se tînt sur son passage ni ne le regardât. Il alla jusqu'à oser une chose inouïe, que Dion Cassius signale comme un trait des plus propres à marquer à quel point en étaient arrivés son pouvoir et sa tyrannie : cent citoyens romains, tous ingénus, beaucoup d'entre eux mariés et même pères de famille, furent enlevés par ses ordres, faits eunuques et attachés comme esclaves au service de sa fille. Cette fille, en préférence à quantité de femmes de familles nobles, fut donnée en mariage à Caracalla, déjà associé à l'empire et en possession du titre d'Auguste. La dot qu'elle apporta eût. dit-on. pu suffire à marier cinquante reines.
Hautaine comme son père. Plautille ne sut inspirer à son époux qu'une aversion profonde. Caracalla ne se cachait nullement pour
dire que, dès qu'il serait le maître, il ferait périr épouse et beaupère. Plautien dut comprendre qu'il n'avait de salut qu'en hâtant ses projets. Conspira-t-il contre Sévère et ses fils? 11 était dans la nécessité des choses qu'il le fît, et on supposa le fait pour le perdre. Caracalla paraît avoir été l'auteur de cette machination. Un tribun de la garde prétorienne vint déclarer à l'empereur qu'il était envoyé pour le tuer; il montra son arme et un ordre signé de la main de Plautien. Celui-ci accourt au palais pour se disculper. Caracalla se précipite sur lui. lui arrache l'épée qu'il portait comme préfet du prétoire, et le fait massacrer par ses gardes sous les yeux de Septime Sévère s'efforçant en vain de le défendre.
Des statues lui avaient été dressées dans toute l'étendue de l'empire en quantité innombrable. Un décret d'infamie, rendu contre sa mémoire, en ordonna la destruction ainsi que l'effacement de ses noms sur tous les monuments. Soit à cause de la haine universelle qu'il s'était attirée, soit par suite de la rigueur apportée à l'exécution de l'édit, les inscriptions au nom de Plautien sont des plus rares, et celle de Lyon est, si nous ne nous trompons, la seule des cinq ou six découvertes jusqu'à ce jour sur laquelle ses noms n'aient pas été martelés. Les mêmes mesures de proscription enveloppèrent la mémoire de l'impératrice Plautille. Reléguée dans une île déserte, elle ne tarda pas à être délivrée de l'existence par la main du bourreau.
Il reste maintenant à justifier les restitutions de notre texte.
Plautien étant d'une origine obscure, on n'a pas dû indiquer sur ses monuments une filiation qui eût été humiliante pour lui. Il n'y a donc aucun complément à supposer entre les mots fulvio et />LAVTIANO, et alors la première ligne est certaine, si ce n'est cependant que le prénom n'était peut-être pas Caiits. On lit C\ c'est-à-dire Caiits, sur des fonds de vases provenant de poteries établies sur ses domaines (Marini. Arv., pp. 544, 620; Wilmanns, 2786) : OPus VOUare EX PRaediis Caii FVLV/7 PLAVT/j/// PRaefedi PRaetorio Claiïssimi Viri COS- II. FlGlina BVCCONIA :
mais sur une inscription de Rome, où ses noms, bien que martelés, n'ont pas si complètement disparu qu'on ne puisse encore apercevoir quelques traces de lettres, Mommsen et Henzen ont cru distinguer un P. abréviation de Publias (Henzen, Supplèm. à Orelli, 5498 et p. 98 note aux nos 934. 935; — voir Wilmanns. 985, 986; C. I. L.. VI. 1035).
Si la première ligne est certaine à l'exception de la première lettre qui peut avoir été un P au lieu d'un C. il en résulte la connaissance non moins sûre de l'étendue de l'inscription dans le sens de la longueur des lignes, et l'on voit que la partie manquante formait la moitié de cette étendue et devait couvrir une pierre exactement pareille en dimensions à celle qui a été retrouvée.
A la deuxième ligne, on ne voit pas d'autre restitution possible que celle de praef(ecto) pr]AETon'o. A l'époque à laquelle appartient l'inscription . les préfets du prétoire étaient toujours des chevaliers romains et ils avaient le titre d'eminentissimus vir. Le titre de clarissimtts vir, qui était celui des sénateurs, aurait donc lieu de surprendre à la suite des mots praefecto praetorio ; mais il faut se rappeler qu'il s'agit ici de Plautien et que parmi les honneurs insolites dont il avait été l'objet figure celui d'avoir été fait sénateur. Par une faveur jusque là sans exemple, il lui fut permis, bien que passé dans les rangs du sénat, de conserver son poste de préfet du prétoire, de sorte qu'il portait sur sa robe de sénateur l'épée de son commandement ; de plus, il fut décoré des ornements consulaires et, en 203, nommé consul ordinaire avec le titre de « consul pour la seconde fois », les ornements dont il avait été gratifié étant comptés pour un premier consulat. Cela ne s'était jamais fait, mais continua à se faire jusque sous Macrin. qui mit fin à l'abus en revenant à l'ancien usage. C'est à la dignité sénatoriale de Plautien que se rapportent les sigles OV. c'est-à-dire le titre de clarissimus vir, « clarissime personne », qui terminent la ligne.
La restitution cos II du commencement de la troisième ligne
Il6 FONCTIONS SÉNATORIALES
est conjecturale ; elle fixe sans preuve l'érection du monument postérieurement à l'an 202. La qualification à'adfinis est empruntée à une inscription (C. I. L., III, 607s) où Plautien est ainsi désigné. On pourrait substituer à cos II, adfinis, avec le même nombre de lettres et moins de précision chronologique, le mot necessario, d'après deux exemples (Orelli, 934; Henzen, 5498, et C. /. L. VI, 1035). dont le dernier est de l'an 204.
Fortissimorum, proposé pour la première partie de la quatrième ligne , est une épithète fréquemment employée pour Septime Sévère et Caracalla. Caracalla était associé à l'empire avec le titre « d'Auguste » depuis l'an 198 ; c'est à son père et à lui que s'appliquent les qualifications de dominorum nostrorum duorum : « nos « deux maîtres » , de fortissimorum principum : « vaillants « princes ». et à'Augustorum duorum : « nos deux Augustes ». Géta ne fut Auguste qu'à partir de 209 et n'avait jusque-là que le titre de « César ».
A la septième ligne , les deux lettres ES, qui apparaissent au bord de la pierre, à gauche, appellent un complément formé de deux lettres seulement. Tout mot plus long, Lugdunenses, par exemple, ne pourrait être admis qu'en violant de la manière la plus choquante la symétrie rigoureusement observée dans toutes les lignes précédentes. Le mot très composé de quatre lettres répond parfaitement aux exigences de la figure de l'inscription.
Huitième ligne. Le complément obligé du mot très est Galliae ou proviuciae Galliae. Une écornure qui a emporté l'angle inférieur gauche de la pierre en se prolongeant à droite jusqu'au tiers de sa largeur permet de supposer la première de ces restitutions : la seconde serait beaucoup trop longue et déborderait sur la partie restée vide. On disait d'ailleurs aussi bien très Galliae que très proviuciae Galliae.
Notre inscription est certainement postérieure à l'année 198 dans le cours de laquelle Caracalla reçut le titre d'Auguste; elle n'est même vraisemblablement pas antérieure à l'an 203. où
Plautien entra réellement dans la famille impériale par le mariage de sa fille avec le fils aîné de Septime Sévère, mariage conclu dès l'année précédente, mais qui n'eut lieu qu'en celle-ci. Elle ne peut pas être postérieure au second mois de cette même année, qui fut témoin de sa mort. Elle est donc probablement du commencement de 203. Elle appartient alors à la période témoin de l'apogée de la prospérité de Plautien, alors que, sénateur et consul en même temps que préfet du prétoire, beau-père de Caracalla, s'élevant par son faste et sa puissance non pas à l'égal mais au-dessus même de l'empereur et paraissant aux yeux de tous être le souverain véritable, il voyait ériger en son honneur à Rome même et par des décrets du sénat des statues « plus hautes et plus nombreuses » que celles de l'empereur.
Sans doute, en présence d'une statue décernée à Plautien par l'association des trois Gaules, on peut s'affliger de voir se réduire, dans la pratique, à des actes d'un tel servilisme le droit si essentiel en principe qu'avait cette assemblée nationale de défendre les intérêts du pays qu'elle représentait; mais agissait-on plus dignement au sénat de Rome et, là-bas comme ici, le motif impérieux de cette lâche conduite n'était-il pas la terreur qu'inspirent les méchants lorsqu'ils sont en possession de la toute-puissance? La principale source des richesses amassées par Plautien provenait de l'abandon qui lui avait été fait des biens des proscrits. D'innombrables proscriptions à Lyon et dans les Gaules avaient suivi la défaite d'Albin: dans les Gaules et à Lyon, comme à Rome, le favori de Septime Sévère dut être fort redouté et par conséquent fort honoré.
Voir au numéro suivant une autre inscription de Lyon relative à un protégé de Plautien, nommé comme lui Fulvius et qui. précisément en 202 et au commencement de 203, était curateur et patron de la colonie.
Statue élevée par les Lyonnais à un personnage patricien, parvenu à la questure et à la préture; curateur et patron de la Cité sous Septime Sévère.
Arcade LXII. — Piédestal de forme oblongue, incomplet à gauche, bordé de moulures en haut et en bas et autrefois pourvu d'une base et d'un couronnement rapportés; extrait en trois fragments, en 1846 ou 1847, des matériaux du PONT DU CHANGE: celui de gauche et celui de droite du sommet de la troisième arche comptée de la rive gauche, celui du milieu de la base de la première arche du côté de la rive droite. — Hauteur 1 m. 05, entre les moulures 0 m. 81 ; longueur des trois fragments réunis 2 mètres.
/ .fulvio gavio «VMISIO ■ PEfrON • AEMILIANO
v • c • praetori tutelarXO • C A N D 1 D ^ TO • AVGG • CVR ATORI r ■ p « col ■ lugud ■ qnaestorllTEM-CAnDlDATO ■ AV^VSTORM pontif . pro mag . sodali /LÂVIALI-sALLIO CO L / I N O iiivirmonetalia- a- a-f-f-praef-fERlAruM • LATIN AR ■ Illlll VIR turmae I equitum rouia N O R m M
lugudunenses pairo N O
L'V et l'M d'AVGVSTORVM à la fin de la troisième ligne liés en un monogramme ; peut-être un accent sur le premier A de FLAVIALI.
De Boissieu, pour les deux premiers fragments : celui de gauche et celui du milieu, tous deux en fac-similé, pp. 532 et 28s. — Renier, Mélanges d'êpigrapUe, 1854, p. 39; dans la Revue archèoL, 1 i° année : Sur une inscr. de Lyon ; dans les Œuvres de Borgh'esi, 8, p. 602, note; dans la réédition de la Recherche de Spon, 1857. P- 3°9i dans Monfalcon, Musée lapidaire, appendice. — Comarmond, Description du Musée lapidaire, 1846-34. pp. 146. 238, 287. Notice, 1856, pp. 52, 87, ios. — Allmer . Revue èpigraphique, 1. p. 51. — Dissard. Catalogue, p. qs.
L. Fuivio Gavio Numisio Pctronio Acmiliano , viro clarissimo, praetori tutelario candidato Augustorum duorum , curatori reipublicae colon iae Lugudunensiuin, quaestori item candidato Augustorum , pontifie i pro magistro, sodali Flâviali , sallio Collino . triumviro monctali auro argento aère fiando feriundo, praefecto feriarum latinarum, seviro turmae I equitum Romanorum ; Lugudunenses patrono.
« A Lucius Fulvius Gavius Numisius Petronius Aemilianus, « clarissime. préteur candidat des deux Augustes chargé de juger « les affaires de tutelle, curateur de la colonie de Lyon, questeur « candidat également des mêmes Augustes, pontife promagister, « membre de la confrérie des Flaviales, salien du mont Collinus. « triumvir monétaire, préfet des fériés latines, sévir de la irc turme « des chevaliers romains; les Lyonnais à leur patron ».
Les restitutions de la partie considérable qui manque au côté gauche de ce texte et a emporté le commencement de toutes les lignes ont été fournies presque toutes à Renier par une inscription de Rome (C. 1. L., VI. 1422). C'est à cette inscription qu'ont été empruntés les noms Lucius Fulvius Gavius de la première ligne, la qualification de vir clarissimus et le titre de praetor de la deuxième, celui de pontifex promagister de la quatrième, de triumvir monetalis auro argento aère fiando feriundo de la cinquième, le numéro de la turme à la sixième. L'inscription du piédestal d'une statue élevée
à notre personnage à Capoue (Mommsen, /. N., 3604), par les Lyonnais, et une autre inscription de Lyon qui le concerne également et que nous rapportons à la suite de celle-ci, font connaître la curatelle dont la désignation remplit le commencement de la troisième ligne. Le mot Lugdunenses , à la dernière, résulte de l'ensemble du texte.
Fulvius Gavius Numisius Petronius, qui porte quatre noms gentilices, appartenait certainement au second ou au troisième siècle, époque des noms multiples, et non moins certainement à quelqu'une des grandes familles aristocratiques du temps. On connaît un L. Fulvius Rusticus Aemilianus gouverneur de la province de Galatie , vraisemblablement sous Marc Aurèle ; un L. Fulvius Aemilianus consul en 206; un autre Fulvius Aemilianus consul deux fois : en 244 et 249. C'est comme fils de grande famille que notre Fulvius se présente avec les titres de sévir turmae equitiim Romanonmi, de praefectus feriarum latinarum et de salins CoUinus. 11 avait été sévir d'une turme de chevaliers romains, c'est-à-dire, suivant l'explication de M. Mommsen (Mon mu. ancyr., ch. 14), un des six chefs : — trois decurions et trois optiones, — qui commandaient chacune des cinquante-quatre turmes, ou escadrons de trente cavaliers, dont se composait la chevalerie d'élite réorganisée par Auguste; le Prince de la Jeunesse, quand il y en avait un, était le premier des six chefs de la première turme et en même temps le commandant de tout le corps équestre. La fonction de gouverneur de Rome pendant les quatre jours des fériés latines sur le mont Albain, auxquelles étaient tenus d'assister tous les magistrats de la ville, même les consuls, ne se donnait aussi qu'à des jeunes gens fils de sénateurs et d'entre les plus nobles. Il en était de même pour l'admission dans le collège des saliens; on ne pouvait y entrer que si on était de famille patricienne et si on avait encore son père et sa mère. C'est également parmi les sénateurs ou les fils des sénateurs les plus élevés en dignité que se recrutaient les collèges sacerdotaux pour le culte des empereurs déifiés, et
celui des pontifes dits majores, dans lequel Fulvius apparaît comme vice-président.
Après avoir rempli une des fonctions du vigintivirat : celle de triumvir monétaire, il est parvenu à la questure d'une manière tout à fait privilégiée , sans avoir été tribun militaire, grade qui ordinairement complétait le double noviciat exigé pour l'accès à la carrière sénatoriale , et comme candidat de l'empereur. Le texte dit expressément que ce fut comme candidat de deux empereurs, ce qui indique que deux empereurs régnaient alors en même temps, et l'inscription de Capoue ci-dessus rappelée, dans laquelle Fulvius est mentionné avec le titre prétorial de juridicits ou de dilectator, de la Transpadane sous Sévère Alexandre, fait voir que le double règne dont il s'agit ne peut avoir été que celui de Septime Sévère et Caracalla, de 198 à 209. Son nom de Fulvius nous met alors sur la voie de la protection marquée dont il semble avoir été l'objet. Cette protection , qui va se manifester une seconde fois en lui procurant la préture comme candidat des deux mêmes empereurs et sans qu'il eût passé par le degré intermédiaire du tribunat plébéien ou de l'édilité, — degré toutefois non obligatoire pour les patriciens (voy. Bloch, Aâlccti, p. 93), — doit avoir été celle de Plautien, le célèbre et un moment tout-puissant préfet du prétoire de Septime Sévère.
Plautien s'appelait aussi Fulvius, mais n'était qu'un parvenu de basse extraction. Il n'eût sans doute pas été fâché de pouvoir se donner, à l'aide d'une communauté de nom, les apparences d'une noblesse qui manquait à son origine ; sa faveur ostensiblement accordée à une famille patricienne ne devait-elle pas être dans son esprit une marque manifeste, une sorte de preuve de sa parenté avec elle? L'apogée de la fortune de Plautien répond surtout à l'année 202 et aux premières semaines de 203, où, après avoir marié sa fille à Caracalla, il périt assassiné par son gendre dans le cours du mois de février. Suivant l'opinion de Renier, Fulvius aurait obtenu en 202 la questure, jointe extraordinairement à la
curatelle de la colonie de Lyon, et en 203 la préture; puis, enveloppé dans la disgrâce des partisans de Plautien, non seulement pendant tout le règne de Caracalla, mais aussi pendant ceux de Macrin et d'Héliogabale, il ne serait revenu sur la scène politique que sous celui de Sévère Alexandre : il y reparaît, au bout d'une interruption de vingt ans au moins dans sa carrière, revêtu de la fonction prétoriale de juridicus de la Transpadane. La forme dans laquelle est exprimé sur l'inscription le titre de cette magistrature est des plus insolites : clecto ab op\timo imperatore Severo] Alexandre) Augitsto ad [ius dieendum] per regionem Tra[uspadanam] : « choisi par le très bon empereur Sévère Alexandre pour rendre « la justice dans la région Transpadane ». Il y perce d'une manière remarquable un sentiment de reconnaissance qui étaye fortement les conjectures qui viennent d'être exposées. M. Mommsen (dans VEphemeriê epigr., 1872, p. 138) propose toutefois et peut-être préférablement la restitution ad [dilectum babendum] per regionem Tr[anspadanani], et fait en outre remarquer que l'indication d'une autre fonction qui aurait été exercée dans le long intervalle de temps dont il vient d'être parlé pouvait figurer sur l'inscription dans la partie qui manque.
Ce intervalle de temps d'une longueur en effet très extraordinaire entre la première partie de la carrière de Fulvius et la dernière a inspiré à Borghesi (Œuvres, 8. p. 603) la pensée que le personnage honoré sous Sévère Alexandre aurait été, non pas le même que celui de l'inscription de Lyon, mais son fils, qui, dans ce cas, se serait appelé L. Fulvius Gavius N[umisius Cervidius], le nom de Cervidius pris de celui de sa mère. 11 suppose aussi (p. 217) que la famille pouvait être de Lyon. La qualité de patron de la colonie motive cependant d'une manière suffisante à elle seule l'honneur d'une statue élevée à Fulvius par les Lyonnais, et il est, outre cela, très peu vraisemblable que la fonction de curateur eût été donnée à un personnage originaire de la cité sur laquelle il allait avoir à exercer sa curatelle. De plus encore, les Lyonnais
étaient inscrits dans la tribu Galeria , et l'on sait que Fulvius (C. I. L.. VI, 1422) appartenait à la tribu Oufentina.
Une statue a été érigée, à Lyon, à la femme de Fulvius, Cervidia Vestina, en même temps qu'à lui.
Inscription relative au même personnage, curateur impérial de la Colonie sous Septime Sévère.
Arcade XXXIV. — Table quadrangulaire, découverte dans les travaux d'agrandissement de l'église SAINT-IRÉNÉE , 1824-1825; recueillie au Musée en 184s. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures accompagné , de chaque côté , d'un appendice en queue d'aronde. — Hauteur 0 m. 75, largeur 1 m. 90; hauteur de la partie encadrée 0 m. 55, largeur o m. 82.
CVRANTE • FVLVIO
AEMILIANO • C • V LOCA-QVAE-IVLIVS- IANV
ARIVS • REI • P • DONAERX 5 CENTONARI • SVO • IJVPEN
DIO- RESTITVERVNT
Le premier A et le V. le second A et le T de DONAVERAT à la quatrième ligne, l'M et le P de IMPEN | DIO aux cinquième et sixième, liés en monogrammes.
124 FONCTIONS SÉN ATORI ALKS
Cochard, Archives bist. et stat., 2, p. 56. — De Boissieu, p. 466. — Comarmond, Desci'., p. 210, pi. 14; Notice, p. 78. — Spon, Recb., éd. 1857, p. 320. — Monfalcon, Mus. lapid., p. 13.
Curante Fitlvio Aemiliano, clarissimo viro, loca quae lu lin s laituarius rei publicae donaverat , centonarii suo impendio restituer uni .
« Avec l'autorisation de Fulvius Aemilianus, clarissime, curateur « (impérial), les centenaires ont rétabli de leurs deniers les places « autrefois données à la cité par Julius Januarius ».
Le rapprochement de cette inscription de la précédente ne permet pas de douter que Fulvius, ici qualifié de « clarissime », c'est-àdire de membre de l'Ordre sénatorial, ne soit le même que le Lucius Fulvius Gavius Numisius Petronius Aemilianus que nous venons de voir reçu au sénat en qualité de questeur, et pourvu de la fonction de curateur de la colonie de Lyon : curator rei publicae coloniae Lt/gdunensium.
Les curatores rei publicae, dit Renier (Mél. d'épigr., p. 41). étaient « des magistrats extraordinaires nommés par l'empereur « pour surveiller l'administration financière des colonies et des « municipes : civitates. Ces cités ne pouvaient, sans leur autorisa- « tion, aliéner aucune partie de leur domaine, ni entreprendre des « constructions considérables ; c'est ce qui explique l'intervention « de Fulvius dans la réparation du cirque de Lugdunum ».
On sait, en effet, par une inscription aujourd'hui perdue, que les places données en premier lieu par Julius Januarius et ensuite refaites par la corporation des centonaires, étaient des places au cirque de Lyon, au nombre de cinq cents, et que le généreux auteur de cette libéralité était un édile de la colonie : Loca (numéro) D in circo Sex(tus) Iul(ius) Ianuarius aedil(is) dat. Peu d'années après le sac et l'incendie de la ville par l'armée de Septime Sévère, les finances municipales ne devaient pas être dans un brillant état de prospérité, et il n'y a pas à s'étonner de voir la corporation des
centenaires venir à leur aide en reconstruisant à ses frais une partie du cirque; mais il est à remarquer que la permission du curateur impérial a été nécessaire quand même la réparation ne se faisait pas des deniers de la colonie. L'inscription ayant été découverte à Saint-Irénée, il est à croire que le cirque était établi sur la colline. D'après la mosaïque d'Ainay conservée au musée des antiques, il aurait été construit en bois.
Statue élevée par les Lyonnais à la femme du même personnage.
Arcade XXV. — Piédestal avec base et couronnement, trouvé en 1768 près de l'église cathédrale, « sur l'emplacement de la « MANÉCANTERIE » (Cochard). au quartier SAINT-JEAN; retrouvé , « il y a quelques années . en creusant le quai de « BOURGNEUF » (Comarmond). — Hauteur 1 m. 30. du dé o m. qo, largeur o m. 82.
c E RV I D I A E • Qj F
VESTINAE-C-F-
/.FVLVI-AEMILIANl