TRAJAN
Fragment relatif à Trajan.
Arcade VIL — Angle supérieur gauche d'une grande table de marbre bordée de moulures qui encadraient l'inscription; trouvé
en avril 1862 au bord de la SAONE, « au milieu de matériaux « d'enrochement destinés à protéger le quai de BOURGNEUF » (Martin-Daussigny), aujourd'hui le quai de Pierre-Scize. — Hauteur o m. 70, largeur o m. 3s.
1 M P • cae s • nervae TRAiano • aug • germanico
Dacico- pont- max
trib- pot- imp- . .cos- . .p- p-
L'A de TRA réduit à son jambage gauche.
Martin-Daussigny, n° 980 de son Registre d'entrées. — Allmer, Revue èpigrapbique, 1, p. 6. — Dissard, Catalogue, p. 90.
Iniperatori Caesari Nervae Traiano Augusio, Germanico, Dacico,
, pontifia maximo, tribunicia potestate. . . , imper atori. . . ,
consuli , patri patriae,
« A l'empereur César Nerva Trajan Auguste, germanique,
« dacique , revêtu de la puissance tribunicienne pour
« la fois, imperaior pour la fois, consul
« fois, père de la patrie »
Trajan a été appelé germanique, du vivant de Nerva et le jour même de son adoption par ce prince, pour une victoire remportée sur les Suèves sans doute vers le commencement d'octobre de l'an 97. C'est à Mayence, au quartier général de l'armée de la Germanie Supérieure qu'il commandait alors, que lui fut apportée la nouvelle de cette adoption et de son association à l'empire, par une députation de sénateurs à la tête de laquelle était un des plus éminents membres du sénat, Fabricius Vejento, alors au moins septuagénaire et revêtu, vraisemblablement pour cette circonstance, d'un troisième consulat (Voy. dans la Korresponden^blait de Trêves
1884, p. 103, l'explication donnée par M. Moinmsen de l'inscription d'une tablette d'offrande déposée dans le temple de la déesse Nemetonia de Mayence par Vejento et sa femme).
Trajan a été appelé « dacique » à la suite de sa première guerre contre les Daces au commencement de 103 ou même dès la fin de 102.
L'état incomplet de l'inscription ne permet pas de savoir si, au moment où elle a été gravée, il avait le titre d'optimits, décerné en 1 13, et celui de Paribicus, déjà reçu en us mais définitivement adopté en 116.
Quant au point de départ qui a réglé ses puissances tribuniciennes et a été en même temps celui d'un très important changement dans le mode de renouvellement jusque-là en usage, voici comment, d'après M. Mommsen (Droit public, 2, p. 776), il doit être établi. Trajan ayant été élevé par Nerva au partage de la souveraineté au mois d'octobre de l'année 97 et les circonstances politiques du moment ne permettant pas d'ajourner la collation de la puissance tribunicienne jusqu'au retour de l'anniversaire de l'avènement de Nerva, c'est-à-dire jusqu'au 18 septembre de l'année suivante, on se trouva amené à penser au 10 décembre, qui était le jour où les tribuns entraient en charge, et cette date fixe, par laquelle le pouvoir tribunicien impérial se trouvait rattaché plus étroitement à l'ancienne institution du tribunat du peuple, prévalut si bien dès lors qu'après quelques tâtonnements au début elle se substitua entièrement à la date mobile répondant à l'anniversaire de l'arrivée au trône. C'est de ce jour, 10 décembre, que partent toutes les réitérations de la puissance tribunicienne aussi bien pour Trajan et Hadrien que pour tous leurs successeurs, et il en était encore ainsi au temps de Dion Cassius (53, 57), d'après son témoignage formel , sauf qu'avec la confusion générale qui régnait au troisième siècle, où, principalement dans les provinces, aucune règle n'était plus observée, les rédactions vicieuses non moins que les dates fausses sont devenues communes.
Il faut toutefois pour parvenir à trouver la concordance de plusieurs des puissances tribuniciennes de Trajan, notamment la seconde, indiquée sur un diplôme daté du 20 février de 98 (C III, p. 862), que l'on ait compté pour la première la courte période de l'an 97 comprise entre le courant du mois d'octobre et le 10 décembre.
Le titre de père de la patrie, d'abord refusé, a été accepté en 98.
Il se peut que pour rentrer en Italie après son adoption et son association à l'empire en 97, Trajan ait passé par Lyon, mais en tout cas l'inscription dont est détaché notre fragment sur lequel figure le titre de dacique ne peut être que postérieure à l'an 102. Il ne paraît pas qu'ensuite il soit jamais revenu dans la Gaule