‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 37 sur 70 · VET • LEG • VIII • AVG · texte numérisé non relu

VET • LEG • VIII • AVG

M • H • M • EX-CORNVC

PRAESIDIS • PROVIN

CIAE • LVGDVNESIS

CLAVDIA • CATIOLA

10 CONIVGI • INCONPA sie

RABILI • PONENDVM

CVRAVIT-ETSVB ASCIA

DEDICAVIT

Martin -Daussigny, n° 988 de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 99.

Diis Mauibus et memoriac aeternae, G. Gcininio Artillo, veterano légion is Vlll Augustae , misso boncsta missione, ex coninciilario praesidis provinciae Lugdunensis ; Claudia Catiola conjugi incomparabili ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Gaius « Geminius Artillus, vétéran de la légion VIII Augusta, congédié « honorablement après avoir été corniculaire du gouverneur de la « province Lyonnaise; Claudia Catiola à son époux incomparable <s a élevé ce tombeau et l'a dédié sous Y ascia ».

Il a été expliqué ci-dessus (n° 22, pp. 160, 161) ce qu'étaient les corniculaires. Il semble, d'après la rédaction de l'inscription, que Geminius Artillus aurait exercé son emploi auprès du gouverneur de la Lyonnaise avant d'avoir obtenu Ybonesta missio, et alors pendant la durée de son service militaire. La légion Vlïl Augusta, dans laquelle il avait servi, appartenait à l'armée de la Germanie Supérieure et était cantonnée à Argentoratum. aujourd'hui Strasbourg.

Epitaphe faisant mention d'un bénéficiaire du procurateur.

Arcade IX. — Sarcophage, « trouvé en 1845 dans les fondations « de la vieille église des Bénédictins, à VAISE » (Comarmond). L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures

accompagné, de chaque côté, d'un appendice en queue d'aronde, l'appendice de gauche contenant la lettre D, celui de droite la lettre M, au-dessus de laquelle est gravée une ascia. — Hauteur o m. 76, longueur 2 m. 39, épaisseur 1 m. 10; hauteur de la partie encadrée o m. 50, longueur 1 m. 30 et avec les appendices 2m. 10.

ET MEMORIAE ■ AETERNAE

I VINDICIAE LVPERCAE CIVl ■ AGRIPPINENSI FEMINAE SAN CTISSIMAE SVMMA- CASTITATE PRAEDITAE QVAE VIXIT ANNIS

XXIIII MENSIBVS X DIEBVS ■ VII ]) IVL ■ SVPERIN1VS VICTOR BF PROC CONIVGI Slfe INCOMPA ]V^

RABILI QVAE MECVM VIXIT ANNIS VIII MENSIBVS Mil SINE VLLA ANIMI LAESIONE ■ ET ■ SIBI V1VS PONENDVM CVRAVIT ET SVB ASCIA ■ DED1CAVIT

Les deux N de ANNIS à la troisième ligne, le B et le second I de SIBI à la cinquième liés en monogrammes. La première lettre avant VINDICIAE , au commencement de la deuxième ligne, a accidentellement l'apparence d'une L, mais est certainement un I.

De Boissieu, p. 527. — Comarmond, Description, p. 339 et pi. 14; Notice, p. 124. — Monfalcon, Supplément à Spon, éd. 1857, p. 307, note Renier; Musée lapidaire, p. 22. — Dissard, Catalogue, p. 99.

Dits Manibus et memoriae aetemae Iuliae Vindiciae Lupercae, civi Agrippinensi, feminae sanctissimae summa castitate praeditae, quae vixit annis XXIIII, mensibus X, diebus VII, lutins Superinius Victor, beneficiarius procuratoris, conjugi sibi incomparabiti quae mecum vixit annis VIII, mensibus IIII, sine ulla animi laesione, et sibi vivus ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Julia Vindicia

« Luperca de la cité Agrippinienne, femme vertueuse et d'une « extrême chasteté, morte à l'âge de vingt-quatre ans, dix mois « et sept jours; Julius Superinius Victor, bénéficiaire du procu- « rateur, à son épouse incomparable, avec laquelle il a vécu huit « ans et quatre mois sans qu'elle lui ait jamais causé aucun « chagrin, a élevé ce tombeau, préparé aussi pour lui-même, et « l'a dédié sous Yascia ».

Les bénéficiaires (voir plus loin l'article intitulé {'Insigne des bénéficiaires) étaient, de même que les corniculaires, des subalternes de la catégorie des principales, que les officiers supérieurs prenaient à leur choix parmi les soldats et en nombre déterminé suivant l'importance de leur grade, pour les employer à volonté à divers services. Il en était également accordé aux procurateurs des provinces impériales.

C'est dans la Germanie Supérieure, dans le pays des Ubiens, que se trouvait la ville appelée Agrippinensis et plus au complet Colonia Claudia Ara Agrippinensis Ubionun, colonie, à ce que l'on croit, de citoyens Romains, fondée par Claude en l'honneur d'Agrippine sa seconde femme, et aujourd'hui Cologne sous le premier de ses anciens noms. Vindicia Luperca était non-seulement de cette ville, mais encore elle paraît avoir eu elle-même, étant qualifiée de dois, le droit de cité romaine.

Il semble aussi qu'elle aurait eu un prénom : celui de Lucia. Cependant les femmes de l'époque impériale n'avaient pas de prénom, et une exception à cette règle serait ici fort extraordinaire. Examinée avec attention, la lettre prise pour une L, abréviation habituelle du prénom en question, n'est rien autre chose qu'un I au pied duquel une fissure de la pierre simule un prolongement horizontal. La jeune épouse de Julius Superinius Victor s'appelait Julia Vindicia Luperca; elle avait le même nom que son mari et, comme lui aussi, deux noms de forme gentilice et un surnom. L'inscription n'est d'ailleurs pas des plus irréprochables; conjugi sibi incomparabili est une erreur évidente pour

conjugi suae incomparabili. Le mecum vixit, qui transporte la phrase de la troisième personne grammaticale à la première, est également une incorrection, mais tellement fréquente sur nos épitaphes qu'elle paraît avoir été une locution reçue couramment à Lyon dans le langage familier.

Épitaphe faisant mention d'un vétéran de la légion Ire Minervia, ancien bénéficiaire du procurateur provincial.

Arcade XLI. — Cippe avec base et couronnement; extrait en janvier 1886 du puits de TRION, quartier SAINT-JUST. Sur le devant de l'attique du couronnement se remarque, à chacune des deux extrémités, un scellement de plomb servant autrefois à fixer une décoration en métal ; sur la face supérieure se voient, disposés parallèlement, deux larges trous carrés assez profonds, vraisemblablement des mortaises dans lesquelles s'engageait par des saillies correspondantes la base d'un ornement qui devait être relativement considérable. Une ascia gravée en creux occupe, entre les sigles D M de la première ligne de l'inscription, le milieu du bandeau de la corniche. Des traces de la rubrication antique au minium paraissent encore dans le creux de cette ascia et dans

celui de beaucoup de lettres des lignes suivantes. — Hauteur 1 m. 47; du dé o m. 81, largeur o m. 59,

D àsda M

ET • MEMORIAE • AETERNAE

PONTIAE • MARTINAE • NATIONE •

PROVINCIALIS • QVAE • VlXIT • AN\IS •

5 XXXX • MENS ■ II • DIEB • V • M • PONTIVS •

GEMELLVS • VETERAN VS ■ LEG • ï • M • P • F •

m ■ H • M • EX • B F ■ PROC • PONTIAE • MAR

TINAE • LlBERTÂE • ET • CONIVGI •

• KARISSIMAE •

10 FEMINAE • SANCTISSIMAE

ET • INCOMPAR ABILI • QJV A E

VlXIT • CVM ■ EO • ANNIS • XXII

• MENS • II ■ DIEB • V • SINE • VLLA • ANIMI • LAESIONE 15 M • PONTIVS ■ GEMELLVS • VlVS palme

SIBI • POSTERIS QVE • SVIS • FACI VNDVM • CVRAVIT • ET • SVB ASCIA • DEDICAVIT

HAVE • DVLCITI • GAVDENTIVS 20 TE SALVTAT-

BONIS palme BENE

Lettres d'assez bonne forme; l'N et l'E de NATIONE à la troisième ligne, les deux N et l'I de ANNIS à la quatrième liés en monogrammes; accents sur l'A de LlBERTAE et de LAESIONE et sur le second V de VIVS; une palmette à la suite de ce dernier mot et au milieu de l'intervalle entre BONIS et BENE.

Almer, Revue èpigraphique, II, p. 181; Trion, p. 130. — Dissard. Catalogne, p. 101.

Dits Manibus et memoriae aeternae Poutine Martinae , natione Provincialis, quae vixit aiuiis XXXX, mensibus II, diebus V, M. Pontius Gemellus, veteranus legionis I Minerviae Piae Fidelis, missits bouesta missione ex beneficiario procuratoris, Pontiae Martinae, libertâe et conjugi karissimae, feminae sanctissimae et incomparabili, quae vixit cum eo annis XXII, mensibus II, diebus V, sine ulla animi lâesione, M. Pontius Gemellus viviis sibi posterisque suis faciundum curavit et sub ascia dedicavit.

Hâve Dulciti! Gaudentius te salutat! — Bonis bene!

« Aux dieux Mânes et la mémoire éternelle de Pontia Martina, « native de la Province, morte à l'âge de quarante ans, deux « mois et cinq jours; Marcus Pontius Gemellus, vétéran de la « légion lro Minervia Pia Fidelis, libéré avec le congé honorable, « ancien bénéficiaire du procurateur, à Pontia Martina , son « affranchie et épouse très chère, femme vertueuse et incomparable, « qui a vécu avec lui vingt-deux ans, deux mois et cinq jours, « sans lui avoir jamais fait le moindre chagrin, Marcus Pontius « Gemellus a élevé ce tombeau et, de son vivant, pour lui- « même et ses descendants, et l'a dédié sous Xascia.

« Adieu Dulcitius ! Gaudentius te dit dit adieu !

« Bien advienne aux bons ! » .

Pontius Gemellus, le mari survivant de la défunte, était un ancien soldat de la légion Ire Minervia, créée par l'empereur Domitien et mise tout de suite dans la Germanie Inférieure, où elle est constamment restée et où elle avait ses cantonnements à Bonn. Tant qu'il a été en activité de service, Martina n'était sans doute que son esclave, vivant avec lui en contubernium, et elle ne sera devenue son affranchie et son épouse légitime que lorsque, libéré avec le congé honorable, il aura pu se marier. Elle était, suivant la qualification que lui donne son épitaphe, natione Provincialis, « native de la Province » ; cette qualification, dont nous n'avons pas réussi à trouver d'autres exemples et qui peut-être

avait son antithèse dans la nationalité, d'ailleurs non exprimée du mari, nous paraît signifier simplement qu'elle était de la Province proprement dite, c'est-à-dire la Narbonnaise. La partie de la Gaule méridionale conquise par les Romains 121 ans avant notre ère s'était, en effet, appelée en premier lieu et pendant longtemps « la Province » sans autre complément, et il y avait plus de deux siècles, à l'époque présumable de notre inscription, qu'elle s'appelait la Narbonnaise ; mais l'ancienne dénomination ne s'était pas encore, paraît-il, entièrement perdue et, comme on le voit par cet exemple, reparaissait quelquefois.

Étant encore soldat, Pontius était bénéficiaire du procurateur; l'inscription ne dit pas lequel, mais vraisemblablement celui dans les attributions de qui se trouvait la Germanie, et alors le procurateur de la Belgique, qui habituellement réunissait sous sa procuratelle la Belgique et les deux Germanies et avait, à l'époque de l'inscription, sa résidence à Trêves.

C'est peut-être dans l'exercice d'un service bureaucratique auprès du procurateur que Pontius Gemellus aura pris l'habitude de ces rédactions méticuleuses chères aux bureaucraties de tous les temps, rédactions embrouillées à force de désir de clarté, qui apparaissent ici deux fois dans la répétition très inutile des noms de sa femme et de ses noms à lui.

L'épitaphe se termine par deux acclamations. La première, celle qui remplit les deux avant-dernières lignes, Hâve Dulciti! Gaudentius te salutat : « Adieu Dulcitius! Gaudentius te dit adieu ». semble être sans rapport avec ce qui précède, les noms n'étant pas les mêmes, et on est tenté de croire tout d'abord à une épitaphe étrangère, celle par exemple d'un des posteri qui aux termes mêmes de l'inscription avaient droit au tombeau. Cette épitaphe étrangère aurait été intercalée après coup dans une partie restée vide au bas de la pierre insuffisamment remplie par celle de Pontia. On a même cru apercevoir que les lettres de cette partie du texte offrent un aspect un peu plus grêle que celui

des lettres des lignes immédiatement précédentes et seraient d'une autre main. Il n'est pas, croyons-nous, absolument nécessaire de recourir à cette explication désespérée. Dulcitius et Gaudentius peuvent très bien être les petits noms de familiarité dont usaient l'un envers l'autre, dans l'intimité de leur ménage, Pontius Gemellus et Pontia Martina. Dulcitius, bien que de forme masculine, — et d'ailleurs les exemples ne font pas entièrement défaut (Rev. èpigr., I, p. 47; C. /. L. V, p. 1213; Ausone, Parent, VI), — serait ce petit nom de la femme, Gaudentius celui du mari. Une inscription de Mâcon fait connaître une femme qui s'appelait Simplicius par sobriquet : Victoria Leontina quae et Simplicius; une Statilia Tigris (C. /. L., V, 7353). une Lollia Procla (6693) avaient pour petits noms, l'une celui de Simplicius, l'autre celui de Aeonius; la tante d' Ausone se nommait Aemilia Hilaria; mais, comme elle avait, étant enfant, plutôt l'air d'un garçon que d'une fille, on ne l'appelait, à la maison, pas autrement que Hilarius.

Il est remarquable que ces noms de Dulcitius et de Gaudentius, presque introuvables sur les inscriptions païennes, se montrent, au contraire, fréquemment sur les inscriptions chrétiennes et même aussi dès le quatrième siècle dans les auteurs.

La seconde acclamation est l'apostrophe bienveillante que la dernière ligne prête à la défunte : Bonis benel, « Bien advienne aux bons! ». Elle en rappelle une du même genre : Salvi eatis, salvi redeatis! Bonis benel, d'un texte funéraire provenant également de Trion. Les « bons » sont, dans l'une comme dans l'autre, les passants de la route, qui, tout en suivant leur chemin, bordé de sépultures, ne manquaient pas de prononcer quelqu'un des souhaits supposés agréables aux morts, par exemple le sit tïbi terra levisl si souvent imploré dans les épitaphes ; à plus forte raison étaientils assez respectueux des tombeaux pour s'abstenir de certains outrages dont les Mânes n'auraient pas manqué de ressentir l'indignation la plus profonde.

La forme des lettres, aussi bien que la mention de la légion sans surnoms impériaux, assigne à notre inscription une époque vraisemblablement antérieure à Caracalla ou pour le moins à Sévère Alexandre.

Remarquer, outre la singularité de la désignation natione Provincialis et la précoce apparition des noms Diilcitius et Gaudentius, le gentilice Poutius qui fait de notre vétéran un homonyme du procurateur de Judée, Ponce Pilate, et l'accentuation du mot VIVS pour marquer ici, non pas une syllabe longue, mais l'absence d'une lettre : le V voyelle.

Fragment présentant la figure de l'insigne des bénéficiaires.

Arcade XIV. — Fragment ayant la forme d'une petite pyramide incomplète en haut et en bas, formant, sans doute, autrefois, l'ornement faîtier d'un cippe; découvert le 6 mai 1885, à TRION, à une quinzaine mètres au couchant du pont de la montée de Loyasse. Au milieu de la face antérieure, se voit, gravée au trait et représentée dans une position verticale, une sorte de bâtonnet droit, assez long, s'élargissant insensiblement de haut en bas, terminé en haut par un globule ovale et en bas par un bout carré orné d'un annelet qui en fait le tour; il est accosté, un peu au-dessus du milieu de sa hauteur, de deux petits disques parallèles à bord saillant, contenant chacun une lettre. — Hauteur

o m. 60, largeur en haut o m. 10, en bas o m. 32. Hauteur du bâtonnet o m. 35. Diamètre de chacun des deux disques o m. 04.

^~2raîw-rf'

Allmer, Revue épigrapbique, II, p. 217; dans Lyon-Revue, 1886, p. 260. — Dissard, Catalogue, p. 105.

Beneficiarius = « Bénéficiaire ».

Les sigles B F sont l'abréviation ordinaire du mot beneficiarius,

et nous n'apercevons pas qu'il soit possible de les interpréter ici autrement.

Les inscriptions précédentes viennent de nous montrer deux bénéficiaires du procurateur provincial, celles qui suivent vont nous en présenter plusieurs autres encore : un vétéran de la légion Ire Minervia de la Germanie Inférieure et un vétéran de la légion XXIIe Primigenia de la Germanie Supérieure, tous deux bénéficiaires du procurateur ; un autre vétéran de la légion VIIIe Augusta de la Germanie Supérieure ancien bénéficiaire du tribun semestre, un autre vétéran de la légion XXXe Ulpia Victrix de la Germanie Inférieure ancien bénéficiaire du tribun ordinaire. Les bénéficiaires étaient, nous l'avons déjà dit, des soldats que les officiers supérieurs : le légat impérial propréteur, le légat légionnaire, le tribun légionnaire et, dans l'ordre civil, les procurateurs provinciaux, avaient le droit de prendre à leur choix et en nombre déterminé pour les employer, en dehors de l'avancement ordinaire, à divers services et principalement comme ordonnances. Ils comptaient parmi les principales et tenaient le rang intermédiaire entre les simples soldats et les centurions.

Une inscription d'Afrique (Renier, 127), postérieure à Caligula, attribue au légat impérial de la Numidie trente bénéficiaires, et cinq à un tribun semestre. Une des lettres de Pline à Trajan (X, 27) permet de penser que le procurateur de la partie de la Bithynie désignée sous le nom de Ponttis avait habituellement dix bénéficiaires. 11 se peut aussi qu'on doive comprendre parmi les bénéficiaires les soldats d'escorte qu'un règlement de l'empereur Sévère Alexandre (Lampride, Alex., 52) accorde aux officiers dont il vient d'être parlé, en substitution aux appariteurs civils qu'ils employaient alors. Ce règlement prescrivait que des soldats seulement feraient désormais ce service et le feraient jusqu'à leur libération ; il accordait au tribun légionnaire, pour marcher devant lui, quatre soldats, six au commandant de la légion et dix au légat impérial général en chef.

2l6 FONCTIONS INFÉRIEURES

Les divers services dont il s'agit ne constituant pas des grades, les bénéficiaires n'avaient d'autre tenue que celle de simples soldats; mais alors et justement à cause de cela, il fallait bien qu'ils eussent quelque insigne de leur emploi, quelque marque extérieure de leur situation exceptionnelle supérieure à celle des autres soldats. Cet insigne est précisément l'objet figuré sur notre fragment. Représenté probablement au-dessus de sa grandeur réelle, cet objet devait être fixé à quelque partie apparente du vêtement au moyen, sans doute, d'une bride, dans laquelle il ne pouvait glisser ni par en haut à cause du renflement de son extrémité inférieure, ni par en bas à cause de l'arrêt formé un peu audessus du milieu de sa longueur par les deux disques parallèles; il se peut aussi qu'il consistât simplement en une applique d'étoffe de couleur cousue sur le vêtement.

Le fragment sorti des fouilles de Trion est peut-être le seul monument jusqu'à présent connu qui fasse savoir que les bénéficiaires avaient un insigne et qui en donne la figure.

Epitaphe de Flavius Florus, originaire de Philippopolis, vétéran de la légion I1C Minervia, bénéficiaire du procurateur.

Pilastre entre les arcades XVIII et XIX. — Cippe avec base et couronnement, extrait en mars 1886 du puits de TRION, quartier SAINT-JUST. Sur la face supérieure se remarque, entre deux

trous de scellement, une large et profonde cavité carrée pour loger une urne cinéraire que recouvrait un ornement faîtier fixé à demeure. Un trou de scellement à destination de retenir une décoration de métal existe à l'extrémité de chacune des deux volutes de la lysis. Une ascia gravée au trait occupe, entre les sigles D M de la première ligne de l'inscription , le milieu du bandeau de la corniche. — Hauteur o m. 88; du dé o m. 48, largeur o m. 44.

D ascia M

T • FLAVIO • FLORO DOMO • PHILIPPOPoL EX • PROV • THRACIA 5 VETER ■ LEG • I • MIN • P • F •

EX-BF-PROC- QV I • S E P TIES • DENOS • ANIMAM SINE • CRIMINE • PERTV LIT • ANNOS • THREPTIVS 10 VAL • PRIMVS • VIPERIVS

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