ET • T • FL • PROTVS • HER • ET SIBI -F-C-ET-S-A-D
La dernière L et l'I final de PHILIPPOPOLI liés en un monogramme.
Allmer, Revue èpigrapbique, II, p. 200; Trion, p. 137. — Dissard, Catalogue, p. 100.
Diis Manibus, T. Flavio Floro, domo Philippopoli ex provincia Thracia, veterano legionis I Minerviae Piae Fidelis, ex beneficiario procuratoris ;
Qui septies denos animant sine crimine pertulit annos,
Tbreptius Valerius Primus Viperim et T. Flavius Profits, beredes, et sibi facienditm curaverunt et sub ascia dedicaveruiit.
« Aux dieux Mânes, à Titus Flavius Florus, originaire de Phi- « lippopolis de la province de Thrace , vétéran de la légion « Ire Minervia Pia Fidelis , ancien bénéficiaire du procurateur ; « mort à l'âge de soixante-dix ans, au terme d'une vie exempte « de flétrissure; Valerius Primus Viperius, son élève, et Titus « Flavius Protus, tous deux ses héritiers, ont érigé ce tombeau « et aussi pour eux-mêmes et l'ont dédié sous ïascia ».
Flavius Florus était Thrace, natif de Philippopolis, la ville principale de la province impériale de Thrace. Ses noms de Titus Flavius, évidemment pris de ceux de quelqu'un des princes de la le famille flavienne, semblent indiquer qu'il les aurait reçus avec droit de cité romaine à son entrée dans la légion Ire Minervia, créée par Domitien. De même que Pontius Gemellus de l'inscription précédente, il avait été bénéficiaire du procurateur, c'est-à-dire, croyons-nous, le procurateur de la Belgique. Retiré à Lyon, après sa libération du service, il y est mort à l'âge de soixante-dix ans. La forme inaccoutumée dans laquelle ce détail est exprimé dans le texte :
Septies denos animant sine crimine pertulit annos,
dénote la formelle intention de faire un hexamètre, mais qui malheureusement se trouve avoir un pied de trop. C'est vraisemblablement la copie d'un vers régulier qui commençait par les mots bis denos ou ter denos ; on n'a pas pris garde qu'en voulant l'adapter à l'épitaphe d'un homme mort septuagénaire et en substituant au monosyllabe bis ou ter le mot septies , on dépassait la mesure permise par la prosodie. Nous retrouverons plus loin, sur l'épitaphe d'un autre Philippopolitain mort à soixante ans, le même vers avec la variante tout aussi incorrecte sexies denos.
Ce sont deux héritiers qui ont élevé le tombeau consacré à la mémoire de Titus Flavius Florus, parce que sans doute il n'avait pas de fils. Le premier de ces deux héritiers est désigné ainsi :
Thrcptius Valerius Primus Viperius\ ce dernier nom est peut-être un sobriquet, mais pourrait bien être aussi un ethnique légèrement défiguré par une prononciation germanique et indiquer alors que celui qui le portait était originaire de la petite cité alpine des Vibères. Quant à threptùis, qui ne peut en aucune manière avoir été un prénom, il faut très probablement y voir l'équivalent grec du mot latin aliimnus : un enfant élevé par bienfaisance, et on s'expliquera facilement cet emprunt à la langue grecque si on ne perd pas de vue que la Thrace était un pays où on ne parlait que grec. Le second héritier, Titus Flavius Protus, paraît avoir été un affranchi du défunt.
Si, comme cela est vraisemblable, la création de la légion est antérieure à l'an 88, les surnoms Pia Fidelis peuvent lui avoir été donnés par Domitien en récompense de ce qu'elle n'aurait pas participé à la révolte d'Antonius Saturninus qui commandait alors l'armée de la Germanie Supérieure.
Epitaphe d'un vétéran de la légion XXIIe Primigenia, bénéficiaire du procurateur provincial.
Pilastre entre les arcades XLV et XL VI. — Cippe avec base et couronnement, extrait du puits de TRION en mars 1886. Une ascia en relief se voit dans le fronton de la lysis qui décore la face antérieure de l'attique du couronnement. Les sigles D M de la première ligne de l'inscription occupent les extrémités
du bandeau de la corniche. — Hauteur o m. 80; du dé o m. 40, largeur o m. 40.
ET ■ MEMORIAE • G • AA N