B D-XXIITICLFAB-ROM- FELIX •> LEG-I-M- B
ANTONINIANAE • CONIVG • SANCTSS
PONEND • CVRA/IT • ET • SVB • ASC • DEbc
Lettres de bonne forme; accents sur 10 de SERTORI à la quatrième ligne et sur l'V de CVRAV1T à la dernière; les deux N de ANN à la cinquième ligne, le T et l'I de SANCTISS à la fin de la sixième, l'A et le V de CVRAVIT. le D et l'I de DEDIC à la dernière, liés en monogrammes. Une palmette est gravée dans chacun des deux appendices au-dessus du mot SALVI . Il reste de nombreuses traces du minium antique dans le creux des lettres.
Allmer, Revue épigraphique, 1. p. 292; Trion, p. 49. — Dissaru. dans Lyon-Revue, 1882. p. 171; Catalogue, p. 101.
Diis Manibus et quieti aeternae Sertoriae Festae, Fabia, Roma, filiae Sertôrii Fortunati , centurionis legionis III Cyrenaicae Antoninianae , qaae vixit a nuis XVII, diebtis XXII ; Ti. Claitdim, Fabia, Roma, Félix, centurio legionis I Minerviae Antoninianae,
2ÔO INSCRIPTIONS MILITAIRES
conjugi sanctissimae ponendutn cùravit et sub ascia deâicavit. — Saivi eatis! Salvi redeatis! — Bonis bene!
« Aux dieux Mânes et au repos éternel de Sertoria Festa, « de la tribu Fabia, native de Rome, fille de Sertorius Fortu- « natus, centurion de la légion IIIe Cyrenaica Antoniniana ; morte « à lage de dix-sept ans et vingt-deux jours; Tiberius Claudius « Félix, de la tribu Fabia, natif de Rome, centurion de la légion « Ire Minervia Antoniniana, à son épouse très vertueuse, a élevé « ce tombeau et l'a dédié sous l'ascia.
« Allez saufs! Revenez saufs! — Bien advienne aux bons! ».
Sertoria Festa et son mari Tiberius Claudius Félix étaient tous deux natifs de Rome et inscrits dans la tribu Fabia, qui apparaît comme tribu urbaine dans plusieurs autres exemples : sur l'inscription d'un autel au musée de Pesth (Epbem. epigr., II. p. 378): T. Flavius, Fabia, Romanus . Roina, . . .; — sur un autel du temps de Commode, daté de l'an 192 (Orelli, 894 et 2705), à Rome: Ti Cl(andius) Plautius, Ti fil., Fabia, Reccptus, Rome,...; — sur une plaque de bronze ornant autrefois le piédestal d'un monument élevé à Septime Sévère (Mas. Veron., p. 309), à Rome : T. Sciitrius, T. lib., Fab(ia), Sabinianus, Roina...; M.
Annius, M. fil., Fabia, Primitivus, Rom(a) ; C. Satrius, C.
fil., Fab(ia), Neptinalis, Roma ; M. Gargilius, M. fil.,
Fab(ia), Ianuarius , Roma, ; M. Air in s, M. fil., Fab(ia),
Castor, Roma ; L. Septimiits, L. lib., Fab(ia), Hyginus,
Roma, ; — sur un autel (Orelli, 1646), à Rome : Sex Atu-
sius, Sex fil., Fabia, Roma, Prisais ; — sur un autel encore
(Epbem. epigr., II, p. 297). trouvé en Bulgarie, à l'ancienne Tomi : Q- Trebellius, Q.f.. Fabia, Maximus, Roma
Qu'était cette tribu Fabia qui se montre en surplus des quatre tribus de Rome bien connues : la Suburana, ÏEsqiiiliua, la Collina et la Palatina? On lit dans Suétone (Aug., 40) qu'Auguste, ayant établi des peines contre la brigue, distribuait, le jour des
comices, aux électeurs des tribus Fabia et Scaptia, dont il était membre, mille sesterces par tête afin qu'ils n'eussent rien à demander à aucun candidat : Coniitiorum quoqite pristinum jus reduxit ac, multiplia poeua coerciio ambitu, Fabianis et Scaptiensibus tribut Unis suis, die comitiorum, ne quid a quoquam candidate desiderarent, singula initia numum a se dividebat. Une explication donnée dans Y Ephemeris epigrapbica (III, p. 232) infère de ce passage que les Iulii appartenaient à la tribu Fabia, et les Octavii à la tribu Scaptia. C'est déjà ce qu'avait remarqué Oudendorp. l'annotateur de Suétone : Tribus dicébantur Fabia in quam adoptatus et Scaptia in qua natus est Augustus ; « Auguste appartenait à « la tribu Fabia par suite de son adoption et à la tribu Scaptia à « cause du lieu de sa naissance ». M. Cubitschek (De Roinanorum tribuum origine, Vienne 1882, p. 125 et suiv.) est porté à croire que la tribu Fabia de Rome était celle des personnes originaires de Rome qui avaient reçu de l'empereur la civitas. M. Hirschfeld, qui veut bien nous écrire à ce sujet, admet que cette tribu était certainement la tribu impériale de César et d'Auguste, mais ne considère pas l'explication proposée par M. Kubitschek comme entièrement satisfaisante ; il pense que peut-être il en faudra encore chercher une meilleure. Effectivement, peu des personnes qui figurent dans les exemples ci-dessus réunis portent des noms d'empereurs. Notre Tiberius Claudius Félix peut bien descendre d'un habitant de Rome à qui l'empereur Claude aurait accordé le droit de citoyen romain, mais Sertoria Festa n'a pas un gentilice impérial.
Il est assez rare de rencontrer jointe au nom d'une femme l'indication de la tribu (Voy. C. /. L., III, p. 1 167). Cette indication ne constate alors rien autre chose que la possession du droit de cité romaine.
La légion IIIe Cyrenaica, dans laquelle le père de Sertoria avait eu le grade de centurion, était, d'après la remarque de M. Mommsen (Momini. Ancyr., p. 46). une des anciennes légions
de Lépide, créée sans doute par lui alors qu'il avait l'Afrique dans son partage. Elle était, au commencement de l'empire, en Egypte; elle en fut tirée par Trajan pour aller garder la province d'Arabie nouvellement conquise, et n'en sortit plus. Elle y résidait à Bostra. La légion lrc Minervia, dans laquelle Tiberius Claudius, le mari de la défunte, avait aussi le grade de centurion, avait été, comme cela a été dit ci-dessus, créée par Domitien et mise en garnison dans la Germanie Inférieure, où elle avait sa résidence à Bonn. Le surnom d ' Antoniniana , que l'une et l'autre portent en l'honneur de Caracalla, nous permet de fixer à l'époque du règne de ce prince, c'est-à-dire de 211 à 217, l'âge du tombeau.
Les inscriptions contenues dans les appendices sont particulièrement curieuses. Tout d'abord, on s'étonne de voir le souhait d'heureux retour : Salve redeatis, placé dans l'appendice de gauche et se présenter au lecteur avant le souhait d'heureux aller : Salvi eatis, placé dans l'appendice de droite. M. Caillemer, Doyen de la Faculté de droit de Lyon, notre très honoré confrère à l'Institut et à l'Académie de Lyon, a parfaitement trouvé l'explication de cette apparente énigme. C'est la défunte qui prend la parole pour offrir du fond de son tombeau le souhait de bon voyage aux passants de la route, — l'actuelle rue de Trion, — vers laquelle était tournée la face inscrite du sarcophage. Sorti de Lyon par la porte Saint-Just, le passant arrivait au monument par le bout du côté du levant, c'est-à dire celui sur lequel se lit le souhait d'heureux aller; au contraire, le bout du côté du couchant, celui qui présente le souhait d'heureux retour, était le premier qu'il apercevait en revenant à Lyon. Bonis beue s'est déjà rencontré sur une autre épitaphe provenant également de Trion (ci-dessus n° 34).
L'angle supérieur de chacun des deux appendices est occupé par une petite palme gravée au trait. On peut voir, si l'on veut, dans ce symbole de victoire une marque de christianisme, d'autant
mieux que le tombeau est un sarcophage et que le corps de la défunte n'a pas été soumis à l'incinération. Le dits Manibus et l'ascia rendent cependant cette attribution d'avance peu vraisemblable.
Le couvercle qui fermait le sarcophage présente cette forme de toit à deux versants qui a fait donner aux tombeaux ainsi recouverts le nom imagé de « maison éternelle ». Les antéfixes des angles et celle du milieu de la face antérieure étaient seules ornées. Celle de l'angle gauche présente un Génie à demi-couché tenant de la main droite une couronne, sujet probablement reproduit sur l'antéfixe du côté opposé, aujourd'hui détruite. L'antéfixe médiale et la sculpture qu'elle contenait sont malheureusement détériorées dans leur partie supérieure. On y voit une femme dont la tête et* le haut du corps manquent. Elle est debout, le bras droit abaissé, l'autre relevé vers la poitrine. Une robe longue lui descend jusque sur les pieds. A la hauteur de la ceinture, dont les bouts flottent en s'écartant de chaque côté horizontalement, se lit le mot mon — na, séparé en deux parties par la sculpture. Ce mot, vraisemblablement précédé d'un adieu tel que bave ou salve, maintenant disparu, est, croyons-nous, le petit nom de tendresse et de familiarité dont on appelait la défunte dans son intime entourage. On ne trouve nulle part ce mot, mais on rencontre son diminutif Monnula sur une inscription de Rome (Muratori, 2063, 2), où il semble avoir une signification analogue à celle que nous indiquons. La plinthe, qui par-devant sert de base à la partie prismatique et à ses trois antéfixes, présente une suite de guirlandes gravées au trait, dont les points d'attache, de chaque côté de l'antéfixe médiale et au-dessous de chacune des deux antéfixes d'angle, sont marqués par des trous de scellement destinés à retenir autrefois des ornements de métal en bronze ou en étain.
ÎÔ4 INSCRIPTIONS MILITAIRES
Epitaphe d'un vétéran de la légion I1C Minervia.
Arcade VIII. — Cippe avec base et couronnement, découvert au quartier SAINT-JUST, « dans les travaux pour l'agrandissement « de l'église SAINT-IRÉNÉE, en 1825 » (De Boissieu); « en 1824 « et entré au Musée en 1845 » (Comarmond). Une ascia est gravée en creux, à la première ligne de l'inscription, entre les sigles DM. — Hauteur 1 m., du dé o m. 61, largeur o m. 47.
D ascia M
ET • IVEMORIAE • AETE RNAE • L • SABINI • AMA NDI • VETER • LEG • I • MIFE 5 RVE • IANVARINIA si<
VERINA • CONIVNX ET • SABIN • VICTOR fi L I V S • H E R E D E S />f-ET-S-A-D-D
La première M et le premier E de MEMORIAE, l'N et le D de AMANDI, l'N et le premier E de MINERV/E, liés en monogrammes.
Cochard, Archives historiques ci statistiques du Rhône, 2 p. 59-
INSCRIPTIONS MILITAIRES 26s
— De Boissieu, p. 301. — Comarmond. Description, p. si; Notice. p. 17. — Monfai.con, Musée lapidaire, p. 3. — Dissard, G7A7logue, p. 101.
D/ïs Mauibns et memoriae aeternae A. Sabinii Amandi, velcrani legionis I Minerviae, lanuarinia Verina, conjunx, et Sàbinius Victor, filins, beredes, ponendum curaverunt et sub ascia dedicaverunt.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Lucius Sàbinius « Amandus, vétéran de la légion Ire Minervia, Januarinia Verina, « sa femme, et Sàbinius Victor, son fils, tous deux ses héritiers, « ont élevé ce tombeau et l'ont dédié sous Y ascia ».
A l'expiration des vingt années réglementaires, les soldats des légions n'étaient pas, tant s'en faut , toujours immédiatement libérés. Il faut lire dans Tacite (Ann., I, 17), parlant du soulèvement de l'armée de Pannonie, à la mort d'Auguste, leurs plaintes amères à ce sujet : « N'était-ce pas une assez longue et assez « honteuse lâcheté de courber, trente ou quarante ans, sous le « poids du service, des corps usés par l'âge ou mutilés par les « blessures! Encore si le congé finissait leurs misères! Mais après s\ le congé il fallait rester sous le vcxilhtm et continuer à subir « sous un autre nom les mêmes fatigues. Quelques-uns échap- « paient-ils à de si rudes épreuves , on les entraînait en des « régions lointaines, où ils recevaient, comme fonds de terre,
« la fange des marais ou des roches stériles Le seul remède
« était qu'on ne devint soldat qu'à des conditions fixes : le « congé au bout de seize ans; passé ce terme plus d'obligation « de rester sous les enseignes, et. dans le camp même, la « retraite en argent comptant... ».
Suétone aussi (Tib., 49) atteste que Tibère « n'accorda que « très peu de congés aux vétérans, espérant que la vieillesse « amènerait la mort et que ce serait autant de gagné ». Les légionnaires étaient donc retenus le plus souvent au-delà du terme
légal et quelquefois pendant trente et même quarante ans, mais en moyenne ordinaire au moins jusqu'à la vingt-cinquième année après leur enrôlement. Outre cela, afin de les avoir encore disponibles en cas de guerre et pour ne leur compter que le plus tard possible la somme d'argent leur revenant à titre de retraite, ils étaient admis plus ou moins volontairement à rester attachés à l'armée comme vétérans. Ils étaient alors dégagés du serment qu'ils avaient prononcé quand ils avaient été reçus soldats; ils quittaient la légion pour aller dans une résidence assignée, et, bien que recevant une solde supérieure , ils n'avaient d'autre obligation que celle de combattre s'ils y étaient appelés. Dans ce cas, ils marchaient, non sous l'aigle de la légion dont ils étaient détachés, mais sous un vexillum particulier. Les vétérans constituaient dans l'armée, comme les evocati au temps de la république, une troupe d'élite.
Sabinius Amandus est mort vétéran à Lyon. Sa femme et son fils, qu'il avait d'ailleurs institués ses héritiers, lui ont élevé le tombeau qui nous a conservé son souvenir.
Epitaphe d'un vétéran de la légion l'c Minervia.
Arcade LX. — Cippe avec base et couronnement; trouvé en mars 1875 au quartier SAINT-JUST, dans la rue de TRION, dans les travaux de terrassement pour l'établissement de la gare de Trion du chemin de fer de Lyon à Saint-Just. Une ascia gravée au
trait se voit, au milieu de la face antérieure de la lysis, au-dessus du bandeau de la corniche. — Hauteur i m. 55, du dé o m. 90, largeur o m. 50.
IVL • AVENTINI • VET • LEG
PRIM • MINER VAE sk
QVI • VIXSIT • ANNIS • LXI '■> IVLIA • FRIGIA • POSVIT
CONIVX • QANTVM • AD • LA
BOREM • NVTRICIO • QAN
TVM • AD • PlETATEM • PATRI
QANTVM • AD • BENEVOLEN 10 TIAM • PATRONO • ET • IVLIA
LVCIA • INFAS • LABORIOSIS