‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 44 sur 70 · SIMA • QVI • NON • LICVIT • MA · texte numérisé non relu

SIMA • QVI • NON • LICVIT • MA

NIBVS • SVIS • PATRIS • OCVLOS

TEGERE • CVIVS • SPIRITVS 15 AB • HOMINIBVS • MALI • INTER

EMTVS • EST • FRIGIA • CONIVX

ET • LVCIA ■ FILIA • P • CVR/VER

QVI ■ MECVM • VIXSIT • ANIS • XX ET ■ SVB • ASCIA ■ DEDICA/ER

Les deux N de ANN1S à la quatrième ligne, l'N et le T de INTER à la fin de la quinzième, l'A et le V de CVRAVER à la dix-septième et de DEDICAVER à la dernière, liés en monogrammes. Le mot MINER VAE à la troisième séparé ainsi en deux groupes de lettres à cause d'un accident de la pierre.

Martin-Daussigny, n" 12 18 de son Registre d'entrées. — Allmer, Revue êpigr., I, p. 290. — Dissard, Catalogue, p. 100.

Diis Manibus lulii Aven fini, veterani legionis I Mincrviae, qui vixsit a unis LXl ; Iulia Frigia posait conji/x, quantum ad laborem iiutricio, quantum ad pietatem patri, quantum ad benevolentiam patrono, et Iulia Lucia, infas laboriosissima , cui non licuit manibus suis patris oculos tegere, cujtis spiritus ab hominibus mali interemtus est. Frigia conjux et Lucia filia pouendum curaverunt, cui mecum vixsit annis XX et sub ascia dedicaverunt.

« Aux dieux Mânes de Julius Aventinus, vétéran de la légion « lrc Minervia, mort à l'âge de soixante et un ans; Julia Frigia à « son mari, bienfaiteur généreux qui s'est imposé la charge de la « nourrir, l'a aimée avec la tendresse d'un père, a été pour elle « un patron plein de bienveillance, et Julia Lucia, leur enfant « désolée de n'avoir pu fermer de ses mains les yeux de son père, « à qui des hommes méchants ont ôté la vie. Frigia, sa femme « avec qui il a vécu vingt ans, et Lucia, leur fille, ont élevé ce « tombeau et l'ont dédié sous Y ascia ».

Si Julius Aventinus, mort à soixante et un ans à sa vingtième année de mariage , n'est resté sous les enseignes que les vingt années de durée légale du temps de service exigé des légionnaires et qu'il ait été soldat à dix-huit ans, il aura fini son temps d'activité dès avant l'âge de quarante ans, et c'est alors sans doute que, retiré à Lyon comme vétéran, il se sera marié avec son affranchie Julia Frigia, qui semble d'après son nom avoir été phrygienne de naissance.

Frigia pour Phrygia n'est pas la seule incorrection que présente l'épitaphe d'Aventinus. Qa nt uni pour quantum où l'on voit que Vu après q ne se prononçait pas, qui pour cui qui permet de constater que c et q avaient le même son. interemtus sans le p nécessité par \'m et probablement muet à la suite de cette lettre, anis pour annis, Minervae pour Minerviae, sont des fautes peut-être imputables seulement à l'ignorance ou à l'inattention du graveur. Il n'en est pas de même de infas pour infans et de vixsit pour vixit;

c'étaient des orthographes parfaitement autorisées et d'un fréquent emploi.

En dépit de ces défectuosités, qui nous initient aux particularités de la prononciation du latin, l'inscription est curieuse par ses détails et est une de celles sur lesquelles l'esprit s'arrête avec le plus de satisfaction. Elle respire un suave parfum de bons et affectueux sentiments, soit dans l'abondante expression de reconnaissance de la femme non oublieuse des bienfaits qui l'ont élevée de la condition d'esclave à celle d'affranchie et d'épouse, soit dans le vif chagrin de l'enfant de n'avoir pu accomplir le triste devoir de clore de ses petites mains les paupières de son père. Le passage cujiis spiritus ab hominibus mali interemtus est donne à penser qu'Aventinus aurait été assassiné.

Epitaphe de deux vétérans de la légion Irc Minervia congédiés avec l'honesta missio.

Arcade XXX VII. — Très grand cippe, le plus grand de la collection, avec base et couronnement; « découvert en 1846 dans « les fondations de l'ancienne église de VAISE » (De Boissieu); « dans les fondations du mur occidental du cloître des Bénédictins « qui était annexé à la vieille église de Vaise » (Comarmond). Une ascia se voit sur la face antérieure du couronnement dans le fronton de la lysis, dont les volutes présentent chacune à son

extrémité un trou de scellement servant autrefois à y fixer une rosace en étain ou en cuivre doré. Une cavité carrée, que fermait une porte, occupe le milieu de la plinthe de la base. — Hauteur 2 70, du dé 1 m. 75, largeur 1 m. 05.

M • AVREL • PRIMVS

VETERANVS-LEG-I-M

MISSVS HONEST • MIS

'■> SION-cIviS-REM-vIvS

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