‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 45 sur 70 · SIBI-FECIT°ET-C · texte numérisé non relu

SIBI-FECIT°ET-C

MODESTIN -PEREgIi

NO • VETERANO • LEG

El VSD • MISSO • HONEST

10 MISSION • Clv • AGRPP

CONTVBERNAL • MIrJ

CARISSIM ET SVB-AS

CIA DEDICAVERVNT

L'R et l'I de PER.EGRINO aux septième et huitième lignes, et de AGR1PP à la dixième; l'M et le second I de M1H1 à la onzième, liés en monogrammes; le point entre le D et l'M à la première figuré par une hedera cordiforme.

De Boissieu, p. 306. — Comarmond, Description, p. 222, pi. 15; Notice, p. 82. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 15. — Dissard, Catalogue, p. 100.

Diis Manibus. M. Aurelius Primas, veteranus legionis I Miner-

viae, missus bonesta missione, civis Réunis, vivus sibi fecit et C. Modestinio Peregrino , veterano legionis eiusdem misso bonesta missione, civi Agrippinensi, contubernali mibi carissimo, et sub ascia dedicavenuit.

« Aux dieux Mânes. Marcus Aurelius Primus, vétéran de la « légion Irj Minervia, libéré avec le congé honorable, citoyen « Rème , ai , de mon vivant , préparé ce tombeau pour moi-même « et pour Caius Modestinius Peregrinus, vétéran de la même « légion libéré avec le congé honorable , citoyen Agrippinien « mon contubernal très cher, et l'avons tous deux dédié sous « Y ascia ».

Primitivement les légions étaient entièrement composées de citoyens romains de naissance. Déjà sous la République mais dans quelques circonstances entièrement exceptionnelles, on s'était affranchi de ce principe. Auguste, lorsqu'il eut à procéder à la réorganisation de l'armée, s'y astreignit moins encore, et le moyen, mis alors par lui en usage sur une grande échelle, fut ensuite toujours de plus en plus largement pratiqué. Des non-citoyens latins ou même étrangers étaient enrôlés dans les légions en nombre considérable et recevaient avec leur incorporation le droit de cité romaine. (Voy. Mommsen, la Conscription sous l'Empire romain, p. 14.)

Tel paraît avoir été le cas de nos deux vétérans, Marcus Aurelius Primus et Caius Modestinius Peregrinus. L'un porte le prénom et le nom de l'un des empereurs Marc Aurèle ou Caracalla et les a probablement reçus de l'un ou de l'autre de ces princes avec la civitas au moment de son entrée au service légionnaire; l'autre semble avoir été primitivement un étranger, qui, devenu citoyen romain par le fait de son enrôlement dans la légion, aura fait de son nom Modestinus le gentilice Modestinius et y aura ajouté un cognomen qui rappelait sa première condition, à l'encontre du procédé de son compagnon d'armes qui, en choisissant le prénom

de Primus, se sera peut-être proposé d'affirmer qu'il allait être le premier d'une lignée de citoyens romains.

11 y aurait là une explication toute simple des très nombreux gentilices qui se rencontrent sur les inscriptions et ne sont évidemment que des cognomina latins ou des noms barbares transformés. Les Latins et les étrangers admis en grande quantité dans les légions et en même temps à la civitas, ceux en quantité à peine moindre qui obtenaient la civitas avec le diplôme de libération après accomplissement du temps de service dans les corps d'auxiliaires, ont dû être tenus, aussi bien les uns que les autres, en devenant citoyens romains, de se conformer à l'égard de leurs noms aux règles de la nomenclature romaine, et, comme il est certain qu'ils n'ont pas tous pris les noms des empereurs de qui ils avaient reçu le droit de cité, il se peut qu'ils aient été autorisés à modifier leurs noms en noms romains avec la terminaison gentilice ins et à y adjoindre un cognomen laissé à leur volonté.

Qu'Aurelius Primus et Modestinius Peregrinus aient été citoyens romains, cela va de soi puisqu'ils sortaient du service légionnaire. Mais l'inscription le dit expressément; elle appelle le premier civis Remiis, et le second civis Agrippinensis. La place qu'occupe dans le texte chacune de ces qualifications, non à la suite des noms, mais rejetée après la mention de Yhonesta missio, est extraordinaire et mérite d'être remarquée; elle autorise, aux yeux de M. Mommsen (voy. Ephemeris epigrapbica, V p. 162 et 202), la présomption que peut-être Aurelius et Modestinius n'auraient été attribués aux cités indiquées qu'au moment de leur congé.

Modestinius était donc citoyen de Cologne, colonie de vétérans fondée par Claude à la sollicitation et en l'honneur d'Agrippine, sa seconde femme, qui y était née (Tacite, Ami., 12, 27); c'était le chef-lieu de l'ancienne cité des Ubii et elle s'appelait de tous ses noms colonia Claudia Ara Agrippina ou Agrippinensis. Au temps du juriconsulte Paulus, c'est-à-dire au troisième siècle, mais sans doute déjà plus tôt, elle jouissait du droit italique. Il n'en était

pas de même de la cité des Rèmes; cette cité figure dans le relevé géographique de Pline comme fédérée, et il ne s'y trouvait alors aucune ville reconnue comme chef-lieu ; c'est pour cela que, tandis que Modestinius se qualifie civis Agrippinensis du nom de la ville chef-lieu de sa cité, Aurelius ne se désigne que comme civis Remus du nom du peuple dont il était originaire.

L'inscription dit qu'Aurelius et Modestinius ont obtenu Xhonesta missio. Si le légionnaire libéré avec le congé honorable n'avait pas consenti à entrer dans le corps privilégié des vétérans, il avait droit à la retraite. D'après le règlement d'Auguste, cette retraite consistait en une somme d'argent fixée pour les légionnaires à 3,000 deniers : environ 2,400 francs de notre monnaie. On sait que Caligula (Suétone, 44) la réduisit de moitié ; Caracalla (Dion Cassius, 55, 23) la rétablit, mais peut-être pas au taux antérieur à la diminution. Au temps où fut rédigé le code Théodosien, la retraite consistait habituellement en un lot de terre.

Aurelius paraît avoir fait à lui seul les frais du tombeau commun ; Modestinius s'est joint à lui pour accomplir la dédicace sous Yascia.

Epitaphe d'un vétéran de la légion I,c Minervia congédié avec l'honesta missio.

Arcade XXXVI. — Cippe avec base et couronnement, retaillé du côté droit, de provenance inconnue; déposé vers la fin du siècle dernier dans une des salles de l'Hôtel de Ville (Millin);

entré au Musée avant 1808 (Artaud). Une ascia occupe le milieu de la lysis. Les sigles D M de la première ligne de l'inscription sont gravées sur les extrémités du bandeau de la corniche. — Hauteur 1 m., du dé o m. 60, largeur o "m. 45.

ET • MEMORIAE • AETERNtftf VITALINI • FELICIS • VET • LEG • i M • HOMINI • SAPIENTISSIMo 5 ET • FIDELISSIMO • NEGOTIA/o

RI • LVGDVNENSI • ARTIS • Cre TARIAE • QVI • VIXIT • ANNIS • // VIIII • M ■ V • D • X ■ NATVS • EST • Die MARTIS • DIE • MARTIS • PROBtf

10 TVS • DIE • MARTIS • MSSIONEw

PERCEPIT • DIE • MARTIS • DEY 11 NCTVS • EST • FACIENDVM • Cur VITALIN • FELICISSIMVS • FI// VS ■ ET ■ IVLIA • NICE • CON/

'5 VNX • ET • SVB • ASCIA • DEDI

CAVERVNT

Les deux N de ANNIS à la septième ligne, l'M et le premier I de MISSIONE/;/ à la dixième, liés en monogrammes. Un jambage vertical, qui apparaît après le C à la fin de la sixième, peut avoir appartenu à une H ou à une R.

Millin, Voyage, I, p. 457. — Artaud, Notice, 1808, p. 31; 181 6, p. 53; Musée lapidaire, arcade XXXIV. — De Boissieu, p. 305. — Comarmond, Description, p. 219; Notice, p. 81. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 14. — Wilmanns, 2569. — Dissard, Catalogue, p. 101.

Diis Manibns et memoriae aeternae Vitalinii Felicis , veterani legionis I Minerviae, bomini sapientissimo et fidelissimo, negotiatori Lugdunensi artis c[re]tariae (?), qui vixit aimis \LX\Vllll (?), mensibits V, diebus X; natits est die Marti s, die Martis probatus, die Martis missioiiem percepit, die Martis defunctus est. Facieiidum curaverunt Vitalinius Feiicissiinns, fi tins, et Iiilia Nice, conjitiix, et sub ascia dedicaverunt.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Vitalinius « Félix, vétéran de la légion Pe Minervia , homme rempli de « sagesse et de loyauté, négociant potier lyonnais, mort à l'âge « de soixante-neuf ans. Il est né un mardi; un mardi il est entré « au service, un mardi il a reçu son congé, un mardi il est « décédé. Vitalinius Felicissimus, son fils, et Julia Nice, sa femme, « ont élevé ce tombeau et l'ont dédié sous Yascia ».

De même que les deux vétérans de l'inscription précédente et peut-être devenu citoyen romain de la même manière, Vitalinius Félix avait, après l'accomplissement de son temps de service dans la légion Ire Minervia, continué à rester attaché à l'armée en qualité de vétéran. Fixé à Lyon, où sans doute il était venu en quittant la légion pour la vétérance, il y avait monté un commerce de poterie, qu'il paraît avoir exercé assez en grand. Les inscriptions relatives à des gens de métier fournissent plusieurs autres exemples de Vars cretaria , tandis qu'elles n'en offrent pas de l'ars chartaria, à laquelle on pourrait aussi penser pour remplir la lacune qui laisse incomplet le mot désignant l'industrie de notre personnage. C'étaient deux métiers très différents; tandis que par ars cretaria il faut entendre la fabrication ou la vente de la poterie de terre, l'ars chartaria désignait la fabrication ou la vente du papier de papyrus, mais cette fabrication ne se faisait guère qu'en Egypte, le papyrus étant une plante particulière au pays.

Un détail curieux dont on a tenu à consigner le souvenir sur l'épitaphe de Vitalinius, c'est que les principales circonstances

de sa vie auraient toutes eu lieu un mardi; c'est un mardi qu'il est venu au inonde, qu'il a été enrôlé, qu'il a été libéré et enfin qu'il est mort. 11 faut cependant qu'il ait échappé à ce fatalisme pour le jour de son mariage, puisque le texte garde le silence à l'égard de ce jour.

Son fds porte un surnom dérivé du sien; il s'appelle Felicissimus. On a constaté que l'usage des surnoms de forme superlative ne remonte pas au premier siècle. Il se peut que ce soit l'empereur Hadrien qui en ait amené la mode; afin de rendre hommage à la droiture dont faisait preuve en toutes circonstances le jeune Marc Aurèle, qui avait, comme son père, son aïeul et son bisaïeul, le surnom de Verus (Capitolin, Marais, 1), il ne l'appelait jamais autrement que Vcrissimus (Voy. Dion Cassius, VI, 92).

L'époque à laquelle Vitalinius a eu son fils ne serait pas antérieure au règne d'Hadrien.

Epitaphe d'un vétéran de la légion Ire Minervia.

Arcade LXII. — Cippe avec base et couronnement; autrefois « au coin d'une terre de M. Charles Loubat en allant de TRION « à la GRANGE-BLANCHE » (Spon); « au coin d'une muraille « d'une terre en sortant de la porte Trion pour aller à Grange- « Blanche, appartenant autrefois à M. Loubat Carie et à présent à « M. Claude Trollier, ex-consul » (ms. Ruolz-Dissard); « servant de « butte-roue à l'angle sud-ouest du clos Marduel, à CHAMPVERT, « et entré au Musée en 1844 » (Comarmond). Une ascia occupe.

entre les sigles D M, le milieu de la première ligne. — Hauteur 1 m. 20, du dé o m. 06, largeur o m. 38.

D ascia M

/ O V InI O • V A L E r /ONI ■ VET • EX • LE»' I • M • IVLIA • MA 5 TERNA • COIVG

I • INCOMPARA BILI MEMORIAM POSVIT DE MEDIO CRITATE SVA ET SV ■o B ■ ASCIA DEDICAVIT

L'N de OV1NIO d'abord omise, à ce qu'il semble, puis ajoutée après coup.

Spon, Recherche, p. 226; éd. 1857, p. 226. — Ménestrier, Hist. cous., prép., p. 27. — Ms. anonyme appartenant actuellement à M. Dissard, précédemment à M. le marquis de Ruolz. — De Boissieu, pp. 304 et 531. — Comarmond, Description, p. 321 ; Notice, p. 188. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 21. — Allmer, Trion, p. 10. — Dissard, Catalogue, p. 101.

Diis Manïbus . . . Ovinio Valerioni, vetcrano ex legioue I Minervia; Iulia Materna conjugi incomparàbili nieinoriain posait de mediocritate sua et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes de . . . Ovinius Valerio, vétéran de la « légion Irc Minervia; Julia Materna à son époux incomparable a « élevé ce tombeau selon la médiocrité de ses moyens et l'a dédié « sous ï ascia ».

Les anciennes copies donnent toutes, au commencement de la ligne, 10VINO, lecture que condamnent également les vestiges encore apparents sur la pierre et les exigences de la règle; c'est un gentilice qu'il faut; Iovinus n'en est pas un. La première lettre, aujourd'hui manquante et prise pour un I, était vraisemblablement un prénom : L(ucius) ou P(ublins) ou T(itus).

Le principal intérêt de l'épitaphe d'Ovinius, en dehors du nouvel exemple qu'elle apporte d'un vétéran des légions de la Germanie Inférieure fixé en résidence à Lyon après sa libération, consiste dans les mots de mediocritate sua, << par lesquels la veuve « témoigne », ainsi que déjà Spon l'a remarqué, « avoir fait « ses efforts de rendre les derniers devoirs à son mary selon « sa pauvreté ». Cette formule n'est, du reste, pas absolument rare. On la rencontre notamment sur l'épigraphe d'une fontaine construite à Narbonne (Inscriptions de Narbonne dans l'Histoire de Languedoc, éd. Privât, p. 124), par un sévir augustal : ex sua mediocritate, en l'honneur de Trajan, et à laquelle tous les passants étaient généreusement invités à boire : Ad urnam pote[mus]!

• Epitaphe d'un soldat de la légion Ire Minervia, dite Pia Fidelis.

Arcade XXV. — Cippe dont la base et le couronnement ont été abattus par devant à fleur du dé ; retaillé à droite et fendu transversalement vers le bas; « servant de jambage à une porte

« d'écurie du monastère des GENOVÉFAINS » (Millin), au quartier SAINT-IRÉNÉE ; « découvert à Saint-Irénée en 1824. en « creusant les fondations de l'église, et apportée au Musée en « 1846 » (Comarmond); renseignement erroné. Une ascia occupe, entre les sigles D M, le milieu de la première ligne de l'inscription. — Hauteur 1 m. 30, du dé o m. 8s. largeur o m. 70.

D ascia M

ET • MEMORIAE • AE'E/'

N A E CASSIANI ■ LVPVLI ■ MIL ■ LEG • I . M ■ P •/ 5 STIPVIIQVI-VIXITANNISXXVDL'

BVS ■ XIIII • IVVENIS • OPTIMI • CYRILLIA • MARCELLINA • MATEf LABORIOSISSIMA • FACIENDV/// CVRAVIT • POSTERISQVE ■ Suis 'o ET • SVB ASCIA ■ DEDICAVITo

PROCVRANTE • GELLIO • IV//// IÏTTÏI • AVGVSTALE • C • C • C ■ aug »LVG

Le T et le deuxième E de AETEr, à la seconde ligne, liés en un monogramme; le point, à la fin de la dixième, figuré par une hedera cordiforme.

Millin, Voyage, I, p. 504. — De Boissieu, p. 298. — Comarmond. Description, p. 155, pi. 10; Notice, p. 55. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 9. — Dissard, Catalogue, p. 100.

Dits Manibus et memoriae aeternae Cassianii Lupiili, militis legionis I Minerviae Piae Fidelis, stipendiorum VII ; qui vixit amiis XXV, diebus XIIII, juvenis optimi ; Cyrillia Marcellina, mater

laboriosissima , faciendum curavit posterisque suis et sub ascia

dedicavit , procurante Gel Ho , sexaugustale colonia Copia

Claudia Augusta Lugduni.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Cassianius « Lupulus, soldat de la légion lrc Minervia Pia Fidelis, excellent « jeune homme, mort à l'âge de vingt-cinq ans et quatorze jours, « après avoir servi sept ans; Cyrillia Marcellina, sa mère désolée, « a élevé ce tombeau à son fils et à ses descendants et l'a dédié

« sous Vascia, par les soins de Gellius sévir augustal de

« la colonie Copia Claudia Augusta de Lyon ».

Cassianius Lupulus n'est parvenu ni au congé honorable ni même au terme de la durée obligatoire du service légionnaire. Ne comptant encore que sept années sous l'aigle de la légion Ire Minervia et peut-être renvoyé pour cause de maladie ou d'infirmité, il est venu mourir à Lyon, à l'âge de vingt-cinq ans et quelques jours.

Epitaphe faisant mention d'un vétéran de la légion I1C Minervia, dite Pia Fidelis

Pilastre entre les arcades XXXIII et XXXIV. — Cippe avec base et couronnement, brisé vers le haut du dé en deux fragments; extrait en mars 1886 du puits de TRION, au quartier SAINT-JUST. Un trou de scellement, servant autrefois à fixer un ornement de métal, se voyait à l'extrémité de chacune des deux volutes de la

INSCRIPTIONS MILITAIRES 28l

lysis; celui du côté gauche a disparu. Une a scia gravée en creux occupe, entre les sigles D M de la première ligne de l'inscription, le milieu du bandeau de la corniche. — Hauteur i m. 18; du dé o m. 64, largeur o m. }6.

D ascia M

ET • MEMORIAE • AE TERNAE • CLAVDIAE FELICITATIS COIV

î GIS ■ SANCTISSIMAE

ET I N C OM P A R A B I L 1/ QVAE VIXIT • CVM • EO Ar^NIS • VI ■ MENSIBVS • V DIEBVS • XV • MESSORI

10 V S • F L O RV S • V ET E R A

NVS-LEG-I-M-P-F- palme

HVNC • TITVLVM QJV EM • FECI • COIV GI • CARAE • ET • MlHI

■5 VIVVS ■ ORO • FLORBVS sic

FLORVM • HILARES CONDECORETIS • AM ICI- P- C ■ ET ■ SVB ■ ASCIA

D E D I C A V I T palme

Les deux N de ANNIS, à la huitième ligne, liées en un monogramme; un accent sur le premier A de CARAE, à la quatorzième, et peut-être sur le premier O de ORO à la quinzième.

Allmf.r, Revue èpigraphique, II, p. 184; Trion, p. 135. — Dissard, Catalogue, p. 101.

DU s Ma ni bu s et memoriae acternae Claudiac Felicitatis, cornues

sanctissimae et ineomparabilis, qxiae vix.it cutn eo aimis VI, mensibns V, diebus XV; Messorius Florus, veteranus legionis I Minerviae Piae Fidelis, bit ne litnhim quemfeci eonjugi eàrae et mihi vivus, ôro Jloribus Florum hilares condeeoretis, amici! ponendum curavit et sub ascia dedieavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Claudia « Félicitas, épouse très vertueuse et incomparable, qui a vécu « avec moi Messorius Florus, vétéran de la légion Ire Minervia «. Pia Fidelis, six ans, cinq mois et quinze jours. Amis, ornez, je « vous prie, cette épitaphe que j'ai faite pour mon épouse chérie « et pour moi-même de mon vivant, et couvrez gaîment de fleurs « Florus, qui a élevé et dédié sous Yascia ce tombeau ».

Il est à remarquer que la légion porte les surnoms de Pia et de Fidelis. Ces surnoms, donnés extraordinairement à deux légions dès le temps de Claude et qu'ensuite presque toutes les légions ont portés, n'apparaissent guère communément qu'à partir du règne de Trajan. Il se peut que la Irc Minervia les ai reçus plus tôt et alors de Domitien en récompense de sa fidélité lors du soulèvement d'Antonius Saturninus en l'an 88-89 ; s'ils ne lui ont été donnés en cette occasion, elle pourrait les avoir tenus de Trajan , sous qui elle prit part aux deux guerres contre les Daces, commandée dans la seconde par Hadrien, qui fut ensuite empereur.

Messorius Florus, ancien soldat de la Irc Minervia, était venu se fixer à Lyon et y avait perdu sa femme au bout de six ans et demi de mariage, probablement sans enfants puisqu'il intervient seul dans l'épitaphe du tombeau qu'il lui élève et qu'il se destine en même temps à lui-même.

Cette épitaphe nous le montre comme un philosophe plein de résignation et d'aménité; ni la douleur de la mort de sa femme chérie, ni la perspective de sa propre fin n'ont le pouvoir de troubler la sérénité de sa bonne humeur. 11 invite ses amis à la

gaîté et lui-même fait facétieusement un jeu de mots sur son nom : « Amis », dit-il , « venez joyeux à mon tombeau et « couvrez gaîment Florus de fleurs ».

Messorius, gentilice formé d'un cognomen.

Inscriptions contenues dans les précédents paragraphes.

Ci-dessus n° 18. — Titus Flavius Secundus Ph.ilippiam.is, tribun de la légion Irc Minervia, plus tard gouverneur de la Lyonnaise sous Septime Sévère, Caracalla et Géta.

Ci-dessus n° 38. — Anonyme, d'abord soldat, puis centurion hastatus de la légion I" Minervia, employé comme greffier ex actis du procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine.

Ci-dessus n° 34. — Marcus Pontius Gemellus, vétéran de la légion Irc Minervia, ancien bénéficiaire du procurateur.

Ci-dessus n° 36. — Titus Flavius Florus, vétéran de la légion Ire Minervia, ancien bénéficiaire du procurateur.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Tribun. — Tiberius Claudius Pompeianus (inscr. autrefois à Lyon, « au siège de l'OFFlCIALITÈ », quartier SAINT-JEAN, actuellement et depuis déjà longtemps au village de Fontaines-

sur-Saône; voy. De Boissieu, p. 59), trib(unus) miJ(itum) leg(ionis) I Min(erviae). Il dédie pro sainte dom(ini) n(ostri) Imp. L. Sepi(inui) Severi Ang(iisli) totiusque domns eius un autel Aufanis matronis et matribus Pannoniorum et Delmatarum, divinités que M. Mommsen (dans YEphem. epigr., V, p. 202) suppose rappeler les pays d'origine des soldats placés sous les ordres de Pompeianus, et les mêmes divinités aussi, suivant toute apparence, que ces « augures pannoniens » qui, d'après Spartien (Sev., 11), avaient, au début de la guerre contre Albin, prédit à Septime Sévère la victoire.

Vétéran, ancien optio. — Salvius Memor (inscr. autrefois « sur « le chemin de TRION à GRANGE-BLANCHE »; voy. De Boissieu, p. 304), vet(eranus) leg(ionis) I M(inerviae), ex optione, c'est-à-dire ancien lieutenant du centurion.

Soldat imaginifer. — Solemnius Fidus (inscr. autrefois et encore à présent à l'ancien couvent des RECOLLETS , à la montée de Saint-Barthélémy, quartier de FOURV1ÈRE ; voy. De Boissieu, p. 299), miles leg(ionis) I Minerviae, imaginifer. Il n'y avait pas d'image de l'empereur à la hampe de l'aigle, ni à celle d'aucune des autres enseignes légionnaires. Cette image était portée sur un étendard spécial qui n'appartenait à aucun manipule ni à aucune centurie, mais appartenait à la légion entière et avait sa place, d'après Vègèce (II, 6), dans la première cohorte, c'est-à-dire vraisemblablement à côté de l'aigle (Voir Domaszewski , les Enseignes dans l'année romaine, p. 69). V imaginifer était un sous-officier qui avait rang, et sans doute des premiers, parmi les principales

Soldat bénéficiaire. — Cogitatinius Iuvenis (inscr. engagée dans un des contreforts de l'église SAINT-JEAN), soldat bénéficiaire du légat de la légion Ire Minervia [Severiana Alexandriana].

Légion IIe Adjntrix.

La légion IIe Adjutrix, composée de soldats de marine, déjà en formation sous Vitellius et définitivement constituée sous Vespasien. est envoyée d'Italie contre Civilis en 70. Elle combat pour la première fois à Vetera , puis à Batavodurum (Tacite, Hist., V, 16, 18) et, après la guerre, elle va en Pannonie, mais peut-être auparavant quelque temps en Bretagne (Henzen, 6766 et note) et c'est pendant ce séjour que, vers la lin du règne de Domitien, elle aurait eu au nombre de ses tribuns Hadrien, le futur empereur (Spartien, Hadr., 2). Sous Trajan, elle prend part aux guerres contre les Daces (Orelli, 3048), et on la trouve, au temps de la géographie de Ptolémée (II, 16), en garnison à Acumincum, à la jonction de la Theiss et du Danube, ainsi en facile communication avec les légions de la Mésie (Voy. Mommsen, C. /. L., III, p. 416), garnison qu'elle change un peu plus tard pour celle d'Aquincum, actuellement Buda-Pesth, beaucoup plus haut sur le fleuve. Elle fait, sous Marc Aurèle ou d'après Henzen (6766) sous Domitien, une guerre contre les Suèves et les Sarmates.

Elle est une des légions qui, ayant contribué à l'élévation de Septime Sévère, ont eu des médailles frappées à leurs noms par ce prince ; ce sont les légions de Pannonie qui l'ont proclamé empereur, et elles doivent être venues toutes combattre pour lui à Lyon contre Albin.

Elle a eu, en l'honneur des empereurs Caracalla, Sévère Alexandre,

Gordien III et Claude II. les surnoms d'Antoniniana, de Severiana, de Gordiana, et de Constans Claudiana avec la mention « six « fois Pia », « six fois Fidelis », et en l'honneur de Gallien des médailles à son nom.

On la voit dans la Notifia imperii (Boecking, Occ, p. 96) avec le nom de legio secundo, Adjutrix, placée sub dispositione viri spectabilis ducis provinciae Valeriae Ripensis, répartie sur l'étendue de cette province en six préfectures, d'une cohorte chacune : à Alisca, à Florentia, à Castellum contra Tautantum (peut-être le Taurunum de Ptolémée, II, 16, sur la Drave), à Cirpi et à Lussonium.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, pp. 206 et suiv.; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 872 ; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 460; III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

Elle n'a laissé aucun souvenir sur les inscriptions de Lyon; mais elle est mentionnée par une inscription de Bretagne au nom d'un Lyonnais.

Inscriptions étrangères.

Soldat. — L. Licinius (Inscr. à Lincoln, C. I L., VII, 186); Mommsen, Observationes èpigrapbicae dans l'Epbemeris, V, p. 203, L. f. Gal(eria) Sanga ; il est nommé avec un autre soldat leg(ionis) II Ad(jutricis) P(iae) F(idelis).

Légion IIe Augusta.

La légion appelée IIe Augusta est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée par Auguste après la bataille d'Actium (Mommsen, Monumentum Ancyranum, 2e éd., p. 75), et, d'après son surnom d' Augusta, sans doute créée par lui. Elle était, à sa mort, en l'an 14, dans la Germanie Supérieure, à Mayence, où elle composait, avec la XIIIe Geinina, la XIVe Gemiua et la XVIe Gallica, l'armée de la province. Dans la révolte qui a lieu alors et dont le signal part de l'armée de la Germanie Inférieure, elle est une des trois qui prêtent sans hésitation le serment à Tibère (Tacite, Ami., I, 37). Ensuite elle participe aux expéditions conduites, cette même année et les deux suivantes, par Germanicus au-delà du Rhin et dont la seconde se termine par l'ensevelissement des restes des soldats de Varus. L'emplacement de ce désastre célèbre a été reconnu par M. Mommsen (Méin. de l'Académie de Berlin, 1885); il se trouve sur les territoires des communes de Venne et de Barenau et forme un espace resserré entre des marais et le pied d'un chaînon de hautes collines qui commence vis-à-vis la Porte de Westphalie au coteau de Margaretha-Cluz et va joindre la Hase à Bramsche. Sur l'étendue de ces communes ont souvent été faites des trouvailles de monnaies du temps d'Auguste; c'étaient les bourses des soldats romains qui ont trouvé la mort dans ces parages (Voy. Revue èpigraphique, II, p. 96). Au retour, que la légion effectue par mer avec le reste de l'armée à laquelle elle appartient, elle est déposée à terre ainsi que la XIVe pour alléger les vaisseaux dans un

parcours semé de bas fonds ; atteintes toutes deux par une marée d'une hauteur extraordinaire, que pousse un violent vent du nord, elles échappent à grand'peine au danger d'être submergées (Tacite, Ann., 1, 70). L'année suivante, où les huit légions des deux provinces sont transportées par l'Ems jusqu'au centre de la Germanie, elle prend sa part de la brillante victoire remportée à Idistavise et aussi du naufrage qui marque d'une manière si funeste l'issue de l'expédition ; les vaisseaux qui ramènent l'armée se brisent sur les côtes de l'Océan (II, 23).

En 43, sous Claude, la légion, commandée alors par Vespasien, le futur empereur, va en Bretagne (Hist., III, 44; Suétone, Vesp., 4), et, après la conquête, y reste en garnison. Quand éclate, sous Néron, en 61, le terrible soulèvement dirigé par la reine Boadicée, dans lequel les Romains se voient sur le point de perdre la possession de l'île, retenue par son préfet de camp contre les ordres du général, elle manque à la bataille et aussi à la victoire, remportée par la XIVe presque seule et avec une gloire d'autant plus grande (Ann. XIV, 37). En 69, elle fournit des détachements à l'armée que Vitellius, proclamé par les troupes du Rhin, envoie en Italie (Hist. II, 57), où on les trouve d'abord victorieux à Bédriac, puis vaincus à Crémone (II, 99, 57 ; III, 2, 22), Bientôt, toutes les provinces se rangeant avec empressement sous les lois du vainqueur, c'est la IIe Augusta, vivement attachée à Vespasien en souvenir de ce qu'il l'a commandée avec illustration, qui décide l'armée de Bretagne à le reconnaître, non sans quelque résistance, les deux autres légions s'y refusant à cause de leur ancienne affection pour Vitellius (III, 44). Sous Antonin le Pieux, elle a son cantonnement dans la Bretagne Supérieure, à Isca Silurum, Caërléon à l'embouchure de la Saverne, et elle envoie de ses soldats pour travailler au valliun de séparation entre la Bretagne et la Calédonie ; ils en font, d'après les souvenirs conservés, 20,395 pas (Hubner, C. I. L., VII, p. 193) en plusieurs tronçons. Ce vallum, plus septentrional que celui d'Hadrien, était presque

au milieu de l'Ecosse et allait, d'orient en occident, du golfe de Forth à l'embouchure de la Clyde.

Comme légion de Bretagne, elle doit avoir combattu pour Albin, aussi son nom ne figure-t-il pas sur les médailles de Septime Sévère; mais il figure sur celles de Carausius avec le symbole légionnaire de la licorne.

Au temps de la Notitia imperti, la légion existait encore; elle apparaît sous le nom de legio secundo. Britannica sive Secundani. Elle y est indiquée (Boecking, Occ, p. 27) comme légion comitatensis; une partie, appelée Secundani junior es (p. 38), est intra Britanniam cum viro spectabili comité Britanniarum ; une autre partie (p. 81). sous le commandement du vir spectabilis cornes litoris Saxonici per Britanniam, est casernée à Rutupiae, aujourd'hui Richborrow, à l'embouchure de la petite rivière qui passe à Cantorbéry.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV. p. 20s; Grotefend. dans la Realencyclopaedia, IV, p. 873 ; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 451, III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

La légion IIe Augusta n'a laissé de souvenir à Lyon que sur une inscription aujourd'hui perdue. On la trouve mentionnée aussi sur une inscription de Bretagne au nom d'un Lyonnais.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Centurion. — Tertinius Severianus (Inscr. sur un sarcophage, autrefois « au quartier hors des murailles de la ville près de « l'Hospital SAINCT LAURENS DES VIGNES, servant d'arche « ou bâchasse de pierre creuse pour recevoir l'eau d'une belle

« fontaine »; ad bospitale pestilentiae in vetere momimento qno excipiiur aqua de joute ; voy. de Boissieu, p. 308), centurio leg(ionis) II Aitg(ustae). Il est remarquable que ce centurion s'appelle de son surnom Severiaiius. Un des premiers soins de Septime Sévère, après sa victoire sur Albin, dut être de casser tous les officiers des légions de son ancien compétiteur et de les remplacer par des officiers dévoués à sa cause. Ce Severianus, centurion de la légion IIe Aiigusta, pourrait bien avoir été une de ces créatures de Septime Sévère.

Inscriptions étrangères.

Porte-enseigne. — Gaius Valerius (Inscr. à Caerléon, l'ancienne Isca Silurum, C. /. L., VII, 125; Mommsen, dans YEpbemeris epigrapbica, V, Observationes epigrapbicae, p. 204), Cf., Gal(eria), Victor, Lugdiini, sigu(ifer) leg(ionis) II Aitg(ustae).

Légion IIe Trajana For fis.

La légion appelée IIe Trajana, créée par Trajan pour remplacer, en Egypte, la légion IIIe Cyrenaica envoyée en Arabie en l'an 106, résidait comme celle-ci à Alexandrie.

Une inscription, au nom d'un de ses officiers décoré par Hadrien ob bellum Iudaicum (Orelli, 832), autorise à penser qu'elle doit avoir pris part à la guerre de cet empereur contre les Juifs, et on supposait que c'était vraisemblablement dans cette guerre qu'elle aurait gagné le surnom de Fortts, qu'on ne lui trouvait pas avant l'an 137 (C. I. L., III, 5840); mais une inscription d'Egypte (III. 79) le lui donne dès l'an 109, c'est-à-dire dès le temps de Trajan. On le rencontre ensuite, dans la forme grecque 'layyrjOL, sur des inscriptions d'Egypte gravées sur le colosse de Memnon et qui sont des années 147 et 189 (Letronne, pp. 246 et 250).

Son nom AEPB-TPAI se lit sur des monnaies des empereurs Carin et Numérien frappées à Alexandrie (Eckhel, VII, pp. 513, 515). Elle figure aussi sur des monnaies de Carausius au symbole légionnaire d'Hercule.

Toujours restée en Egypte, elle doit n'avoir eu que bien peu de rapports avec la Gaule.

Elle était encore en Egypte au temps de la Notifia imperii. Elle y est mentionnée deux fois (Boecking, Or., pp. 68 et 75) sous son même nom de ïegio secundo. Trajana : une partie sub dispositione viri spectabilis comitis rel militaris per Aegyptum en résidence à Perembola, à la pointe du golfe Arabique, à peu près où est aujourd'hui Suez ; une autre partie sub dispositione viri spectabilis duc de la Thébaïde, à Appollonos Superior, autrement dit Apollinopolis Magna, actuellement le village d'Edfou. à la rive gauche du Nil et où se voient des ruines d'un temple considérable.

Voy. Grotefend, dans la Realencyclopaedia, p. 874. — Allmer, Inscriptions de Vienne, III, p. SS4.

La légion IIe Trajana est peut-être mentionnée sur une inscription de Lyon, très mal copiée et aujourd'hui perdue, qui fait partie d'un des précédents paragraphes.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus p. 138. — Tiberius Claudius Quartinus, personnage admis par Trajan dans l'Ordre sénatorial et chargé par Hadrien, à la suite de fonctions prétoriales, du commandement extraordinaire de détachements tirés de deux légions, qui peuvent avoir été la IIe Trajana For Us et la IIIe Cyrcnaica.

Légion IIIe Cyrcnaica.

La légion IIIe Cyrenaica est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée par Auguste après la bataille d'Actium (Mommsen, Monumentum Ancyranum, p. 75) Son nom de Cyrenaica peut faire présumer qu'elle avait précédemment fait partie de l'armée de Lépide. Elle composait, avec la XXIIe Dcjotaiiaua, à la mort d'Auguste, la garnison légionnaire de l'Egypte.

Sous Néron, elle envoie, en 63, un détachement en Syrie pour la seconde guerre de Corbulon contre les Parthes (Tacite, Ann.\ XV, 25), et, en 66, aidée par l'autre légion d'Egypte, elle réprime, à Alexandrie, un soulèvement des Juifs; elles en font un tel carnage qu'il reste sur le terrain cinquante mille morts (Josèphe,

B. /., II, 18). En 69, le rr juillet, à l'instigation du préfet d'Egypte Tibeiïus Alexander, elles sont les premières à proclamer Vespasien empereur (Tacite, Hist., I, 69), et, bientôt après, chacune d'elles fournit à Titus un renfort de 1 ,000 hommes pour le siège de Jérusalem (Josèphe, B. /., V, 6). Trajan l'emploie aux guerres contre les Parthes (Orelli, 832), puis à la conquête de l'Arabie et l'y laisse à demeure. Son cantonnement y était à Bostra. D'après une inscription (Henzen, 6301) qui nous montre un de ses centurions décoré par Hadrien ob Judaicam expeditionem, elle coopère à la guerre de cet empereur contre les Juifs. Comme toutes les légions d'Orient, elle a dû prendre parti pour Avidius Cassius et ensuite pour Niger. Il est certain, d'après Spartien (Sev., 12), qu'elle se déclara pour Albin contre Septime Sévère.

Elle a eu, en l'honneur de Caracalla (C. I. L., III, 121), de Sévère Alexandre, de Valerien et de Gallien, les surnoms d'Antoniniana, de Severiana, de Valeriana et de Galliena.

A l'époque de la Notifia imperii (Boecking, Or., p. 82), on trouve sous les ordres du vit spectabilis duc d'Arabie un praefectus legionis teriiae Cyrenaicae.

Voy. Borghesi , Œuvres, IV, p. 112; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV. p. 875; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 466, III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

La légion IIIe Cyrenaica est mentionnée sur deux inscriptions de Lyon déjà enregistrées et sur une inscription étrangère.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus p. 138. — Le même Tiberius Claudius Quartinus qui vient d'être rappelé à propos de la IIe Trajana. chargé par Hadrien, à la suite de plusieurs fonctions prétoriales, du commandement extraordinaire de détachements tirés de deux légions, qui peuvent avoir été la IIe Trajana et la IIIe Cyrenaica.

Ci-dessus n° 47. — Epitaphe de Sertoria Festa, fille de Sertorius Fortunatus, centurion leg(ionis) III Cyrenaicae Antoninianae , du temps de Caracalla.

Inscriptions étrangères.

Soldat. — Lucius Iulius (liste de Coptos; Mommsen, La Conscription, p. 5), L. f., Gal(eria), Liigdun(ensis).

Soldat. — Caius Valerius (même liste), C. /., Gal(eria), Lngd(unensis),

Il s'agit de soldats de l'une ou de l'autre des légions de l'armée d'Egypte au premier siècle : la IIIe Cyrenaica et la XXIIe Dejotariana.

Légion III Ie Macedonica.

La légion 1111e Macedonica est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée après la bataille d'Actium (Mommsen, Monnm. Ancyr., 2e éd., p. 7s); mais son origine est plus ancienne. Grotefend pense que le nom de Macedonica peut lui venir de ce qu'elle aurait été levée en Macédoine par Marcus Brutus avant la bataille de Philippes. Elle était, à la mort d'Auguste ou plus exactement en l'an 2), en Espagne; elle y avait son cantonnement non loin des sources de l'Ebre.

Sous Claude, elle quitte, en 43, l'Espagne pour coopérer à la guerre de Bretagne (Orelli, 363), et est ensuite amenée dans la Germanie Supérieure (Tacite, Hist., I, 5e,), probablement à Mayence. Pendant la période de troubles qui suit la mort de Néron, elle est une de celles qui donnent le signal de la révolte contre Galba et proclament Vitellius. Elle envoie en Italie, pour le soutenir, son élite, qui, après avoir semé sur son passage à travers l'Helvétie les plus sanglants souvenirs et avoir été d'abord victorieuse à Bédriac sur les Othoniens (II, 100), est ensuite battue à Crémone par les Flaviens (III, 22). Elle-même, restée sur le Rhin, continue à se distinguer par sa turbulence et à pousser les autres légions de la province à un soulèvement. Reniant Vespasien, déjà reconnu par les deux armées, les soldats massacrent leurs chefs et mettent le comble à leur crime en désertant à l'ennemi et en allant se ranger sous les bannières germaines. Poursuivie par ses remords, la Mb Macedonica est une des premières à revenir

à l'obéissance (IV, 37). Après la guerre, Vespasien la dissout et la remplace par la 1111e Flavîa.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 207; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 878; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 480, III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

Elle n'a laissé de souvenirs relatifs à Lyon que sur une inscription de Mayence au nom d'un Lyonnais.

Inscriptions étrangères.

Soldat. — Lucius Vinicius (inscr. à Mayence, Brambach, 1169; Mommsen, dans YEpbemeris epigraphica, V, Observationes epigr., p. 213), L.f. , Gal(eria), domo Modestus Ltigud(uni), miles leg(ionis) II II Mac(edonicae).

Légion 1111e Scytbica.

La légion 1111° Scythica est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée après la bataille d'Actium (Mommsen. Mominientnm Ancyranum, p. 75). Elle était, à la mort d'Auguste, en Mésie.

Elle quitte, sous Néron, le Danube pour aller former la garnison de l'Arménie nouvellement conquise. En 62, elle fait partie de l'armée qui est battue par les Parthes (Tacite, Ann., XV, 6); elle va hiverner en Cappadoce, d'où elle est ensuite ramenée en Syrie (XV, 17 et 26). Dans l'insurrection juive de 66, elle fournit aux troupes conduites contre Jérusalem par le gouverneur de Syrie Cestius Gallus un détachement de deux mille hommes, qui participent à la déroute subie par le général romain (Josèphe, B. J., II, 18), et plus tard, dans la guerre d'Hadrien contre les Juifs, le gouverneur étant obligé de s'éloigner de la Syrie, c'est le légat de la légion qui prend en mains pendant son absence l'administration de la province (C /. Gr., 4033, 4034). Sous Marc Aurèle, elle avait, d'après Spartien (Sev., 3), pour commandant Septime Sévère le futur empereur, et elle résidait en un lieu qu'il appelle, par erreur sans doute, Massilia. Pendant le règne d'Elagabale, un de ses légats, Gellius Maximus, tente inutilement de se faire proclamer empereur par les soldats (Dion Cassius, 79, 7).

Elle était encore en Syrie au temps de la Notifia imperii (Boecking, Or., p. 88) : sub dispositionc viri spectabilis ducis

Syriae et Eitfratensis Syriae praefectura legionis quartac

Scythicae, cantonnée à Oresa.

Voy. Grotefend, dans la Kealencyclopaedia, IV, p. 879; Allmer, Inscriptions de Vienne, III, p. 554.

Elle n'est rappelée à Lyon que par l'inscription suivante.

Fragment faisant mention des légions 1111e Scythica, XIIIe Gemina et XIe Claudia.

Arcade XLIV. — Fragment retaillé en la forme d'un bloc quadrangulaire. incomplet en haut, à gauche et en bas; « extrait en « 1847 des fondations du PONT DU CHANGE (de Boissieu); « trouvé à Vaise en 1847 ^ans ^es fouilles faites au nom du « gouvernement » (Comarmond). — Hauteur o m. 86, largeur o m. 88. Hauteur des lettres o m. 09.

. . . XI • CLAVD

. . . xm • geMn

. . ./ÏÏÏÏ -SCYTHIC basTAT ■ PRIOR . . . ET • FLORVS

Les lettres de la première ligne incomplètes en haut; l'M et l'I de GEMIN liés en un monogramme.

De Boissieu, p. 318 — Comarmond, Description, p. 249; Notice, p. 92 — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 17 — Dissard, Catalogue, p. 101 .

.... légion mu XI Claudiae, . . . XIII Geminae, . . . III I Scythicae; .... hastatus prior, Lucretius (?) Florus

L'état de ce fragment ne permet pas d'essayer une restitution de l'inscription, dont il ne contient qu'une très insuffisante partie. On peut cependant conjecturer, d'après les dimensions que l'inscription devait avoir, qu'elle appartenait à un monument honorifique. Un centurion des ordines priores : hastatus prior, et un autre officier qui peut s'être appelé [Li/cr]et(ius) Florus ont élevé probablement une statue à un personnage public qui avait eu les commandements successifs des trois légions énumérées.

De ces trois légions, la 1111e Scythica n'est jamais venue en Occident; mais les deux autres ont habité la Germanie Supérieure, la XIIIe Gemina pendant les cinquante années environ qui se sont écoulées entre l'an 14 et son départ, sous le règne de Néron, la XIe Claudia pendant au moins cent ans, depuis le commencement du règne de Vespasien jusque vers la fin du règne de Marc Aurèle ou même jusque sous celui de Commode.

Légion Ve Macedonica.

La légion Ve Macedonica est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée après la bataille d'Actium (Mommsen, Moiium. Ancyr., 2e éd. p. 7s). Mais elle existait déjà précédemment. D'après Grotefend, elle aurait vraisemblablement été formée, comme la IVe Macedonica, de levées faites en Macédoine par

Marcus Brutus pour la guerre de Philippes, et de là lui viendrait son nom. A Actium, elle faisait partie des légions d'Octavien, et, après la victoire, lors de la reconstitution de l'armée, ses vétérans, de même que ceux de la VIIIe Augusta, furent colonisés à Béryte de Phénicie et peut-être aussi à Héliopolis (Strabon. p. 756; Eckhel, III, p. 356), et elle-même envoyée en Mésie. C'est là qu'elle était à la mort d'Auguste ou plus précisément en l'an 23.

Elle est retirée de la Mésie par Néron pour aller, en 62, former la garnison de l'Arménie nouvellement conquise (Ami., XV, 6), mais elle reste cantonnée dans le Pont (XV, 26), ce qui la préserve de prendre sa part de la défaite que les Parthes infligent à l'armée romaine conduite par Paetus ; elle vient en Syrie, en 63, pour la seconde guerre que Corbulon prépare contre les Parthes (XV, 28), mais qui n'a pas lieu. Bientôt s'allume, en 66, la guerre des Juifs dans laquelle Cestius, gouverneur de la Syrie, étant venu attaquer Jérusalem, se fait battre. Peut-être a-t-elle, comme les autres légions de la province, fourni pour cette expédition un renfort de 2,000 hommes, qui aura été enveloppé dans la déroute (II, 19). S'il en est ainsi, cela explique pourquoi, quelques années après, Vespasien l'aurait envoyée en Egypte. Revenue en Syrie contre les Juifs, elle concourt à la prise des villes de Jotapata et de Gamala, et hiverne en 68 à Emmaùs (111, 5), puis, en 70, elle coopère au siège de Jérusalem conduit par Titus et elle s'y distingue à l'assaut de la tour Antonia. Ensuite, après avoir accompagné Titus à Alexandrie, elle revient en Mésie, d'où elle avait été tirée, sous Néron. Mais cela est très peu certain en ce qui concerne le voyage à Alexandrie; Renier, dans sa dissertation sur l'inscription de Nettuno, dit qu'il faut lire dans Josèphe (III, 4), non pas « légions Xe et Ve », mais « légion XVe », en sorte qu'il s'agirait de la XVe Apollinaris, et que la Ve Macédonien ne doit pas être venue en Egypte.

Sous Domitien (Dion Cassius, 67, 10; Orelli, 1580), elle apparaît

dans la guerre contre Décébale, et, sous Trajan (Orelli, 3049), dans la guerre de ce prince contre ce même roi des Daces; puis, après avoir fondé en Dacie la colonie de Sarmizegetusa, maintenant Varhely, elle revient dans la Mésie Supérieure. Son cantonnement y donne naissance à un village du nom de Canabae, qui, s'accroissant peu à. peu, devient la ville de Troesmis (Renier, Inscript, de Troesmis), aujourd'hui Iglitza. Septime Sévère la transporte en Dacie; on l'y trouve dès l'an 195, en garnison dans la partie septentrionale, à Potaissa, actuellement Thorda. Elle doit avoir fait partie de l'armée qui a combattu contre Albin.

Des monnaies de Septime Sévère ont été frappées à son nom. Elle apparaît aussi sur des monnaies de Gallien et de Victorin, aux symboles légionnaires de l'aigle sur les premières et du taureau sur les dernières.

Puis, après qu'Aurélien a fait abandon de toute la partie de la Dacie à la gauche du Danube, pour ne garder que ce qui est sur la rive droite, elle prend ses quartiers dans cette partie, qui porte alors le nom de Dacie Aurélienne ou Ripensis* (Vopiscus, Aurel.,

Au temps de la Notifia Imperii (Boecking. Or., pp. 67, 107 et suiv.), une partie est disséminée dans la Dacie Riveraine en quatre préfectures sub disposiiione viri speclabilis àitcis Daciae Ripensis: à Variana, à Cebrus, à Oescus et à Sucidava; l'autre partie en Egypte, à Memphis : sub disposiiione viri spectabilis comitis rei militaris per Aegyptum, legio quinta Macedonica, Menfi.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 211; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 881 (où il attribue à la Ve Alaudae, p. 880, tout ce que Borghesi attribue à la Ve Macedonica) ; Allmer, Inscriptions de Vienne, III, p. 554.'

Elle est mentionnée sur une inscription de Lyon encore existante et déjà enregistrée.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n° 18. — Titus Flavius Victorinus Philippianus, un des fils du gouverneur de la Lyonnaise Titus Flavius Secundus Philippianus sous Septime Sévère, tribunus legionis V ' Macedonicae.

Légion VIe Victrix.

La légion VF Victrix est une des dix-huit légion de l'armée permanente organisée après la bataille d'Actium (Mommsen, Moiium. Ancyr., p. 75). On ignore le motif de son surnom de Victrix et l'on ne sait pas davantage si précédemment elle avait été une des légions appartenant en propre à Auguste ou une de celles qui lui étaient venues de Lépide ou d'Antoine. Elle était, à la mort d'Auguste, en Espagne.

Elle composait alors, avec la IVe Macédonien et la Xe Gemina, la garnison de cette province. Des médailles de Caesaraugusta, aujourd'hui Saragosse, la rappellent, aux temps d'Auguste et de Tibère (Eckhel, I, 38). Une inscription (Henzen, 6767) parle d'un de ses centurions gratifié des récompenses militaires ob res prospère gestas contra Aslures, probablement sous Claude et postérieurement à la conquête de la Bretagne ; c'est l'unique

mention connue d'une expédition contre les Astures à cette époque. A la fin du règne de Néron, c'est la VIe Victrix qui, sous le commandement de Titus Vinius, fait « de son autorité empereur « Galba » (Tacite, Hist., V. 16), alors gouverneur de l'Espagne Tarraconaise (Suétone, Galb., pp. 8, 9); puis, dans la guerre civile qui suit l'avènement de Vitellius, elle se déclare pour Vespasien (Hist., III, 44). Envoyée en Germanie avec la Xe, au commencement du règne de celui-ci (IV, 68), elle y arrive pour prendre part à la dernière bataille importante qui marque le cours de la guerre contre Civilis (V, 14 à 18), et elle reste dans la Germanie Inférieure, en résidence à Vetera, aujourd'hui Xanten. On lui voit, sous Trajan (Henzen, 6497), les surnoms honorifiques de Pia Fidelis, mais il se peut qu'elle les ait eus déjà plus tôt, et que Domitien les ait accordés à toutes les légions de Germanie qui n'avaient pas été compromises dans la révolte tentée par Antonius Saturninus, en 88 ; la VIe Victrix les aurait eus de cette manière. Hadrien la transporte en Bretagne (Orelli, 3186), sans doute pour y remplacer la IXe Hispaua, dont toutes traces disparaissent sous le règne de cet empereur. Peu de temps peut-être après son arrivée, elle y remporte une victoire attestée par une inscription (Henzen, 5825) trouvée aux environs de Lancastre, peut-être la victoire de Junius Caelianus sur les Brigantes, en 143 (Henzen. 6744).

Sous Antonin le Pieux, elle travaille au vallum qui va de la Clyde à l'estuaire de la Bodotria, le golfe de Forth ; elle en fait, d'après les souvenirs conservés (C. I. L., VII, p. 193), une longueur de 14,712 pas en plusieurs tronçons. Ses cantonnements sont indiqués dans Ptolémée et dans l'Itinéraire d'Antonin à Eboracum, York. De même que les autres légions de Bretagne, elle doit être entrée partiellement ou entière dans la formation de l'armée qui, lors de la guerre entre Sévère et Albin, passe en Gaule et vient se faire battre à Lyon, en 197; aussi ne figure-telle pas au nombre des légions aux noms desquelles Septime

Sévère a fait frapper des monnaies; mais elle a eu, en l'honneur de Caracalla, le surnom à' Anloniniana .

La Notitia Imperii (Boecking, Occ, p. 112) la mentionne parmi les troupes placées sub dispositione viri spedabilis ducis Britanniarum, sans donner le nom de ses quartiers; elle se contente de réunir sous la légende sextae praesidium deux vignettes représentant ses casernements à la partie septentrionale de l'île. C'est de la VIe Victrix qu'il est question dans un passage du poète Claudien (Bellum Gelicum, 414) : Venit et extremis legio prête nia Britannis, | quae Scoto dat freua truci ferroque notatas I perlegit exsangues Picto moriente figuras. Ses souvenirs les plus nombreux ont été retrouvés, non à York, mais en divers lieux du sud de l'Ecosse, où probablement étaient disséminés ses détachements : dans le Northumberland, dans le Cumberland, dans le Westmoreland et dans le Lancashire.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 218; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 884; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 486, III, p. 554, avec une liste des officiers et soldats de la légion.

Les inscriptions relatives à la légion VIe Victrix nous montrent :

Un centurion :

Titus Aurelius Aprilis (ci-après n° 57).

Plusieurs vétérans :

Marcus Titius Helvinus (ci-après n° 58).

Gaius Julius Galenus (Inscr. étrangère), Lyonnais inscrit dans la tribu Galeria, vétéran de la légion VIe, dite alors Pia Fidelis.

S7 Epitaphe d'un centurion de la légion VIe Victrix.

Arcade XXIV. — Cippe avec base et couronnement, incomplet en bas à gauche, extrait en janvier 1886 du puits de TRION, au quartier SAINT-JUST. Un trou de scellement se voit à l'extrémité antérieure de chacune des deux volutes de la lysis. Une ascia gravée en creux occupe le milieu du bandeau de la corniche. — Hauteur 1 m. 30, du dé o m. 69, largeur o m. 46

asci.i

T • AVRELI • APRI LIS • 3 • LEG • VI V I C T R I C I S 5 IVLI A • I VSTI

N A • C O N I V G / P 1 1 S S I M O • Me M O R ta ■ S V B S T I T V 1 T

Lettres fortement et négligemment gravées; le T et l'I de 1VSTI à la cinquième ligne réduits à leur extrémité supérieure.

Allmer . Revue épigrapbiqite, II, p. 185; Trioii. p. 140. — Dissard, Catalogue, p. 102.

Dits Manibus T. Auvelil Aprilis, centurionis legionis VI Victricis ; lulia lustina conjugi piissimo memoria(in) substituit.

« Aux dieux Mânes de Titus Aurelius Aprilis, centurion de la « légion VIe Victrix; Julia Justina a élevé à son excellent mari « ce tombeau ».

Le centurinnat d'Aurelius Aprilis se rapporte vraisemblablement à l'époque du séjour de la légion dans la Gaule, c'est-à-dire à la période de près de trois quarts de siècle comprise entre l'an 70 et les derniers temps de l'empereur Hadrien. Elle appartenait à l'armée de la Germanie Inférieure et tenait garnison à Cologne.

S'il faut en croire les termes de l'inscription, le regret de la veuve aurait été de facile composition. « Elle a », disent-ils, « substitué à son excellent mari cette épitaphe », ou même « suppléé à son excellent mari par cette épitaphe » : conjugi piissimo memor[ia], — la place manque pour memor[iam], — substituit. Elle aura, pensons- nous, plutôt voulu dire qu'elle élevait à son mari un tombeau pourvu d'une épitaphe. La formule est toutefois remarquable ; on trouve assez souvent memoriam institua, mais non pas substituit.

Épitaphe d'un vétéran de la légion VIe Victrix.

Arcade XXVII. — Cippe avec base et couronnement, « décou- << vert, il y a quelques années, sur le bord de la SAONE à côté

« de l'égout de la rue du Bessard, quartier des TERREAUX. 11 « avait été enfoui là avec d'autres matériaux de remblai ou « d'enrochement sur lesquels on avait assis le quai et le port « de la Boucherie des Terreaux » (De Boissieu); « trouvé en 1824 « en construisant l'église Saint-Irénée, et entré au Musée en 184s » (Comarmond). Le côté droit, taillé dans sa partie antérieure seulement, fait voir que le cippe attenait de ce côté à une construction. — Hauteur 1 m. 6s. du dé 1 m., largeur o m. 88.

M • TITI • HELVIN I VETERANI ■ LEG • V~I VICTR • HERÉD • EX

Tous les traits horizontaux légèrement ondulés et terminés par des déliés très fins ; le G de LEG à terminaison spirale ; accents sur l'A de VETERANI et sur les deux E de HERED.

De Boissieu, p. 319. — Comarmond, Description, p. 177; Notice, p. 64. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 11. — Dissard, Catalogue, p. 102.

Dits Manibus M. Titii Helvini, veterâni legionis VI Vitricis. hèrèdes ex testamento faciendiim ciiraverunt.

« Aux dieux Mânes de Marcus Titius Helvinus, vétéran de la « légion VIe Victrix, ses héritiers ont élevé ce tombeau en exécu- « tion de son testament ».

Il y a toute apparence que cette épitaphe du vétéran Titius Helvinus appartient à la période pendant laquelle la légion a été cantonnée dans la Germanie Inférieure et envoyait ses vétérans à Lyon.

Inscriptions étrangères.

Vétéran. — G. Julius (inscr. à Lincoln, C. I. L., VII, 182; Mommsen , dans V Ephemeris , V, Observationes epigrapbicae , p. 215), Gal(eria), Gai en 11 s, Lug(dunensis), vef(eranus) ex leg(ione) VI Vic(thce) P(ia) F(idele).

Légion VIIe Gémi na.

Levée par Galba en Espagne, la légion VIL reçoit de lui ce numéro en considération sans doute de la VIe qui l'avait proclamé empereur (Tacite, Hist., II, 11; III, 25; Suétone, 10). Elle se serait appelée d'abord peut-être Hispana à cause de son pays d'origine, et peut-être aussi Galbiana en l'honneur de son fondateur.

Emmenée par Galba à Rome (Hisi., I, 6), elle est envoyée de là en Pannonie (II, n); mais elle revient pour Othon, puis, battue à Bédriac, est renvoyée, après la mort d'Othon, dans ses quartiers de la Pannonie (II, 67). Elle revient bientôt encore en faveur de Vespasien (II, 86). Elle participe à la victoire de Crémone (III, 21, 22, 25, 27, 29) et ensuite à la prise de Rome ; mais mal vue par Mucien à cause de son attachement

a Antonius Primus, qu'elle avait eu pour commandant, elle reçoit ordre de s'en retourner en Pannonie (IV, 39). Après la guerre, ayant été refondue par Vespasien avec les débris de quelqu'une des légions de Germanie licenciées par lui pour s'être laissé entraîner dans la révolte de Civilis, elle a dès lors le nom de Gemina, auquel se joignent plus tard souvent celui de Félix, qu'on lui voit dès le temps de Domitien, et quelquefois ceux de Pia Félix. Elle ne tarde pas à aller en Espagne, où, sans doute, après le départ de la VIe Victrix et de la Xe Gemina, s'exerçait librement le brigandage, et elle en forme, depuis ce moment, à elle seule, la garnison légionnaire. Le lieu de sa résidence y donne naissance à une ville qui, à cause d'elle, a le nom de Legio, aujourd'hui Léon. C'est là que l'indique Ptolémée. Toutefois ses souvenirs les plus nombreux ont été trouvés à Tarragone, la capitale de la province, où probablement elle entretenait une garde considérable. Il se peut que, dans les premières années du règne d'Hadrien, elle ait fourni un détachement de 1,000 hommes pour une guerre en Bretagne (Henzen, 54S6). 11 ne paraît pas qu'elle ait pris part à la bataille de Lyon autrement que par l'envoi d'un renfort à Albin par son légat Novius Rufus, que Septime Sévère lit ensuite périr (Spartien, Sev., 13).

Elle a eu en l'honneur de Caracalla le surnom à'Antoniniaiia, en l'honneur de Sévère Alexandre ceux de Severiana Alexandriana, et en l'honneur de Gordien 111 celui de Gordiana.

Au temps de la Notifia impeiïi (Boecking, Occ, p. 119), on voit dans la proviueia Hispaniae Callaeeiae un praefectus legionis septimae Geminae en résidence Legionae, c'est-à-dire à Léon.

Elle est rappelée par deux inscriptions déjà enregistrées qui nous montrent deux tribuns.

3ÏO INSCRIPTIONS MILITAIRES

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus p. 187. — Caius Junius Flavianus, procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine non avant Hadrien, et tribunus militum legionis VII [Geminae] au début de sa carrière.

Ci-dessus n° 18. — Le gouverneur de la Lyonnaise Titus Flavius Secundus Philippianus, trib(inuis) mil(itum) leg(ionis) VII Geminae avant son admission inter quaestorios, tribunicios , praelorios, par Septime Sévère.

Lésion y IIIe Aumsta

La légion VIIIe Augnsta est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée après la bataille d'Actium (Mommsen, Moiinm., Ancyr., p. 75). Les souvenirs qu'on a d'elle remontent fort loin. Dès l'an 31 av. J.-C, l'année même de cette organisation, on la rencontre dans la Cyrénaïque. L'année suivante, elle coopère à la prise d'Alexandrie, et, bientôt après, ses vétérans vont coloniser les villes de Béryte et d'Héliopolis. En l'an 16 av. J.-C, elle habitait la Syrie. Tirée de là pour l'importante guerre de l'an b de J.-C. contre les Pannoniens, elle était encore en Pannonie à la mort d'Auguste, et. dans l'insurrection qui éclate parmi les soldats

a la nouvelle de cette mort et qu'apaise subitement la terreur superstitieuse inspirée par une éclipse de lune (Tacite, Ann., I. 28), elle est la première des trois légions qui composent l'armée de la province à reprendre le chemin de ses quartiers d'hiver (I, 30). Envoyée par Néron en Orient, en 68, pour l'expédition qu'il préparait contre les Albanes des Portes Caspiennes (Hist., I, 6; Suétone, Ner., 19; Dion Cassius, 63, 8), elle s'arrête dans la Mésie. Pendant qu'elle est là, en attente de la tournure des événements suscités par la révolte de Vindex, les Roxolans, s'étant au commencement de 69 audacieusement jetés sur la province, sont surpris et taillés en pièces par la IIIe Gallica, commandée par Aurelius Fulvus (Hist., I, 79). 11 faut cependant que la VIIIe ait pris une part quelconque à ce succès, puisque son commandant Numisius Lupus (ill, 10) reçoit à cette occasion, aussi bien qu'Aurelius, les ornements consulaires. Rappelée de Mésie quand surgit la première guerre civile, elle apprend, à Aquilée, la mort d'Othon, et, se faisant de son désappointement un prétexte d'insubordination, elle pille la caisse militaire, insulte les images de Vitellius et s'en retourne en Mésie, puis s'empresse de s'assurer l'impunité de ses excès en embrassant le parti de Vespasien (III, 24). Elle reprend alors le chemin de l'Italie, et, à peine a-t-elle rejoint, sous Vérone (III, 10), l'armée d'Antonius Primus, qu'elle est dirigée avec toute l'armée flavienne contre Crémone. Dans la bataille de nuit devant cette ville, elle est chargée de l'assaut du mur à droite du chemin de Bédriac (III, 21 , 22, 27). A la suite de la victoire, elle est une de celles qui vont prendre et occuper Rome.

La guerre allumée sur le Rhin par Civilis menaçant de prendre les proportions d'une vaste conflagration, une puissante armée, tirée de l'Italie, de l'Espagne et de la Bretagne, est dirigée vers la Germanie. La VIIIe Augiista fait partie de cette armée, mais elle n'a pas l'occasion d'intervenir, et elle prend séjour dans la Germanie Supérieure, d'où elle fournit, après l'apaisement de la

sédition, un corps de troupes pour une occupation temporaire de divers points stratégiques de la Gaule. Des tuiles inscrites, récemment découvertes aux environs de Dijon, à vingt-deux kilomètres (15 milles romains) au nord-est de cette ville, au village de Mirebeau, sur l'ancien territoire de la cité des Lingons dans la province de Germanie Supérieure, à la limite de cette province et de la Lyonnaise et à l'embranchement d'une route venant du lac de Genève avec la grande route de Lyon à Metz et à Trêves, font foi d'un établissement militaire formé de détachements empruntés à cinq des légions envoyées pour cette guerre : Vexil(latioiies) legioiiuiii I, Y M, XI, X1I11, XXI (Mowat, dans le Bulletin èpigraphique de la Gaule, III, pp. 221, 333; IV, p. 22, 65; Mommsen, Lingonische legionsçiegel, dans l'Hermès XIX, p. 437). Puis, sous le règne suivant, c'est-à-dire sous Domitien, dans une nouvelle occupation du territoire gaulois, après la répression de la tentative de soulèvement d'Antonius Saturninus, commandant l'armée de la province, en 88, la légion apparaît encore à Mirebeau et, près de là, à Bézouotte (Mowat. /. c.) et à Néris chez les Bituriges Cubes dans l'Aquitaine, localités où ont été découvertes aussi des tuiles ou des briques aux estampilles : leg(io) Vlll Aug(usta), et plus explicitement îeg(io) Vlll Aug(usta) L. Appio leg(ato). 11 s'agit de Lucius Norbanus Appius Maximus, légat de Pannonie, par qui fut étouffée la révolte et qui vraisemblablement, en récompense de cet acte, aura été promu au commandement de la Germanie Supérieure en remplacement du légat rebelle. 11 se peut même que le développement des mesures de sécurité prises alors se soit étendu jusque sur la Narbonnaise; de pareilles tuiles au nom de la legio Vlll Aug(usta) ont été ramenées au jour à Viviers, dans la cité des Helves (Mowat, /. c).

Le cantonnement de la légion sur le Rhin a été l'origine d'un village primitivement formé de baraques et appelé à cause de cela Caiiabae ou viens Canabensiiim, mais déjà devenu, au temps d'Hadrien, la ville d'Argentoratum, aujourd'hui Strasbourg.

INSCRIPTIONS MILITAIRES )ï}

Ptolémée l'y indique expressément : Avgcntovatum, legio octava Augusta. Elle avait peut-être, non loin de là, à Salctio, actuellement Seltz, un poste détaché pour la surveillance du passage du Rhin (Zangemeister. dans la Kovvespouden^blatt de Trêves, 1885, p. 160).

Une inscription du temps de Commode (Fabretti, p. 665) dit que la VIIIe Augusta : cum liberata esset Novia obsidione, legio Pia Fidelis Constaus Commoda coguoiuinata est. On ne sait pas où était cette ville de Novia et on n'aperçoit, dans le voisinage de la Germanie Supérieure, d'autre guerre qui ait pu donner lieu au siège dont il s'agit que celle des Marcomans, non achevée à la mort de Marc Aurèle, et qui dura quelque temps encore sous Commode.

La légion a pris part à la bataille de Lyon et combattu pour Septime Sévère; aussi est-elle du nombre de celles aux noms desquelles Septime Sévère a frappé des monnaies.

Elle a reçu en l'honneur de Caracalla le surnom d'Autouiniaua et en l'honneur de Sévère Alexandre ceux de Severiana Alexandviaua.

Gallien et Carausius lui ont aussi plus tard décerné des médailles; elles sont marquées au symbole légionnaire du taureau.

A l'époque de la Notifia imperii (Boecking, Occ, pp. 17, 24, 34), elle est intra Italiam comme légion palatine sub dispositiouc viri illustris magistri peditum praescutaiis. Elle n'y est désignée que sous le nom d'Oetavaui. Son bouclier est représenté (p. 17). Il a pour épisème un petit disque central d'où partent en divergeant à angles droits quatre tiges terminées chacune par un croissant renversé à double échancrure.

Bien qu'elle soit de toutes les légions du Rhin celle dont le séjour sur le fleuve a eu le plus de durée, elle a laissé à Lyon moins de souvenirs que la lrc Miuervia et la XXXe Utpia, toutes deux de l'armée de la Germanie Inférieure.

Les inscriptions relatives à la légion VIIIe Augusta nous montrent :

Plusieurs soldats et vétérans.

Titus Vettius Deciminus (inscr. perdue), vétéran, ancien immunis du consulaire, c'est-à-dire du général commandant de l'armée de la Germanie Supérieure.

Gaius Geminius Artillus (ci-dessus n° 32), vétéran congédié avec X'honcsta missio, ancien corniculaire du gouverneur de la Lyonnaise.

Secundius Constans (ci-après n° 59), soldat bénéficiaire du tribun semestre.

Caius Tallonius Pervincus (ci-après n" 61), vétéran congédié avec Yhonesta missio.

Anonyme (ci-après n° 60), vétéran congédié avec Yhonesta missio.

Tertinius Gessius (ci-après n° 62), vétéran.

Septimius Sextianus (ci-après n° 6)), soldat.

Epitaphe faisant mention d'un soldat de la légion VIIIe Augusta, bénéficiaire du tribun semestre.

Pilastre entre les arcades LIX et LX. — Cippe avec base et couronnement, extrait en mars 1886 du puits de TRION, quartier

SAINT-JUST. Un trou de scellement destiné à fixer un ornement de métal existe à l'extrémité de chacune des deux volutes de la lysis. Une ascia en relief occupe, entre les sigles D M, le milieu de la première ligne de l'inscription. Sur le devant de la base se voit, au milieu de la plinthe, une ouverture carrée communiquant autrefois avec un loculus creusé dans une pierre placée sous le cippe et dans lequel était déposée l'urne cinéraire; cette ouverture était fermée par un portillon battant dans une feuillure, encore apparente. — Hauteur i m. 60; du dé 1 m. 02, largeur o m. 56.

D ascia M

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