‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 48 sur 70 · NIS ■ XXIIII • M • II- D- X · texte numérisé non relu

NIS ■ XXIIII • M • II- D- X

ET • SVB • ASCIA

DEDIC AVERVNT

L'V, l'A et l'E de QVAE, à la dixième ligne, liés en un monogramme.

Cochard, Archives bist. et stat. du Rhône, 3, p. 458. — De Boissieu, p. }2j. — Comarmond, Description, p. 85; Notice, p. 29. — Monfalcon,. Musée lapidaire, p. 5. — Dissard, Catalogue, p. 2.

Dits Manibus C. Tallonii Pervinci, veterani legionis Vlll Augustae, missi honesta niissione, et Pacatae, conjugi, vivi sibi posnerunt et Ursae, filiae corum dulcissimae, qnae vixit annis XXIIII, mensibus II, diebns X, et snb ascia dedicaventnt.

« Aux dieux Mânes de Caius Tallonius Pervincus, vétéran de « la légion VIIIe Augusta libéré avec le congé honorable, et de

« Pacata, sa femme. Ils ont, de leur vivant, élevé ce tombeau. « préparé aussi pour eux-mêmes, à Ursa, leur fille bien-aimée, « morte à l'âge de vingt-quatre ans, deux mois et dix jours, et « l'ont dédié sous Vascia ».

Il y a grande apparence que Tallonius, qui porte un nom barbare romanisé. ne sera devenu citoyen romain que par son enrôlement au service légionnaire.

Le tombeau qu'il a élevé à sa fille ne doit pas être d'une époque antérieure au séjour de la légion dans la Germanie Supérieure, séjour dont le commencement est contemporain des derniers actes de la guerre de Civilis et se place à l'an 70.

Epitaphe d'un vétéran de la légion VIIIe Augusta.

Arcade XI. — Cippe avec base et couronnement; « exhumé « en 1825 des fouilles pratiquées pour l'agrandissement de l'église « SAINT-IR.ÉNÉE et déposé ensuite sur la rampe de droite du « perron de l'église » (De Boissieu) ; « découvert en 1824 en « construisant la nouvelle église de Saint-Irénée, et entré au musée « en 1845 » (Comarmond). Un trou de scellement, servant autrefois à retenir un ornement de métal en étain ou en bronze doré, se voit à chacune des deux extrémités de l'attique du couronnement. Les deux premières lignes de l'inscription occupent le bandeau de la corniche entre deux petites ascia dont il ne reste

aujourd'hui que celle de l'extrémité droite. — Hauteur i m. 40, du dé o m. 82, largeur o m. 72.

ascia ave AMABILIS GESSIO , yr

U TVO KARISSIMA ^ 1

ET • QVIETI ■ AETERNAE • TERTINI GESSI • VETERANI • LEG • VIII • AVG

5 ET • TERTINIAE • AMABILIS • SIVE CYR //LE • NATIONE ■ GRAECA • N ICO Me DEA • CONIVGI ■ KARISSIMAE • ET • PIE NTISSIMAE • CASTISSIMAE • CONSE RVATRICI • MIHI • PIENTISSIMAE • FOR

10 TVNAE • PRESENTI ■ QVAE • MIHI

NVLLAM CONTVMELIAM ■ NEC • ANI MI • LESIONEM • FECIT • QVAE • MECVM VIXIT IN MATRIMONIO • ANNIS • XVIII DIEBVS XX SINE ■ VLLA ■ LAESVRA • NEC • AN

>5 MI • MEI OFFENSIONE QVAE • DVM • EGO IN PEREGRE • ERAM • SVBITA • MORTE • DIE TERTIO MIHIEREPTA EST • IDEO HVNCTITV LVM-MIHI-ET-ILLE-VIVS-POSVI-ET-POSTERISQVE

MEIS • ET • SVB • ASCIA • DEDICAVI

La première lettre du mot GESSIO à la première ligne et du mot GESSI à la quatrième, incomplète en bas et incertaine : un C ou un G ; l'M de KARISSIMA à la deuxième, réduite à son dernier jambage; l'R de CYR à la fin de la cinquième à sa haste et à l'amorce supérieure de sa boucle; l'O et l'R de FOR à la fin de la neuvième, les deux N de ANN à la treizième, l'N et l'E de NEC, l'N et l'I d'ANI à la fin de la quatorzième, liés en monogrammes; ILLE pour ILLI à la dix-huitième.

De Boissieu, p. 322. — Comarmond, Description, p. 12, pi. 12; Notice, p. 5. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 2. —

WlLMANNS, 249. DlSSARD, Catalogue . p. 102.

Ave Amabilis, Gessio tuo harissima!

Diis Manibm et quieti aeiernae Tertinii Gessii, veterani legionis VIII Augustae, et Tertiniae Amabilis sive Cyrille, natione Graeca, Nicomedea, conjugi karissimae et pientissimae, castissimae conservatrici mibi pientissimae, fortunae praesenti, quae mibi nullam contumeliam née animi laesionem fecit, quae mecum vixit in matrimonio aunis XV III, diebus XX, sine alla laesura nec animi met offensioue; quae dum ego in peregre eram, subi ta morte die tertio mibi erepta est. Ideo hune titulum mibi et illi vivus posui et posterisque meis et sub ascia dedicavi.

« Adieu Amabilis, chérie de ton Gessius !

« Aux dieux Mânes et au repos éternel de Tertinius Gessius, « vétéran de la légion VIIIe Augusta, et de Tertinia Amabilis dite « Cyrille, Grecque née à Nicomedie, mon épouse chérie et « excellente, ma vertueuse et bonne conservatrice, ma fortune « présente, qui ne m'a jamais fait -aucun déshonneur ni aucune « peine, qui a vécu avec moi en mariage dix-huit ans et vingt « jours sans m'avoir causé jamais ni le moindre chagrin ni la « moindre offense. Pendant que j'étais en voyage, elle m'a été « enlevée de mort subite au bout de trois jours. C'est pourquoi « j'ai, de mon vivant, élevé ce tombeau avec cette épitaphe, pour « moi et elle et mes descendants, et l'ai dédié sous Xascia ».

Il est difficile de savoir quel était le surnom de Tertinius ; l'état incomplet de la première lettre, dont la- partie inférieure a disparu, ne permet pas de décider sûrement entre un C et un G. De plus, la présence certaine d'un I à la dernière syllabe repousse le cognomen Cessas. Il ne reste guère plus qu'à supposer le gentilice Gessius employé comme surnom.

Tertinia, qui porte le même gentilice que son mari, un surnom et un sobriquet serviles, était vraisemblablement son affranchie.

D'après ce qui a été expliqué de l'arrivée de la légion dans la Germanie au commencement du règne de Vespasien, l'épitaphe ne doit pas être antérieure à cette époque.

Épitaphe d'un soldat de la légion VIIIe Augusta.

Arcade LU. — Sarcophage « extrait des fondations de l'ancienne « église de VAISE » (De Boissieu); « en 1845 » (Comarmond). L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures pourvu, de chaque côté, d'un appendice en forme de queue d'aronde. Les sigles D M occupent ces appendices. — Hauteur 1 m., longueur 2 m. 40; hauteur de la partie encadrée o m. 80, longueur 1 m. 43. les appendices compris 2 m. 20.

ET MEMORIAE • AETERNE MVCCASENIE FORTVNATE • CONIVGI D RARISSIME ■ EX ■ GERM ■ SVP • SEPTIMIVS M SEXTIANVS • MIL • LEG • VIII • AVG • MEREN TISSIME • ET • SVB • ASCIA • DEDIC AVIT

Lettres d'assez mauvaise forme; l'M dans l'appendice du côté droit complètement disparue.

De Boissieu, p. 321. — Comarmond, Description, p. 299; Notice, p. 110. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 20. — Dissard, Catalogue, p. 102.

Diis Manibus et memoriae aeternae Muccaseniae Fortunatae, conjugi rarissimae, ex Ger mania Superiore ; Septimius Sextianus, miles legionis Vlll Augustae, merentissimae et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Muccasenia « Fortunata , originaire de la Germanie Supérieure ; Septimius « Sextianus, soldat de la légion VIIIe Augusta, a élevé ce tombeau « à son épouse, femme du plus rare mérite, et l'a dédié sous « X ascia ».

La circonstance que Septimius Sextianus était marié et, à ce qu'il semble, fixé à Lyon, donne lieu de penser, bien qu'il s'intitule simplement miles, qu'il était ancien soldat. C'est seulement à la libération ou au moins au terme légal du temps de service que le soldat légionnaire pouvait se marier et, si, comme cela était toléré sous Septime Sévère, il vivait avec une concubine, régulariser son union par un mariage légitime, au moyen duquel sa femme et les enfants qu'il avait d'elle acquéraient le droit de cité romaine. Tel paraît avoir été le cas de Septimius, dont la femme, originaire de la Germanie Supérieure, c'est-à-dire du pays où la légion tenait garnison, a fait, en devenant épouse légitime, de son nom barbare Muccasena le gentilice romain Muccasenia.

L'inscription est certainement postérieure à Septime Sévère. La gaucherie de la rédaction et de la gravure indiquerait même une époque encore moins ancienne.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n" 32. — Gaius Geminius Artillus, vctcranus leg(ionis) VIII Ang(ustae), m(issus) h(onesta) m(issione) ex cornuclario praesidis provinciae Litgdimensis.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Vétéran. — T. Vettius Deciminus (inscr. autrefois « en l'estable « de la MAISON ARCHIÉPISCOPALE à Lion faisant un pillier »; voy. de Boissieu, p. 324), vctcranus lcg(ionis) VIII, après avoir été immunis du consulaire , c'est-à-dire exempt de service par une faveur du général ancien consul commandant l'armée de la Germanie Supérieure. Le soldat qui jouissait de cette exemption entière ou partielle s'appelait immunis par opposition au soldat astreint à toutes les obligations du service ordinaire , mimera militiae : les gardes, les exercices, les corvées, et à cause de cela appelé m un if ex.

Vettius est mort à Lyon, marié depuis vingt-trois ans : Mercurialia Casata conjugi harissimo ciim quo vixil annis XXIII, dieb(us) XXV, et Decimina filia, vivae ponendum citraverunt et sitb ascia dedicaverunt.

Légion Xe Fretensis.

La légion Xe Fretensis est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée après la bataille d'Actium (Mommsen, (Monuni. Ancyv., p. 75). Elle était à la mort d'Auguste en Syrie et elle composait, avec la IIIe Gallica, la VIe Ferrata et la XIIe appelée plus tard Falminata, l'armée préposée à la garde des vastes pays qui s'étendent du littoral de la Méditerranée jusqu'à l'Euphrate (Tacite, Ann., VI, 5). Elle y avait son camp à Cyrrhus

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