‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 49 sur 70 · II · texte numérisé non relu

II

Employée, sous Néron, à la guerre contre les Parthes, elle accompagne, en 58, Corbulon à l'attaque de la ville d'Artaxata (XIII, 40, 41), dont la reddition entraîne la conquête d'une partie de l'Arménie. En 62, les troupes ayant été partagées entre Caesennius Paetus, gouverneur de la nouvelle province, et Corbulon, elle reste sous les ordres de celui-ci (XV, 6) affectée à la Syrie, et on l'y voit , cette même année, occupée à des fortifications sur l'Euphrate (XV, 9), d'où elle fournit un contingent de 1,000 hommes à l'armée de secours envoyée à Paetus, que les Parthes tiennent assiégé dans son camp (XV, 11). Après la conclusion de la paix par laquelle se terminent les préparatifs d'une seconde expédition, elle regagne, en 6), ses cantonnements de l'Euphrate (Josèphe, B.J., VII, 2). Dans la guerre que Vespasien est chargé par Néron, en 66, de diriger contre les Juifs, c'est Titus qui amène la légion à son père (B. J. III, 1). Elle est souvent citée par Josèphe, qui appelle ses soldats « les meilleurs

de tout l'empire ». Commandée alors par Trajan, le père du futur empereur, elle coopère, en 67, au siège de Jotapata (III, 16 à 2j), fait seule celui de Jaffa (111, 21), et, après quelque temps de repos à Caesarée (III, 28), participe à ceux de Tibériade, de Tarichée (III, 31 à 36) et de Gamala (IV, 2 à 6), et va hiverner à Scythopolis (IV, 4, 8); ensuite elle parcourt et soumet avec Trajan tout le pays au-delà du Jourdain (IV, 26). Puis, lorsqu'après le départ de Vespasien pour Rome, en 70, Titus recommence les opérations, elle vient à Jéricho prendre position devant Jérusalem, et établit son camp, à sept stades de la ville, sur le mont des Oliviers (V, 12). Elle est alors sous le commandement de Larcius Lepidus, et elle a encore la réputation d'être la plus vaillante des légions employées à cette guerre, ce qui ne l'empêche pas, à peine arrivée, d'être dispersée et presque battue deux jours de suite (V, 9, 10); elle n'est préservée d'une complète déroute que par la vaillance personnelle de Titus. Chargée de l'attaque des murs du côté nord, elle supporte sa part des incroyables travaux d'investissement, toujours incendiés par les Juifs (V, 30), toujours refaits par les Romains plus considérables et avec plus de peines encore (VI, 40). Après la prise de la ville, elle y est laissée en garnison (VII, 1, 2). Titus parti pour Rome, elle fait, avec Caecilius Bassus, gouverneur de la province, le siège de Machaero, en 71, et, l'année suivante, avec son successeur Lucius Flavius Silva, celui de Masada (VII, 8, 1), la dernière place au pouvoir des Juifs, puis encore avec Caesennius Paetus, gouverneur de la Syrie, une expédition dans la Comagène contre le roi Antiochus (VII, 28).

Sous l'empereur Trajan, elle contribue à l'expédition contre les Parthes (Gruter, 367, 6); mais ne cesse pas d'appartenir à la garnison de la Syrie et de résider en Judée.

Une inscription (Henzen, 5451) parle d'un de ses légats en même temps gouverneur de la province : Qiiintus Roscius Coclius Muraena Silius Decianus \Tibullus Pins Iulius Euryclus Herclanus

Pompeius Falco legatus Augusti pro praetore provinciae

[Indeae] et légion is X Frctensis. C'est peut-être faute de renseignements qu'elle n'apparaît dans aucune des nouvelles guerres faites aux Juifs sous Trajan et sous Hadrien. Comme légion d'Orient, elle doit avoir combattu pour Niger contre Septime Sévère.

Elle a eu, en l'honneur de Caracalla, le surnom d'Antoniniana, et. sous Victorin, des monnaies à son nom au symbole légionnaire du taureau.

En 272, presque toutes les troupes de l'Orient combattent pour Aurélien contre la reine Zénobie. On lit dans Zosime que celles de la Palestine, armées de massues de fer avec lesquelles elles fracassaient les cuirasses des cavaliers de la reine, contribuèrent particulièrement à la victoire remportée à Emèse. Depuis Hadrien, à la suite de la destruction de Jérusalem, la Judée portait le nom de Palestine.

Les Décimant Porteuses dont parle Ammien Marcellin (XVIII, 9) dans l'énumération qu il fait des légions appelées en 360 à la défense de la ville d'Amide sur le Tigre, sont vraisemblablement des soldats de la Xe Frctensis.

Au temps de la Notifia imperii (Boecking, Or., p. 79), elle est indiquée sitb disposiiione viri spectabilis àucis Palaestinae, avec son nom de legio décima Frctensis, en résidence à Aila, à la pointe du golfe oriental de la mer Rouge appelé, du nom de la ville, sinus Ailanites.

Voy. Grotefend, dans la Rcalencyclopaedia, IV, p. 889; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 517; III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

La Xe Fretensis est mentionnée sur un fragment, aujourd'hui perdu , au nom d'un tribun laticlave , c'est-à-dire appartenant à l'Ordre sénatorial soit comme fils de sénateur, soit par suite d'une faveur accordée par l'empereur.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Tribun. — Caius Pompeius Cassianus (inscr. au commencement du présent siècle. « dans le mur d'une cour de l'ancien couvent « des GÉNOVÉFAINS. quartier SAINT-IRÉNÉE, à gauche en « entrant par la grille » ; voy. de Boissieu, p. 326), iribunus laticlavim leg(ionis) X Frète n sis.

Lésion XIe dite ensuite Claudia.

La légion XIe est une des dix-huit légions de l'armée permanente organisée après la bataille d'Actium (Mommsen, Mon/tin. Ancyr., p. 75). En remontant au-delà de l'empire, on trouve une légion XIe parmi les légions de César; c'était une des deux qu'en 58 av. J.-C, au début de la guerre des Helvètes, il était allé lever en Italie et qui, jointes à trois autres tirées de leurs quartiers à Aquilée, furent obligées de s'ouvrir par de nombreux combats le passage des Alpes (Betl. Gall., I, 10). On la voit, en 57, battre, sur les bords de la Sambre, les Viromanduens (II, 2^), et, plus tard, dans l'hiver de 5.1 à 50, faire rapidement deux expéditions, l'une contre les Bituriges, chez qui elle était

en cantonnement (VIII, 6), l'autre contre les Bellovaques du roi Correus (VIII, 8) : « Elle ne comptait alors que huit ans sous les « enseignes , mais était composée d'une jeunesse choisie et de « grande espérance; comparée aux meilleures troupes, le temps « seul manquait à sa renommée ». Dans les événements de la guerre civile antérieurs au combat de Dyrrachium, elle est conduite en Macédoine par Cneus Domitius Calvinus (Bell, civ., III, 34).

Il est certain qu'elle fit ensuite partie de l'armée d'Octavien et qu'elle coopéra à la victoire d'Actium. Plusieurs inscriptions mentionnent de ses vétérans qualifiés soldats d'Actium, et nous en montrent notamment deux colonisés à Ateste, aujourd'hui Est, une des vingt-huit colonies qu'au témoignage de Suétone (Ang., 16) et de l'inscription du monument d'Ancyre Auguste distribua en Italie : M. Billienus, Rom., Actiacus, legione XI, praelio navali facto, in coloniam dcductus (Henzen, 6959); Ossa Salvio Sempronio, Rom., legionis XI, Actiaco (6671). Également, on apprend de Pline (III, 12) que deux colonies dans le Samnium avaient le nom de Bovianum, l'une distinguée par le surnom « d'ancienne », l'autre par celui de Undecimanorum, c'est-à-dire de vétérans de la légion XIe. A la mort d'Auguste, la légion était en Dalmatie (Tacite, Ami., IV, 5). Ensuite, une inscription (Henzen, 6926) rappelle un de ses primipiles gratifié des récompenses militaires successivement sous Auguste et sous Tibère, la première fois vraisemblablement dans la grande guerre de Pannonie des années 6 à 9 de J.-C, la seconde fois peut-être dans un soulèvement des peuples de la Dalmatie en l'an 21, où un Velleius, qu'on suppose pouvoir être l'historien , se distingue à la tête d'une légion au siège de Philippopolis. La légion XIe aurait donc participé à ces deux guerres.

Lorsque, sous Claude, en l'an 42, Furius Camillus Scribonianus, proconsul de la Dalmatie, se révolte sous le prétexte de rétablir la République, la XIe et la VIP, qui à elles deux composent l'armée de la province, se laissent entraîner à abjurer leur serment

à l'empereur (Suétone, 13; Dion Cassius, IX, 15), et s'apprêtent à marcher vers l'Italie ; mais au moment du départ il arrive, on ne sait comment , que les aigles plantées en terre ne peuVent être arrachées de la place où elles sont fichées. Effrayés de cette circonstance, qui leur apparaît comme un présage funeste, les soldats se repentent de leur défection et massacrent les officiers par qui ils y ont été poussés; Camille lui-même périt de la main d'un simple soldat (Tacite, Hist., II, 7s). Claude récompense les deux légions en donnant à chacune d'elles le surnom de Claudia Pia Fidelis (Dion Cassius, LV, 23); mais le gouverneur de la Dalmatie successeur de Camille, sans avoir égard au pardon accordé par l'empereur aux soldats qui se sont souillés du meurtre de leurs chefs, a la cruauté de les condamner à mort et de les faire exécuter publiquement (Suétone, Otho, 1). Il faut peut-être mettre au compte des faveurs de Claude la fondation à cette époque d'une colonie de vétérans de la XIe à Ptolémaïs (Eckhel, III, p. 424). La légion était encore en Dalmatie à la mort de Galba. Appelée en Italie par les événements de la guerre civile, elle y combat pour Othon, et, vaincue à Bédriac, est renvoyée par Vitellius dans ses quartiers de la Dalmatie (Hist. II, 1 1 et 67). Dans la seconde guerre, après la bataille de Crémone, elle vient, sous le commandement de son légat Annius Bassus , se joindre aux troupes flaviennes en marche sur Rome : « d'abord indécise, « bientôt prise de regrets à la vue de succès auxquels avait « manqué sa présence » (III, 50). « Poppaeus Silvanus avait », dit Tacite, « le titre de général ; l'âme des conseils était Annius. « Officier nonchalant, Silvanus consumait en paroles les jours de « l'action ; Annius le gouvernait et, paraissant ne lui prêter que « son aide, dirigeait avec prudence et activité toutes les opéra- « tions ». Il faut, en effet, qu'il ait rendu d'importants services, puisque l'année suivante il fut honoré des faisceaux consulaires. La guerre avec Civilis amène bientôt la légion sur le Rhin, mais semble s'être achevée sans le besoin de son assistance. Des tuiles

inscrites, trouvées en quantité aux environs de Dijon, à Mirebeau et à Bezouotte (Mowat, dans le Bulletin êpigraphique de la Gaule, III, pp. 221 et 301; IV, pp. 22 et 65), à la limite de la cité des Lingons et de la Lyonnaise, attestent toutefois son concours à une occupation temporaire de divers points du pays, à la suite de cette guerre, par des détachements tirés de cinq légions : VexilQationes) legionum I. VIII, XI, XH1I, XXI (Voy. Mommsen, dans X Hermès, XIX, p. 439). Mise en résidence dans la Germanie Supérieure, elle y établit ses cantonnements à Vindonissa, aujourd'hui Windisch. dans le canton de Berne. D'après une inscription contemporaine de Trajan (Orelli, 3049). au nom d'un de ses centurions qui eut ensuite ce même grade dans deux autres légions et fut gratifié des récompenses militaires ob bella Germanicum et Sarmaticum « par les précédents princes », elle prit peut-être part à quelqu'une des guerres qui eurent lieu sous Domitien en 84 et en 93 contre les Germains et les Sarmates et dont on n'a pas de connaissance précise.

Au temps de Dion Cassius (LV, 23), c'est-à-dire dans la première moitié du troisième siècle, on trouve la légion dans la Mésie Inférieure, et l'Itinéraire d'Antonin l'y place à Durostorum, aujourd'hui Silistrie, casernement occupé au temps de Ptolémée par la Irc Italica ; mais comme il est peu probable que la Mésie Inférieure n'ait eu qu'une seule légion, il se peut que la XIe y fût déjà alors dans un autre cantonnement. Elle doit être une de celles qui ont contribué à l'élévation de Septime Sévère; des monnaies de cet empereur ont été frappées à son nom. Peut-être est-elle cette légion envoyée, au dire de Spartien (Sev., 8), par Septime Sévère, « pour prendre possession de la Grèce et de « la Thrace avant que Niger ne 'pût s'en emparer, mais qui, « trouvant celui-ci déjà maître de Byzance, fut obligée de rester « en Mésie ». Elle a sans doute ensuite fait partie de l'armée qui a combattu contre Albin.

Elle figure sur les monnaies de Gallien avec les titres de Pia

« six fois » et de Fidelis « six fois », et au symbole légionnaire de Neptune.

Dans la Notifia imperiï (Boecking, Or., pp. 21, 23, 102, 103), elle apparaît avec le nom de Undecumani comme légion palatine, puis sub dispositione viri spectabilis ducis Moesiae Secundae comme legio ripariensis en trois préfectures, l'une à Durostorum : praefectura legionis Undecimae Claudine, Ditrostoro, les deux autres à Transmarisca ; puis encore, mais en Occident (pp. 26, 38), avec le nom de Undecimani comme légion comitatensis et comme influents intra Hispauias cum viro spectabili comité. Cette qualification de legio comitatensis se trouve déjà, antérieurement à la rédaction de la Notice, sur une inscription découverte à Troesmis ou un peu plus loin vers l'est, à Noviodunum, au nom d'un de ses soldats lectus in sacro comitatu (Renier. Iriser, de Troesmis, p. 41). L'épisème de son bouclier (p. 21) est une corde courant le long du bord et formant par ses bouts repliés parallèlement dans le champ une sorte de couronne centrale

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 225; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 891; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 534; III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

Elle n'est rappelée que par un fragment, déjà enregistré.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n° 56. — Anonyme, [tribunusQ) legionis] XI Claud(iae); [legionis] XIII Gemin(ae), [legionisi] III Scythic(ae)

Légion XIIIe Gemma.

La légion XIIIe Gemina est une des huit légions qui, d'après M. Mommsen (Monumentum Ancyranum, 2e éd.. p. 70), auraient été créées au début de la guerre de Pannonie de l'an 6 de J.-C, et elle aurait reçu, en commun avec la XIlIIe créée à la même époque, le surnom de Gemina, ce qui signifierait qu'elles étaient « deux légions sœurs ». On a vu, ci-dessus p. 244, les objections formulées par Ch. Robert contre cette création tardive de la légion et contre cette acception du mot Gemina. Peut-être Auguste n'aura-t-il pas voulu que les huit légions alors créées par lui fussent toutes uniquement formées de recrues nouvelles et en aura-t-il composé deux, la XIIIe et la XIIIIe, entièrement ou partiellement, de soldats tirés d'anciennes légions, De la sorte, le nom de Gemma aura pu être donné à ces deux légions de fusion, dans sa signification ordinaire.

La XIIIe Gemina était, à la mort d'Auguste, dans la Germanie Supérieure (Tacite, Ann., I, 37), dont elle composait, avec la 11e Augusta, la X11IP Gemina et la XVIe, la garnison, et, dans la sédition militaire qui éclate à la nouvelle de cette mort, elle est une des trois qui, sur les quatre, prêtent sans hésitation serment à Tibère. Ensuite, avec toute l'armée, elle fait les expéditions de Germanicus au-delà du Rhin : celle de l'an 1 5 contre les Cattes (I, 56), celle de la même année, où sont rendus les honneurs funèbres aux restes des soldats de Varus (I, 59), et dont le retour par mer (I, 63) s'effectue sans accident pour elle : puis.

l'année suivante, celle que signalent les victoires remportées au champ d'Idistavise (II, 16) et au marais des Angrivariens (II, 21) et qui finit si tragiquement par le naufrage de la flotte sur les côtes de la mer du Nord (II. 23). Néron, sur la fin de son règne, l'envoie en Orient pour l'expédition qu'il projette contre les Albanes des Portes Caspiennes, mais dès qu'elle apprend la révolte de Vindex elle s'arrête en Pannonie et elle s'y établit à Poetovium. aujourd'hui Pettau. Bientôt après, elle vient, sous la conduite de son légat Fabius Aquila et comptant parmi ses tribuns le père de l'historien Suétone (Oth.. 10). au soutien d'Othon contre Vitellius (Hist., II. 11; III. 15), et, à l'affaire du lieu dit les Castors, elle participe à la demi-victoire qui est le dernier succès des Othoniens (II, 24). Vaincue à Bédriac (II. 43), où elle est enfoncée par le choc de la Ve, elle est employée par ses vainqueurs, avant son renvoi à Pettau, à la construction de l'amphithéâtre de la ville de Crémone, « dont la populace ne lui « épargne, pendant ce travail, ni les railleries, ni les insultes » (III, 32); aussi est-ce avec joie et un double motif de haine contre Vitellius qu'au début de la seconde guerre elle revient en Italie pour appuyer Vespasien. Au combat de nuit devant Crémone, elle occupe l'extrémité de l'aile droite, et, à l'assaut, elle choisit d'elle-même la porte de Brescia (III, 21, 27); puis, sans doute, elle va de là, avec le reste de l'armée flavienne, faire le siège de Rome. La guerre terminée, elle retourne à ses quartiers de Pannonie. Sous Trajan, elle combat avec distinction dans la guerre contre les Daces et ensuite, préposée à la garde du pays conquis, elle est mise en garnison dans la Dacie Supérieure, peut-être d'abord à Apulum (Karlsbourg), où ont été retrouvés beaucoup de ses souvenirs, puis à Sarmizegetusa (Varhely), où l'indique l'Itinéraire d'Antonin. De nombreuses inscriptions témoignent que pendant son séjour dans la province elle a eu à guerroyer souvent contre les Daces et contre les Suèves et les Sarmates, mais sans qu'il soit possible de préciser les époques de ces guerres.

Septime Sévère ayant été, comme on sait, proclamé empereur par les armées du Danube, elle figure sur les médailles frappées par lui, la première année de son règne, aux noms des légions auxquelles il devait son élévation, et vraisemblablement elle est venue combattre pour lui sous les murs de Lyon.

Elle a eu, en l'honneur de Caracalla, de Sévère Alexandre et de Gordien le Pieux les surnoms à' Antoniniana, de Severiana et de Gordiana. Son nom est inscrit sur les monnaies de la Dacie du temps de Philippe l'Arabe, et sur celles de Gallien avec la mention : Pia « six fois » et Fidelis « six fois », et au symbole légionnaire du lion, symbole qu'on lui trouve aussi sur des monnaies de Victorin.

Lorsque, sous Aurélien, toute la partie transdanubienne de la Dacie est abandonnée aux Goths. la légion prend garnison à la rive droite du fleuve, dans la Dada Ripensis.

Elle y était encore au temps de la Noiitia imperii (Boecking, Or., 68, 109), une partie snb dispositione viri spectabilis ducis Daciae Ripensis sous le nom de legio tertia décima Gemina et répartie en cinq préfectures : à Aegeta, à Transdrobeta, à Burgus Novus, à Zerna et à Ratiaria; une autre partie en Egypte, sub dispositione viri spectabilis comitis rei militaris per Aegyptum legio tertia décima Gemina, à Babylona.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 234; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 892; Allmer, Inscriptions de Vienne, II, p. 11; III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

La XIIIe Gemina n'est rappelée que par une inscription déjà enregistrée.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n" 56. — Anonyme probablement tribun [legionis]

XI Claud(iae, ..... [legionis] XIII Gemin(ae) [legionis i]III

Scytbic(ae).

Léo ion XI II Ie Gemina.

La légion Xlllb Gemina est du nombre des huit légions qui, d'après M. Mommsen (Monumentum Ancyranum, p. 70), auraient été créées à l'occasion de la guerre de Pannonie de l'an 6 de J.-C, et elle aurait reçu, en commun avec la XIIIe créée à la même époque, le surnom de Gemina, ce qui voudrait dire qu'elles étaient « deux légions sœurs ». Cette explication est toutefois contestée par Ch. Robert, qui donne au mot Gemina (voy. ci-dessus p. 244), d'accord avec César (B. civ., III. 4) et Dion Cassius (LV. 23), le sens de légion formée par la fusion de deux en une seule. A la mort d'Auguste elle résidait dans la Germanie Supérieure, à Mayence (Tacite, Ann., I. 37).

Pendant la révolte qui. à la suite de cette mort, agite si fortement les légions de la Germanie Inférieure, celles de la province Supérieure étant demeurées paisibles, la XIVe est la seule, entre les quatre dont se compose alors l'armée du haut Rhin, qui mette

de l'hésitation à prêter serment à Tibère. Conduite, après cela, au-delà du fleuve, elle participe avec toute l'armée aux trois expéditions successives de Germanicus : celle contre les Cattes (Tacite, Ami., I, 56); celle qui. poussée contre les Bructères et les Chérusques jusqu'à la forêt de Teutberg, fait retrouver les restes des soldats de Varus (I, 60 à 62), et au retour de laquelle la légion, marchant le long du rivage, est atteinte et presque submergée par une marée furieuse (I, 70); enfin, celle qui, après avoir eu pour témoins de ses victoires le champ d'idistavise (II. 16) et la chaussée des marais Angrivariens (II, 19 à 22), est suivie du naufrage de toute la flotte dans la mer du Nord (II, 2), 24). Transportée en Bretagne pour la guerre de Claude et laissée avec trois autres légions : la II' Aiigusta, la IXe et la XXe, pour garder le pays (Josèphe, Bell. Jud., II. 28). elle s'acquiert, au temps de Néron, beaucoup de gloire, sous le commandement de Suetonius Paullinus, par une victoire des plus marquantes (Tacite, Ann., XIV, 34, 37). Cette victoire, remportée en 61 sur les peuples soulevés de la reine Boadicée, et qui lui valut, croit-on, les surnoms de Martia Victrix, est appelée par Tacite (XIV, 37) « une journée « glorieuse comparable aux anciennes victoires romaines », et c'est en souvenir de cet exploit que plus tard Petilius Cerialis. en la haranguant, nommait ses soldats « les conquérants de la « Bretagne » (V, 16). Elle y eut d'autant plus d'honneur qu'elle avait été obligée de combattre presque seule : « poignée de « braves contre une multitude sans nombre »; la XXe n'avait pu lui fournir que ses vexillaires; la IXe, battue et à moitié détruite peu de jours auparavant, avait eu assez à faire de se tenir abritée derrière ses retranchements ; la IIe, retenue par son préfet de camp malgré les ordres du général , n'était pas sortie de ses quartiers (XIV, 32, 34, 35, 37). Sur la fin du règne de Néron, elle quitte la Bretagne, une préférence flatteuse (Hist., II, 11) la désignant pour faire partie de l'expédition que cet empereur prépare contre les Albanes du Caucase, et déjà elle était parvenue en Italie quand

INSCRIPTIONS MILITAIRES i3Q

Galba, arrivant à l'empire, l'envoie en Dalmatie (II, 32). Bientôt la guerre civile la rappelle en Italie, où elle vient pour soutenir Othon , mais trop tard ; ses vexillaires seuls peuvent prendre part au combat de Bédriac (II, 66) et partagent la déroute de l'armée othonienne (II. 43), dont elle était considérée comme le meilleur soutien (III. 13). Promptement renvoyée en Bretagne par Vitellius, elle signale sa marche par des marques de sa turbulence. Il lui avait été enjoint de se détourner de Vienne; à peine est-elle parvenue au sommet des Alpes, elle se dispose à venir soulever les Viennois, et c'est à regret qu'elle se décide à reprendre sa route (II. 66). Déjà, en passant à Turin, elle avait failli transformer son bivouac en un champ de bataille ; puis, ses feux, mal éteints, avaient, après son départ, allumé un incendie par lequel la ville avait été consumée presque entière. Rappelée en Germanie après une courte station en Angleterre, elle assiste à la bataille où Civilis. établi dans l'ancien campement romain de Vetera, est défait par le général envoyé contre lui par Vespasien (V. 16). Elle cède sa place dans l'armée du Rhin Inférieur à la Xe Gemina, nouvellement arrivée d'Espagne, et va reprendre dans la Germanie Supérieure ses anciens quartiers de Mayence ; mais son nom inscrit sur des tuiles trouvées à Mirebeau. non loin de Dijon : VexU(lationes) legionum I. VllL XL XIIII, XXL fait voir qu'elle contribue à une occupation du pays des Lingons à la suite de la guerre (voy. ci-dessus p. 312). Au temps de Ptolémée, c'est-à-dire sous Antonin le Pieux, on la trouve dans la Pannonie Supérieure à Ad Flexum, près de Carnunte, aujourd'hui Petronell; il se peut qu'elle y ait été mise par Trajan après avoir été employée à une des guerres contre les Daces. bien qu'on n'ait aucun témoignage de son intervention dans ces guerres. Sous Commode, un de ses légats reçoit, pour une guerre qu'on ignore, peut-être celle qui. d'après Lampride (Connu., 13), aurait alors eu lieu en Dacie, les décorations militaires (Gruter. 1029, 1). Ayant, comme légion de Pannonie. proclamé Septime Sévère

empereur et étant sans doute venue combattre pour lui à Lyon contre Albin, elle est du nombre des légions aux noms desquelles ont été frappées des monnaies de cet empereur.

Elle a eu, en l'honneur de Sévère Alexandre et de Gordien le Pieux, les surnoms de Severiana et de Gordiana, et sur des monnaies de Gallien les titres de Pia « six fois » et de Fidelis « six « fois ». Des monnaies de ce même empereur ainsi que des monnaies de Victorin lui donnent pour symbole légionnaire un capricorne.

Au temps de la Notitia imperii (Boecking, Occ, p. 99, et Or., pp. 30, 31), on la trouve en partie en Occident sub dispositione virî spectabilis ducis Pannoniae primae et Norici ripensis sous le nom de legio quartadecima Gemina en deux préfectures, l'une à Carnuntum, l'autre à Arrabona, et une autre partie en Orient sous le nom de quartodecimani comme legio comitatensis sub dispositione viri illustris magisiri milittim per Thracias. Son bouclier a pour épisème (p. 30) un petit disque central entouré de deux cercles concentriques sur le plus grand desquels est perchée une aigle.

Voy. Borghesi. Œuvres, IV, p. 235; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, p . 893 ; Allmer, Inscriptions de Vienne, II, p. 22; III. p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de légion.

La légion XIVe Gemina n'est rappelée que par deux inscriptions déjà enregistrées.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n° 18. — Titus Flavius Secundus Philippianus. gouverneur de la Lyonnaise sous Septime Sévère ; précédemment légat de la légion : leg(atus) legg. I M(inerviae) et XIIII Geminae.

Ci-dessus n° 46. — Lucius Septimius Marcellinus, Pmnionius d(omo) Ulp(ia) Papir(ia) Petavione, centurio leg(ionis) I Adjutricis, item leg(ionis) XIIII Géminé, item leg(ionis) XXX U(lpiae) V(ictricis.) S(everianae) A(lexandrianae) .

Légion XV'Apollinaris .

La légion XVe Apollinaris est une des huit légions qui, d'après M. Mommsen (Moniim. Ancyr., 2e éd., p. 70), auraient été créées à l'occasion de la guerre de Pannonie de l'an 6 de J.-C. Elle était encore en Pannonie à la mort d'Auguste et elle composait, avec la VIIIe Augiisla et la IXe Hispana, l'armée préposée à la garde de la province. Elle y avait sa résidence à Carnuntum, aujourd'hui Petronell.

A l'avènement de Tibère, les trois légions, réunies dans un campement d'été sous le commandement du légat provincial Junius Blaesus, se mettent en révolte; la sédition, après avoir duré plusieurs semaines, est soudainement apaisée par une éclipse de lune (Tacite, Ami., I, 16, 28). Frappés de terreur par ce phénomène, les soldats de la VIIIe et de la XVe d'abord, ensuite ceux de la IXe, regagnent d'eux-mêmes leurs quartiers d'hiver (I, 30). Dans les premiers jours de l'insurrection, la XVe et la VIIIe, en querelle pour un centurion, avaient été sur le point d'en venir à un massacre (I, 23), Menée en Syrie, en l'an 63, sous le règne de Néron (XV, 25, 26), pour la guerre que Corbulon apprête contre les Parthes et qui n'a pas lieu, elle va, avant d'avoir eu le temps d'atteindre la Pannonie, faire avec Vespasien la guerre de Judée. Commandée par Titus (Hist., V, 1), elle surprend la

ville de Jotapata, fortifiée par Josèphe l'historien et rendue célèbre par son héroïque défense (Josèphe, Bell.,Jud., III, 2j). Ensuite, à Gamala, position réputée imprenable, trois de ses soldats parviennent à saper sans être aperçus le pied d'une tour, dont la chute soudaine livre passage à l'armée romaine (IV, 7). La campagne finie, après avoir hiverné à Césarée ou à Scythopolis (IV, 8), elle parcourt, conduite par Vespasien, la toparchie de Bethlepton (IV, 27) et concourt à la prise de nombreuses villes qui le rendent maître de tout le pays autour de la capitale.

En 70, alors que la direction de la guerre est laissée à Titus, elle vient, avant pour légat Tillius Frugi (V, 30), au siège de Jérusalem. Elle prend position au lieu appelé Scopos (V. 8), où elle a à jeter un chemin sur un ravin profond jusqu'au mur de la ville et à dresser une plate-forme. Les deux premières enceintes franchies, il lui faut construire une plate-forme nouvelle pour l'attaque de la muraille en face du tombeau du pontife Jean (V, 30), puis la reconstruire à la suite de l'incendie de tous les travaux des assiégeants. Un de ses centurions, Lépidius Proculus, obtient les décorations militaires (Orelli , 749). La ville enfin prise, elle escorte Titus à Alexandrie (Bell., JnJ., VII, 4), puis retourne en Pannonie. dans son ancienne résidence (VII, 16). Elle n'y fait pas un long séjour; la Cappadoce ayant été, vers ce même temps, élevée par Vespasien au rang de province consulaire, c'est elle et la XIIe Fulminata qui sont assignées à la garde de la contrée (Dion Cassius, LV, 24). Sous Hadrien, elle concourt à la guerre contre les Alains relatée par Ari'ien, et sans doute aussi, sous Marc Aurèle, à celle contre les Parthes (voy. Renier, Mélanges d'épigrapbie, p. 114), dans laquelle la Cappadoce a besoin de secours avant l'arrivée des forces amenées par Lucius Verus.

Une inscription découverte sur le mont Ararat (Henzen. dans le Bulletin de corresp. archèol. de Rome, 1870, p. 61), fait connaître que sous Commode elle envoie en Arménie, on ignore pour quels motifs, un détachement conduit par le légat provincial Caelius

Gilvinus. De même que les autres légions d'Orient, elle doit avoir embrassé le parti de Niger contre Septime Sévère, mais sous cet empereur elle peut avoir été employée dans la seconde guerre contre les Parthes; elle y aurait mérité les surnoms de Pia Fidclis qu'on lui trouve sur une inscription contemporaine de Septime Sévère et de Caracalla (Henzen, 6944), la seule qui les lui donne. Son nom manque sur les monnaies de Gallien. Sa garnison en Cappadoce était à Satala (Itin. d'Antonin).

Au temps de la Notifia imperii (Boecking, Or., pp. 9=., 96), on la trouve sitb disposition? viri spcctabilis ducis Armeniae sous son même nom et dans ses mêmes cantonnements : praefectura legiouis quintaedecimae ApolUnaris, Satala,

Voyez Borghesi, Œuvres, IV, p. 237; Grotefend, dans la Realencyclopaedia , IV, p. 804; Allmer, Inscriptions de Vienne, 11, p. 32; III, p. 5S4. avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

Elle n'est rappelée que par une inscription déjà enregistrée.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n° 2}. — Tiberius Antistius Marcianus, procurateur de la Lyonnaise sous Septime Sévère, et, au début de sa carrière. trib(nnus) leg(iouis) XV ApolUnaris.

Lésion XVIe Gallica.

La légion XVIe Gallica est une des huit légions qui, d'après M. Mommsen (Monum. Ancyr., 2e éd., p. 70), auraient été créées à l'occasion de la guerre de Pannonie de l'an 6 de J.-C. Elle était, à la mort d'Auguste, dans la Germanie Supérieure (Tacite, Ann., I, 37), en garnison à Mayence, et elle prête sans hésiter serment à Tibère. Prend-elle part ensuite aux expéditions conduites au-delà du Rhin par Germanicus? Il y a peu à en douter puisque les deux années y ont été employées, mais aucun fait qui lui soit particulier ne l'y signale.

Dans la guerre civile qui suit la mort de Néron, on la trouve dans la Germanie Inférieure (Hist., I, 55). On n'a pas de donnée précise sur le temps où elle y est venue. D'après le petit nombre des souvenirs qu'elle y a laissés, il est à présumer que c'était seulement depuis peu, non à la suite de la guerre de Bretagne, qui amena dans les garnisons de la Germanie d'importants changements, mais vraisemblablement plus tard, dans un mouvement qui la fit permuter avec la XXIe Rapax. Vitellius en emmène avec lui en Italie la majeure partie (I, 61). Cette élite combat pour lui à Bédriac, mais, battue à Crémone par les Flaviens, elle partage le sort des autres troupes vaincues et est envoyée dans rillyricum (II, 100; III, 22). Complétée par des levées faites en Gaule (II, 57), la partie restée sur le Rhin était à Novesium lorsqu'éclate le soulèvement des Bataves à l'instigation de Civilis (IV,' 26) et que s'agite le fantôme d'un empire des Gaules sous la protection des

Germains. Les soldats ne se bornent pas à méconnaître l'autorité de leurs commandants, ils en sont à un tel point de démoralisation qu'ils vont jusqu'à passer à l'ennemi (IV, 57), pire honte à laquelle, si ce n'est dans cette guerre, soit jamais descendue une armée romaine! Bientôt, repentants de leur crime, ils viennent se joindre, à Trêves, aux troupes envoyées par Vespasien sous la conduite de Cerialis (IV, 70, 72). Après la guerre, Vespasien dissout la légion et crée à sa place la XVI" Flavia, qu'il met en Orient et qui y est constamment restée.

Voyez Borghesi, Œuvres, IV, pp. 138 et 241; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, p. 896 ; Allmer, Inscriptions de tienne, III. p. 554.

La XVIe Gallica n'est rappelée que par une inscription étrangère au nom d'un Lyonnais.

Inscriptions étrangères.

Soldat. — Caius Julius (inscr. à Mayence, Brambach, 1198; Mommsen, dans ÏEpbemeris epigr., V, Observât, épigr., p. 227), C. /. Gal(eria), Lug(duni), Optatus, miles leg(ionis) XVI, du temps du séjour de la légion dans la Germanie Supérieure.

Légion XXe Vahria Victrix.

La légion XXe Vahria Vicirix est une des huit légions qui, d'après M. Mommsen (Mom/111. Ancyr., 2e éd., p. 70), auraient été créées à l'occasion de la guerre de Pannonie en l'an 6 de J.-C. D'après Ch. Robert (ci-dessus p. 244), elle existait vraisemblabledéjà plus tôt. Elle devait, paraît-il, ses noms de Valeria et de Victrix à une éclatante victoire qu'elle remporta, cette même année 6 de notre ère, en Illyrie (Velleius, II, 112). Valerius Messalinus, qui avait comme légat le commandement de flllyricum, s'étant trouvé tout à coup enveloppé sans autres forces auprès de lui que la moitié à peine de cette légion, parvint non seulement à se dégager, mais tua ou dispersa à l'ennemi plus de vingt mille hommes et reçut pour ce fait d'armes glorieux les ornements du triomphe. Une inscription découverte à Cologne (Henzen, 6825 et note), au nom d'un miles pequarius et qui paraît contemporaine d'Auguste, remonte peut-être à l'époque des expéditions de Drusus et de Tibère en Germanie, alors que les légions, établies dans des contrées encore ennemies ou mal pacifiées, étaient obligées d'avoir des troupeaux dans leurs camps. A la mort d'Auguste , la légion était dans la Germanie Inférieure (Tacite, Ami., I, 37), dont elle composait, avec la Irc Germanica, la Ve Alaudae et la XXL Rapax, la garnison, et elle y avait ses quartiers dans la ville des Ubiens. la future colonia Agrippina, aujourd'hui Cologne. Dans la mutinerie qui éclate à la nouvelle de cette mort, elle se montre la moins ardente (I, 31) et se laisse ramener, avec la Irc, du campement d'été , théâtre du

mouvement, au cantonnement d'hiver, où le feu de la sédition, rallumé par une fausse alarme, reprend, un instant, toute sa violence (I, 39). Le calme rétabli, elle fait partie des expéditions de Germanicus au-delà du Rhin : celle contre les Marses, signalée par l'anéantissement de la peuplade presque entière, la destruction du temple célèbre de Tanfana et une charge brillante par laquelle elle dégage l'arrière-garde coupée par l'ennemi (I, 51); celle contre les Cattes (I, s£>); celle où sont retrouvés et ensevelis avec les honneurs funèbres les restes des soldats de Varus , et que termine cette laborieuse retraite des Longs -Ponts dans laquelle les quatre légions du Rhin Inférieur, attaquées par Arminius, se voient au moment de subir un désastre pareil à celui dont il vient d'être tiré vengeance (I. 64); enfin la campagne que couronnent les victoires obtenues à Idistavise et dans le pays des Angrivariens. D'après la description qu'en a laissée Tacite, la disposition des lieux au champ d'Idistavise et aux Longs-Ponts n'est pas sans ressemblance avec celle de l'emplacement de la défaite de Varus (ci-dessus p. 287). C'est, ici comme là, un espace étranglé entre le Weser et des collines, du entre le fleuve et des forêts entourées elles-mêmes de marais profonds. A Idistavise, où le gros des barbares occupe la plaine, les Chérusques les hauteurs, « on vit une chose étrange : « les deux parties d'une même armée se croiser dans leur fuite ; « enfoncés par derrière et en flanc, ceux qui avaient pris position « en haut se sauver dans la plaine, ceux de la plaine courir vers

« la colline Parmi les dépouilles, on trouva des chaînes

« que les Germains, se croyant sûrs de la victoire, avaient appor- « tées pour les Romains ». Aux Longs-Ponts, la retraite est fermée de toutes parts et il y a combat corps à corps : « Égaux « par la bravoure, les Germains étaient inférieurs par la nature du « combat et par celle des armes (la plupart n'ayant que des bâtons « durcis au feu). Resserrés dans un espace trop étroit pour leur « nombre immense, ne pouvant ni porter en avant ni ramener

« leurs longues piques, ni s'élancer par bonds et déployer leur « agilité, ils étaient réduits à se défendre sur place, tandis que « le soldat romain, le bouclier pressé contre la poitrine, l'épée « ferme au poing, sillonnait de blessures leurs membres gigan- « tesques, leurs visages découverts, et se frayait un passage en « les abattant devant lui ».

A la suite de ce combat, Germanicus fit dresser sur l'endroit même un trophée avec cette inscription magnifique : « A Mars, à « Jupiter et à Auguste, l'armée romaine victorieuse entre le Rhin « et l'Elbe » (II, 22). C'est cette campagne, si glorieusement menée, qui a pour dénouement le naufrage de toute la flotte dans la mer du Nord (II, 23, 24), mais non de toute l'armée, quelques légions ayant été renvoyées par terre. Dispersés par la tempête, les vaisseaux furent les uns emportés, les autres jetés sur des îles éloignées, « où les soldats, ne trouvant aucune trace d'habitation « humaine, périrent de faim ou se soutinrent avec la chair des

« chevaux échoués ; la marée et un vent favorable ramenè-

« rent bon nombre de navires : délabrés, presque sans rameurs, « n'ayant pour voiles que des vêtements étendus, quelques-uns « traînés par les moins endommagés. Germanicus, dont la trirème « avait pris terre chez les Cauques, les fit réparer à la hâte et « les envoya visiter les îles. La plupart des naufragés furent ainsi « recueillis. Les Angrivariens, nouvellement soumis, en rachetèrent « beaucoup dans l'intérieur des terres et les rendirent ». Les légions de la Germanie Supérieure étant celles dont les cantonnements étaient les plus éloignés, doivent toutes avoir été du nombre des troupes embarquées pour le retour.

Au commencement du règne de Claude, en 42, la légion va en Bretagne, dont le gouvernement était alors confié à Suetonius Paullinus, et, en 61, dans la victoire sur la reine Boadicée, dont l'honneur revient à la XIVe, elle recueille quelques lauriers pour avoir fourni à celle-ci un détachement de son élite (Afin., XIV. 37). Après la mort de Néron, elle envoie en Italie, pour soutenir

Vitellius, un corps de vexittarii (Hist., III. 22), qui participent à la victoire de Bédriac, vont à Rome (II. 100), apparaissent dans la seconde guerre au siège de Crémone, prennent place, au combat de nuit devant cette ville, au centre, avec la Ve Alaudac et la XVe Primigenia, et sont battus, comme le reste de l'armée vitellienne, par les Flaviens (III, 22. 23), puis probablement envoyés dans l'Illyricum. Ensuite, à l'instigation de son légat Roscius Caelius, elle se décide, après quelque hésitation, à reconnaître Vespasien (I. 60). et passe alors sous le commandement de Julius Agricola. le beau-père de Tacite (Agr., 7). Ses quartiers en Bretagne étaient à Deva (Ptolémée, Itinéraire d'Antonin). aujourd'hui Chester, sur la Dée. Non loin de là a été retrouvé un monument remarquable de sa présence dans ces parages : un autel consacré par toute la légion Nymphis et Fontibiis, tandis que dans la partie méridionale de l'île, à Bath, ont été découvertes plusieurs épitaphes de ses soldats, peut-être parce qu'existait dans cette localité thermale un hôpital pour les malades des légions de la province. On rencontre de ses souvenirs sur le vallum d'Hadrien (Henzen, 5887), et elle fournit, pour travailler au vallum d'Antonin le Pieux, des détachements qui en construisent, d'après les souvenirs conservés, une longueur de 21,126 pas en plusieurs tronçons (C. I. Z... VII. p. 193).

Il n'est guère possible qu'aucune des légions de Bretagne soit restée étrangère à la guerre d'Albin ; la XXe a dû, entière ou partiellement, entrer dans la composition de l'armée considérable amenée par celui-ci dans la Gaule et battue à Lyon par Septime Sévère. Aussi n'a-t-elle pas de médailles de cet empereur.

Elle figure sur des médailles de Gallien avec la mention Pia « six fois » et Fidelis « six fois », et aussi sur des médailles de Victorin et de Carausius au symbole légionnaire du sanglier.

La Notifia imperii ne fait mention ni de la légion ni du casernement sur la Deva.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 246; Grotefend. dans la Realen-

cyclopaedia, IV. p. 897; Allmer, Inscriptions de Vienne, IL p. 46; III, p. SS4. avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

La légion XXe' Valeria Victvix n'est rappelée que par une inscription de Lyon, non entrée au Musée.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Ci-après, chapitre des inscriptions municipales, paragraphe intitulé : Questeurs, édiles, duujpivirs. — Sextus Vagirius Martianus. trib(unus) leg(ionis) XX V(aleriae) V(ictricis).

Légion XXIe Rapax.

La légion appelée XXL Rapax ne serait pas aussi ancienne que les dix-huit légions de l'armée permanente organisée en l'an 31 avant J.-C, ni même que les huit autres créées ensuite en l'an 6 de notre ère à l'occasion de la guerre de Pannonie. Elle n'aurait été formée qu'en l'an 9 de levées faites à la hâte à Rome après la destruction des trois légions de Varus : la XVIIe, la XVIIIe et la XVIIIL, et en même temps qu'aurait été constituée en légion romaine la XXIIe Dejotariana (Mommsen, Momunentitin Ancyranum, 2e édit., p. 70). On ignore l'origine de son surnom de Rapax.

A la mort d'Auguste, elle était dans la Germanie Inférieure (Tacite, Ami., I, 37). à Vetera, aujourd'hui Birten près Xanten, et ce n'est pas avec indécision qu'elle entre dans la révolte par laquelle, à la nouvelle de cette mort, fut si violemment agitée l'armée du Rhin Inférieur; elle et la Ve Alaudae s'y jettent avec rage, entraînant avec elles les deux autres légions (I, 31). Elles s'y montrent aussi les plus exigeantes et les plus obstinées (I, 4s), et, à la dernière extrémité seulement, alors que le reste des troupes est rentré dans le devoir, elles consentent à se soumettre en faisant elles-mêmes, d'une manière terrible, justice des plus séditieux (I, 48, 49). Dans la première des expéditions qui aussitôt après sont dirigées par Germanicus au-delà du Rhin (1, <^\), ainsi qu'à la rude retraite des Longs-Ponts dans la seconde (I, 64, 65), on voit la XXIe à l'aile gauche. A propos du retour par mer et du naufrage de la flotte, déjà a été présentée (ci-dessus p. 348) la remarque que les légions embarquées doivent avoir été celles de la province Supérieure, qui auraient eu à faire par terre de très longs trajets. Appartenant à la province Inférieure, la XXIe aura peut-être échappé à ce désastre.

Sous Claude, elle vient dans la Germanie Supérieure, plus ou moins de temps après la guerre de Bretagne et vraisemblablement par permutation avec la XVI0 Gattica, et s'y établit à Vindonissa (Hist.AV, 70), aujourd'hui Vindisch. Après la mort de Néron, elle prend parti pour Vitellius (I, ss). et, entrée entière dans l'armée que Caecina conduit en Italie, elle en constitue la force principale (I, 55). C'est elle qui, en traversant l'Helvétie, occasionne par sa soif de pillage ce sinistre épisode où une ville florissante est saccagée, et presque toute la population d'un canton exterminée (I, 67 à 70). A Bédriac, elle se laisse infliger un déshonneur que répare à peine sa victoire ; la I" Adjiitrix, qui n'avait jamais encore paru en bataille, l'attaque avec tant d'impétuosité qu'elle lui arrache, — à elle « légion illustre d'ancienne date », — son aigle. Outrée de cet affront, elle se précipite à son tour avec furie sur

l'Othonienne et lui ravit la plupart de ses enseignes (II, 43). Dans la seconde guerre, envoyée en avant avec la Irc Italica pour aller occuper Crémone (III, 15), elle rencontre la cavalerie flavienne qui leur fait essuyer à toutes deux une telle déroute qu'elles n'échappent à une complète destruction que grâce à la proximité de la ville (III, 18), et qu'à la bataille générale qui a lieu la nuit suivante, trop affaiblies pour entrer en rang, elles sont distribuées parmi les manipules des autres légions (III, 22). Un fait tragique, exemple mémorable des maux des discordes civiles, se rapporte particulièrement à elle. Un de ses soldats est tué par son fils, soldat de la VIIe Galbienne : « Le hasard de la mêlée offre le père « aux coups du jeune homme. Celui-ci le renverse demi-mort et « se met à le dépouiller. Il le reconnaît et en est reconnu. Alors, <s il l'embrasse expirant, et. d'une voix lamentable, supplie les « Mânes paternels de lui faire grâce et de ne pas l'abhorrer comme « un parricide ; puis il emporte le cadavre, creuse une fosse et « rend à son père les derniers devoirs. Les plus voisins s'en « aperçoivent, d'autres après eux, et, de proche en proche, c'est « dans toute l'armée un cri général de stupeur, de pitié et de « malédiction contre une guerre si cruelle » (III, 25). Après avoir été, comme les autres débris de l'armée vitellienne, conduite en Illyrie , la légion revient en Germanie pour la guerre contre Civilis (IV, 68); elle arrive la première de toutes celles qui sont dirigées de divers points vers le Rhin ; elle combat à Trêves, où, au moment que tout paraît désespéré pour l'armée romaine, sa vaillance transforme un imminent désastre en une victoire (IV, 78). Le calme rétabli, elle fournit, pour une occupation temporaire du pays des Lingons. un détachement mentionné par des tuiles trouvées, il y a peu d'années, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Dijon, à Mirebeau : Vexil(lationes) legiomtm I, VIII. XI, XIIII, XXI, (Mowat, dans le Bulletin èpigrapbiqite de la Gaule, III, pp. 221, }})[ IV, pp. 22, 65. Mommsen. dans l'Hermès, XIX, p. 437).

Le dernier souvenir qu'on ait d'elle est une inscription de Gruter (382, 6), au nom d'un Calpurnius Fabatus, très vraisemblablement le grand-père de la seconde femme de Pline le jeune, qui. vers l'an 104, mourut très avancé en âge et avait été dans sa jeunesse un de ses tribuns, ce qui permet de conclure qu'au temps de Domitien elle existait encore. Elle peut avoir péri sous cet empereur, soit dans une guerre des Sarmates, où. en 93, à ce qu'on croit. « une légion entière avec son légat fut taillée en « pièces » (Suétone, Dont., 6), soit dans quelqu'autre des guerres malheureuses de ce règne auxquelles fait allusion Tacite, s'écriant dans un passage de la Vie d'Agricola (41) : « Tant d'armées en « Dacie et en Mésie, en Germanie et en Pannonie, perdues par « la folie ou la lâcheté des généraux! ». Grotefend pense que la destruction de la XXIe ne serait peut-être arrivée que sous Marc Aurèle et pourrait être rapportée à la guerre des Marcomans dont parle Capitolin (M. Ant., 14), en rappelant « qu'une partie de « l'armée avait péri ».

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 247; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 898; Allmer, Inscriptions de Vienne, II, p. 55; III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

La légion XXIe est rappelée par une inscription de Lyon aujourd'hui perdue.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Vétéran. — Cornélius Victor (inscr. autrefois à FOURVIÈRE. dans la collection De Langes. Voy. De Boissieu. p. 327), vet(eranns) leg(ionis) XXI, mort à Lyon.

Légion XXIIe Dejotariana.

La légion XXIIe Dejotariana tirait son nom de celui du célèbre roi de Galatie Déjotarus. Ce prince, contemporain de Jules César, avait armé et discipliné à la manière romaine deux corps d'élite dont l'un apparaît plusieurs fois dans les événements dont ont été marquées les dernières années du dictateur et celles qui ont suivi sa mort. Dans la guerre contre Pharnace, ce dernier avait combattu sous les ordres de César, et, la guerre terminée, avait été rendu au roi (Bell. Alex., 34, 39, 68, 77); puis, plus tard, après la mort de César, il fit partie des troupes que Déjotarus fut obligé de fournir aux conjurés (Appien, Bell, civ., IV, 88); mais, après la défaite de ceux-ci à Philippes, le général qui le commandait s'empressa de déserter du camp de Brutus à celui des triumvirs (Dion Cassius, LXVII , 48) ; ainsi s'explique comment ce corps vint à être compris dans l'armée romaine, et ainsi également se justifie très bien ce que dit Dion Cassius (LV, 23) d'une légion : « reçue « et conservée par Auguste ». Ce dut être alors que fut donné à cette légion le numéro sous lequel on la trouve ensuite désignée. Telle est l'explication de Borghesi (Œuvres, IV, p. 251). Suivant Ch. Robert (les Légions d'Auguste), ce serait à l'époque où la Galatie fut réduite en province romaine, c'est-à-dire en l'an 25 avant J.-C, que la légion galate serait entrée dans l'armée permanente, alors organisée depuis cinq ans déjà par Auguste. M. Mommsen (Momimentum Ancyranum, 2e éd., p. 70) pense, au contraire, que cette incorporation n'a eu lieu que bien plus tard

et seulement après la défaite de Varus et la destruction des trois légions XVIIe.. XVIIIe et XVIIII0, en l'an 9 de notre ère, et même après la création, dans cette circonstance critique, de la XXIe Rapax, à laquelle elle paraît faire suite par son numéro. Dans tous les cas, au moment où elle fut reconnue comme légion romaine, ses soldats durent recevoir le droit de citoyens romains comme cela avait été accordé à ceux de la Ve Alaudae levée en Gaule par César et ensuite admise par lui au droit de cité romaine.

A la mort d'Auguste elle était en Egypte, à Alexandrie (Tacite. Ann., I, 37; Hist., V, 1). où elle avait pour compagne de garnison la IIIe Cyrenaica. Grotefend émet l'opinion que Claude, lorsqu'il eut besoin de créer, à cause de l'extension de l'empire par suite de la conquête de la Bretagne, deux légions nouvelles, aurait dédoublé la XVe Apollinaris et la XXIIe Dejotariana pour former la XVe et la XXIIe dites Primigeiiiae, et aurait complété les quatre au moyen de nouvelles levées.

Sous Néron , l'armée d'Egypte fournit des détachements à Corbulon pour la seconde guerre qu'il préparait contre les Parthes (Ami., XV, 24) et qui n'eut pas lieu; en 66, elle réprime un soulèvement des Juifs d'Alexandrie, et avec tant de violence qu'il y en eut de tués au moins cinquante mille (Josèphe, B. J., VII, 36). Sous le préfet d'Egypte Tibérius Alexander, elle proclame, la première, le \" juillet de 69, Vespasien empereur (Tacite, Hist., I, 7), et, en 70, elle envoie en Judée, sous la conduite de son commandant le préfet de camp Aeternius Fronto (B. J., VI, 24), un renfort à Titus pour le siège de Jérusalem, où , dans un combat contre une sortie furieuse des assiégés, « les soldats d'Alexandrie montrent une valeur admirée de toute « l'armée » (V, 19).

La légion était certainement en Egypte sous Domitien, au témoignage d'une inscription à son nom et de la quatrième année du règne de cet empereur, c'est-à-dire l'an 84. gravée sur le colosse de Memnon (C. I. L., III, 36). et même peut-être plus tard encore

d'après une autre inscription trouvée dans la haute Egypte, au Claudianus ;;w/zs(Letronne, Iuscr. gr. et lat. de l'Egypte, I, p. 426), du temps de Trajan. Ce sera sous le règne de ce prince que la légion aura cessé d'exister et aura été remplacée par la IIe Trajana. On suppose qu'elle fut envoyée en Cappadoce et que c'est elle qui, au commencement du règne de Marc Aurèle, témérairement conduite en Arménie contre les Parthes par le légat Severianus, fut entièrement exterminée à Elégie (Dion Cassius, LXX1, 2). M. Mommsen (l'Inscr. géographique de Coptos, dans le Bulletin des antiquités africaines, juillet 1884), place la fin de la légion beaucoup plus tôt, au règne de Domitien. et l'explique ainsi : « Domitien, alarmé par la tentative de révolte d'Antonius Satur- « ninus, défendit qu'il y eût plus d'une légion dans chaque « camp : geminari legionum castra prohibuit » (Suétone, Dom., 7). Cette mesure visait directement les castra d'Alexandrie, où étaient réunies deux légions ; la XXIIe Dejotariana aurait été alors supprimée. La dernière inscription qui la rappelle est celle de l'an 84, et, quant à la légion détruite à Elégie, ce ne peut être qu'une des deux qui résidaient en Cappadoce : la XIIe Fulminata ou la XVe Apollinaris. L'exemple des légions de Varus non rétablies après leur anéantissement n'a pas été une règle générale ; une légion détruite dans le sens de guerre ne cessait pas d'exister administrativement ; elle était reconstituée sans changement de nom ni de numéro, de telle sorte que sa destruction sur le champ de bataille ne causait pas un vide dans le tableau légionnaire (Voy. Revue épigraphique , II, p. 59).

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 251; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 899; Allmer, Inscriptions de Vienne, II, p. 6y, III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

Une légion XXIIe, qui est peut-être la Dejotariana, est rappelée par une inscription étrangère aux noms de deux soldats lyonnais.

INSCRIPTIONS MILITAIRES J'y']

Inscriptions étrangères.

Soldat. — Lucius Jlilius (Liste de Coptos; Mommsen, la Conscription, p. 5), L(ucii) f(ilius), Gal(eria), Lugdun(ensis).

Soldat. — Caius Valerius (même liste). C(aii) f(iliiis), Gal(eria), Litgrf(nnensis).

Il s'agit de soldats des légions de l'armée d'Egypte, au premier siècle : la IIIe Cyrenaica ou la XXIIe Dejotariana.

Légion XXIIe Primigenia.

La légion XXIIe Primigenia ne remonte pas au temps d'Auguste. Elle a été créée par Claude à la suite de son expédition de Bretagne en même temps que la XVe du même nom. Le choix de leurs numéros, qui ne se suivent pas, est remarquable et doit avoir sa raison d'être dans quelque circonstance relative à leur formation. Ni l'une ni l'autre n'aurait, d'après Grotefend, été créée entièrement à nouveau, mais toutes deux auraient été tirées d'autres légions des mêmes numéros : la XVe Apoilinaris et la XXIIe Dejotariana ; l'un comme l'autre des deux contingents fournis

aurait emporté avec lui l'aigle de la légion dont il était détaché, ce qui aurait valu à chacune de celles dont il venait former le noyau le nom de Primigenia, c'est-à-dire « aînée », par opposition aux deux légions dédoublées à chacune desquelles fut donnée une nouvelle aigle. Les quatre légions auraient été complétées au moyen de recrutements, mais aucune des deux qu'il s'agissait de créer et de placer tout de suite sur une frontière exposée n'aurait été uniquement composée de recrues. La XXIIe Primigenia fut mise dans la Germanie Supérieure, où depuis elle est à peu près constamment restée (Tacite, Hisi., I, 12, 18). Elle y résidait à Mayence (I. s s ; IV, 61).

Sous Galba, le Ier janvier de l'an 69. c'est d'elle et de la IIIe Macedoiiica, campée avec elle, que part le signal de la révolte (I, 55) qui amène la proclamation de Vitellius, alors commandant des troupes de la Germanie Inférieure (I, 57). Quatre centurions de la XXIIe avaient essayé de s'opposer à la sédition ; ils sont chargés de chaînes, et, bientôt après, mis à mort par ordre de l'empereur (I, 56, 59). Un détachement composé de l'élite de la légion est désigné pour aller en Italie sous la conduite de Caecina (1, 61), et doit avoir pris part aux divers incidents de la route à travers le pays des Helvètes (I, 67, 69) et de l'arrivée au-delà des monts (II, 21, 24), puis à la bataille de Bédriac. Cependant, son intervention dans cette partie de la campagne n'apparaît que par une épitaphe trouvée à Veleia, près de Plaisance, consacrée par les vexillaires des trois légions venues avec Caecina de la Germanie Supérieure : Vexillarii leg(ionum) tri uni, leg(ionis) MI Mac(eâouicae), leg(ioiiis) XXI Rap(aeis) , leg(ionis) XXII Pri(migcniae). A la bataille de nuit devant Crémone, la partie composée de ces vexillaires de la Primigenia est à l'aile gauche avec la Ire Italica et la XVIe Gallica, et a devant elle des forces ennemies la VIIIe Augusta et la XIIIe Gemina (III, 21), puis, à la suite de la défaite, est envoyée par les Flaviens dans l'Illyricum. où elle peut avoir été, avant la fin de l'année, employée avec les autres débris des

troupes vitelliennes et une légion amenée d'Orient à défendre la Mésie contre une invasion des Daces (III, 46). La portion restée sur le Rhin et promptement remise au complet au moyen de levées faites en Gaule (IV, 19, 26) ne jouit pas d'une longue inaction. Son légat Dillius Vocula a le périlleux honneur de se voir, à la demande de l'armée, associé par le général, le consulaire Hordeonius Flaccus, au commandement en chef (IV, 23). Venue sous sa conduite , avec des troupes détachées de chacune des légions, au secours de Vetera assiégée par Civilis, elle obtient chèrement une victoire (IV, 2}) qui eût pu tout terminer si le plan des généraux n'eût été de prolonger la guerre afin d'empêcher leurs armées d'aller renforcer en Italie bien plus la guerre civile et tous ses fléaux que le prince porté par elles à l'empire. De là chez les soldats une exaspération qui, d'excès en excès, en arrive bientôt aux plus grands crimes : Vespasien, d'abord reconnu, est ensuite renié, les images de Vitellius mort sont relevées, le vieil Hordeonius et bientôt Vocula assassinés, la garnison de Vetera abandonnée sans secours ; obéissance est jurée aux chefs de l'empire des Gaules et la légion envoyée en internement chez les Trévères (IV, 59). Mais à l'approche des forces considérables amenées par Cérialis, elle quitte Trêves pour se réfugier, avec la lrt' et la 1111e, chez les Médiomatriques, restés fidèles ; puis les trois légions viennent rejoindre l'armée romaine. Elles sont dirigées sur Mayence pour en faire lever le siège ; les Germains l'avaient levé d'eux-mêmes, et comme ils s'en allaient épars, ils sont surpris et battus (IV, 37). La XXIIe passe peut-être alors dans la Germanie Inférieure (Henzen, Suppl., pp. 203 et 2S4). Vespasien, au commencement de son règne, l'y aurait transférée et elle y serait restée jusque vers la fin du règne de Nerva, c'est-à-dire jusqu'en l'an 97, époque à laquelle, étant venue avec l'armée du Rhin Inférieur présenter à Trajan, au quartier général de l'armée de la province Supérieure qu'il commandait alors, c'est-à-dire à Mayence, les compliments sur son adoption, elle y aurait pris

3ÔO INSCRIPTIONS MILITAIRES

résidence (voy. Korresponden^blatt de Trêves, 1886, pp. 186, 187, d'après Mommsen, dans la même journal, 1884, p. 105) : Trajano a Nerva adoptato ad gratulationem exercitus missits in Germaniam Super iorem translatus est (Spartien, Hadr., 2, ). Les surnoms de Pia Fidelis peuvent lui avoir été donnés par l'empereur Domitien en récompense de sa fidélité lors du soulèvement d'Antonius Saturninus dans les années 88, 89 (Ibid, 1886, pp. 186, 187). On apprend de Spartien (Did. lu!., I) que, sous Marc Aurèle, elle a eu pour commandant Didius Julianus, qui devint ensuite empereur. Dans les premières années du règne d'Hadrien, un de ses centurions conduit en Bretagne, pour une guerre peu connue, un corps expéditionnaire de trois mille hommes fournis par elle, par la VIIe Gemina et par la VIIIe Augusia.

Elle est une de celles qui viennent à Lyon combattre contre Albin et aux noms desquelles ont été frappées des monnaies de Septime Sévère. Renvoyée dans ses quartiers à la suite de cette bataille, elle arrive très opportunément pour dégager Trêves, que les Germains, profitant de l'absence des troupes, étaient venus assiéger (Mommsen, dans la Korresp., 1886, p. 185) : In h(onorem) L. Septimii Severi PU Pertinacis Aug(usti) invicti imp(eratoris) et M. Anrelii Anton ini Caes(aris), legioni XXII Pr(imigeniae) P(iae) [F(ideli)] honoris virtntisq(ue) causa civitas Treverorum in obsidione ab ca defensa (inscr. trouvée à Mayence ; Ibid., p. 140). M. Zangemeister pense qu'il s'agit d'un siège, non de la ville de Trêves, mais du territoire desTrévères; il invoque la signification, non encore déviée à cette époque, du mot civitas, et il rappelle, en se référant à Tacite (Hist., IV, 37). qu'en l'an 69-70 les Trévères, assaillis par une armée composée d'un mélange confus de Cattes, d'Usipètes et de Mattiaques, fortifièrent les abords de leur territoire et purent, sous la protection de leurs retranchements, échanger avec les Germains de nombreux et rudes combats : Quin et loricam vallnmque per fines suos Trêve ri struxere magnisque invicem ctadilnis cuni Germanis certabant. « En 197, comme en

« 69 et 70, les Trévères auront mis leur territoire en état de « défense ; leurs retranchements auront été attaqués et ils s'y « seront eux-mêmes trouvés transformés en assiégés bloqués. « Dans cette extrémité, la légion XXIIe vint à leur secours et les « délivra ».

Une inscription de Mayence. dédiée par elle au Bonus Eventus pro sainte Ad . un. sdnetissimorum impp., peut se rapporter à Septime Sévère et Caracalla (voy.. pour le titre de sanctissimus donné à Septime Sévère, Wilmanns, 1260), ou moins vraisemblablement à Pupien et Balbin ou aux deux Philippes.

Elle a eu, en l'honneur de Caracalla et de Sévère Alexandre, les surnoms à'Antoniniana et A'AIexandriana. Elle figure sur les monnaies de Gallien avec les mentions Pia « six fois » et même aussi « sept fois », et Fidelis « six fois » et aussi « sept fuis », et avec son numéro écrit tantôt XXII, tantôt IIXX, traduction littérale en chiffres du duoetvicesima de Tacite. Son nom se trouve aussi sur des monnaies de Victorin et de Carausius au symbole légionnaire du capricorne.

Suivant les apparences, la légion avait cessé d'exister au temps de la Notifia imperii ; il ne se rencontre dans ce document aucun souvenir d'elle. Il est toutefois remarquable que non seulement la Notice, mais encore Ptolémée et l'Itinéraire d'Antonin gardent le silence à son égard. Dion Cassius ne la mentionne pas non plus, mais parce qu'il lui donne par erreur (LV, 23) le nom de XXe.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV, p. 252; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 899; Allmer, Inscriptions de Vienne, II. p. 68; III. p. 5^4. avec une liste des officiers et des soldats de la légion.

Les inscriptions relatives à la légion XXII" Primigenia nous montrent :

Un optio :

Quintinius Augustus (ci-après n° 64), optio; la légion dite Pia Fidelis.

Plusieurs vétérans :

G. Mansuetius Tertius (ci-dessus n" 37), vétéran congédié avec Xbonesta missio, bénéficiaire du procurateur ; la légion dite Pia Fidelis.

Caius Julius Placidinus (ci-après n° 65). vétéran congédié avec Ybonesta missio; la légion dite Pia Fidelis.

Augustius Augustalis (ci-après n° 66), vétéran congédié avec Ybonesta missio; la légion dite Pia Fidelis.

Verecundinius Verinus (ci-après n° 67), vétéran ; la légion dite Pia Fidelis.

Urogenius Nertes (ci-après n° 68), vétéran ; la légion dite Pia Fidelis.

Attonius Constans (inscr. perdue), vétéran congédié avec Ybonesta missio, puis rappelé sous les enseignes et tué à la guerre.

Albanius Potens (inscr. perdue), vétéran ; la légion simplement dite XXIIe Primigenia.

Calvonius Bellus (inscr. perdue), vétéran ; la légion simplement dite XXIIe.

Pervincius Placidus (ci-après n° 69), vétéran ; la légion simplement dite XXIIe.

Épitaphe d'un optio de la légion XXIIe Primigenia dite Pia Fidelis.

Arcade XV. — Cippe avec base et couronnement, extrait en janvier 1886 du puits de TRION. Sur la face supérieure de l'attique

se voient deux scellements de plomb servant autrefois à retenir fixé par deux forts tenons de fer un ornement qui couronnait le cippe. Une ascia en relief occupe, entre les sigles D M composant à elles seules la première ligne de l'inscription, le milieu du bandeau de la corniche. — Hauteur i m. 22; du dé o m. 70. largeur o m. 40.

D ascia M

ET • MEMORIAE • AE TERNAE • QVIrTINI AVG V ST I • O P T I O

5 7//S-LEG-XX1I-P PF-Iv

/ / / / I A • CLHEVVIA ////// INVCO ■ C© IVX ■ PIENTISSIMA FACIENDVM • C V ■o RAVIT ■ ET ■ SVB ■ AS

CIA • DEDICAVIT

L'N et le T de Q.VINTINI liés en un monogramme; l'N de CON1VX inscrite dans l'O.

Allmer, Revue èpi graphique, II, p. 201; Triou , p. 149. — Dissard, Catalogue, p. 103.

Dits Mauibus et memoriae aetemae Quintinii Augusti, optionis

legiouis XXII Primigeniae Piac Fidelis, lu ia Clhevvia, domo

Siuueo, coujux pieutissima faciendum euravit et sub aseia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Quintinius « Augustus, optio de la légion XXIb Priinigeuia Pia Fidelis;

« Ju ia Clhevvia du pays des Sinuques, son épouse dévouée,

« a élevé ce tombeau et l'a dédié sous Y ascia ».

La légion XXII1' Primigenia avait, comme il vient d'être dit, sa résidence à Mayence, dans la Germanie Supérieure. Quintinius Augustus y était optio, c'est-à-dire lieutenant d'un des centurions de la légion, grade de sous-officier qui ne f élevait pas au-dessus de la catégorie des principales, et devait son nom à ce fait qu'il était permis aux centurions de prendre à leur gré : optare, pour les suppléer, qui ils voulaient. Ce suppléant s'appelait précédemment accensitrS, et c'était le tribun légionnaire qui le donnait au centurion (Festus, p. 198).

La veuve, dont le surnom Clbevvia a une physionomie barbare, était du pays des Sinuques, que Pline (IV, 17) indique, sous le nom de Sunuques : Sunuci, parmi les peuples de la Gaule belgique. et qui, pour parler plus exactement, habitaient la Germanie Inférieure, entre la Meuse et la Roër. Tacite (Hist., IV, 66) les appelle Suniques : Siinici, et nous les montre jouant un rôle dans les troupes de Civilis et battant, au pont de la Meuse, les auxiliaires romains.

Épitaphe d'un vétéran de la légion XXIIe Primiarenia dite Pia Fidelis, libéré avec l'honesta missio.

Arcade VIII. — Cippe dont la base et le couronnement ont été abattus à fleur du dé; « découvert en 1825 vers l'église SAINT- « 1RÉNÉE » (De Boissieu); « en 1824, en creusant les fondations « de la nouvelle église de Saint-Irénée ; entré au Musée en 1845 >y

(Comarmond). Une ascia occupe, entre les sigles D M, le milieu de la première ligne de l'inscription. — Hauteur i m. 30, du dé o m. 80, largeur o m. 45.

D ascia M

C • IVL • PLACIDko

VET- LEGXXII-PPF-

MISSVS • HON • MISS

5 IVL • PRIMITIVS • ET

IVL • DIGNA ■ LIBER

ET • HEREDES • PO

NEND VM • C VRA/E

RVNT ■ PATRONO

■o OBTIMO ■ ET • PIEN sic

TISSIM • ET • SVB ASC

DEDICAVERVNT

Le second I et l'N de PLAC1DINO à la seconde ligne. l'R et le T de LIBERT à la sixième. l'A et le V de CVRAVE à la huitième, l'N et le T de DEDICAVERVNT à la dernière, liés en mono-

Cochard, dans les Archives historiques et statistiques du Rhône, 3, p. 456. — De Boissieu, p, 331. — Comarmond, Description, p. 369; Notice, p. 133. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 24. — Dissard, Catalogue, p. 102.

Diis Ma ni bu s, C. lu Ho Placidino, vcterano légion is XXII Primigeniae Piae Fidelis , misso honesta missione, Iulius Primitivus et Iulia Digna, liherti et heredes, ponendum curaverunt patrono obtimo et pienlissimo et sub ascia dedicavcrunt.

« Aux dieux Mânes ; à Caius Julius Placidinus, vétéran de la

« légion XXIIe Primigenia Pia Fidelis, libéré avec le congé hono- « rable ; Julius Primitivus et Julia Digna , ses affranchis et « héritiers , ont élevé ce tombeau à leur excellent et vénéré « patron, et l'ont dédié sous l'ascia ».

Caius Julius Placidinus, libéré avec Yhonesta missio, n'a sans doute pas été marié ; ce sont deux affranchis qui sont ses héritiers et lui élèvent un tombeau.

Une inscription aujourd'hui perdue faisait connaître un Julius Primitivus, décurion de Lyon. L'Ordre des décurions n'étant pas accessible aux affranchis, ce personnage ne peut pas avoir été l'affranchi nommé sur l'épitaphe de notre vétéran.

Missus pour misso, obtimo pour optimo, incorrections peut-être conformes à la prononciation.

Epitaphe d'un vétéran de la légion XXIIe Primigenia dite Pia Fidelis.

Pilastre entre les arcades LI et LU. — Cippe avec base et couronnement, trouvé aux fouilles de TRION, quartier SAINT- JUST, le 14 novembre 1885, sur le côté sud de la tranchée, à trente-cinq mètres environ au levant du pont de la montée de Loyasse. Un trou de scellement pour retenir fixé un ornement de métal occupe l'extrémité de chacune des deux volutes de la lysis qui décore le devant de l'attique du couronnement : Une ascia gravée en creux se voit entre les sigles D M tout près

de l'M, à la première ligne de l'inscription. — Hauteur i m, 70; du dé 1 m., largeur o m. 67.

D ascia M

ET • MEMORIAE • AETERN AVGVSTI • AVGVSTALIS HOMINIS • OPTIMI • VET 5 M-H-M-EX-LEG-XXII-P-P-F-

QVI-VIX-ANN-LXII-M-II-D-X- QVARTIONIA • CARANTl NA • CONIVGI ■ KARISSIMO ET • INCOMPARABL ■ CVM

'o QVO-VlX-Ar>N-XXV-M-V-D-III

SINE • VLLA • ANIMI • LAESIONE ET • AVGVSTIVS ■ AEVALIS • FlLI VS • PATRI • PlISSIMO • SIBIQVE DVLCISSIMO ■ HEREDES • PO

•5 NEND • CVRAVERVNT • ET • SIBI

VlVI • SVB • ASCIA • DEDICAVE R VNT

Notre copie prise avec l'assistance de M. Grisard, conducteur principal de la voirie; le B et l'I d'INCOMPARABIL à la neuvième ligne, les deux N de ANN à la dixième, liés en monogrammes.

Allmer, Revue épigrapbique, II. p. 167; Trion, p. 147. — Dissard, Catalogue, p. 102.

Diis Manibus et memoriae aetcrnae Augustii Augiistalis, boininis optiini, veterani missi bonesta missione ex legione XXII Primigenia Pia Fidèle, qui vixit auuis LXII, mensibus II, diebus X; QuarHonia

Carantina conjugi karissimo et incomparàbili, cmn quo vixit annis XXV, mensibus V, diebus III, sine ulla animi laesione, et Augustius

Aevalis, filins, patri piissinio sibique dulcissimo, heredes, ponendum curaverunt et sibi vivi snb ascia dedicaverunt.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d'Augustius « Augustalis, excellent homme, vétéran honorablement congédié « de la légion XXIIe Primigenia Pia Fidelis, mort à lage de « soixante-deux ans, deux mois et dix jours; Quartionia Carantina « à son époux très cher et incomparable avec lequel elle a vécu « vingt-cinq ans, cinq mois et trois jours, sans avoir jamais reçu « de lui aucun chagrin, et Augustius Aevalis, leur fils, à son « père excellent et très cher, tous deux ses héritiers, ont élevé « ce tombeau et, de leur vivant, pour eux mêmes, et l'ont « dédié sous Y ascia ».

Augustius Augustalis n'est pas un inconnu pour nous. Un fragment (De Boissieu, p. 484), aujourd'hui perdu, vu autrefois « en une mette du CLOISTRE de SAINCT-JEAN » (Paradin, p. 440), le mentionne en qualité de tuteur d'un jeune homme à qui il élève un tombeau.

Epitaphe faisant mention d'un vétéran de la légion XXIIe Primigenia dite Pia Fidelis.

Arcade XXXIV. — Cippe dont la base et le couronnement ont été retaillés et affleurés au dé ; autrefois dans la collection

Bellièvre, plus tard celle des Trinitaires, quartier SAINT-GEORGFS. entré au musée avant 1808. Une cavité demi-circulaire se voit au milieu de la face antérieure de la plinthe. La première ligne, gravée sur le couronnement, a disparu. — Hauteur 1 m. 1 s ; du dé o m. 75. largeur o m. so.

d III

ET QVIETI ■ AETERNAE

VERINIAE ■ INGENVAE

LIBERTAE ■ QJV O N D A M 5 ET ■ COn'vGI ■ CARISSIME

QVAE • VIXSIT ■ MECVM • ANn's

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