‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 51 sur 70 · C A VI T · texte numérisé non relu

C A VI T

L'V et l'M de PONENDVM, à la fin de la neuvième ligne, liés en un monogramme.

De Boissieu. p. 331. — Comarmond, Description, p. 94;

Notice, p. 51. — Monfalcon, A/#Sé% lapidaire, p. 5. — Dissard, Catalogue, p. 102.

Dzïs Manibus et memoriae aeternae Placidi Pervincii, veterani légion is XXII, et Tiburiae Abbulae ; Pervincia Placidina, filia, parentibus carissimis ponendum curavit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Placidus « Pervincius, vétéran de la légion XXIIe, et de Tiburia Abbula ; « Pervincia Placidina, leur fille, a élevé ce tombeau à ses parents « très chers et l'a dédié sous X ascia ».

Comme dans l'inscription précédente, la légion à laquelle a appartenu Placidus Pervincius n'est désignée que par son numéro. Cependant, il y a eu durant une période d'une quarantaine d'années deux légions portant le numéro XXII ; la XXIIe Primigenia créée, ainsi qu'il vient d'être dit, par l'empereur Claude dans les premières années de son règne après l'expédition de Bretagne, et la XXIIe Dejotariana incorporée dans l'armée romaine par Auguste et dissoute probablement par Domitien en l'an 89. 11 y a peu d'apparence que notre inscription puisse se rapporter à l'époque ancienne où cette dernière légion, qui est restée tout le temps de son existence attachée à la garde de l'Egypte, était la seule du numéro XXII ; beaucoup plus vraisemblablement elle concerne la XXIIe Primigenia, constamment demeurée sur le Rhin et devenue, après la suppression de la XXIIe Dejotariana, la seule légion XXIIe. C'est donc bien certainement dans la XXIIe Primigenia qu'a servi notre vétéran.

Ce vétéran ne s'appelait pas Placidius Pervincus comme son épitaphe semble le dire par suite d'un intervertissement du gentilice et du cognomen, imputable sans doute au rédacteur de l'inscription. Les noms de sa fille Pervincia Placidina font voir clairement qu'il s'appelait Pervincius Placidus. Son surnom avait passé sous forme diminutive à sa fille.

Les noms de sa femme Tiburia Abbitla sont également à remarquer. Ils rappellent à la fois celui de la ville de Tibur et, avec la légère correction é'Abbula en Albula , celui des fameuses eaux thermales qui ont valu à cette petite ville une si grande célébrité.

Inscriptions contenues dans les précédents paragraphes.

Ci-dessus n° 37. — Gains Mansuetius Tertius, vétéran de la légion XXIIe Primigenia, bénéficiaire du procurateur.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Vétéran, rappelé après Ybonesla missio et tué à la guerre. — Attonius Constans (iriser, autrefois, « devant la grande porte « de la grande église de l'ISLE BARBE, la plus près de la « Saône »; voy. de Boissieu, p. 332), vei(eranus) lcg(ionis) XXII P(rimigeniae P(iae) F(idelis), missus bonesta missione, castris inter ceteros conveteranos suos vcvocilus qui que bello interfectus obiit.

Vétéran, — Albanius Potens (Inscr. autrefois « en l'église « SAINCT JUST au pavé qui est devant la porte du chœur à

« main gauche»; voy. de Boissieu, p. 330), vet(cranus) leg(ionis) XXII Pri(migeniae);

Soldat. — Calvonius Bellus (Iriser, découverte en 1738, au faubourg de la GUILLOTIÈRE , puis portée à Paris ; voy. de Boissieu, p. 328) mil(cs) leg(ionis) XXII.

Légion XXXe Ulpia Victrix.

La formation de la légion XXXe Ulpia Vicbrix ne remonte pas au temps d'Auguste. Son nom Ulpia indique clairement qu'elle a été créée par Trajan. et son numéro., qui saute à XXX au lieu de faire suite à la série s'arrétant à cause des numéros doubles à XXII, marque non moins clairement le chiffre total auquel elle portait le nombre des légions. On ne sait rien ni du moment précis, ni du motif et des circonstances de sa création, qui toutefois semble devoir se rapporter de quelque manière à la fondation de la colonie Trajane, colonia Trajana, Kelln près Clèves et ainsi très voisine de Vetera, où était, dans la Germanie Inférieure, son cantonnement (Dion Cassius, LV, 24; Ptolémée; Itin. d'Antonin ; Amm, Marcellin, XVIII, 2 : sous le nom de Tiïcesima). On ne sait pas davantage en quelles occasions elle a mérité le surnom de Victvix et ses autres surnoms honorifiques de Pia et de Fidelis, qui se rencontrent pour la première fois sur une inscription de Vetera de l'an 22}, et on est en général dans une ignorance à peu près complète des faits qui la concernent , bien que les inscriptions qui la rappellent soient très abondantes.

Elle est une des légions qui ont laissé à Lyon le plus de souvenirs. Une inscription (Muratori, 1064, 3), au nom d'un de ses soldats récompensé par Trajan dans la guerre de Dacie, a été reconnue fausse. Comme légion du Rhin, elle a certainement participé, entière ou en partie, à la bataille de Lyon contre Albin et elle est du nombre de celles aux noms desquelles ont été frappées des monnaies de Septime Sévère.

Elle a eu en l'honneur de Sévère Alexandre les surnoms de Severiana Alexandriana.

Elle figure sur les monnaies de Gallien , de Victorin et de Carausius, au symbole légionnaire de Neptune sur celles du premier et du dernier de ces empereurs, et du capricorne sur celles de Victorin.

Une partie de la légion fut sans doute plus tard transférée en Orient et apparaît, sous Constance II, parmi les troupes dirigées sur Amide en Mésopotamie contre Sapor (Amm. Marcellin, XVIII, 9, sous le nom de Tricensimani). L'autre partie, restée en Occident, est indiquée dans la Notiiia imperii (Boecking, Occ, p. 36), parmi les troupes de la Gaule, au nombre des numeri cantonnés intra Gallias cuni vivo illustri magistro eqiiitnm Galliariuii : Truncensimani.

Voy. Borghesi, Œuvres, IV. p. 238; Grotefend, dans la Realencyclopaedia, IV, p. 901 ; Allmer. Inscriptions de Vienne, III, P- 554-

Les inscriptions relatives à la légion XXXe Ulpia Victrix nous montrent :

Un tribun :

Titus Marius Martialis (inscr. perdue), tribun légionnaire.

Un centurion :

Lucius Septimius Marcellinus (ci-dessus n° 4s), centurio leg. I

Adjutficis, item leg. XIIII Geminae, item leg. XXX V . V. S(everianae) A(lexandrianae).

Un porte-enseigne :

Titus Flavius Ulfus (ci-après n° 70), signifer ; la légion dite Severiana Alexandriana en l'honneur de Sévère Alexandre.

Des soldats et des vétérans :

Celerinius Fidelis (ci-dessus nc 39), soldat employé comme greffier, exactus, auprès du procurateur de la Lyonnaise.

Marcus Pompeius Quintus (ci-après n° 71), vétéran, ancien bénéficiaire du tribun de la légion.

Marcus Aemilius Venustus (ci-après n° 72), employé aux écritures, librarius ; la légion dite Pia Félix.

Liberalis (ci-après n° 73). vétéran, ancien librarius.

Lucius Vettius Firmus (ci-après n° 74), émérite.

Marcus Verinius Ursio (ci-après n° 75), vétéran congédié avec l'honesta missio.

L. Septimius Mucianus (ci-après n° 76), vétéran congédié avec l'honesta missio.

Quintinius Primanus (ci-après n° 80), vétéran ; la légion dite Alexandriana.

Marcus Aurelius Januarius (ci-après n° 77), vétéran.

Titus Flavius Vithannus (ci-après n° 78), vétéran.

Ulpius Verus (ci-après n° 78), vétéran.

Verecundinius Senilis (ci-après n° 79), vétéran.

Caius Annius Flavianus (inscr. non entrée au Musée), vétéran.

Publius Aulinius Antoninus (inscr. non entrée au Musée), vétéran.

Epitaphe faisant mention d'un porte-enseigne de la légion XXXe Ulpia Victrix, dite Severiana Alexandriana.

Arcade XXXI. — Cippe avec base et couronnement, « découvert « en 1854 au quartier SAINT-JEAN, dans la rue de l'ARCHE- « VECHÉ, en face de la grille » (Comarmond). Une ascia occupe le milieu du bandeau de la corniche. — Hauteur i m. 25; du dé o m. 77. largeur o m. 48.

ET • M EMOR AE

AETERNAE AVITIAE • REsfTVT 5 FEMINAE ■ SANCTIS

SIMAE ■ T • FL VLFVS SIG-LEG-XXX-V-V-S-A CONVGI • CARISSIM sic

QVAE • VIXIT • AW • XXV ■o ET • SIB • VIVVS • FECIT

ET • SVB • ASCIA • DEDIKA V I T

L'R et l'I de MEMORIAE à la deuxième ligne, le premier T

et l'I, le second T et l'E de RESTITVTE' à la quatrième, les deux N de ANN à la neuvième, le B et le second I de SIBI à la dixième, liés en monogrammes.

Comarmond, Notice, p. 1 48 . — Monfalcon, Supplément à Spon, Recherche, éd. 1857, p. 367; Musée lapidaire, p. 12. — Dissard, Catalogue, p. 103.

Dits Mauibus et memoriae aeteruae Avitiae Restitutae, feminae sanctissimae ; T. Flavius Ulfus, signifer légion i s XXX Ulpiae Victricis Severianae Alexandrianae, conjugi carissimae, quae vixit aunis XXV, et sibi vivus fecit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d'Avitia Restituta, « femme très vertueuse ; Titus Flavius Ulfus, porte-enseigne de la « légion XXXe Ulpia Yictrix Scveriana Alexandriana, a, de son « vivant, élevé ce tombeau à son épouse très chère, morte à l'âge « de vingt-cinq ans, et pour lui-même, et l'a dédié sous Xascia ».

Les noms de Severiana Alexandriana qu'avait la légion en l'honneur de Sévère Alexandre fixent au règne de cet empereur l'époque où Titus Flavius a servi.

11 avait été signifer, c'est-à-dire porteur d'une enseigne autre que l'aigle. Il y avait, sous la République et jusque dans le cours de l'empire, à la tête de chaque manipule, autrement dit deux centuries réunies, et. après la suppression des manipules vraisemblablement par Hadrien, à la tête de chaque centurie, une enseigne, signum, comme cela se pratiquait par conséquent à l'époque de notre inscription et encore à l'époque de Végèce, ainsi qu'il l'explique (II, 13) : . .... et singulis centuriis singula vexilla constituerunt. L'enseigne du premier des trois manipules de la première cohorte et, ensuite, de la première des soixante centuries, c'est-a-dire la centurie commandée par le primipile, était en même temps l'enseigne de la légion entière et se distinguait des autres

en ce qu'elle se terminait en haut par une aigle ; à cause de cela, celui qui la portait s'appelait, non pas signifer, mais aquilifer. Ces enseignes autres que l'aigle avaient à leur sommet divers emblèmes, par exemple une main, une couronne, une pointe de lance ou bien encore une traverse aux extrémités de laquelle pendaient deux banderolles de pourpre terminées par des feuilles de lierre en argent. A la hampe étaient fixés, en nombre variable, au-dessus les uns des autres, des disques, en argent sans doute, pourvus d'un bord saillant et d'un renflement au milieu, dans lesquels il est facile de reconnaître les décorations d'infanterie appelées pbalerae. D'après le témoignage de Zonare (VII, 21) que les décorations militaires étaient accordées aussi à d'entiers corps de troupes, le nombre des disques répondait au nombre de fois que le manipule ou la centurie avait obtenu une décoration. Il n'y avait pas de pbalerae à la hampe de l'aigle. Ne se voyait non plus ni à cette hampe, ni à celle des autres enseignes de la légion l'image de l'empereur. Une enseigne particulière était affectée à l'exhibition de cette image, dont le porteur s'appelait imaginifer et venait, dans la marche, à la suite de X aquilifer. Quant aux cohortes légionnaires, de même qu'elles n'avaient pas de commandants en propre, de même elles n'avaient pas d'enseignes; cette remarque, déjà faite depuis longtemps (Lipse, De Militia rouiaiia, IV, 5), vient d'être confirmée d'une manière décisive dans un récent travail de M. Domaszewski (dans les Mémoires de l'Université de Vienne, 1885, section d'archéologie et d'épigraphie) : les Enseignes dans l'armée romaine.

Les signiferi comptaient parmi les principales, intermédiaires, comme cela a été expliqué précédemment (ci-dessus pp. 207 et 215), entre les simples soldats et les centurions.

Le cognomen Ulfns de notre personnage paraît emprunté à l'idiome germanique et laisse aisément reconnaître le mot wolf latinisé. Flavius Ulfus était vraisemblablement de la partie de la Gaule qui avoisinait la Germanie.

Epitaphe d'un vétéran de la légion XXXe Ulpia Victrix, ancien bénéficiaire du tribun.

Arcade LIV. — Partie supérieure d'une table rectangulaire sans ornements; extraite en mars 1886 du puits de TRION, au quartier SA1NT-JUST. — Hauteur o m. 42, largeur o m. 40.

M • POMPEI • Qvk TI • VET • EX • B • F • TRIB • LEG • XXX ■ V • V ■ MAGNIA • FLO 5 RENTINA ■ VXSOR

ET • HERES • COr4vGI CARISSIMO ■ F • C et sub tfSCIAdedicavî t

L'1 et l'N de QyiN à la première ligne, l'N et le premier I de CON1VGI à la sixième, liés en monogrammes.

Allmer, Trion, p. 155. — Dissard, Catalogue, p. 104.

[Diis Manibus] M. Pompeii Quinfi, veterani ex beneficiario tribuni

legionis XXX Ulpiae Victricis; Magnia Florentina, uxsor et hères, coiijugi carissimo faciendum curavit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes de Marcus Pompeius Quintus, vétéran « ancien bénéficiaire du tribun de la légion XXXe Ulpia Victrix; « Magnia Florentina, son épouse et héritière, a élevé ce tombeau « à son mari très cher et l'a dédié sous Xascia ».

Pompeius Quintus, vétéran de la légion XXXe Ulpia Victrix et ancien bénéficiaire du tribun, s'était retiré à Lyon après sa libération et y est mort, paraît-il, sans enfants, puisque son épitaphe n'en mentionne pas et qu'il laisse sa succession à sa femme.

Epitaphe d'un librarius de la légion XXXe Ulpia dite Pia Fidelis.

Arcade XX. — Cippe avec base et couronnement, de provenance inconnue; autrefois « dans une des salles de l'Hôtel de Ville » (Millin), entré au Musée avant 1808. Un foculus circulaire à rebord saillant remplit presque entièrement la face supérieure. Un trou de scellement destiné à retenir un ornement de métal en étain ou en bronze à l'extrémité antérieure de chacune des deux volutes de la lysis se voit encore du côté gauche. Une petite ascia occupe, entre les sigles D M, le milieu du bandeau de la corniche. La dernière ligne de l'inscription est gravée sur la moulure qui

sépare le dé de la base. — Hauteur o m. 88: du dé o m. si, largeur o m. 40.

D "scia M

AEMILI VENVSTI • jvi I L LEGXXXVPFINTERFE CTI • AEML-I • GAIVS • T 5 VENVSTA ■ Fil • TZ • AEM

LIA • AFRODISIA • LI BERTA • MATER • ECR RVM • INFELICISSIAA P O I*£ N) V M CVRA/R

'o TE • SIB ■ VVI • FECER • ^E • SvB

A SCI A • D2DvV^R • ADI TVS • LIBER • EXCEPTVS EST

LIBRARIVS • EIVSD • LEG

L'M et l'I de MIL à la deuxième ligne, l'N et le T de INTER à la troisième, l'M et le premier I de AEMILI, l'E et le T de ET à la quatrième, l'L et le second I de FILI, l'E et le T de ET. l'M et l'I de AEMI à la cinquième, l'O et l'R de EOR à la septième, l'M et l'A de INFELICISSIMA à la huitième, la première N et l'E, la seconde N et le D de PONENDVM, l'A et le V, l'E et l'R de CVRAVER à la neuvième, l'E et le T de ET, le B et le second 1 de SIBI, les trois premières lettres de VIVI, l'E et le T de ET à la dixième, le premier D et l'E, le second D, l'I et le K, l'A, le V et l'E de DEDIKAVER à la onzième liés en monogrammes. A la quatrième ligne, un point superflu entre l'L et le dernier I de AEMILI.

Millin, Voyages, I, p. 460. — Artaud, Notice 1808, p. 25; 1816, p. 62 ; Musée lapidaire, arcade XLIIII. — De Boissieu,

p. 335. — Comarmond, Description, p. 254; Notice, p. 94. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 17. — Dissard, Catalogue, p. 103.

Dks Manibus Aemilii Venusti. miliiis legionis XXX Ulpiae Piae Fidelis, interfecii; Aemilii Gaius et Venusta, filii, et Aemilia Afrodisia, liber ta, mater eorum infelicissima, ponendum curaveruut et sibi vivi fecerunt et sub ascia dedicaveruut — Aditus liber exceptus est — Librarius ejusdem legionis.

« Aux dieux Mânes d'Aemilius Venustus, soldat de la légion « XXXe Ulpia Pia Fidelis, tué à la guerre ; ses enfants Gaius « Aemilius et Aemilia Venusta, et son affranchie Aemilia Afrodisia, « leur mère infortunée, ont, de leur vivant, élevé ce tombeau. « fait aussi pour eux-mêmes, et l'ont dédié sous Y ascia. — Le « chemin libre est réservé.

« Le défunt était librarius de la légion ».

Aemilius Venustus avait rempli dans sa légion les fonctions de librarius. On avait omis, dans la première rédaction de l'épitaphe. de consigner cette circonstance ; on a réparé cet oubli en ajoutant une ligne à la suite du texte déjà gravé. Les librarii appartenaient à la bureaucratie de la légion et étaient employés aux écritures. Ils faisaient partie de la nombreuse classe des principales, supérieurs aux simples soldats et inférieurs aux centurions.

11 est remarquable que la légion ne porte ici que son nom d'Ulpia sans le surnom habituel de Vïctrïx, qu'elle paraît avoir eu. sinon du temps même de Trajan, au moins à partir d'Hadrien (Henzen, 6049). L'absence de ce surnom n'est peut-être rien autre chose qu'une négligence du rédacteur ou du graveur.

Un détail curieux est celui qui constate le droit acquis au tombeau sur le chemin qui y donnait accès, et l'on voit par là que le monument n'était pas au bord d'un chemin public.

Aemilia Afrodisia était l'affranchie de notre soldat, mais non sa femme en mariage légitime, bien qu'ayant de lui des enfants.

Cela s'explique facilement par la circonstance qif Aemilius est mort avant sa libération, et que, tant qu'il était au service, il ne lui était pas permis de se marier.

Dans quelle guerre a été tué Aemilius? Il n'est pas possible de répondre à cette question. Mais l'esprit se reporte involontairement à la sanglante bataille donnée en 197 presque sous les murs de Lyon, et à laquelle la légion XXXe a assisté.

Les capricieuses ligatures dont fourmille le texte assignent à l'inscription une époque plutôt postérieure qu'antérieure à Septime Sévère.

L'épitaphe désigne ainsi les deux enfants d'Aemilius Venustus : Aemilii (duo) Gains et Venusta, c'est-à-dire le fils habituellement appelé par son prénom et la fille par son surnom. Remarquer que le surnom de celle-ci était le même que celui de son père.

Epitaphe d'un vétéran de la légion XXXe Ulpia Victrix, ancien librarius.

Don de M. Pinoncelli.

Arcade XXIV. — Fragment quadrangulaire retaillé et incomplet de tous côtés ; autrefois « dans le mur de la terrasse de la maison « Pinoncelli aux MASSUTS » (De Boissieu); « sur le chemin de

« Francheville, près le fort SAINT- IRENÉE » (Comarmond); entré au Musée avant 1816. — Hauteur o m. 35, largeur o m. 20.

kg . XXX-V-V-Llbr

STIP ■ XXV . .

tfrtW-XLIII-M..

diebus VII II ■ A/ 1 . .

L'E et l'R de LIBERAL à la première ligne, l'A et le V à la fin de la dernière, liés en monogrammes ; la première X du chiffre XXX à la seconde, très effacée mais encore apparente; l'N au commencement de la quatrième réduite à sa haste du côté droit. Le fragment a subi depuis sa découverte une détérioration qui a emporté plusieurs lettres ; ces lettres, aujourd'hui manquantes, sont restituées en capitales italiques.

Artaud, Notice, 181 6, p. 66; Musée lapidaire, arcade XLVI. — De Boissieu. p. 340. — Comarmond, Description, p. 292; Notice, p. 107. — Monfalcon , Musée lapidaire, p. 19. — Dissard, Catalogue, p. 104.

io Libérait, militi legionis XXX Ulpiae Victricis, librario

, stipendiorum XXV. . . ; qui vixit annis XLIU, mensibus

diebus VI III; Avi (ponendum curavit).

ta

« A ius Liberalis, soldat de la légion XXXe Ulp

« Victrix, librarius au service depuis vingt-cinq (?) ans.

« mort à l'âge de quarante-trois ans, .... mois et neuf jours ; « Avi a élevé ce tombeau ».

Les librarii étaient, ainsi qu'il vient d'être dit (ci-dessus p. 38s), des employés aux écritures de la légion.

Liberalis a servi pendant vingt-cinq ans. Mort à quarante-trois ans, il était entré au service à dix-huit ans.

Les lettres AVI. qui terminent le fragment, ne peuvent être que le commencement du nom de l'auteur du tombeau.

Epitaphe d'un émérite de la légion XXXe Ulpia Victrix.

Don de M. Marduel.

Arcade XVIII. — Cippe dont la base et le couronnement ont été retaillés; au commencement du siècle, « dans le jardin Marduel « à CHAMPVERT » (Millin); transporté au Musée avant 1816. — Hauteur 1 m. 10; du dé o m. 69, largeur o m. 4s.

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