CIVIS • TREVERI • VET • EX ? LEG-XXX- V- V- ALEXANDRIAN
VALERIA • VERA • CONIVGI KARISSIMO • P • C • ET
SVB ■ ASCIA • DEDICAVIT ET-SIBIVlVA-PONEND CVRA/IT
L'A et le V de CVRAVIT. à la dernière ligne, liés en un mono-
Allmer, Revue cpigrapbique, I, p. 295; Trion, p. 59. — Dissard, Catalogue, p. 104.
Diis Manibus, et memoriae aeternae Quintinii Primant, civis Treveri, veterani ex legionc XXX Ulpia Victrice Alexandriana ; Valeria Vcra conjugi karissimo ponendum curavit et sut aseia dedicavit, et sibi viva ponendum curavit.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Quintinius « Primanus, citoyen trévère, vétéran de la légion XXXe Ulpia « Victrix Alexandriana ; Valeria Vera a élevé ce tombeau à son « époux très cher et l'a dédié sous Yascia. Elle a, de son vivant, « élevé ce tombeau aussi pour elle-même ».
Le nom à' Alexandriana, donné à la légion en l'honneur de Sévère Alexandre, reporte au temps de cet empereur le tombeau consacré à la mémoire du vétéran Quintinius Primanus.
Il semble que l'épitaphe ait été rédigée en deux fois et que
la veuve ne se soit décidée que plus tard à la future réunion de ses cendres à celles de son mari.
Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.
Ci-dessus n" 39. — Celerinius Fidelis, civis Batavus, mi(les) leg(ionis) XXX, employé comme greffier auprès du procurateur de la Lyonnaise : exadus proc(itratoris) p(roviuciae L(iigdunensis).
Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.
Tribun. — T(itus) Marius Martialis (inscr. autrefois dans la maison de la Motte, au faubourg de la GUILLOTIÈRE, ensuite « portée dans le jardin d'Aisnay pour servir d'auge à tenir de « l'eau pour arroser »; voy. De Boissieu, p. 334). trib(units) le(gionis) XXX V(lpiae) V(iciricis).
Vétéran. — Rusticinius Erennus ou peut-être Perennis (inscr. encore existante où elle était déjà au seizième siècle, dans le mur d'une petite cour intérieure d'une maison voisine de l'église SAINT-JUST, rue des FARGES ; voy. De Boissieu , p. 337), ve(teramis) le(gionis) XXX Vid(rkh).
Vétéran. — Caius Annius Flavianus (inscr. encore existante à la place où elle a été vue. il y a plusieurs siècles. « à l'ISLE
« BARBE au Cloistre près de la porte du Refectoir » ; voy. De Boissieu, p. 338), vet(eramts) ex leg(ione) XXX. L'inscription occupe le milieu d'un bas-relief représentant les Saisons.
Vétéran. — Publius Aulinius Antoninus (inscr. aujourd'hui très détériorée et occupant encore la place où elle était du temps de Paradin, « servant de bachat ou auge et réceptacle de l'eau « d'une fonteine d'un village auprès de l'abbaïe de l'ISLE « BARBE », c'est-à-dire au village de SAINT-RAMBERT ; voy. De Boissieu, pp. 338 et 622), vet(eranus) leg(ionis) Ulpiae) Vic(tricis), et non pas XXXV ?VD\C(ae).
Nous venons de présenter l'historique de dix-neuf légions que rattachent à Lyon des souvenirs épigraphiques. Il en est une encore qui, bien que n'étant pas dans le même cas, a cependant ici sa place marquée d'une manière particulière, c'est la Ire Italica. Nous savons par Tacite, qu'elle a tenu momentanément garnison à Lyon.
Légton f" Italica.
La légion I" Italica n'existait encore ni du temps d'Auguste, ni du temps de Tibère. Dion Cassius (LV, 24) dit expressément qu'elle fut créée par Néron, et on apprend de Suétone (Ner., 19) les circonstances de sa création : « Néron préparait une expédition « contre les Albanes des Portes Caspiennes. Il avait, à cet effet, « levé en Italie une légion nouvelle, composée d'hommes ayant
« tous au moins la taille de six pieds. 11 appelait cette légion sa « phalange d'Alexandre le Grand ». Ainsi, elle se nommait Italica parce que, lors de sa formation en 66. elle avait été recrutée en Italie.
La révolte de Vindex ayant fait échouer le projet de la guerre dans le Caucase, la légion se trouvait à Lyon, sous le commandement de Manlius Valens , lorsque Fabius Valens, envoyé en Italie contre Galba par Vitellius que venaient de proclamer les troupes de Germanie, arrive dans cette ville (Tacite, Hist., I, 64). Dans la période de troubles qui avait amené la mort de Néron et l'élévation de Galba, Lyon s'était montré inébranlablement attaché à l'empereur légitime et avait échangé avec Vienne, fortement engagée dans le parti de la révolte, une série d'hostilités violentes. Vainqueur et parvenu au trône, Galba prit contre Lyon diverses mesures de sévérité (I, 51, 65), et sans doute c'est alors qu'y aura été mise en garnison la I" Italica, pour maintenir dans le devoir la plus importante ville des Gaules. Fabius la joint à ses troupes, qui comptaient déjà la Ve Alaudae entière (I, 61), les élites de la Ire Germanica, de la XVe Primigenia et de la XVIe Gallica (Jbid.), et les auxiliaires bataves de la XIVe rencontrés à Langres (I, 59, 64; II, 27), C'est à la tête de cette armée, forte au moins de quarante mille hommes « et animée de colère et de soif de butin », qu'en quittant Lyon, il arrache à Vienne, heureuse d'échapper à ce prix à une destruction complète, une rançon ruineuse. Puis, il continue, à travers la Narbonnaise, sa marche semée d'actes de rapine et de brigandage, « vendant aux cités et aux particuliers, effrayés « par ses menaces terribles, ses départs et ses séjours » (I, 65). La petite ville de Luc, un des chefs-lieux des Voconces, n'ayant pas été assez prompte à payer la somme exigée, est livrée aux flammes (I, 66). Au-delà des Alpes, la Ire Italica figure avec honneur au premier combat de Bédriac et prépare la victoire en forçant par son courage la cavalerie, en fuite devant les Othoniens, à faire face à l'ennemi (II, 41). La bataille gagnée et la
guerre finie par la mort volontaire d'Othon, elle accompagne sans doute Vitellius à Rome, d'où vient la tirer, au bout de peu de temps, la nouvelle guerre civile suscitée par la compétition de Vespasien. Envoyée en avant avec la XXIe Rapax (II, ioo) et à peine arrivée en vue de Crémone, elle se trouve engagée ainsi que sa compagne dans un combat d'éclaireurs, d'abord heureux, puis changé en déroute ; surprises par la cavalerie du chef flavien Antonius Primus et par un corps d'auxiliaires commandé par Vipstanus Messalla, elles n'évitent l'une et l'autre d'être taillées en pièces que par une prompte fuite, favorisée par la proximité de la ville (III, 14, 18). Dans la bataille générale qui a lieu la nuit même, les deux légions, réduites à des débris, sont réparties parmi les manipules des autres légions et, après la défaite des Vitelliens, envoyées avec elles dans les provinces de l'Illyricum (III, 35). Les Daces ayant, sur ces entrefaites, envahi la Mésie, une partie de ces légions est employée, sous le commandement de Fonteius Agrippa, à l'expulsion des barbares (III, 46). Peut-être la Ire Italica était-elle dans le voisinage de la Dalmatie, où ont été trouvés à Salones d'assez nombreux souvenirs, sinon de sa présence, au moins d'officiers et de soldats qui lui ont appartenu (C. /. L., III, 1906, 2008 à 2010, 2023, 2032). Sous Trajan, elle se distingue dans les guerres contre les Daces; un de ses soldats, Tiberius Claudius Vitalis (Orelli, 3454; Henzen, Suppl.. p. 348), successione promofus ex legione V Macédonien in I Italicam , mentit donis donari torqiiibus , armillis , pbaleris , corona navali, bello Dacico, c'est-à-dire obtient, entre autres décorations, celle d'une couronne navale pour avoir combattu sur la flotte du Danube. Egalement, un de ses tribuns, Mummius iribunus legionis I Italicae (Henzen, 5659), reçoit ab imp. Trajano Aug. Germanico, dans l'une des mêmes guerres, les doua militaria.
Au temps de Ptolémée, la légion était dans la Mésie Inférieure à Durostorum, aujourd'hui Silistria. A défaut de documents,
il est naturel de supposer que, lorsqu'éclata en 161 au commencement du règne de Marc Aurèle, la guerre des Parthes suscitée par l'imprudence de Sévérien et que pour réunir à la hâte une armée à opposer aux progrès de l'ennemi déjà maître d'une partie des provinces de l'Orient on fut obligé de dégarnir presque entièrement de troupes toute la rive du Danube (Renier. Mélanges d'êpigrapbie, p. 123), la I'c Italien, voisine des pays qui étaient le théâtre du mouvement, dut fournir au moins quelqu'important contingent à ces préparatifs de guerre. Une inscription (Henzen, 6748) au nom d'un Aulus Julius Pompilius Piso Laevillus Berenicianus qu'on sait avoir été contemporain de Marc Aurèle (cf. 6^97). praepositus legionibus I Italicae et III.... et auxiliorum et pourvu peu de temps après d'un gouvernement de province, se rattache peut-être à ces événements. Dans le cours du même règne, la légion vient, à ce qu'il semble, remplacer temporairement à Troesmis (Iglitza en Moldavie) la Ve Macédonien, envoyée dans quelque autre garnison de la province ; elle y était en 171 d'après un monument élevé par un de ses centurions, Caius Valerius Firmus, à un des gendres de l'empereur, l'année du second consulat de ce personnage (Renier, Inscr., de Troesmis, p. 9, à 11): Tiberio Claudio Pompeiano bis consuli. Elle est une de celles qui, après avoir proclamé empereur Septime Sévère, l'ont soutenu par leurs armes; elle apparaît au siège de Byzance et dans la guerre contre Albin sous le commandement d'un des plus célèbres généraux de ce temps, qu'elle avait déjà eu pour légat, Lucius Marius Maximus, l'auteur de cette histoire romaine si souvent citée par les rédacteurs de l'Histoire auguste (Henzen, 5502) : L. Mario, L. /., Ouir(ina), Maximo Perpétua Aureliano, eos . . . , duci exercitus Mysiaci apud B\\antium et apud Lugdunum, legato legionis I Italicae. C'est assurément au temps qu'elle était sous les murs de Byzance que doit être aussi rapportée l'épitaphe d'un de ses soldats, Valerius Suedius, miles legionis I Italicae provinciae Tbraciae (Voy. Borghesi, Œuvres V, p, 462).
Des médailles ont été frappées à son nom par Septime Sévère. On la trouve, à l'époque de Dion Cassius (LV, 24), revenue à Durostorum, et dans l'itinéraire d'Antonin fixée à Novae.
Elle a eu, en l'honneur de Sévère Alexandre, le surnom de Severiana, et elle figure sur les monnaies de Gallien avec les symboles légionnaires du bouclier, du taureau et du bœuf marin.
Elle apparaît dans la Notifia imperii (Bœcking, Or., 26, 28, 102). comme legio pseiidocomitatensis, répartie, sub dispositione viri spectabilis ducis Moesiae Secundae, en plusieurs préfectures : deux à Novae et une un peu plus bas sur le fleuve à Sexagintaprista. Son bouclier (p. 26) a pour épisème un petit disque central au milieu d'un disque plus grand que porte un pied partant du bord, lui-même décoré d'un double filet.
Voy. Grotefend dans la Rcalencyclopaedia, IV, p, 871; Allmer, Inscriptions de Vienne, I, p. 435; III, p. 554, avec une liste des officiers et des soldats, de la légion.
Légions incertaines.
Epitaphe d'un centurion, peut-être de la légion IIe Augusta.
Arcade LVII. — Grand sarcophage, légèrement ébréché en haut, trouvé en 1778 « dans le jardin du presbytère de SAINT
« IRÉNÉE » (Artaud); « au commencement de ce siècle, sous la « mairie de M. de Sathonay, et placé, à cette époque, sous les « portiques du Musée » (Comarmond). L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures accompagné, de chaque côté, d'un appendice en queue d'aronde. Deux petites ascia, gravées en creux, se voient, l'une au commencement, l'autre à la fin de la sixième ligne. — Hauteur i m., longueur 2 m. 10; hauteur de la partie encadrée o m. 78, longueur sans les appendices 1 m. 25, les appendices y compris 2 m.
MEMORIAE • AETERNAE • EXOMNI
PATERNIANI • QVONDAM ■ CENTVRI
ONIS • LEGIONARI IDEMc^.- MEMORI
AE • DVLCISSIMAE ■ QVONDAM • PA
TERNIAE • PATERNIANE • FILIAE • ElVS (AIPG BGNAn ascia TERTINIA VICTORINA ascia YTIAING BCNJ KAIPC CY^YXI MATER • INFELICISSIMA . MARITO YHAING GY^YxI