ET • PATERNIA • VICTORINA »° PATRI ET SORORI
PONENDVM • CVRAVIT ■ ~E ■ SVB ASCIA • DEDICAVER^T
L'E et le T de ET à lavant-dernière ligne, le dernier V et l'N de DEDICAVERVNT à la dernière liés en monogrammes; le point au commencement de la neuvième figuré par une bedera.
Artaud, Notice, 1808, p. 32; ,816. p. 57; Musée lapidaire. arcade XVIII. — De Boissieu, p. 309. — Comarmond, Description, p. 203; Notice, P. 89. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 16. — Dissard, Catalogue, p. 104.
Memoriae aeternae Exomnii Pater niani, quondam centurionis legioiiarii, idemque memoriae dulcissimae quondam Pater niae Paternianae, filiae ejus; Tertinia Victorina, mater infelicissima marito et filiae, et Paternia Victorina patri et sorori ponendum curavit, et sub ascia dedicaverunt.
Xcztpc Bsvayt, X°^lPe Eùi|/-j^£ ! — 'Xytatvs Bc'vay;, vyiauve EiKp.u%t!
« A la mémoire éternelle d'Exomnius Paternianus , de son « vivant centurion légionnaire, et à la mémoire très chère de « Paternia Paterniana, sa fille; Tertinia Victorina, mère infortunée. « a élevé ce tombeau à son mari et à sa fille, et Paternia Victorina « à son père et à sa sœur, et elles l'ont dédié sous Y ascia.
« Adieu Benagus, adieu! — Adieu Eupsychus, adieu! ».
Exomnius a été centurion légionnaire, le texte ne dit pas dans quelle légion, mais peut-être, ainsi qu'on le verra tout à l'heure, dans la légion IIe Augusta.
Il avait eu de son mariage avec Tertinia Victorina deux filles. A l'une, l'aînée sans doute, il avait donné son propre surnom, à l'autre le surnom de sa femme. Mais, ce qui est remarquable, il avait donné à l'une et à l'autre, au lieu de son nom, celui dont était dérivé son surnom ; elles s'appelaient de leur nom de famille, non pas Exomnia, mais Paternia.
Les acclamations par lesquelles se termine l'épitaphe s'adressent au défunt; sa veuve et sa fille lui disent l'éternel adieu par les deux formules en usage : x<xipe pour le salut du matin, îryiccm pour celui du soir. La langue française n'a de saluts correspondants que ceux de « bonjour » et de « bonsoir », qui ne sauraient être employés dans cette circonstance.
Les mots grecs qui accompagnent chacune des deux formules étaient vraisemblablement les noms de familiarité dont on appelait Exomnius dans son entourage intime. Le premier paraît être un mot hybride dans lequel on aurait remplacé le eu grec par le bene latin; Bhayoç doit signifier « un bon chef ». Le second, c'est-à-dire
Etyvyoi, signifie « valeureux ». Les deux convenaient au mieux à un centurion.
Une inscription de Lyon, aujourd'hui perdue, gravée comme celle-ci sur un grand et beau sarcophage (De Boissieu, p. 308), fait connaître que Tertinia Victorina, la veuve d'Exomnius, s'est remariée avec un Tertinius Severianus, centurion de la légion IIe Augusta et son parent, à ce qu'il semble. Elle est morte avant ce second mari ; car c'est lui et ses deux filles, l'une qu'elle avait eue d'Exomnius, l'autre née du second mariage, qui élèvent le tombeau, dans l'inscription duquel ils lui adressent aussi en deux acclamations grecques le dernier adieu : Xaàfjc Nkwkji ! TyixLvs Nt'xaut ! « Adieu, Victorieuse, adieu ! »; c'est la traduction grecque de son surnom latin Victorina.
On a vu dans le préambule consacré aux légions que la IIe Augusta n'a tenu garnison dans la Germanie Supérieure que d'Auguste aux premières années du règne de Claude, qui, en 43, l'envoya en Bretagne. Elle avait alors pour commandant Vespasien , le futur empereur. Après la guerre, elle fut mise en cantonnement fixe près de Douvres.
Exomnius, dont le tombeau ne paraît pas, à cause de la forme assez médiocre des lettres de l'épitaphe, pouvoir remonter à l'époque ancienne où la légion campait sur le Rhin, sera venu de Bretagne après sa libération du service, s'établir à Lyon.
Fragment faisant mention d'un speculator et d'un corniculaire.
Arcade XXXIII. — Grand bloc quadrangulaire sans ornements; contenant la moitié gauche d'une inscription dont l'autre moitié devait occuper la surface d'un bloc pareil placé à la droite de celui-ci ; découvert en 1855 à l'entrée de la cour de l'église SAINT-IRÉNÉE (Martin-Daussigny). — Hauteur 1 m. 56, largeur 1 m. 05. Hauteur des lettres de la première ligne o m. 10.
L • MARCI • SECVN
ET MARCIAEN
SPECVLAT • legionis ....
L • MARCIVS -M • F
5 CORNVCL-
LOCVM SIBI -PO
Lettres très grandes et remarquablement belles. L'N de SECVN, à la fin de la première ligne, réduite à sa haste gauche et à une petite partie de la branche diagonale.
Monfalcon dans Spon, 2e éd., p. 370. — Martin-Daussigny, n° 852 de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 105.
[Diis Manibus] L . Mardi Secund . . . et Mardi Aen ,
speculatorum legionis ; L. Mordus, Mard filins, ,
cornuclarius , locitm sibi po[sterisque constituit].
« Aux dieux Mânes de Lucius Marcius Secund et de
« Marcius Aen éclaireurs de la légion ; Lucius
« Marcius , fils de Marcus (Marcius), corniculaire
« a élevé pour lui et ses descendants ce tombeau ».
Il se peut qu'à la seconde ligne on doive plutôt lire Marciae ; mais il est difficile de comprendre comment un nom de femm pourrait se trouver intercalé entre les noms d'hommes de la première ligne et la désignation d'un emploi militaire à la troisième. Plus vraisemblablement il s'agit de deux speculatores. Lucius Marcius. fils de Marcus, était peut-être leur frère, remplissant dans la même légion l'emploi de corniculaire auprès d'un des officiers supérieurs, le légat ou le tribun ou bien encore le préfet, dit en premier lieu préfet de camp, ensuite préfet légionnaire. Il a élevé le tombeau pour lui-même et ses descendants : sibi po[sterisque], ou pour lui et ses frères: sibi po[suit et fratribus].
Il a été expliqué (ci-dessus p. 160) ce qu'il faut entendre par cornicularius. Quant aux speculatores, c'étaient des éclaireurs. Ils étaient en grand nombre dans la garde prétorienne, où ils formaient un corps à part, équipé d'une manière particulière et ayant ses officiers particuliers; mais il y en avait aussi dans les légions et, à ce qu'il paraît, au nombre de dix dans chacune, c'est-à-dire un par cohorte (Marquardt, Adm, rom., II, p. 530, 2e éd., p. 547).
Marcius et son frère ont sans doute été speculatores dans quelqu'une des légions qui envoyaient leurs vétérans à Lyon.
Les corniculaires, non plus que les speculatores, n'étaient pas officiers ; ils faisaient partie des principales.
A cause de sa belle facture l'inscription paraît ancienne.
Epitaphe faisant mention d'un evocatus.
Arcade LI. — Cippe dont la base a été retaillée et affleurée au dé, mais encore pourvu de son couronnement; « trouvé en 1775 « à SA1NT-JUST et placé alors derrière le mur du chœur de « l'église paroissiale » (De Boissieu); « au commencement de ce « siècle en faisant des déblaiements près de l'église de Saint-Just » (Comarmond); « près d'Ainay, dans la maison de M. Saunier, « manufacturier » (Artaud), et transporté au Musée avant 1808. Une ascia gravée en creux se voit au milieu de la lysis dont est surmonté le bandeau de la corniche. — Hauteur 1 m. 40; du dé 1 m. os, largeur o m. 98.
ascia
ATILIAE & VERVLAE SEX ■ ATILI ■ SABINI • FIL1AE DECVRIONIS ■ VOCONTIO 5 R V M
T • AVFILLENVS • PROBVS
E V O C AT V S CONIVGI-SANCTISSIMAE
Le point après ATILIAE, à la seconde ligne, figuré par une hedera.
Artaud. Notice, 1808, p. 37; 1816. p. 64; Musée lapidaire. arcade XLV. — De Boissieu, p. 167. — Comarmond, Description. p. 285; Notice, p. 105. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 20. — Dissard. Catalogue, p. 105.
D/ïs Manibus ; Atiliae Verulae , Sexti Atilii Sabini filiae , decurionis Vocontiorum ; T. Aufillenus Probus, cvocatus, conjugi sanctissimae .
« Aux dieux Mânes d'Atilia Verula, fille d'Atilius Sabinus, « décurion de la cité des Voconces ; Titus Aufillenus Probus. « évocat. à sa très vertueuse épouse ».
L'evocatus, sous l'empire, était le soldat qui, ayant obtenu la libération, était rappelé et rentrait dans la légion, ordinairement avec une augmentation de solde et avec l'immunité, c'est-à-dire l'exemption du service ordinaire (voy. Marquardt. Adm. roui.. II, p. 45; 2e éd., p. 544).
Remarquer la forme exceptionnelle du gentilice Aufillenus, non Aufillenius.
Epitaphe d'un vétéran.
Arcade XLIII. — Grand bloc quadrangulaire, retaillé en haut et à gauche dans toute sa hauteur; trouvé, lors de la construction du fort SAINT-IRÉNÉE, dans une des maisons démolies pour créer l'emplacement de cette forteresse, et alors, c'est-à-dire en 1841, transporté au Musée (Comarmond). Il avait été creusé sur
la face opposée aux lettres et servait d'auge. Il ne contient que la moitié d'une inscription dont l'autre moitié a dû occuper un bloc pareil juxtaposé à sa droite. Une ascia se voit à la première ligne à la droite du D qui occupe l'extrémité gauche et devait répondre à une autre ascia gravée à la gauche de la lettre M à l'extrémité opposée du texte. — Hauteur i m. 60, largeur o m. 73. Hauteur des lettres de la seconde ligne o m. 09.
T"^ ascia ascia 11t
.tfVREL • MAX