I O N I • SEME
rfVREL-BITVS-V et ejusd ■ legionis F • C • ET- s ■ a- ded
L'X de MAX, à la fin de la seconde ligne, réduite à la partie inférieure de sa branche gauche.
De Boissieu, p. 325. — Comarmond, Description, p. 357; Notice, p. 129. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 2}. — Dissard, Catalogue, p. 104.
L'état de ce fragment est tel qu'il ne permet que des restitutions très conjecturales.
Le commencement de la troisième ligne .... S MIL peut se lire veteranu\s mil(es) Si le groupe LEG de la même ligne et l'I qui suit ne sont pas à réunir comme étant le reste d'un seul mot, la
légion mentionnée serait peut-être la Ire Minervia, la plus fréquemment nommée et la seule dont le numéro ne commençât pas par un V ou une X parmi les quatre qui ont laissé à Lyon de nombreux souvenirs, c'est-à-dire après elle la VIIIe Aitgusia, la XXIIe Primigenia et la XXXe Ulpia Victvix.
La sigle COS de la quatrième ligne est sans doute l'abréviation de consularis, titre du général ancien consul qui commandait l'armée de la Germanie Inférieure. Cette abréviation devait être précédée d'un des mots immunis, beneficiarins ou cornicuiarius, désignant un soldat exempt du service par une faveur du général et choisi par lui pour être employé selon son gré, notamment comme ordonnance.
Le chiffre des années de service : stipendia, est peut-être complet, car il dépasse déjà de deux ans le temps réglementaire.
La province de Thrace était une province sans garnison légionnaire. Elle est vraisemblablement mentionnée comme pays d'origine du défunt; celui-ci était ex provinc(ia) Tbrac(ia) et désigné, en outre, par le nom de sa ville. On a vu dans les inscriptions légionnaires qui précèdent (nos 36 et 77), deux autres soldats originaires de cette même province.
Le vétéran qui a élevé un tombeau à son compagnon de milice s'appelait Aurelius comme lui. Son surnom Bilus paraît dérivé du nom d'une ville de la Thrace et s'écrivait régulièrement Bithus.
Une inscription de Rome (Wilmanns, 1 509) est l'épitaphe d'un Aurelius Bitus, thrace de nation, passé de la légion Ire Italica dans la garde prétorienne ; c'était, à ce qu'il semble, un compatriote. Rappelons , puisque l'occasion s'en présente , que la légion Irc Italica, créée par Néron vers la fin de son règne, fut mise temporairement à Lyon par Galba. Elle s'y trouvait encore au moment où Fabius Valens, l'un des généraux de Vitellius proclamé empereur par les légions de Germanie, la joignit à celles qui l'accompagnaient et l'emmena en Italie. A l'issue de la guerre
4l6 INSCRIPTIONS MILITAIRES
civile, elle fut envoyée en Mésie où, après avoir tenu garnison à Durostorum jusque sous Marc Aurèle, elle alla se fixer à Troesmis, dans le voisinage de la mer Noire. 11 ne serait donc pas impossible que la légion de notre fragment fût la Ire Italica, un moment établie à Lyon.
Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.
Tribun. — Fabius Saturninus (insc. autrefois « dans la cour du « logis du Bœuf-d'Or, à SAINT- IRENÉE », où. creusée dans sa face inscrite, « elle servait de réservoir pour l'eau d'un puits » ;
voy. De Boissieu, p. 312) : trib(itnns) mil(ititm) leg(ionis) II
Il s'agit d'une légion portant un des numéros lit ou Ilii.
Eclaireur. — Respectius Hilarianus (inscr. trouvée à FOURVIERE « en 169s dans un tas de pierres dans la vigne qu'avoit fait « miner M. Gas, chanoine de Fourvière », ms. De Ruolz-Dissard ; voy. De Boissieu, p. 64) : specul(ator) comm(entariensis) . Il dédie un autel à la Fortune, idibus februar(iis), Sabiniano et Seleuco cos, c'est-à-dire le 13 février de l'an 221.
Les comme ntarie n ses étaient des employés aux écritures. De même que les speculatores, ils comptaient parmi les principales.
Pourvoyeur. — Aurelius Secundinius Donatus (inscr. sur une tablette de bronze trouvée à SAINT-JUST, « es fondemens d'une « maison privée »; voy. De Boissieu, p. 40) : frumentar(ius)
c et comment(ariensis) . Il dédie un autel au dieu invictus,
c'est-à-dire à Mithras.
Les frumentarii furent, à partir peut-être du temps d'Hadrien, souvent employés comme porteurs de dépêches et en même temps comme policiers et espions; c'étaient des espèces de gendarmes. Ils faisaient partie des principales (Marquardt. Adm. roui., II, p. 477; r éd., p. 491).