‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 61 sur 70 · LA GARDE URBAINE · texte numérisé non relu

LA GARDE URBAINE

L'institution d'une préfecture de police et d'une garde urbaine de Rome remonte à Auguste , mais sous Tibère seulement la fonction de praefectus urbi devint permanente, et les cohortes urbaines placées sous le commandement de ce chef furent définitivement organisées.

Elles ont été d'abord, à ce qu'il paraît, au nombre de trois et adjointes aux neuf cohortes prétoriennes déjà existantes, de telle sorte qu'elles n'eurent pas de numérotage spécial ; elles prirent

les numéros, non pas de I à III, mais de X à XII. Ce nombre fut ensuite accru, peut-être sous Claude, époque à laquelle on voit une cohorte XVe et même une cohorte XVIe, ce qui permet de penser qu'il y avait alors sept cohortes urbaines. Vespasien les réduisit à quatre, dont une, la XIIIe Urbana, résidait, non pas à Rome, mais à Lyon, ainsi qu'une Ire Flavia Urbana du même empereur, dont on ne rencontre de souvenirs qu'à Lyon et à Carthage.

Après avoir été d'abord de 1000 hommes, les cohortes urbaines furent de 1 500 hommes, tous fantassins, sous le commandement chacune d'un tribun et toutes ensemble sous celui du préfet de Rome, personnage sénatorial du plus haut rang, non militaire et ne portant que l'habit civil (Mommsen, Droit public, II, p. 1020).

Elles étaient, de même que les cohortes prétoriennes, exclusivement composées de citoyens romains, primitivement italiens en majeure partie.

Elles venaient en rang hiérarchique après les cohortes prétoriennes et avant les légions. Comme dans les légions, la durée légale du temps de service y était de vingt ans, et la solde, comme aussi celle des légionnaires, probablement de 360 deniers par an.

Les cohortes urbaines avaient, à Rome, leur caserne au marché aux porcs.

Voir Marquardt, Administration romaine, II. pp. 465 et suiv., et 2e éd., pp. 481 et suiv.

Une inscription, trouvée il y a peu d'années à Vichy, dans le département de l'Allier, parle d'une cohorte XVIIe appelée, non pas Urbana, mais Luguduniensis, et résidant a Lyon ad Monetam, c'est-à-dire à l'Hôtel de la Monnaie, probablement établi dans les dépendances du palais impérial ou palais du gouvernement.

La garnison de Lyon.

Lyon a été pendant les deux premiers siècles de notre ère une sorte de capitale du nord de l'empire. Située au confluent de la Saône et du Rhône, position qui en faisait « la tête des Gaules », c'est-à-dire la clef des vastes pays qui de ce point s'étendaient jusqu'aux limites du monde romain, elle était devenue de bonne heure, en remplacement de Narbonne, par l'activité, la richesse et le développement de son commerce, la plus populeuse et la plus florissante ville qu'il y eût de ce côté-ci des Alpes, et elle a joué dans le Nord un rôle comparable à celui d'Alexandrie pour l'Orient. De grandes compagnies marchandes y tenaient leurs entrepôts, de grands ressorts administratifs y avaient leurs sièges, des fonds publics considérables y étaient concentrés, des monnaies d'or et d'argent s'y frappaient dans un atelier impérial. Une ville placée dans de telles conditions ne pouvait rester dépourvue de toute force armée. Il ne s'y trouvait cependant aucune légion ; mais, ce qui est très remarquable et montre bien quelle importance elle avait aux yeux du gouvernement , soucieux à la fois de pourvoir à sa sûreté et de ne pas abandonner ce soin à la discrétion des commandants des armées du Rhin , c'est qu'une des cohortes instituées pour la police de la capitale de l'empire y était, au premier siècle, établie à poste fixe.

On l'y trouve dès le temps d'Auguste sous le nom de cobors XVII Luguduniensis ad Monetam , c'est-à-dire casernée près de l'Hôtel de la Monnaie; puis au temps de Tibère, en l'an 21, sans indication de numéro, mais avec mention qu'elle y séjournait à

demeure (Tacite, Ann., III, 41) : excita cohorte quae Lit gd uni praesidium agitabat ; puis quarante-huit ans plus tard, en 69, avec le numéro XVIII (Tacite, Hist., I, 64) : Cohortem duodevicesimam Lugduni, solitis sibi bibernis, relinqui placuit, passage par lequel on voit de nouveau que Lyon était son cantonnement habituel ; plus encore au temps de Vespasien sous les noms de XIIIe Urbana et de Ire Flavia Urbana jusque vers la fin du deuxième siècle.

Il faut peut-être aussi considérer comme faisant jusqu'à un certain point partie de la garnison de Lyon les nombreux vétérans qu'y envoyaient les légions du Rhin, particulièrement celles du camp de Mayence dans la Germanie Supérieure, et surtout celles du camp de Vetera dans la province Inférieure.

Outre cela, il y avait peut-être un corps de vigiles, chargé, non seulement de l'extinction des incendies, mais en même temps de la police de nuit dans la ville.

La cohorte XV II Luguduniensis ad Monetam.

Epitaphe d'un soldat de la cohorte XVIIe Luguduniensis.

Don de M. Bertrand.

Au dépôt. — Moulage en plâtre d'une stèle trouvée dans le département de l'Allier, à VICHY, en 1867, dans les fondations

d'une maison en démolition. Elle est décorée, à sa partie supérieure, d'un couronnement en forme de coquille cannelée et, à sa partie inférieure, d'un bas-relief très fruste représentant, à ce qu'il semble, un personnage debout. L'inscription, placée entre le couronnement et le bas-relief, est renfermée dans un encadrement de moulures. La stèle est au musée de Vichy. — Hauteur 2 m., largeur o m. 62.

L FVFlO eqvesUe MlL • COH XVII LVGVDVNIENSlS AD MONETAM 5 D IANVÂRl

Page 1