‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 62 sur 70 · L IF P 1 1 1 1 R-P-IIII · texte numérisé non relu

L IF P 1 1 1 1 R-P-IIII

Lettres étroites; la première F de FVFIO à la première ligne en forme d'E; le T et l'R de EQ.VESTRE pour EOJ/ESTRI liés en un monogramme ; à la sixième ligne, une hedera entre deux points à la suite du premier chiffre 1 1 II ; des accents sur l'V et l'O de FVFIO, sur le troisième V de LVGVDVNIENSlS et sur le second A de IANVARL

Hirschfeld, Lyon à l'époque romaine, p. 27. — Allmer, Revue èpigrapbique , I, p. 95.

L. Fufio Equestri, militi cobortis XVlï Liigudimiensis ad Monetam, ceniuria Ianuarii. — Locus in fronte pedibus //II, rétro pedibns ////.

« A Lucius Fufius Equester, soldat de la cohorte XVIIe Lugit- « duniensis préposée à la garde de la Monnaie ; de la centurie « de Januarius. — Emplacement de quatre pieds de front et « de quatre pieds en arrière ».

Cette inscription est le seul document qui fasse mention d'une

cohorte XVIIe. Le numéro qu'elle porte interdit de la rattacher à un autre corps que celui des cohortes urbaines, dont la série connue allait, dès le temps de Néron (Marquardt, Adm. rom., tome II, revu par MM. Dessau et Domaszewski, 1884, p. 482, notes 3 et 4), jusqu'à XVI. Son nom Luguditniensis ad Monetam indique expressément qu'elle résidait à Lyon et qu'elle y était gardienne de l'Hôtel de la Monnaie. Les accents que présente le texte, ses formes archaïques, ne permettent pas de faire descendre son âge au-dessous du premier siècle. Mais, suivant toute vraisemblance, la cohorte qu'elle mentionne remonte au temps même d'Auguste. Auguste, ayant en l'an 16 ou au plus tard en l'an 12 av. J.-C. établi à Lyon un atelier impérial de monnayage d'argent et d'or, aura créé, pour veiller à la sûreté de cet atelier une cohorte, qui aura alors reçu le nom de « cohorte lyonnaise « gardienne de la Monnaie ». Ensuite, lorsque sous Néron si ce n'est déjà avant, les cohortes urbaines eurent atteint en addition aux cohortes prétoriennes le nombre XVI, elle aura ajouté à son premier nom de cobors Luguduniensis ad Monetam le numéro XVII, devenu bientôt après cela le XVIIIe, nous ne savons dire pour quelle cause. Dans tous les cas, elle avait ce numéro XVIII au début de la guerre entre Othon et Vitellius. Sans doute, dans cette guerre et dans celle qui suivit de près entre Vitellius et Vespasien, elle aura, comme les Lyonnais, montré un trop vif attachement pour l'empereur des légions du Rhin, et, devenue suspecte à Vespasien , été alors dissoute et remplacée par une autre cohorte, la XIIIe Urbana appelée aussi Ire Flavia Urbana, dont les souvenirs laissés à Lyon sont nombreux, mais qu'on n'aperçoit nulle part ni antérieurement aux Flaviens ni postérieurement à la fin du deuxième siècle. Celle-ci également n'aura pu autrement faire que de combattre pour Albin contre Septime Sévère et aura été, après la bataille, licenciée par le vainqueur. Peut-être à partir de ce temps n'y eut-il plus de garnison à Lyon, où se trouvaient d'ailleurs de nombreux soldats libérés des

légions des deux Germanies. L'atelier monétaire ne cessa pas de travailler pour cela; on trouve des traces non interrompues de son activité jusque vers les Gordiens.

Suivant Dion Cassius (46, 50), la forme Lugudunensis n'était plus en usage à son époque, c'est-à-dire à l'époque de Sévère Alexandre, et elle avait fait place à celle de Lugdunensis; c'est en effet la forme Lugudunum qu'on rencontre sur les monuments les plus anciens. Quant à l'orthographe Luguduniensis avec i superflu, c'est simplement une faute, mais qui se retrouve en quantité de cas analogues, tels que par exemple, Vcvonienses, AriminiensU, Neriomagienses, et peut-être aussi Mediolanium et Mediolanienses , etc.

La circonstance que Fufius Equester est mort à Vichy autorise à penser que cette localité, renommée par ses eaux minérales et peut-être située sur le territoire des Segusiaves, était probablement une station de convalescence pour les soldats de la garnison de Lyon.

Epitaphe faisant mention d'un émérite et d'un porte-enseigne de la cohorte XIII0 Urbana.

Arcade VI. — Cippe encore pourvu de sa base, mais dont le couronnement a été retaillé par devant et affleuré au dé ; autrefois à SAINT-1RÉNÉE, « soubs le benestier en l'église Sainct Yrigny » (Paradin) ; « au commencement du présent siècle, employé comme

« support à l'autel de la Vierge » dans la même église (Artaud) ; entré au Musée avant 1 8 1 6. — Hauteur o m. 95 ; du dé o m. 60, largeur o m. 48.

SEX COSSVTIO SEX FIL QVIRIN PRIMO ■ EMERITO

5 EX COH XIII VRB

T SILIVS HOSPES SIGNIFER COH • EIVSD AMICO PO SVIT

Bellièvre, Lugdunum priscum, 86 et 116. — Symeoni, Inscr., p. 72. — Paradin, p. 433. — Ménestrier, Hist. cous., p. 95. — Millin, Voyages, I, p. 482. — Artaud, Notice 1816, p. 8; Musée lapidaire, arcade V. — De Boissieu , p. 360. — Comarmond, Description, p. 41; Notice, p. 14. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 3. — Dissard, Catalogue, p. 106.

Dits Manïbus, Sex Cossutio, Sexti filio, Qiiirina, Primo, emerito ex cohorte XIII Urbaua; T. SU lus Hospcs, signifer cobortis ejusdem, amico posuit.

« Aux dieux Mânes, à Sextus Cossutius Primus, fils de Sextus « (Cossutius) ; de la tribu Qiiirina, émérite de la cohorte XIIIe « Urbaua; Titus Silius Hospes, porte-enseigne de la même « cohorte, a élevé ce tombeau à son ami ».

Cossutius, inscrit dans la tribu Ouirina, était peut-être Italien, mais certainement n'était pas Lyonnais; la tribu de Lyon était la tribu Galeria.

Il a été expliqué (ci-dessus n° 74) que Témérité était le soldat

parvenu nu terme du temps de service et volontairement réengagé, et (n° 70) que le porte-enseigne appelé signifer portait une enseigne autre que l'aigle. Nous ne savons dire quelle était l'enseigne des cohortes urbaines.

Epitaphe faisant mention d'un préposé à la prison et d'un médecin de la cohorte XIIIe Urbana.

Arcade XL1I. — Cippe avec base et couronnement; extrait des fondations de l'ancienne église de VAISE (De Boissieu), « en 1844 » (Comarmond). — Hauteur i m. 10; du dé o m. 88, largeur o m. 67.

M AQVINI VERINI OPTIONIS KARCE

RIS EX COHORTXIII 5 VRBAN BONONI

VS GORDVS MEDI CVS CASTRENSIS

ET M ACCIVS MODES TVS ET IVLIVS MATER 'o NVS MILITES HERED

FACIEND CVR

A la troisième ligne il y a bien OPTIONIS, non OPLIONIS.

De Boissieu, p. 355. — Comarmond, Description, p. 261 ; Notice, p. 97. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 17. — Poncet, Documents pour servir à l'histoire de la médecine a Lyon, 1885, p. 5. — Dissard, Catalogue, p. 105.

Diis Manibus M. Aquinii Verini, optionis harceris ex cohorte XIII Urbana; Bononius Gordus, medicus castrensis, et M. Ace l 'us Modestus et Iulius Maternus, milites, heredes cjus , faciendum curaveruut.

« Aux dieux Mânes de Marcus Aquinius Verinus, optio de la « prison de la cohorte XIIIe Urbana; Bononius Gordus, médecin « du camp, Marcus Accius Modestus et Julius Maternus, soldats « de la même cohorte, ses héritiers, ont élevé ce tombeau ».

L'optio était le suppléant d'un officier. Lui-même n'était pas officier, mais un des sous-officiers compris sous la désignation générale de principales. Aquinius n'aura donc pas été le suppléant du geôlier de la prison de la XIIIe cohorte ; car ce geôlier, carcerarius, n'était lui-même que principalis. II doit avoir été le suppléant, pour la surveillance de la prison, du tribun commandant de la cohorte, et avoir été ainsi supérieur au geôlier (Marquardt, Adm. rom., II, p. 541). La prison d'une cohorte de police ne pouvait manquer d'avoir une certaine importance.

Notre inscription fait voir que les cohortes urbaines étaient pourvues d'un service médical aussi bien que les cohortes prétoriennes, que celles des vigiles et que les légions. Bononius Gordus, qui s'intitule medicus castrensis, était évidemment médecin du camp de la cohorte (Marquardt, II, 2e éd., p. 555, note 5). Les médecins de troupes étaient considérés comme militaires et classés parmi les principales. Ils étaient généralement immunes, « exempts de service », et duplicarii, c'est-à-dire « à double « solde » (Id., p. 538). Il est probable que ceux qui appartenaient à des corps composés de citoyens romains, comme étaient

la garde prétorienne, la garde urbaine et les légions, étaient eux-mêmes citoyens romains, et que, s'ils ne l'étaient d'avance, ils le devenaient par leur entrée au corps.

M. le docteur Poncet entre, au sujet de notre inscription, dans d'intéressants détails. Pendant les premières guerres de la République, il ne semble pas que les armées aient eu d'autres médecins que ceux que les chefs emmenaient avec eux pour leur usage personnel. Lorsque furent organisées les armées permanentes, on dut songer à établir un service médical régulier. Dans chaque légion il y avait au moins un et vraisemblablement plusieurs médecins. Chaque cohorte prétorienne en avait un. Les cohortes des vigiles paraissent en avoir eu quatre chacune. Tous les corps de troupes auxiliaires, les vaisseaux des flottes prétoriennes étaient pourvus de secours médicaux. Les cohortes urbaines n'étaient pas moins bien partagées.

Les soldats étaient soignés dans des ambulances, valetinliiiaria. Pour un camp de trois légions il y avait une ambulance, placée sous la direction des tribuns. Les ambulances des garnisons étaient surveillées par le praefectus castrorum, plus tard legionis.

Epitaphe faisant mention d'un émérrte et d'un soldat de la cohorte XIIIe Urbana.

Arcade X. — Cippe avec base et couronnement; trouvé « au « quartier Saint-Clair, parmi les matériaux de l'église SAINT-

« LAURENT, lors de sa démolition » (De Boissieu), et « transporté « sur la terrasse de la Bibliothèque publique » (Artaud); entré au Musée avant 1808. — Hauteur 1 m. 1 5 ; du dé o m. 75, largeur o m. 34.

D es M

ET MEMORIAE AEMILIAE • HONo RATAEQVlE Vlxf

5 annIs //xiii

menses- iid • v/

P • SEXTIL- SECVND EMERITVS PATE RATVS FlUASTrae 10 S VA E

ETMANILIVS QVN TlNVSMlL COH XIII VRBFRATER SORORI ■ KARISS <5 ETPIENTSVBASC-

PACIENDCVRA/E RVNT

L'V et l'A de QYAE , le dernier 1 et le T de V1XIT à la quatrième ligne, l'N et le D de SECVND à la septième, l'I et l'N de OVIN à la onzième, l'A et le V de CVRAVE à la seizième, liés en monogrammes.

Millin, Voyages, p. 443. — Artaud, Notice, 1808, p. 18; 1816, p. 13; Musée lapidaire, arcade IX. — De Boissieu, p. 359. — Comarmond, Description, p. 64; Notice, p. 22. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 4. — Dissard, Catalogue, p. 105.

Diis Manibits et memoriae Aemiliae Honoratac, quae vixit annis XIII (?), menses II, dies K(?), P. Sextilius Secundus, emeritus, pateratus, filiastrac suae, et Manilius Quintinus, miles cobortis XIII Urbanae, frater, sorori harissimae et pientissiniae sitb ascia faciendum curaverunt.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire d'Aemilia Honorata, morte « à l'âge de treize ans (?), deux mois et cinq jours; Publius « Sextilius Secundus, émérite, à sa belle-fille, et Manilius Quin- « tinus, soldat de la cohorte XIIIe Urbana, à sa sœur très chère « et excellente, ont élevé ce tombeau sous Y ascia ».

La jeune Aemilia Honorata, morte à treize ans si le chiffre de ses années d'âge n'est pas incomplet, avait perdu son père et était devenue, par un second mariage de sa mère, la belle-fille de Sextilius. qui prend à son égard la qualification barbare de pateratus. Le tombeau consacré à ses Mânes a été élevé par son beau-père et aussi par son frère, qui toutefois ne porte pas le même nom qu'elle.

Aux termes de l'épitaphe, ce tombeau a été. non pas « dédié », mais « élevé » sous \' ascia; il n'y a pas à douter qu'il n'y ait là une défectuosité de rédaction.

Sextilius était émérite, c'est-à-dire réengagé après être parvenu au terme légal du temps de service ; Manilius était soldat en activité.

Remarquer, outre pateratus pour patraster ou patrater, la construction fautive : quae vixit annis, menses.

Epitaphe d'un vétéran de la cohorte XIIIe Urbana, libéré avec l'honesta missio.

Arcade I. — Cippe avec base et couronnement ; extrait « en « en 1825 des fouilles pratiquées pour l'agrandissement de l'église « SAINT- IRÉNÉE » (De Boissieu); entré au Musée en 1847 (Comarmond). La première ligne de l'inscription occupe le bandeau de la corniche. Une asa'a se voit au-dessous de la dernière ligne. — Hauteur o m. 85; du dé o m. 54, largeur o m . 41.

ET MEMORIAE

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