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Dessin de notre collègue M. Dissard : les ornements des marges gauche et droite sont tournés vers le texte ; à droite, un vase et une colombe; à gauche, des portiques abritant une colombe, des rosaces, des rinceaux.
Hic a/jus in hoc condiintur membra sepulchro Saraga
dictas est nomine, qui cuni omnibus et aput oniues vix(it) iia ut noniiuis sui vocaboluni vitae meritis coiunieudaret ; qui vixit annos XL, obiit IIII nouas decembris, post consolato Inportuuo viro clarissimo consule. — XXXX.
« Celui dont les membres sont renfermés dans ce tombeau
« s'appelait Saraga Il a vécu avec tous et à l'égard de
« tous de telle sorte que les mérites de sa vie ont répondu aux « promesses de son nom ; il a vécu quarante ans et est mort le
« 4 des nones de décembre (2 décembre), l'année après le « consulat d'Importunus clarissime. — Quarante (ans) ».
Importunus (non Opportunus), qui appartenait à la famille Decia (De Rossi, I, p. 493) et devait ainsi s'appeler Decius Importunus, a été consul d'Occident en 509 ; l'année après son consulat répond donc à l'an 510.
Le consul de 510 était Boethius junior, ou plus amplement Manlius Anicius Severinus Boethius junior. L'emploi sur l'inscription de Lyon du nom du consul de S09 par post-consulat au lieu du nom de Boèce s'explique par les événements. Théodoric, ignorant encore au commencement de S09 si les alliés, c'est-à-dire les Burgondes et les Francs, porteraient leurs armes à la gauche du Rhône, a donné connaissance aux Burgondes du nom du consul de l'année ; mais en 510, il n'en est plus de même; il a lui-même pris part à la guerre et envoyé successivement deux armées pour défendre la ville d'Arles et ravager la Burgondie. Naturellement, les relations étant interrompues, le nom du consul de 510 n'a pas été communiqué et est resté officiellement inconnu dans le royaume burgonde.
Les mots hic cujiis in hoc conduntur memhra sepulchro forment un vers. M. Le Blant remarque que in a pu être considéré comme long devant 17; de hoc et qu'alors il ne reste qu'une faute: la dernière syllabe de a/jus brève tandis que la prosodie voulait une longue.
Le nom du défunt, Saraga. . . peut se compléter peut-être, s'il n'est toutefois complet, en Saragaenus équivalent de Saracaeiuis, « homme du désert ». Se retirer dans le désert était un acte de haute piété. C'est sans doute à cela qu'aura voulu faire allusion le rédacteur de l'épitaphe en disant que les vertus d'un homme qui s'appelait « habitant du désert » avaient répondu à ce qu'on pouvait attendre de son nom.
L'âge de Saraga .... omis d'abord par le graveur, avait été ajouté par lui dans l'interligne, mais en chiffres si petits qu'ils
INSCRIPTIONS CHRETIENNES 8l
se voient à peine ; il a cherché à remédier à cet inconvénient en répétant cette indication au bas de l'épitaphe, en chiffres beaucoup plus grands, mais qui, se trouvant ainsi mêlés aux ornements de la bordure et paraissant en faire partie, ont échappé à l'attention.
Un an presque juste après la mort de Saraga ou Saragaenus se place la date de celle de Clovis, descendu dans la tombe à peine plus âgé, le 27 novembre 511. Si l'unité de la France était en germe dans ses accroissements, la complète réalisation n'a toutefois eu lieu que bien longtemps après. Il n'était maître ni de la Septimanie ni de la Burgondie, c'est-à-dire près d'un tiers de la Gaule, et ses fils se sont tout de suite, à sa mort, partagé son héritage comme un domaine privé, en autant de royaumes distincts. Ils se sont, en 534, emparés du royaume des Burgondes, mais en lui laissant son titre de royaume et son nom, ses lois et ses magistrats propres. Charlemagne a formé de presque toute l'Allemagne, de presque toute l'Italie, de la partie nord de l'Espagne, réunies à la Gaule, un vaste empire composé d'éléments incohérents ; puis, bientôt après lui, ce qui sera plus tard la France s'est disloqué en quantité de grandes seigneuries vassales, au-dessus desquelles l'unité suzeraine n'était guère rien de plus qu'une apparence. Ce sera seulement lorsque les rois seront parvenus, à la suite de longs efforts, à abattre les seigneurs, et alors aux portes des temps modernes, qu'il y aura une unité française, une nation, une patrie française, une France, cette grande chose dont on fait trop complaisamment honneur à Clovis.
Aput = apud, par retour à l'orthographe archaïque. Vocabolmn = vocabiiliim ; consolato = consulaium, avec 0 pour //. Inportuno = Importuni, par désuétude de la distinction des cas. Vv = v, par réduplication fautive, mais fréquente. La direction des ornements de l'épitaphe vers le texte fait voir que la tête du cadavre reposait sur ou devant l'inscription.
Epitaphe de Disderius, datée du consulat d'Agapetus =517.
Non entrée au Musée. — Tablette de marbre « dans le vesti- « bule du couloir qui conduit à la crypte de SA1NT-1RÉNÉE » (De Boissieu). — Hauteur : o m. 24, largeur : o m. 26.
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De Boissieu, p. 579 en fac-similé. — Le Blant, I, p. 77, pi. n° 16.
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Dessin de notre collègue M. Dissard, d'après celui de Perrin dans De Boissieu.
/// hoc tomolo requiescit boue memoriae Disderius, acolitus, qui vixit aiuios LXXXV; obiit in pace, notavi diae quinto kalendas agustas, Agapeto viro clarissimo console.
INSCRIPTIONS CHRÉTIEN Ni: S 83
« Dans ce tombeau repose Disderius de bonne mémoire, acolyte, « qui a vécu quatre-vingt-cinq ans; il est mort en paix, jour que « j'ai noté, le s des calendes d'août (28 juillet), sous le consulat « d'Agapetus clarissime ».
Le quantième de la mort de Disderius, le 5 des calendes d'août : qn[in]to kl. agustas, n'est pas certain; ce pourrait être tout aussi bien qu[ar]to et alors le 29 juillet au lieu du 28.
Le mot notavi qui accompagne le quantième ne se comprend pas clairement; il semble toutefois indiquer que la date avait été notée sur un registre.
Le consulat d'Agapetus répond à l'an 517. Le consul d'Orient de cette même année est l'empereur Anastase, non promulgué, malgré sa dignité d'empereur, ni en Italie ni dans le royaume burgonde.
En 516 est mort Gondebaud. Grand législateur, prince ami de l'agriculture et des arts de la paix , tolérant en matière religieuse, il s'était appliqué, autant que le lui avaient permis les événements d'une époque profondément troublée, à faire fleurir dans ses États, pendant une grande partie de son long règne de plus de quarante ans, parmi ses sujets de nationalités et de croyances différentes, la justice, la prospérité et l'abondance. Tel était aussi le beau rôle que remplissait en Italie, après Odoacre, le roi goth Théodoric, bien digne pour cela du nom de Grand que lui a décerné l'histoire.
Par un surprenant renversement des choses, depuis la fin de l'empire d'Occident, les civilisateurs se trouvent être, mieux que ne l'avaient été les Romains dans les derniers temps de leur domination, les barbares eux-mêmes. En contraste avec les derniers empereurs, fantômes de souverains aussi malfaisants qu'impuissants pour le bien, Théodoric en Italie, Gondebaud dans le sud-est de la Gaule, Alaric, après Euric son père, dans le sud-ouest et en Espagne , ariens tous trois, tous trois imbus de
civilisation, assez pour avoir utilement puisé chez elle, pas assez pour s'être laissés séduire aux vices raffinés de sa corruption extrême, gouvernent leurs peuples avec modération et sagesse, et laissent le souvenir de règnes glorieux. Quant à Clovis, il est la personnification, l'incarnation, pourrait-on dire, de la barbarie pure, et, lorsque celle-ci, marchant à la suite de ses conquêtes continuées par ses fils, aura achevé d'étendre sur le pays presque entier son voile de ténèbres , toujours grandissantes jusqu'à l'éphémère renaissance apportée par Charlemagne, ce seront les Burgondes, demeurés en possession de leur autonomie et d'un dernier rayon d'éducation romaine, qui exerceront pendant toute la période mérovingienne l'action civilisatrice, seront, au milieu des mouvements d'une époque pleine de violences, des arbitres d'apaisement et de raison, des modérateurs entre des antagonismes toujours prêts à s'entre-choquer, des sauveurs même en repoussant au delà des monts par la vaillance de leur armée nationale l'invasion lombarde, déjà répandue jusqu'au Rhône. Amatus et Mummolus sont les noms, à jamais dignes de mémoire, des patrices burgondes qui ont écarté de la Gaule ce fléau.
Sigismond, proclamé roi à Quadruvium, près de Genève, à la mort de Gondebaud, n'a pas su tenir la conduite circonspecte de son père. Par cela seul qu'il est catholique et que, sous l'influence de l'évêque Avitus, auquel il est entièrement soumis, il sévit avec rigueur contre les ariens et affecte, abdiquant de roi indépendant à vassal, de ne rechercher d'autre protection que celle de l'empereur, il a tout de suite pris une attitude quasi hostile à l'égard de Théodoric, dont la puissance, bien plus effectivement que le vain soutien du souverain d'Orient, le garantit contre l'ambition des Francs.
Cette sujétion de Sigismond à l'évêque de Vienne éclaire peut-être d'un jour lumineux l'arianisme de Gondebaud et probablement aussi celui des autres rois barbares; c'est un arianisme politique, défensif et obligé, pourrait-on dire. Supérieurs par leur éducation, .
par leur savoir, par leur habileté grande au maniement des affaires, par leur caractère de chefs religieux, les évêques, ayant de plus derrière eux toute la population romaine, plus nombreuse de beaucoup que la population conquérante, sont en possession d'un ascendant illimité. Pour échapper à une infériorité préjudiciable au prestige comme à la réalité de leur puissance et n'avoir pas à subir une immixtion, sinon hostile, au moins gênante pour leur liberté d'action dans la conduite des affaires de leurs gouvernements, les rois des peuples établis sur les débris de l'empire n'ont d'autre parti à prendre, malgré les inconvénients d'une scission religieuse entre leurs sujets, que d'embrasser une communion différente. Le rôle subordonné et misérablement nul de Sigismond nous paraît mettre cela en pleine évidence.
Pour juger d'ailleurs exactement à cet égard, il faut avant tout ne pas perdre de vue que la situation du barbare vis-à-vis du Romain est, dans la Gaule, celle de vainqueur à vaincu ou d'hôte protecteur à hôte protégé et, dans l'un et l'autre cas, d'armé à désarmé, par conséquent de maître à assujéti. Si le roi et son peuple national sont ariens, l'évêque catholique , qui personnifie en lui l'élément romain , n'a autorité ni sur le roi ni sur ses sujets ariens; il n'en est pas de même si le roi et son peuple d'origine ont passé au catholicisme, car alors ils se sont euxmêmes, au point de vue du spirituel, subordonnés aux Romains, et les rôles se trouvent jusqu'à un certain point transposés : l'évêque a maintenant le pied sur le roi barbare ; le vaincu est devenu le vainqueur. Arianisme, orthodoxie sont des mots; il n'y a au fond qu'une lutte pour la domination. Sous Gondebaud arien, le clergé reçoit du roi des marques de respect et des libéralités, mais ne participe pas au gouvernement; sous Sigismond catholique, le véritable souverain est l'évêque, ou tout au moins la volonté directrice est la sienne; le roi n'est que son ministre docile, servile même à plus proprement dire.
Nonobstant son absolu dévoûment à la cour de Constantinople.
il ne dépendra pas de Sigismond de promulguer dans ses États le nom du consul d'Orient, fût-ce même l'empereur comme c'est précisément le cas en 517. La connaissance de ce nom ne pouvant parvenir que par Théodoric, maître de l'Italie et de presque toute l'Europe centrale, continue à rester interceptée.
En 517, Sigismond, à l'instigation d'Avitus, promulgue dans une rédaction nouvelle, avec des suppressions et des additions, un corps des lois de son père. Une de ces lois contient une disposition particulièrement importante au sujet du partage des terres entre Romains et Burgondes : « Voici », dit cette disposition, « ce que, à « l'égard des Romains, nous avons réglé : Qu'il ne soit exigé d'eux « par les Burgondes qui sont venus postérieurement rien de plus « que ce que demandait la nécessité du moment : la moitié de la « terre; que l'autre moitié, avec la totalité des esclaves, reste aux « Romains ». Cette loi est attribuée par quelques commentateurs et des plus autorisés, il est vrai, à Gondebaud, mais par la plupart à Sigismond. Qu'elle soit de l'un ou de l'autre, elle est rétroactive; elle revient sur des conventions faites depuis plus ou moins longtemps et leur substitue des conditions nouvelles; elle réduit, au détriment des Burgondes, à la moitié des terres des partages conclus aux deux tiers, et elle leur retire les esclaves. Il y a là un procédé violent, qui, faisant supposer chez le roi une diminution de bienveillance pour son peuple d'immigration, ne peut être imputé à Gondebaud qu'avec doute, mais dans lequel se laisse peut-être plutôt apercevoir la partialité exigeante d'Avitus toute en faveur des Romains. Aussi, en prévision de voies de fait contre ceux-ci, la loi s'empresse-t-elle d'ajouter : « Et que, de ce chef, les Romains « n'aient à souffrir aucun sévice »: puis encore, comme l'influence catholique est manifeste : « Que ni les églises, ni les prêtres ne « soient l'objet d'aucun manque de respect ». — Une particularité remarquable aussi, c'est la substitution, dans l'intitulé de promulgation du corps de lois, de la date par l'année de règne : Aimo secundo domini nostiï gloriosissimi Sigismundi régis, à la date con-
salaire, substitution semblant impliquer la prétention de la part du roi de ne pas se reconnaître dépendant de la cour d'Orient et alors en contradiction flagrante avec les assurances de soumission adressées par lui à l'empereur au moment de son avènement; par contre, une loi de la même année et du même jour, intercalée par Sigismond, est datée du nom de consul. On a cru apercevoir là quelque chose d'inexplicable. Cela s'éclaircit cependant non trop difficilement : l'intitulé de promulgation a été rédigé dans une assemblée de comtes, qui, animés d'un esprit national, ont tenu à affirmer l'indépendance du roi telle que depuis la fin de l'empire d'Occident Gondebaud l'avait acquise et maintenue ; au contraire, dans la rédaction de l'article intercalé, c'est le roi lui-même qui parle en son propre nom sous la dictée de l'évêque, et il date dans la forme humble par laquelle il se reconnaît soumis à Constantinople.
En 517 également a lieu, au mois de septembre, du 6 au 15, à Eppao, aujourd'hui Albon, dans le département de la Drôme, à « six lieues de Vienne et à une demi-lieue du Rhône » (Charvet, Hist. de l'ègl. de Vienne, 1 761, pp. 91 et 1 18 et suiv.), un concile régional, dont les souscriptions font connaître les villes épiscopales qui alors font partie du royaume : Ce sont dans la Lyonnaise Première Lyon, Autun, Langres et Châlon; dans la Lyonnaise Quatrième Nevers ; dans la Viennoise Vienne, Genève, Grenoble, Die, Valence, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Vaison, Orange, Carpentras, Cavaillon et Aps; dans la Narbonnaise Seconde Apt, Gap et Sisteron; dans les Alpes Maritimes Embrun; dans les Alpes Grées et Pennines Moutiers de Tarantaise et Martigny; dans la Maxima Sequanorum Besançon et Avenches, en tout vingt-quatre villes.
Ce n'est pas l'époque de la plus grande étendue du territoire. Déjà sont survenues de notables diminutions. 11 embrassait, avant les envahissements d'Euric en 476, de plus, dans l'Aquitaine Première, le Velay et le Gévaudan; dans la Viennoise, en deçà de la Durance, Avignon, et au delà, Arles et Marseille avec le sud de
la province jusqu'à la mer, et dans la Narbonnaise Seconde, Riez et tout le sud de la province, de telle sorte que les limites du royaume burgonde allaient, dans la direction du nord au midi, de Langres et de Nevers à la Méditerranée, et. dans celle de l'ouest à l'est, du bas Rhône, des Cévennes et de la Haute-Loire aux Alpes et à l'Aar. En 517, elles ne sont plus à l'ouest que le Rhône et les Cévennes avec perte du Gévaudan et du Velay. et au sud que la Durance au lieu de la Méditerranée.
On voit aussi par le concile d'Eppao que l'arianisme est remplacé obligatoirement dans toutes les parties du royaume par le catholicisme et que celui-ci est devenu religion d'Etat. Le roi Gondebaud a emporté avec lui dans la tombe la modération et la tolérance, et en même temps les derniers jours prospères de la Burgondie.
Tomolo = iiimulo.
Disderius = Desiderins; on y voit l'acheminement à la forme moderne Didier.
Diae = die. Agustas = augustas. Console = consnle.
Epitaphe de Felocalus, datée de l'année après le consulat d'Agapetus = 518.
Don Pelisson.
Arcade XXXII. — Tablette de marbre, autrefois à ÉCULLY, « encastrée dans la façade d'une maison vis-à-vis la partie méri-
« dionale de la nouvelle église » (De Boissieu) ; « donnée au « musée en i8s9 » (Daussigny). — Hauteur y compris la moulure o m. 29, largeur o m. 46.
IN HoC TVMVLo REQVIESCIT BoNE M E M o R I o FELoCALVS Q V I VIXIT IN PACE A~N~N L»X OBI ET II NoNTn DECEM BRS O- P~C AGAPETO
De Boissieu, p. 380, en fac-similé. — Le Blant, I, p. 38. pi. n" 15. — Daussigny, n°9i7 de son Registre d'entrées.
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Dessin de notre collègue M. Dissard : au-dessous du texte et tournées vers lui deux colombes, un grain de blé au bec. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures.
/// hoc timuilo reqiitescit boiiememorio Felocalus, qui vixit in pace au nos LXX; obiit II nouas décembres, post consulat uni Agapeto.
« Dans ce tombeau repose Felocalus de bonne mémoire, qui a « vécu en paix soixante-dix ans; il est mort le 2 des nones de « décembre (4 décembre), l'année après le consulat d'Agapetus ».
En 518, année du post-consulat d'Agapetus, il n'y a pas eu. nous ne savons dire pourquoi, de consul d'Occident. Magnus a été consul d'Orient, mais, selon la coutume imposée par Théodoric, est resté, sinon inconnu, inemployé en Italie aussi bien que dans
les États du roi burgonde, et on y a daté par post-consulat du consul de s 17.
L'épitaphe de Felocalus est d'une défectuosité peu commune : boncmemorio pour boue memoriae ou bonememorius est un barbarisme remarquable. La mauvaise gravure ne permet de savoir sûrement ni l'âge ni le quantième de la mort du défunt; il avait LX ou LXX ans ; l'espèce de monogramme formé par les lettres numérales peut aussi bien se prendre pour l'un que pour l'autre des deux nombres. De même, dans le groupe de lettres IINONON. on ne peut lire II NON#5 qu'en admettant une répétition fautive de la syllabe NO. Il est peu probable que cette syllabe NO puisse être ici une abréviation du mot n(umer)o.
De plus en plus se réalisent, on le voit, les appréhensions de Sidoine (Epp., II, 10) : « Tellement s'accroît », dit-il, « la multi- « tude des ignorants que si vous autres, amis de la langue latine, « n'en défendez , avec votre petit nombre , la pureté contre « l'envahissement des barbarismes du langage trivial, nous aurons « à déplorer bientôt sa ruine entière ; il n'y a rien comme l'in- « curie du vulgaire pour vite décolorer et flétrir la pourpre qui « fait l'éclat du style noble ».
En s 17, ou plus vraisemblablement en 518, et alors Avitus déjà mort, un conflit s'élève entre le roi et le pouvoir spirituel. L'évêque Apollinaire de Valence a excommunié un officier de la couronne, coupable d'avoir, en épousant sa belle-sœur, contrevenu à un des canons du concile d'Eppao. Sigismond croit voir dans cet acte une ingérence dans les attributions de son pouvoir royal et défend son officier. Les évêques se liguent, confirment dans un concile tenu à Lyon l'excommunication prononcée, puis abandonnent leurs sièges et se retirent, comme s'ils étaient persécutés, dans un cloître situé le long du Rhône sur le territoire burgonde, mais reçoivent l'ordre de reprendre leurs fonctions et de venir au palais faire amende honorable, Apollinaire le premier comme étant l'auteu
du conflit. Une maladie subite et une guérison miraculeuse opérée par Apollinaire, la reine prêtant son aide, amènent repentant le roi aux pieds de l'évêque, à qui, les larmes aux yeux et prosterné, il demande humblement pardon !
Déjà, dans le cloître choisi pour lieu de refuge, Apollinaire vient d'accomplir un autre miracle: à son commandement, une source a jailli de terre. Il se fait plus que jamais un abus effréné du merveilleux et du surnaturel; partout et à propos de tout éclosent des miracles; l'Histoire que va écrire Grégoire de Tours sera pleine de récits de miracles. A la conception large et émancipatrice du christianisme évangélique s'est de bonne heure substituée une dévotion étroite et superstitieuse, qui, à la vérité, asservit à discrétion peuples et souverains, mais en même temps précipite de plus en plus rapidement les esprits au plus bas degré de la décadence intellectuelle.
Si Sigismond avait par hasard espéré que la mort d'Avitus allait lui permettre de s'affranchir du joug qui pesait sur lui, il lui fallut bien tout de suite reconnaître qu'il s'était grandement trompé et que sa conversion au catholicisme impliquait avant tout sa sujétion au clergé.
Felocalus (Philocalus), nom grec, n'indiquant pas pour cela que le défunt fût un affranchi ou un esclave. II y avait plus de deux siècles que le surnom de forme grecque avait perdu cette signification.
Bonememorio = bonae memoriae ou l'adjectif bonememorius avec inobservation des cas de la déclinaison.
Obiet = obiit. Agapeto = Agapeti.
Le renversement des colombes afin de leur faire regarder le texte indique que la tablette qui porte l'épitaphe devait être placée sous ou derrière la tête du défunt et fournit un exemple de plus de cette pratique , déjà plusieurs fois constatée sur les inscriptions précédentes,
Epitaphe de Carusa, datée du consulat de Rusticus et de Vitalianus = 520.
Non entrée au Musée. — Tablette de marbre trouvée en i8s7 dans la cave d'une maison de l'ancienne rue de la Cage, au quartier des TERREAUX. — Hauteur o m. 29, largeur o m. 38.
IN H 0 C TVMVlo REQVIISCET Bo N AE MEMoRIA CARVSA RELIGIo SA QVI EGIT PENETENTIAM ANNVS VIGENTI ET DVOS ET VIXE/ 5 IN PACE ANNVS SEXAGENTA QVI
NQVE OBIET DIAE X 1 1 1 K Â~L E~N oC TVBRSRVSTIANoETVITALIANo VCT
Allmer, Notice sur quelques inscr. antiques, 1858, p. 18. — De Rossi. I. p. XLII1. — Le Blant, Inscr, chrétiennes de la Gaule, II, p. =,49. pi. n° S28.
N110C TVMVjpREQVilJCtTg^ Ni l M E M yft 1 k Ak v$ AlM Jic/o 5AQV/fçlTPtNEÎENT/AM ANNVJVISENTIETDVOSETV/Xe NMCEANWtfEMÇtNTMY/ \NRYfoBIETDJAUI«KUNoc VrYBRffeYSrMy*otTVlTA^AVÏoY4
Dessin de notre collègue M. Dissard, d'après le nôtre.
In hoc litinitlo requiiscet bonaememoria Car usa, religiosa, qui egit peneteutiam annus vigenti et duos et vixet in pace annus sexagenta qùinque; obiet diae XIII kalendas octobres, Ru s fia no et Vitaliano viris clarissimis (consulibus).
« Dans ce tombeau repose Carusa de bonne mémoire, vouée à la « vie religieuse, et qui pendant vingt-deux ans a pratiqué la « pénitence ; elle a vécu en paix soixante-cinq ans et est morte « le 13 des calendes d'octobre (19 septembre), sous le consulat de « Rustianus et de Vitalianus clarissimes ».
Rusticius (ici Rustianus sans doute pour Rusticiaiuts) et Vitalianus ont été consuls en S20, le premier en Occident, son collègue en Orient. L'admission des noms des deux consuls sur l'inscription de Lyon malgré le système d'abstention persévérante de Théodoric à l'égard du consul d'Orient, aussi bien dans ses propres Etats que dans ceux des rois soumis à son influence, ne peut s'expliquer que par quelque circonstance extraordinaire, par exemple l'arrivée du nom du consul oriental par une autre voie que celle de l'Italie (Voy. De Rossi, Inscr. chr. de Rome, p. xliv).
11 a été expliqué que, dès son avènement au trône, à la mort de son père, en s 16, Sigismond, dirigé par Avitus, avait pris une attitude humblement dévouée vis-à-vis l'empereur d'Orient et presque ouvertement hostile vis-à-vis Théodoric. C'est peut-être une marque de ce dévoûment à l'empereur et de cette hostilité envers le roi d'Italie, qui se révèle dans l'apparition insolite du nom du consul d'Orient sur l'épitaphe de Carusa.
Au mois de juillet. Vitalianus avait été mis à mort; son nom. considéré comme celui d'un ennemi public, avait été rayé des fastes et interdit à partir de ce moment. On n'était pas encore informé à Lyon de cette mesure en septembre (De Rossi, I, p. 609).
Bonaememoria, l'adjectif déjà vu plusieurs fois. Carusa = Carosa. Ruinrue = quinque, par faute de gravure. Octubres = octobres.
Epitaphe de Viventiolus, évèque de Lyon, datée du 4 des ides de juillet d'une année non exprimée = 518 à 520.
Perdue. — Une des épitaphes découvertes dans l'église SAINT- NIZIER. dans la Recherche faite en 1308; elle était à la suite de celle de saint Rustique : Item in alto altari sequenti crat tiimba B. Viventioli, proitt apparebat per versus suppositos in lapide marmot eo.
VIR POTENS MERITIS NOSTERQVE SACERDVS IN HOC IACET VIVENTIOLVS T V M V L 0 VOX ORGANI VERBI PRAECO DECVS FRATRVM ECCLESIAE ET POPVLIS SPECVLVM FVIT NVLLVM LINQVENS OFFICII G R A D V M D I V I N V M QVEM NON PROMERVIT TVLITQVE DE M V N 0 0
LVGDVNI INTER S A N C T 0 R V M FESTA SIT TIBI ET ISTE FESTVS CELEBERRIMVSQVE DIES PROBATA DVORVM FRATRVM REQVIESCVNT CORPORA ANTESTES SVMWII PARES MERITIS COH/EREDESQ. CHRISTI PASTOR BONE 0 M N I V M DIADEMA EPISCOPORVM ANNVE PRECIBVS NOSTRIS INVOCATVSQ. MEMENTO IV I D V S I V L I I
Sévert, Cbronol. bistor., I, p. 76. — De Boissieu. p. 581,
d'après la copie des Archives de Lyon. — Le Blant, 1, p. 52.
La septième ligne ne manquait pas, mais était illisible : et
quaedam lima quae legi non poiest. La dernière était au bas de la pierre : et in fine tiimuli scriptum est.
La disposition des lignes est celle adoptée par De Boissieu, aucune des deux copies n'ayant suivi celle qu'elles présentaient sur le marbre.
Vir potens meritis nosterque sacerdus In hoc jacet Viventiolus tumulo; Vox organi, verbi praeco, decus fratrum. Ecclesiae et populis spéculum fuit, 5 Nullum liiiqueus officii graduiu diviiimu Que m non promeruit tulitque. De mundo
Lugduni inter sanctorum festa sit tibi Et iste festus celeberrimusque dies.
10 Probata duorum fratrum requiescunt corpora,
Antestes summi, pares meritis, cohaeredesque Christi. Pastor boue, omnium diadema episcoporuni, Annue precibus nostris invocatusque mémento. IV ' idusjulii.
« Notre évêque Viventiolus. homme puissant par ses mérites, « repose dans ce tombeau.
« Voix de l'éloquence, héraut de la parole, honneur des moines, s< il a été pour l'Église et les peuples un objet d'admiration. Ne « laissant aucun degré des ordres divins sans l'avoir mérité et « exercé. Retiré de ce monde (il est allé au Ciel ).
« Que ta fête, entre celle des saints, soit à Lyon un jour des « plus honorés par un grand concours de fidèles.
« Les corps sanctifiés de deux frères reposent ici, tous deux « évèques, égaux par leurs mérites, cohéritiers du Christ.
« Bon pasteur, perle de l'épiscopat, sois propice à nos prières « et souviens-toi de nous quand tu seras invoqué.
« Le IV des ides de iuillet (12 juillet") ».
La copie de Sévert porte IV ,KAL IVLII : « le IV des calendes « de juillet » (28 juin), avec cette mention : oui concordat calendarius libri Primae.
La correspondance de saint Avite nous donne, dit De Boissieu, une haute idée du mérite de Viventiole, et son érudition est attestée par saint Agobard, qui le dit « un homme célèbre par ses écrits « et célébré par ceux des autres ». Quant à l'ardeur de son zèle, elle n'est pas à mettre en doute; elle était, on peut dire, débordante, elle versait par-dessus la mesure; car, au sujet de l'affaire de l'excommunication dont il vient d'être parlé, c'est lui qui convoque, à Lyon, en s 17 ou plus probablement en 518, le concile ayant pour objet d'établir les règles de conduite des évèques dans les soi-disant persécutions par l'État, concile auquel assistèrent dix évèques.
On ignore le nom du frère de Viventiole, évêque de Lyon comme lui et comme lui béatifié.
La date de sa mort, au 28 juin : IV KAL • IVLII d'après la copie de Sévert, paraît devoir être préférablement celle donnée par la copie des Archives de Lyon, qui la fixe au 12 juillet: IV IDVS IVLII conformément au martyrologe.
Epitaphe de Leopocenos , datée du consulat de Maximus = s 23.
Perdue. — Autrefois à l'OBSERVANCE. Lugduni, in monasterio sanctae Mariac Angelorum (Muratori).
Muratori, Tbes. vet. inscr., 435, 4 : e scbedis Nkolai Pacedanii. — Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, I, p. 89.
IN HOC TVMVLO REQVIESCIT BONAE IYIEMORIAE LE0P0CEN0S QVI VIXIT ANNOS XXXXII OBMT IN PACE XVI KAL IVI A I A S MAXIM. V. C
/// hoc tiuntilo requiescit bonae memoriae Lcopocenos, qui vixit annos XXXXII ; obiit in pace XVI kalcndas maias, Maximo viro (clarissimo) consule.
« Dans ce tombeau repose Leopocenos de bonne mémoire, qui a « vécu quarante-deux ans; il est mort en paix le 16 des calendes de « mai (16 avril), sous le consulat de Maximus clarissime ».
Flavius Maximus a été consul d'Occident en 523 sans collègue d'Orient. Son nom n'étant pas parvenu dans la Gaule dès le commencement de l'année, on y a daté pendant les premiers mois par post-consulat de Symmaque et Boèce, les consuls de 522, tous deux d'Occident et reconnus dans toute l'étendue de l'empire.
En 522, Sigismond, excité par la jalousie d'une seconde épouse contre son fils Sigéric qu'il avait eu d'Ostrogotha, fille de Théodoric, sa première femme, fait égorger dans un festin le jeune prince. Les fils de Clovis, ne doutant pas que le roi d'Italie ne saisisse ce motif pour s'emparer du royaume de son gendre, s'entendent pour le prévenir, et trois d'entre eux, Clodomir roi d'Orléans, Childebert roi de Paris et Clotaire roi de Soissons, envahissent en 523 les Etats burgondes. On ignore où eut lieu la bataille qui décida du sort de la campagne ; mais Sigismond, vaincu et bientôt découvert au monastère de Saint-Mauriced'Agaune où il s'était réfugié, est emmené prisonnier à Orléans, et. quelques mois plus tard, mis à mort, en 524. De son côté, Théodoric n'a pas manqué d'envoyer en Provence une armée, qui,
franchissant la Durance, a reçu la soumission volontaire de plusieurs villes de la partie sud du royaume burgonde, heureuses sans doute de se soustraire, à ce prix, aux maux de l'invasion franque. Saint-Paul-Trois-Châteaux, Vaison, Orange, Carpentras, Cavaillon, dans la Viennoise ; Apt et Gap dans la Narbonnaise Seconde, Embrun et Sisteron dans les Alpes Maritimes, en tout neuf villes de la Burgondie avec leurs territoires sont annexées au royaume ostrogoth d'Italie.
Thierry, roi de Metz, ne s'est pas joint à ses frères, vraisemblablement parce que, ayant épousé la fille de Sigismond, il n'aura pas voulu combattre contre son beau-père.
Lcopocenos, déformation de Lupicimts.
Epitaphe d'Alethius, datée d'un post-consulat de Paulinus junior = 536 ou 537?
Non entrée au Musée. — Grand et beau sarcophage, encore existant, à CHARMES (dép. de l'Ardèche), dans une vigne, entre le village de Charmes et celui de Soyons, au sommet du coteau qui regarde le Rhône. L'inscription, bien qu'étrangère, prend place ici à cause de son importance pour Lyon.
Le texte et le commentaire ayant été déjà donnés, il suffit de rappeler la date, dans laquelle on croit reconnaître, malgré son état fruste, un post-consulat de Paulinus junior, le consul de 534.
Voir notre copie dessinée et la lecture, ci-dessus. II, p. 266.
Spon, Voyage d'Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant, éd. de 1724, I, pp. 2 et 246. — Allmer, Sur quelques inscriptions antiques, p. 49. — Abbé Rouchier, Revue des Sociétés savantes, 1859, P- 802. — Le Blant, II, p. 196.
En 534 vient de finir avec Godomar l'indépendance de la Burgondie. Après la défaite de Sigismond en 521 et le départ des Francs, Godomar son frère s'était assez facilement mis en possession du royaume, tel que l'avaient réduit les agrandissements de Théodoric au nord de la Durance, et, bien qu'attaqué et vaincu en 524 par le roi d'Orléans Clodomir, revenu contre lui, il avait vu, au dernier moment, sa déroute se transformer en l'équivalent d'une victoire par la mort du roi franc, tué dans la mêlée, et ainsi pu conserver près de dix ans encore sa couronne. Mais, en 534, Childebert et Clotaire et leur neveu Théodebert roi d'Ostrasie, ayant réuni leurs forces pour une nouvelle attaque et l'ayant battu à Autun, le royaume burgonde prit alors fin avec lui et passa, tout en conservant son nom, ses lois, ses magistrats et ses formes de gouvernement, sous la domination franque. Quelques parties, notamment Langres et Châlon, échurent à Théodebert, le reste se partagea entre Childebert et Clotaire.
Une inscription, trouvée en Savoie, près d'Évian dans le Chablais, aujourd'hui au musée de Lausanne, dans laquelle est mentionné un rachat de prisonniers par le roi Godomar en 527, se rattache certainement à l'une ou à l'autre des deux guerres immédiatement antérieures. C'est l'épitaphe d'un jeune garçon du nom burgonde d'Ebrovaccus ou Brovaccus, mort sous le consulat de Mavortius (527), et elle se termine ainsi : SVB VNC CONSS BRANDOBR1CI REDIMTIONEM A DVNMO GVDOMARO REGE ACCEPERVNT
« Sous ce consul, les Brandobrici furent rachetés par notre
« maître le roi Gudomar ». Les Brandobrici, du reste jusque-là entièrement inconnus, bien qu'on ait cru pouvoir les identifier, sans autre fondement qu'une vague analogie de noms, avec les Bran-
novices de la Lyonnaise Première, ne peuvent être cherchés en dehors de la contrée où a été découverte l'inscription et sont évidemment, à l'égard de ceux qu'elle mentionne, des hommes de cette contrée, qui, servant dans l'armée de Sigismond en 523 ou dans celle de Godomar en 524 et faits prisonniers par les Francs, ont été rachetés par Godomar, quelques années plus tard, en 527.
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Dessin de notre collègue M. Dissard, d'après le nôtre pris sur un moulage appartenant à M. J.-E. Valentin-Smith.
/// hoc îtuii]olo req[uiescit botiae] mem[oria\e Brovaccus (?), qui vixit aimis XIII et transiil X kalendas septetnbris, Mavortio viro clarissimo consule. Sub une eouss Brandobrici redimtionem a doiiino Gudomaro rege acceperunt.
L'épitaphe d'Alethius, de l'an S30 ou 537 selon qu'on lit la date itenim ou ter p. c. Paulini junioris, fait allusion à la chute de l'indépendance du royaume burgonde. Ce haut personnage, mort à l'âge de quatre-vingt-dix ans, était né en 446 ou 447 : melioribus. awtis, c'est-à-dire à l'époque où les Burgondes venaient d'être transportés dans la Sapaudie (443). Il avait, dans sa longue carrière,
INSCRIPTIONS CHRETIENNES IOI
vu le commencement et la fin du brillant développement de la puissance des Burgondes.
Mais parce qu'elle a perdu son indépendance, la Burgondie ne disparaît pas pour cela de l'histoire. Elle conserve, a-t-il été dit, son nom et son autonomie; elle a son armée à elle, ses majordomes et ses patrices à elle, et elle accomplit, au milieu de la barbarie qui l'enveloppe, un rôle des plus importants, une mission de bénédiction, pourrait-on dire; elle devient, autant que le permet la rudesse des temps, la continuatrice de la civilisation romaine. « Considérée « dans son ensemble », dit M. Jahne (II, p. 474), « la Burgondie « ne présente nullement l'horrible confusion de la Neustrie et « de l'Ostrasie ; longtemps elle exerce sur ces deux parties du « royaume franc une influence modératrice en empêchant ou en « amoindrissant leurs chocs ennemis. Seule, alors que la bar- « barie ostrasienne menace de tout engloutir, elle s'efforce, d'une « manière décisive et sans réserve, de faire prévaloir les idées « d'ordre civil en même temps que les idées morales du christia- « nisme. Notamment sous Gontran, la Burgondie remplit un rôle « aussi considérable que bienfaisant. Grâce à ses patrices et à ses « évêques, les Lombards sont détournés de la Gaule ; l'élément « romain, également nécessaire pour le présent et l'avenir, est
« sauvegardé Qu'on se figure le royaume burgonde promp-
« tement anéanti : c'est l'histoire de la France entièrement chan- « gée, c'est la barbarie accrue et généralisée ».
A l'époque de Spon, le tombeau d'Alethius passait pour être celui d'un Saint. « Près de Charmes », raconte-t-il (Voyage d'Italie, éd. 1679, I, p. 3), « je fus à la cime d'une petite mon- « tagne pour y voir un tombeau antique, dont personne, à ce « qu'on me dit alors, n'avait encore pu lire l'inscription. Le peu- « pie , entêté d'une dévotion indiscrète , va pourtant visiter ce « sépulcre, prétendant qu'il est de quelque Saint inconnu ».
Epitaphe de Diones, datée d'un consulat non restituable = 540 ou antérieurement.
Arcade XXXII. — Fragment présentant la partie droite d'une table de marbre ornée; « découvert en i8s6 à Lyon, rue des « Bouquetiers, quartier SAINT-NIZIER » (Daussigny).