VIRI CLARIS
i n ai c T I 0 N E D E C I M a
Martin -Daussigny, n° 877 de son Registre d"entrées.
PRIDI K) ^S XX VIRICLARP.
riûNfDECI
Dessin de notre collègue M. Dissard.
obiil] pridie halendas as, XXII [posl consulatum
lus Uni] viri clarissimi, indidione décima.
« mort (ou morte), la veille des calendes de la
« vingt-deuxième année après le consulat de Justinus clarissime. « indiction dixième ».
L'indiction n'apparaissant pas sûrement à Lyon avant l'année 545, il s'agit certainement ici d'un post-consulat de Justinus consul en 540, et alors de l'année 562, dont les huit premiers mois répondent, en effet, exactement à l'indiction dixième.
Les fils de Clodomir ayant été égorgés en 524, Théodebald, fils de Théodebert roi d'Ostrasie, étant mort en 553 sans postérité, et Childebert en 558 ne laissant que des filles, Clotaire s'était trouvé d'hériter de toute sa famille et de réunir en ses mains les États de Clovis, agrandis de la Burgondie; puis, dans le partage du royaume entre ses quatre fils en 561, celle-ci, accrue depuis 539 de toute la Provence, est échue à Gontran. Elle forme la plus grosse partie de son lot, et il s'intitule roi d'Orléans et de Burgondie. Gontran réside le plus souvent à Chalon-sur-Saône de préférence à Orléans, la capitale du royaume.
La Burgondie restera entre les mains de Gontran jusqu'à sa mort en 593 et passera alors à Childebert II, roi d'Ostrasie depuis 575.
Epitaphe de datée de la vingt-quatrième
année après le consulat de Justinus = 564.
Non entrée au Musée. — A SAINT-IRÉNÉE, dans le couloir de la crypte. « Table de marbre trouvée à Saint-Irénée, en 1863. « par l'abbé Roux, dans la crypte, chapelle de la Recluse ». L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures. —
Hauteur o m. 50, longueur o m. 85 ; hauteur de la partie encadrée o m. 32. largeur o m. 50.
+ IN HOC TVMVLO REQVIESCIT famn LA ~\ BONAE IVEMORIAE DROC .... SANCTE MVNIALIS QVAE VIXitînpa CE ANNOS VIGINTI ÛVAT/iiur 5 OBIIT VI IDVS SEPTEMBRIS Vicies et
QVATER POST C oFs IVSTINI \U0iclionc TERTIA DECIMA
Notre copie dessinée : ligne 2, MEMORIAE ave M et E liés; DROC, la dernière lettre incertaine : un C ou G.
Copie extraite d'un recueil de notes de notre collègue M. Dissard.
Meynis, Mémorial de la Confrérie des Saints Martyrs, Lyon 1860 et 1863.
/// hoc tiimulo requiescit fainula Dei bonae memoriae Drog (?) ,
sanctemunialis, quae vixit in paie atmos viginti qnattitor; obiit Vt idus septembris, v[icies et] quater post cousu latit m Ii/stiui, indictione tertia décima.
« Dans ce tombeau repose une servante de Dieu, Drog (?),
« de bonne mémoire, recommandable par sa sainteté; elle a vécu « vingt- quatre ans et est morte le 6 des ides de septembre « (8 septembre), la vingt-quatrième année après le consulat de « Justinus, indiction treizième ».
Le nom de la défunte, réduit à sa première lettre, est difficile à restituer. Peut-être le D initial devrait-il être surmonté d'une barre d'abréviation, ce qui ferait penser à Deorog[ata], nom analogue à ceux de Deidona, Deidata. Deusdedit et autres conçus dans le même ordre d'idées.
Déjà a été faite la remarque que famnlns Dei, famula Dei, sont des expressions d'humilité qui n'impliquent nullement une consécration monastique. Il en est de même de l'épithète sancte-
munialis, qui, plus tard, à la vérité, a été employée pour désigner une religieuse, mais primitivement n'exprimait que la sainteté d'une vie exemplaire. Une des Inscriptions de Vienne (IV, p. 430) mentionne avec la qualification de sanctemuniales une femme, qu'elle dit avoir passé « dans le siècle » les trente-deux ans qu'elle a vécu : vixit in secolo ai/nos XXXII.
La vingt-quatrième année après le consulat de Justinus, le consul de 540, répond à l'an 564, dont les quatre derniers mois, par conséquent le mois de septembre dans le cours duquel est morte la « sanctimoniale » de l'épitaphe, appartiennent à l'indiction treizième commencée avec le premier septembre.
Sanctemunialis = sanctimonialis.
Epitaphes gravées à la suite l'une de l'autre sur la même pierre, la première en deux fragments et presque entière , la seconde réduite à une partie seulement de sa première ligne.
Epitaphe d'Euchirius, datée de la vingt-septième année après le consulat de Justinus, indiction quinzième. = 567.
Arcade XXXII. — Fragment. « trouvé, en 185s, quai de la
« PEYROLLERIE » (Daussigny). rive droite de la SAONE, quartier SAINT-PAUL. — Hauteur o m. 48, largeur o m. 44.
in hoc lu, n 11 10 REQVIESC/f
tonae memor |AE EVCHIRIVS
fl/>/VS OWNIBVS
qui vixit a n N 0 S LXXX OBIIT in pace . . .
/EBRVARIASXXVl!. . .
p.t inslini vcC INDICTIONf QVINTn décima / VIESCIT BO ////
Daussigny, n" 803 de son Registre d'entrées. — Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 1, p. 551, n" 530 des planches.
)RECV 1 G IAE EVCHIRI.V5
750M NIBV5\ N05 LXXX0B1IT
E B R V A R i / CIN DICTIO
/ifcri rP-0
Dessin de notre collègue M. Dissard : en deux fragments.
/// hoc tiinmlo requiescet bonae memoriae Euchirius,
aptus omnibus, , qui vixit ainios LXXX;
obiit in pace februarias, XXVll post consulatum Iitstini
viri clarissimi, indiciione quinta décima.
« Dans ce tombeau repose Euchirius de bonne
« mémoire , bienveillant pour tous , qui a
« vécu quatre-vingts ans et est mort en paix tel jour de janvier
« ou de février, vingt-sept ans après le consulat de Justinus « clarissime, indiction quinzième ».
L'indiction quinzième est celle qui a commencé le rr septembre de 566 et finira la veille de pareil jour en 567.
Arcade XXXII. — Voir l'inscription précédente.
in hoc tumulo rejVIESCIT B 0 n a c m e m o r i a e
Commencement d'une épitaphe gravée à la suite de celle d'Euchirius et vraisemblablement du même temps.
Epitaphe de Nicetius, évêque de Lyon, datée de la trente-troisième année après le consulat de Justinus, indiction sixième = 573.
Perdue. — Une des épitaphes relevées dans la Recherche faite
dans l'église de SAINT-NIZ1ER. en 1308 : Invenimus in primo
dltare a porta meridionali, quod vocatw altare beati Nicetii et est in
eji/s honore dedicatitm et consecratum pront à servitoribus ipsius ecclesiae est hactenus observati/m , lapident quemdam marmoreum qui pro tumba S. Nicetii habebatur, in quo lapide crant scripta et compréhensa quae sequunlur.
ECCE SACERDOTVM TENVIT QVI IVRA SACERDVS
QVO RECVBAT TVMVLO NOMINE NICETIVS VRBS LVGDVNE TVVKI REXIT PER TEMPORA C L E R V M
ECCLESIAKIQVE DEI CORDIS A M 0 R E COLENS 5 QVIQVE SACERDOTIS SANCTVS BIS PROXIKIVS HAERES
SANGVINE CONIVNCTVS CVLMINE SEDE SIMVL VIR BONVS INDVLTVS CVNCTIS FAK1 V LISQVE BEN1GNVS
VERBERE QVISQVE SVO
KIANSVETVS PATIENS Kl I T I S VENERABIUS APTVS 10 PAVPERIBVS PR0K1PTVS S I Kl P L I C I B V S Q V E PIVS
PSALLERE PRAECEPIT N 0 R Kl A Kl Q V E TENERE CANENDI
PRIKIVS ET ALTERVTRVKI TENDERE VOCE CHORVM NOXIA TEKINENDI VITANS DISCRIMINA Kl V N D I
INQVE DEVK1 SOLVKI VIVERE NOVIT OPVS 15 SIC VIGILIS SOBRIVS SIC CASTVS CARNIS VBIQVE
QVO NIHIL IN CLERO DVLCIVS ESSE POTEST CAVSARVIYI SPREVIT STREPITVS VANOSQVE FVRORES
ET SIKIPLEX KIVNDO SED SAPIENS DOMINO IVRA POTESTATVKI VERBI TERRORE COERCENS 20 IVRGIA DESPICIENS SVSCIPIENSQVE DEVKI
AC SIKIVL ERECTVS Kl I T I S PIETATE SERENVS
T R AN SI I T INNOCVVS REGNA SVPERNA TENET ILLIC ET IS PATVIT CALCATIS FORTIS A Kl I C I S
IAKI PARADISIACAS POSSIDET APTVS OPES
25 OBI IT Mil NON APRILIS... XXXIII» POST IVSTINVKI ET INDICT SEXTA
Le premier hémistiche du huitième vers, illisible à cause de l'altération du marbre, restitué par Severt ainsi : Qiiem duro laesit; il faudrait au moins, remarque M. Le Blant, quos au lieu de qiiem.
Le mot TENDERE du douzième vers, remplacé dans la copie des Archives de la Préfecture par le mot REDDERE.
La dernière ligne donne, dans la copie de Sévert, NONIS, et, entre APRILIS et XXXIII , un monogramme qui paraît contenir le chiffre LXXV se rapportant peut-être à l'âge de Nicetius, et, à la fin, INDICTIONNE VI.
Severt, Chronologia historien, p. 109. — Raynaud, Hagiolog. Li/gd., p. 75. — Colonia, Hist. litt., rc partie, p. 361. — Acta, 55, I, avril, p. 94 et IV, juin, p. 121. — Art de vérifier les dates. I, p. 360. — Gerbert, De caniu et musica sacra, I, p. 172. — Journal des Savants, février 1770. p. 107. — Péricaud, Notice sur Sainf-Ni{ier, p. 8. — De Boissieu, p. S90. — Le Blant, I, p. 58.
Ecce sacerdotum tenait qui jura sacerdtts
Qjio recubat tumiilo uoinine Nicetius, Urbs Liigdune, tuum rexit per tempora cleruin
Ecclesiamque Dei, cor dis amore colens, ? Qjiique, Sacerdotis sanetns bis proximus baeres,
Sanguine conjunctus, culmine sede simul, Vir bonus, induit us, cunciis famulisque benignus,
verbere quisque suo,
Mansuetus, patieus, mitis, venerabilis, aptus, ■ o Pauperibus prompt us, simplicibusque pins.
Psallere praecepit normamque tenere canendi
Primas, et alterutrum reddere voce chorum. Noxia temnendi vitans discrimina muiidi,
Iuque deum solum vivere uovit opus :
15 Sic vigilis, sobrius, sic castus carnis, ubique
Qjto nihil in clero dulcius esse potes t, Causarum sprevit slrepilus vanosque furores
Et simplex mundo, sed sapiens Domino, Jura potestatum verbi terrore coercens, 20 Jurgia despiciens, suscipiensque Deum,
Ac simul erectus, mitis, pietûte serenus,
Transiit innocuus, régna superua teuet.
Il lie et is patuit c alcalis fortis amicis,
Jam paradisiacas possidet aptus opes.
Obiit IIU nouas aprilis, anno XXXIII post iustinum et iudictione sexta.
« Le prêtre, du nom de Nicetius, qui repose dans ce tombeau, « a, ô ville de Lyon, dirigé dans son temps avec amour ton clergé « et l'église de Dieu, comme héritier de Sacerdos à double titre, « par le sang et par l'avènement au siège; il a été bon, indulgent
« pour tous, bienveillant pour les serviteurs, , doux,
« patient, vénérable, affable, prompt au soulagement des pauvres, « affectueux aux simples, et, le premier, il a prescrit des règles « pour le chant accompagné du son des instruments et réparti en « chœurs antiphonaires.
« Évitant les querelles intestines d'un monde méprisable et « sachant qu'il n'y a de tâche profitable que de vivre en Dieu, il « a été vigilant, sobre, chaste, — vertus nulle part plus douces que « chez le clergé, — dédaigneux des procès et de leurs vaines « fureurs, simple devant le monde, sage aux yeux du Seigneur, « imposant par la crainte de l'autorité de sa parole un frein aux « droits des puissants, méprisant les contestations, se renfermant « en Dieu, doux dans son élévation, serein dans sa piété, il a « trépassé pur de tout mal pour s'élever dans les royaumes supé- « rieurs, où, les ayant méritées, il a pris possession des richesses « du paradis.
« Il est mort le 4 des nones d'avril (2 avril), la trente-troisième « année après le consulat de Justinus, indiction sixième ».
Nicetius était le neveu de Sacerdos, qui, avant de mourir, l'avait désigné au roi Childebert comme le plus digne d'être son successeur (Grég. de Tours, Vita Patr., VIII, 3). Il est nommé par l'historiographe Gislemar (Acta 55, ord. Ben., I, p. 255), comme ayant pris part à la dédicace de la basilique Saint-Vincent, de Paris, aujourd'hui Saint-Germain-des-Prés.
Le chant antiphonaire, dont son épitaphe lui attribue l'introduction dans l'église de Lyon, y apparaît déjà avant lui dans la fête solennelle de la dédicace de l'église Sàint-Just, sous l'évêque Patient, décrite par Apollinaire Sidoine (Ép., V, 17) : Cultu peracto vigiliarum quos alternante mulcedine monachi clericique
psalmicines concelebraverunt. C'était, du reste, un emprunt aux cérémonies des fêtes du paganisme. Horace parle, dans le Carmen saeculare, des chants alternés des jeunes garçons et des jeunes filles :
Supplices audi pueros, Apollo; Siderum regina bicornis, audi, Luua, puellas.
Zosime (11). dans sa description du rituel du chant sybillin. s'explique non moins clairement : « Que, dans les temples, les « jeunes garçons et les jeunes filles chantent à pleine voix des « hymnes et des péans, les filles placées d'un côté, les garçons de « l'autre ». Nicetius n'a sans doute fait que réglementer dans l'église de Lyon cette partie de la discipline ecclésiastique.
11 est mort aetate sexagenaria, le 2 avril de la trente-troisième année après le consulat de Justinus consul en 540, c'est-à-dire le 2 avril de 573. L'indiction sixième est celle qui a commencé le icr septembre de l'an 572; le 2 avril suivant se trouvait donc compris dans la sixième année indictionnelle.
Nicetius était le grand-oncle maternel de Grégoire de Tours (Hist. Fr., V, 5 : Avunculi matris meae).
De 572 à 576, les Lombards, récemment arrivés en Italie, franchissent plusieurs fois les Alpes et s'avancent jusqu'au Rhône par les vallées de l'Isère et de la Durance. Le patrice Amatus meurt en les combattant; son successeur, Mummolus les bat à Estoublon, dans l'actuel département des Basses-Alpes. Contraints de repasser les monts, ils s'abstiennent de nouvelles tentatives. Quelques années plus tard, Childebert II, allié à l'empereur Maurice, ira, à son tour, exercer des représailles sur les terres des Lombards.
Aptits, \s bienveillant, sympathique », expression fréquente sur les épitaphes chrétiennes, mais ancienne et déjà usitée dans ce sens au temps de Cicéron (Ad famil., 12, 30) : O bominem seinper illum quidem mihi aptum, nunc vero etiam suavem !
Epitaphe de Prisais, évêque de Lyon, datée du mois de juin d'une indiction non indiquée = s86 à 588.
Perdue. — Une des épitaphes relevées dans l'église SA1NT- NIZIER, dans la Recherche faite en 1308 : Item in altare quodam sitbseqiienti, invenimus, ut supra, tumbam beati Prisci, prout per sequentes superpositas Utteras in marmoreo lapide apparebat, quae simt taies.