‹ Inscriptions antiques (volume 4)Chapitre 18 sur 276 · QVI NESCIT CVIVS HOC SIT T A NI SVBLIME S E P V L C H R V M · texte numérisé non relu

QVI NESCIT CVIVS HOC SIT T A NI SVBLIME S E P V L C H R V M

HOC TVIYIVLATA LOCO PRISCI PIA M E NI B R A RECVNIBVNT

QVI R ET I N ET NI E R I T 0 SIDERA C E L S A SVO PROGENIE CLARVS FELIX GENEROSVS 0 P I NI V S

ARBITRIO ET MENTIS IVSTITIAQVE POTENS INDVLSIT PRVDENS NI I X T 0 NI 0 D E R A NI I N E CAVSIS

GEORGIA COIYIPONENS MORE SERENIFERI CONCOMIS ET DIGNVS REGISQVE DOMESTICVS ET SIC

PROMERVIT SVMMO MENTE P L A C E R E DEO HAEC SIBI LVGDVNVM CELSA SACERDOTIS AD VSVM

15 AEDIBVS AD COELVM TERRIS MIGRAVIT AB IMIS

IVNIVS ET MENSIS CVLTVS HONORIS HABET

Ligne deuxième, illisible : et sequitur versus qui legi non potest.

Lignes douzième et quatorzième, pareillement illisibles : et sequuntur plures alii versus qui legi hcue non poterant.

Ligne seizième : Le dernier vers ne se lit que dans le ms. des Archives de la Préfecture de Lyon.

Severt, Chronol histor., 1, p. 117. — Gallia Christian a, IV, p. 36. — Colonia, Hist. littéraire, irc partie, p. 367. — Acta SS. IV, juin, p. 122. — Le Cointe, Annal, eccl., II, p. 347. — De Boissieu, p. S92, d'après le ms. des Archives de la Préfecture. — Le Blant, I, p. 60.

Qui nescit cujus hoc sil tain sublime sepulchrum

Hoc tumulata loco Prisci pia membra recumbunt,

Qui rétine t merito sidéra celsa suo .

Progenie clarus, felix, generosus, opimus,

Arbitrio et mentis justitiaque potens, Induisit prudens mixto moder aminé causis,

Jurgia componens more sereniferi; Coucomis et diguus regisque domesticus, et sic

Promeruit sumino mente placere Deo, Haec sibi Lus:dunum celsa sacerdotis ad iisum

' 5 Aedibus ad coelum terris migravit ab unis

Iuniiis et uieusis cultus honoris habet.

« Que celui qui ignore de qui est ce magnifique sépulcre (l'ap- « prenne de ces vers).

« En ce lieu reposent les membres de Priscus, à qui son mérite « a valu d'être admis parmi les astres. Illustre par sa naissance, « heureux, généreux, puissant par son conseil et sa justice, appor-

« tant dans les différends la modération et la prudence, qui « terminent les contestations par l'apaisement; affable, digne, aimé « du roi, il a ainsi, ayant plu à tous, mérité de plaire à Dieu.

« Il a passé de ce bas monde au Ciel. Le mois de juin honore sa mémoire ».

Il nous importe médiocrement de savoir si Priscus, animé de sentiments tout différents de ceux dont le loue son épitaphe, a été réellement, d'après Grégoire de Tours, injustement hostile à la mémoire de son prédécesseur et s'il a été, ou non, béatifié; mais nous apprenons avec intérêt qu'il était l'ami du roi Gontran ; si son intimité avec ce prince relativement bon ou, pour mieux dire, le moins mauvais d'entre les princes de son temps, a exercé quelque heureuse influence sur les actes louables de son gouvernement, cela peut, à la rigueur, grandement suffire à son éloge.

La date de sa mort était peut-être contenue dans les vers qui manquent dans la dernière partie de son épitaphe. On croit être assuré qu'elle doit prendre place dans le court intervalle de 586 à 588.

En 580, eurent lieu dans le centre de la Gaule de grands débordements, dont Lyon eut aussi à souffrir. « La cinquième année du « roi Childebert », dit Grégoire de Tours, « le pays d'Auvergne fut « affligé d'un grand déluge d'eau, tellement que la pluie ne cessa

« de tomber pendant douze jours Les rivières de Loire et

« d'Allier, ainsi que d'autres cours d'eau qui viennent s'y jeter, se « gonflèrent à ce point qu'elles sortirent des limites qu'elles

« n'avaient jamais franchies ; Le Rhône, qui se joint à la

« Saône, se répandit aussi au-delà de ses rives et renversa en « partie les murs de la ville de Lyon. La pluie ayant cessé, les « arbres fleurirent une seconde fois, quoi qu'on fût au mois de « septembre » (Histor. Francorum, V. c. 33 ; voir Bladé, Vascoiiie cispyrcnèenne. 1891, p. 4).

Georgia =jurgia. Sereniferi ■=. serenifero.

Epitaphe d'Agapus, datée de la soixante-neuvième année après le consulat de Justinus, indiction quatrième = 601.

Arcade XXXII. — Table de pierre blanche, « vue par Spon dans s< la façade d'une maison située sur la place SAINT-JUST et appar- « tenant aux Minimes. — Hauteur o m. 25. largeur o m. 53.

+ EPYTAFIVM HVNC QVI INTVIS LECTOR BONE RECORDACIONIS AGAPI NEGVCIXORIS MENIBRA QVIESCVR . NAM FVIT ISTE STACIO M I SE R I S ET PORTVS E GIN IS OMhEBS APÏl 5 FVIT PRAECIPVAE LOCA S CO R V M ADSE

OVE.ET ELEMOSINAIVET ORACIONEM STVDVIT . VIXIT IN PACE A N NS LXXXV . 0~B XIII.KÂL APRILIS LXI PC IVSTINI II^fCT Q\ARTA

Spon, Recherche, p. 48. — Maffei, Gall. ant., pp. 95, 98. — De Boissieu, p. 593. en fac-similé. — Comarmond, Description, p. 1 17 ; Notice, p. 40. — Le Blant, p. 40, pi. n° 17.

+ EPY I AFlVMI-lvNCQviiNTVlS LECTol^ 6ois£RECOROAC10NlSA6APir^6VCiÂORlS

KMSRKQVlESCVKT-NAMPVlTlSTESTAClO M1S6R.IS ET POR-tfvSE6IMlS ÛMI^BlAPfs

FViTPRaEcipI/aeiOCASCoRVMADSE DVEETELÊMOSiyjM^TORACIiJMEM

iTV DV(T- VIXij-lNPACEANNS LXXXVOD y lit AL APRUlSLJUPCIVSTlNIIfOrLTûSARTA/

Dessin de notre collègue M. Dissard : la pierre brisée en deux.

Epytajium hune qui intuis, lector, bone recordacionis Agapi negueiatoris membra quiescunt; nain fuit iste stacio miseris et portas eginis, omnebus aptus fuit, praecipuae loca sanctorunt adsedue et eleinosinam et oraeiouem studuit ; vixit in pace an nus LXXXV ; obiit XIII halendas apritis, LXï post consulatum Iustini, indictione quart a .

« Lecteur qui regardes cette épitaphe, ici reposent les membres « du négociant Agapus, de bonne mémoire ; asile des malheureux, « port des indigents, bienveillant pour tous, visiteur assidu des « sépultures des Saints et zélé pratiquant de l'aumône et de la « prière, il a vécu en paix quatre-vingt-cinq ans et est mort le i 3 « des calendes d'avril (20 mars), la soixante-unième année après le « consulat de Justinus. indiction quatrième ».

Le 8 des calendes d'avril du soixante et unième post-consulat de Justinus. supputé d'après le mode Marcellinien, et l'indiction quatrième concordent exactement avec l'année 601. Au contraire, le mode Victorien donnerait l'an 600 et l'indiction troisième. C'est donc le mode Marcellinien qui est resté seul en usage à Lyon, tandis que depuis l'an 566 prévalait généralement partout ailleurs l'autre système.

Gontran avait laissé, à sa mort en 593, la Burgondie à son neveu Childebert II, roi d'Ostrasie depuis 575; celui-ci étant mort en 596, elle a passé alors à Thierry II, son second fils, tandis que l'aîné Théodebert II hérite de I'Ostrasie.

Après Thierry II mort en 613, ou plus précisément après la reine Brunehaut, sa grand'mère. qui lui survit peu de temps, la Burgondie n'aura plus de rois particuliers, car tout de suite après Théodebert (612), Clotaire II réunit toutes les parties du royaume franc sous une seule monarchie (613-628), qui se maintient sous son successeur Dagobert (628-638). Elle ne sera pas pour cela dépouillée de ses institutions indépendantes ; elle les conservera,

elle continuera à avoir son armée et ses majordomes à elle, et, pendant toute la durée de la période mérovingienne, elle exercera, par sa supériorité de civilisation sur les autres peuples barbares de la Gaule, une influence particulièrement féconde.

Agapus. nom essentiellement chrétien.

Intuis = intueris.

Neguciatoris = negotialovis ; le rappel de la profession peu fréquent par les inscriptions chrétiennes.

La substitution du c au /(dans neguciatoris et dans stacio), lorsque celui-ci suivi d'un i se prononçait comme s, est de toute ancienneté. Cependant, d'après le formel témoignage de Quintilien, le c avait, chez les Latins, devant toutes les voyelles, la valeur du /;. L'évolution peut s'expliquer peut-être par ce fait que la primitive figure du sigma grec a été de bonne heure remplacée par celle du c; l'identité de forme aura amené, en certains cas particuliers, l'identité de prononciation.

Stacio = statio. Eginis = egenis. Omnebus = omnibus. Praecipuae = praecipue.

Adserfite = adsidue, forme plus étymologique qu'assidue.

Fragment daté de la quatre-vingt-deuxième (?) année après le consulat de Justinus — 622.

Don Derriaz.

Arcade XXXII. — Fragment de marbre, « trouvé dans la SAONE »

et entré au Musée en 1864 (Daussigny). — Hauteur o m. il, largeur o m. 08.

. . . A.IQVA

...DVITH

. . . Q V I V I X » t . . . 0 b i i t ... . . . Lx x x I ' PC iustini indictione

Daussigny. n° 1025 de son Registre d'entrées.

Dessin de notre collègue M. Dissard.

qui vixit aimos ; obiit LXXXII

post consulat 11111 Instini, indictiouc

« qui a vécu ans et est mort la

« quatre-vingt-deuxième année après le consulat de Justinus. « indiction ».

Ce fragment, si la restitution proposée était certaine, présenterait la plus longue série post-consulaire connue et d'autant plus remarquable que déjà on datait par les noms des rois. Cependant, les mots post consulatum nécessitant la présence antérieure du mot obiit, et ce mot nécessitant à son tour, à sa suite, une date précédant le nombre d'années écoulées post consulatum, c'est-à-dire depuis la tin de S40, il ne serait peut-être pas impossible que la lettre L, qui paraît appartenir au nombre LXXXII, soit un débris de l'abréviation apri]l ou ///]/ d'un des mots apriles ou julias précédé de nouas, idus ou kalendas, ce qui réduirait le nombre des post-consulats à XXXII et rentrerait entièrement dans la vraisemblance.

Il s'agirait alors de l'an 572 et de findiction sixième, en supposant que l'indiction fût rappelée.

Fragment daté d'une indiction, du sixième siècle.

= Seconde moitié

Arcade XXXII. — Fragment trouvé en 1842 dans les « fondations « d'une maison de la rue de la BOUCHERIE SAINT-GEORGES » (Comarmond). — Hauteur o m. 08, largeur o m. 09.

INDICClOwe

De Boissieu, p. 602, n° 72 en fac-similé. — Comarmond, Description, p. 112; Notice, p. 38. — Le Blant. I. p. 164. pi. n° 50.

Dessin de notre collègue M. Dissard.

B]enig(n)a indiccionc.

Fragment postérieur, à cause de la mention de l'indiction, à 537, année de l'édit de Justinien qui en prescrit l'emploi dans les dates officielles, et à 545, année du plus ancien exemple certain de l'indiction sur les inscriptions de Lyon. Il se rattache ainsi à la série des post-consulats de Justinus, série qui, à partir de 541,

remplit toute la seconde moitié du sixième siècle et se prolonge même jusqu'aux premières années du septième.

Benigna, restitution peu certaine; peut-être plutôt ] enigila

et alors un nom incomplet probablement burgonde.

Epitaphe de Domenecus, datée seulement de l'indiction. = Seconde moitié du sixième siècle.

Non entrée au Musée. — Tablette de marbre, trouvée en 1835 sur le versant sud-est de la colline SAINT-1RÉNÉE . dans la propriété De Chazournes. lieu dit le Châtelard.

+ IN HOC T0M0L0 REQVIIS CIT BONE MEMORIAE D 0 M E N E CVS INNOCENS QVI VIXSIT IN PACE ANNVS QVINQVI ET IN MAR 5 TIRIO ANNVS SEPTE OBIIT QVINTO 3

CEIVIO KLENDAS MAR INDIC DCEMA

De Boissieu, p. =.48. — Abbé Greppo. dans la Revue dit Lyonnais. XII. p. 51. — Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gante. I, p. 78, pi. n" 19.

+ /// hoc tomolo reqniiscit bone inemoriae Domenecus, innoeens. qui vixsit in pace an uns qninqiti et in martirio annns septe(m); obiit quinto décerna halendas martias, indictione décerna.

« Dans ce tombeau repose Domenecus de bonne mémoire, « innocent enfant, qui a vécu en paix cinq ans et. dans ce

sv martirium, sept ans. 11 est mort le 15 des calendes de mars « (15 février), indiction dixième ».

L'indiction dixième , pendant laquelle est décédé Domenecus en février, revient, à partir de la moitié du sixième siècle, aux années 547, 562, 577, SQ2, 607, 622 et ainsi de suite.

L'épitaphe, à cause de sa facture assez bonne, paraît devoir être rapportée à l'indiction dixième de quelqu'une des plus anciennes de ces périodes, c'est-à-dire les plus rapprochées de la moitié du sixième siècle.

« Martyrium », dit l'abbé Greppo. « était le nom donné dans les « premiers siècles du christianisme aux églises, parce qu'elles « étaient ordinairement élevées sur les tombeaux des martyrs ».

Domenecus, voué au culte du Seigneur dès son bas âge ou même dès sa naissance, comme semble l'indiquer son nom, a servi sept ans dans le martyrium de Lyon, c'est-à-dire dans l'église Saint-Irénée, près de laquelle son tombeau a été découvert. Entré au service de cette église à cinq ans. il est mort à l'âge de douze ans.

Tomolo = tumulo.

Requiiscit = requiescit.

Domenecus = Dominions.

Qiiinqui = quiuque.

Martirio = martyrio.

Annus = annos.

Septe = Septem.

Klendas = kalendas.

Decemo = decimo. Décerna = décima, avec alternance de IV et de 1'/,

ISO INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES

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