‹ Inscriptions antiques (volume 4)Chapitre 8 sur 276 · PC ANASTAS · texte numérisé non relu

PC ANASTAS

Artaud, Notice 1816, p. 31. — De Boissieu, p. 592 en facsimilé. — Comarmond, Description, p. 130. — Le Blant, I. p- 160, n° 55.

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Dessin de notre collègue M. Dissard : au-dessous du texte, la moitié droite du monogramme du Christ dans un cercle.

Hic requiescit in pace boue memoriae , qui vixit annos

defunctus est posl consulatum Auastasii et Rufi virofum

clarissimorum consul// m .

« Ici repose en paix de bonne mémoire, qui a vécu

« ans ; il est mort le l'année après le

« consulat d'Anastase et de Rufus clarissimes ».

La date de cette épitaphe est certaine; il n'y a pas d'exemple connu d'une inscription datée d'un second post-consulat d'Anastase et de Rufus, les consuls de 492. Les inscriptions datées de 494 sont toutes aux noms des consuls de l'année Asterius et Praesidius.

L'inscription de Lyon est donc sûrement de l'an 493.

Epitaphe de Siquana, datée du consulat d'Avienus = 501.

Arcade XXXII. — Tablette de marbre, « découverte dans le « quartier SAINT-JUST » (Artaud). — Hauteur o m. 22, largeur o m. 28.

IN HOC TVMVLO REQV IIS CET BONAE MEMORIAE SIQVANA QVAE VIXIT ANNOS XXX OBIIT IN 5 PACE X<ï KAL IVNIAS

ABIENO V C"0~NS

Artaud, Notice, 1808, p. 82 ; 1816, p. 26. — De Boissieu,

p. S67. en fac-similé. — Comarmond, Description, p. 110, — Le Blant, 1, p. 140, pi. n° 30.

Dessin de notre collègue M. Dissard : en bordure au bas du texte, un rinceau.

/// hoc tumulo requuscet bonae memoriae Siquana, quae vixit annos XXX; obiit in pace XVI kalendas jitnias, Abieno viro (clarissimo) consule.

« Dans ce tombeau repose Siquana de bonne mémoire, qui a « vécu trente ans ; elle est morte en paix le 16 des calendes de « juin (17 mai), sous le consulat d'Abienus clarissime ».

Un Avienus a été consul au cinquième siècle ; Gennadius Avienus en Occident avec Valentinien III consul pour la septième fois, en 450; deux autres au sixième, tous deux en Occident: Rufius Magnus Faustus Avienus en 501, et Flavius (plutôt que Flavianus) Avienus junior en 502 (de Rossi, 1, p. 603 et 608). L'épitaphe de Siquana est de l'an 501 ; l'Avienus de 450 n'aurait pas été nommé sans son collègue l'empereur Valentinien, ni celui de 502 sans l'épithète de junior.

Tandis qu' Avienus, consul d'Occident en 501, a été promulgué en Occident et en Orient, Pompeius son collègue d'Orient est resté inconnu en Occident, et il en sera de même pour tous les consuls d'Orient jusqu'en 536, c'est-à-dire jusqu'à la guerre de Bélisaire contre les Goths.

Devenu roi d'Italie après la reddition et le meurtre d'Odoacre en 493 et reconnu avec ce titre quelques mois plus tard ,

Théodoric cherche, tout en observant a l'égard de l'empereur des marques de déférence, à se rendre, au moins dans les choses d'importance secondaire, indépendant et à paraître tel aux yeux des autres rois barbares; il s'abstient à partir de 496 et pendant toute la durée de son régne de promulguer dans ses Etats et de transmettre aux autres Etats d'Occident les noms des consuls d'Orient. De son côté, la cour de Constantinople, qui, au temps d'Odoacre, refusait d'admettre en Orient les noms des consuls d'Occident, suit vis-à-vis de Théodoric une conduite contraire et, dans le but sans doute de l'obliger à la réciprocité, se montre soigneuse de promulguer, chaque année, en Orient le nom du consul d'Occident.

En Burgondie, d'importants événements se sont accomplis. Clovis, dont l'ambition est incitée par les évêques, a, dès l'année précédente (500). sous le prétexte de détruire l'arianisme, envahi les Etats burgondes, et une bataille s'est livrée devant Dijon. Trahi dans le combat par son frère Godegisèle secrètement d'accord avec l'ennemi, Gondebaud, vaincu, s'est enfui jusqu'à Avignon, et là, ayant, au moyen d'une somme payée comptant et de la promesse d'un tribut annuel, traité avec son vainqueur et réussi, après le départ du roi franc, à s'emparer de Vienne, où se tenait Godegisèle, qu'il fit périr, il se remet sans beaucoup de peine en possession de Lyon et des autres parties du territoire perdu à la droite de la Saône et réunit ainsi entre ses mains tout le royaume qu'avait eu son père, moins toutefois la Provenee méridionale. Le pays au sud de la Durance et même la ville forte d'Avignon de ce côté-ci de la rivière se trouvent avoir passé au pouvoir du roi d'Italie. Théodoric ne garde pas longtemps cette conquête; afin de renforcer contre les Francs les Visigoths, les frères d'origine de son peuple, il la leur abandonne, et elle leur restera jusquà la guerre de 507 à 310 qui mettra fin au royaume d'Aquitaine; elle lui reviendra alors pour être annexée à l'Italie.

Que les évêques catholiques de la Burgondie fussent de connivence avec Clovis, on le voit clairement par le reproche que leur fait Gondebaud, dans la conférence religieuse de 499, de ne pas ignorer que ce prince prépare la guerre contre lui et sollicite son frère à la défection, et de ne pas employer, « selon l'esprit « d'une foi sincère, qui défend la convoitise du bien d'autrui et la « soif du sang des peuples ». leur influence pour détourner du pays ce malheur, et aussi par la réponse d'Avitus, évasive d'abord puis hardie et menaçante, puis encore plus manifestement par la lettre de félicitations de celui-ci à Clovis vainqueur : « Votre victoire est « la nôtre! ». Gondebaud eût-il alors abjuré l'arianisme, cela eût obligé sans doute à chercher un autre prétexte de la guerre, mais n'eût pas plus servi pour la préservation du royaume que n'ont plus tard servi les conversions de ses fils Sigismond et Godomar. Le trône burgonde, aussi bien que celui des Visigoths, était irrévocablement condamné, et Clovis seul, malgré ses mœurs grossières, sa cruauté et son hypocrite scélératesse, était, depuis son mariage, procuré d'ailleurs uniquement dans ce but, l'élu de l'épiscopat gallo-romain, destiné par lui, au risque d'un irrémédiable déchaînement de la barbarie, à étendre sur la Gaule entière la domination franque et avec elle celle du catholicisme.

Un arianisme comme celui de Gondebaud, tolérant, exempt d'excès de superstition, se guidant d'après les livres saints, s'occupant moins de théologie que de gouvernement, était certainement plus honnête, plus chrétien, moins préjudiciable aux intérêts de la civilisation que l'orthodoxie de beaucoup d'évêques , chez qui le zèle religieux , couvrant une ambition politique, étrécissait le sens moral; il était plus honnête par exemple que l'orthodoxie d'Avitus, foulant aux pieds son devoir de sujet jusqu'à ne pas reculer devant la trahison, et que celle des membres catholiques de la conférence, qu'on voit recourir sans scrupules à des actes qu'ils ne peuvent avouer ; car voulant exercer une pression sur la volonté du roi et frapper d'un grand

coup les esprits par une manifestation de merveilleux, ils ont d'avance préparé nuitamment dans l'église de Saint-Just un miracle : le Saint, publiquement questionné sur la valeur respective des deux croyances, devra du fond de son tombeau prendre la parole. En même temps a été habilement provoquée chez la foule, accourue en grande affluence à l'occasion de la fête patronale, une vive surexcitation de ferveur contre le roi par une mise en scène de gémissements et de pleurs sur son endurcissement, par des prières ordonnées pour sa conversion. Puis, lorsque, le second jour du débat, la proposition est faite à Gondebaud par Avitus de se rendre tous à l'église pour entendre Dieu lui-même se prononcer par la bouche du Saint, les prêtres ariens font d'un seul mot crouler l'ingénieuse machination : « Il leur suffit », disent-ils, « de s'en tenir aux Ecritures, plus fortes que tous les prestiges et « tous les actes de nécromancie ».

Il faut constater ici la conduite loyale des Burgondes en contraste avec celle des Romains : d'un côté la droiture , de l'autre l'artifice, l'appel à l'effervescence populaire et finalement une manifeste tentative de tromperie, L'homme supérieur en cette circonstance est le roi Gondebaud.

Requiiscet = requiescit, avec double transposition de \'e et de \'i et de \'i et de \'e.

Siqttana = Sequana, nom de pays devenu un nom de personne.

XC\ = XVI, avec emploi de l'épisème.

Abieno = Avieno, par confusion du b et du v. Le Recueil intitulé Latini scrmonis vetuslioris reliquiae selectae, d'Egger, n'indique pas d'exemple de la confusion du b et du v. Elle paraît cependant ancienne. Le héros légendaire des origines de Rome, appelé Vivenna sur la Table de Claude, est Vibenna dans Tacite (Ami., IV, 65), et le nom du même personnage est écrit Vipinas sur une peinture étrusque (ci-dessus, I, p. 92).

Epitaphe de Rusticus, évêque de Lyon, datée du consulat d'Avienus = 501.

Perdue. — Une des épitaphes découvertes dans la Recherche faite en 1308 dans l'église SAINT-N1ZIER ; « elle était derrière « l'autel dédié à ce saint évêque » : Rétro altare beati Rustici tmnbam ejus invenimus, prout in versibus marmoreo lapide superscript is continèbatur .

CVM TVA RVSTICE RECVMBVNT HIC MEMBRA SACERDVS

FAMA PEREGRINI CERNIT OPVS TVMVLI ACTAQVE CAERVLEIS INSVLTAT VITA LATEBRIS

NIGRA SVPERFVS1 NEC T I lïl E T ANTRA S 0 L I ASTRA FOVENT ANIMAI*! CORPVS NATVRA RECEPIT

HOC QVOQVE NON VELLET MORS LICVISSE SIBI DENIQVE PACATO SOCIATVR GLORIA COELO

ET IYIERITIS PALMAM LVX C0IV1ITATVR AMANS MIRA IGITVR RES EST VANI PRAECONIA MVNDI

QVAESITAS COELI PROMERVISSE VIAS FASTIBVS EMERITIS ET SVMMO FVNCTVS HONORE

AETERNI SECVM PRAEMIA IVRIS HABET MILITE LEGIFERVM MODERATVS CORDE TRIBVNAL

PRAEBVIT INGENIO FORTIA TELA DVCI LVBRICA SED CVRIS HOMINVM IAM SAECLA RELINOVENS

SVSCEPIT SACRI SERTA MINISTERII

OBIIT VII KAL MAIAS ABIENO CONSVLE

Les dernières lignes de la partie métrique étaient illisibles

et sequuntur versus, dit le procès-verbal de la visite, qui legi non possimt pr opter fracturant marmoris. Tout au bas du tombeau, in margine tumitli, « on lisait une dernière ligne en prose conte- « nant la date du décès ».

Severt, Cbronolog, bistor., p. 63. — Colonia, Hist. littér. de Lyon, I" partie, p. 364. — De Boissieu, p. 569. — Le Blant, I. p. 50.

Citm tua, Rustice, recumbunt hic membra, sacerdus,

Faina peregrini cernit optis tuiiiuli Actaque caevuleis insultai vita latebris

Nigra superfusi nec timet autra soli; 5 Astra fovent animant, corpus natura recepit;

Hoc quoque non vellet mors Hcuisse sibi. Deuique pacato sociatur gloria coelo

Et meritis palmam lux comitatiir amans.

Mira igitur res est vaui praeconia mundi 10 Qiiaesitas coeli promeruisse via s.

Fastibus emeritis et suiuiiio functus honore

Aeterni secuni praemia juris habet, Milite legiferum moderatus corde tribunal

Praebuit ingenio fortia iela duci.

1 5 Lubrica sed curis bominum jam saccla rclinquens,

Suscepit sacri serta ministerii

Obiit Vil hal(endas) niaias, Abieno consulc.

« Tandis, prêtre Rusticus, que tes membres reposent ici, ta « renommée voit l'oeuvre d'un tombeau qui lui est étranger; ta « vie, terminée, se rit des caveaux obscurs et n'a rien à craindre « des noirs antres creusés sous le sol. Ton âme, réchauffée, habite « parmi les astres; ton corps a été repris par la nature; et aussi

« la Mort en est à regretter que cela lui ait été permis. Enfin, ta « gloire est associée au Ciel dans le sein de la paix, et la lumière « y accompagne ta victoire obtenue par tes mérites.

« C'est une chose, certes, merveilleuse d'avoir pu mériter à la « fois les louanges du monde vain et les voies enviables du Ciel, « obtenir, avec les faisceaux et le plus élevé des honneurs, la « récompense du droit éternel. Après avoir, du haut du tribunal, « rendu la justice avec modération et bonté, et fourni par une « expérience tenant du génie de puissantes armes au chef, il a « abandonné aux soucis des hommes le siècle glissant, et ceint « les insignes du saint ministère

« Il est mort le 7 des calendes de mai (2s avril), sous le « consulat d'Abienus >-.

L'Avienus de cette date, ne pouvant être celui de 450, est certainement celui de 501 ou de 502; il vient d'être expliqué que le consul de 502 est ordinairement désigné, en distinction de son homonyme de 501, par l'épithète de junior. Rusticus est donc mort le 25 avril de l'an 501.

De même que la plupart des évêques de cette époque, Rusticus avait eu, avant sa carrière ecclésiastique, une carrière civile; il avait rempli dans celle-ci un poste assez haut pour pouvoir être comparé au consulat, si ce n'est le consulat même, et appelé « le plus élevé « des honneurs » : Fastibus (lire fascibus) emeritis et siimnio fiincîus honore, et, d'après ce qui suit immédiatement : milite legiferum moderatus corde tribunal, praebuit ingenio fortia tela duci (où les mots milite corde sont peut-être à corriger en miti et corde), il aurait eu, dans ce poste, à rendre la justice et l'occasion de fournir au roi , dans ses travaux de législation , par sa profonde expérience, de puissantes armes de droit. « C'est qu'en « effet, pour les grands propriétaires du sol, pour les membres « des anciennes familles aristocratiques, il n'y avait, dans les « premiers temps après la chute de l'empire, d'autre alternative « que la vie privée ou l'épiscopat; ils retrouvaient dans celui-ci

« une situation sociale convenable à leur rang et, au delà même « de leurs espérances, la part d'influence à laquelle ils croyaient « avoir des droits ».

Plus instruits, plus rompus aux affaires que les nobles barbares, qui tenaient à honneur de n'être propres qu'à la guerre, les évêques se trouvaient naturellement désignés pour toute négociation demandant quelque peu d'habileté diplomatique et de parlementarisme, et ainsi s'explique que Théodoric, voulant racheter, pour le repeuplement de la Ligurie devenue inculte, les captifs que Gondebaud en avait emmenés en 489, charge de cette mission auprès du roi burgonde un évêque; Epiphane, évêque de Pavie, s'adjoint l'évêque Victor, de Turin, et ceux-ci, arrivés à Lyon, Rusticus, qui, sur la recommandation, il est vrai, du pape Gélase, s'emploie activement à la réussite de leur bienfaisante tâche. Plus de six mille prisonniers, dont quatre cents fournis par Lyon seul, sont relâchés sans rançon; les autres furent rachetés, et l'or mis à la disposition d'Epiphane étant insuffisant, une noble dame lyonnaise du nom de Syagria subvient de sa propre fortune. La mission a duré du mois de mars au mois de juin et amené la conclusion du mariage de la fille de Théodoric, Ostrogotha, avec Sigismond, le fils aîné de Gondebaud.

Rusticus ne conserve pas l'épiscopat jusqu'à la fin de ses jours; en soi, il s'en était démis depuis déjà plusieurs années. Cela était sans doute dit dans les derniers vers de son épitaphe, illisible à l'époque où elle a été lue. 11 y était peut -être aussi parlé de sa coopération à l'œuvre du rachat des prisonniers ligures; toutefois, il se peut que le rédacteur n'ait pas cru pouvoir descendre des hauteurs nuageuses où il se tenait pour mentionner un détail si technique; toute chose dite d'une manière tant soit peu précise inspirait à la littérature d'alors une sorte d'horreur.

Sacerdus = sacerdos, à cette époque, synonyme d'episcopus.

Epitaphe de Thalasia, datée du consulat d'Avienus =501.

Arcade XXXII. — « A SAINT-IRÉNÉE, dans le pavé de l'église « basse, assez près du puys où furent recueillis les os de la plupart « des martyrs » (Spon); plus tard, « dans la collection des Géno- « véfains » (Artaud). — Hauteur : o m. 22, largeur : o m. 39.

IN HOC TVMVLO REQV IISCET BONAE MEMO RIAE THALASIA QV I VI XIIT ANNVS XI 5 OBIIT IN PACE QUI

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