NEPOTI
Aitgusto deo Marti. Augustae deae Vestae. Augusto deo Volkano; Sex. hdio Thermiano, Senonio; Aquiliae Flaccitlae, civi Aeduae, uxori ; Sex. hdio Sex fi lia no , fratri ; Iuliae Régime, Magilii Honorati filiae, nepti; Iuliae Thermiolae, filiae ; M. Tullio Thermiano, nepoti.
« En l'honneur de la maison impériale, Sextus Julius Thermianus. « sénonais, prêtre à l'autel du Confluent, a, en accomplissement de « son vœu, élevé ce monument pour lui-même et les siens:
« Au dieu Mars auguste, à la déesse Vesta auguste, au dieu « Vulcain auguste; à Sextus Julius Thermianus, sénonais; à « Aquilia Flaccilla, de la cité des Éduens, sa femme ; à Sextus « Julius Sextilianus, son père; à Julia Regina, fille de Magilius « Honoratus. sa petite-fille ; à Julia Thermiola. sa fille ; à Marcus « Tullius Thermianus, son petit-fils ».
Une inscription du musée de Sens, très savamment reconstituée et commentée par M.Julliot, Président de la Société archéologique de cette ville, fait connaître qu'un personnage municipal de la cité des Sénonais, Marcus Magilius Honoratus, gendre d'un prêtre à l'autel du Confluent, le Sénonais Sextus Julius Thermianus, a élevé,
au chef-lieu de sa patrie, en l'honneur de la famille impériale et en accomplissement d'un vœu pour lui-même et les siens, un monument dédié « à Mars, à Vulcain et à la sanctissime déesse <\ Vesta ».
Ce monument, extrait pierre par pierre, il y a quelques années, des anciennes fortifications de la ville, présente un long stylobate, dont la -base n'a pas été retrouvée ou n'a pas été recueillie, mais encore pourvu de la corniche qui formait son couronnement. En son état actuel, il se compose de vingt-quatre grands blocs quadrangulaires, sur trente qu'il avait primitivement, de i mètre à i mètre 70 centimètres de long, disposés en trois assises superposées de o m. 66, 67 et 68 centimètres de hauteur. 11 a, par conséquent. 2 mètres 01 centimètre de haut; il avait de plus autrefois la hauteur de la base non retrouvée. 11 a en longueur, aujourd'hui comme autrefois, 12 mètres 18 centimètres. L'épaisseur du dé est de 58 centimètres. La corniche fait retour sur les quatre faces.
Immédiatement au-dessous de la corniche, une ligne de lettres qui se développe sur toute l'étendue de la face antérieure du stylobate contient les noms du dévot ainsi que le motif et l'objet de la dédicace. Au-dessous de cette ligne et renfermées dans un encadrement commun de moulures terminé à chacune de ses extrémités par un ornement semi-lunaire, se lisent six inscriptions alignées horizontalement, auxquelles répondaient six statues placées audessus : celle du donateur et celles de cinq membres de sa famille.
Un monument à peu près pareil avait été élevé au confluent de la Saône et du Rhône, non par le même personnage, mais par son beau-père, le prêtre Thermianus. Il était dédié aux mêmes divinités et sans doute aussi il avait été érigé, comme celui de Sens, en l'honneur de la maison régnante et en accomplissement d'un vœu de l'auteur pour lui-même et les siens, c'est-à-dire les mêmes personnes en partie que celles qui sont mentionnées sur le monument sénonais d'Honoratus. Malheureusement, deux seulement des pierres retrouvées en différents temps du stylobate lyonnais ont été conser-
vées et étaient jusqu'à présent insuffisantes pour permettre une reconstitution. Grâce à la découverte de Sens, cette reconstitution est devenue possible ; M. Julliot l'a tentée avec une entière réussite, et c'est, à l'exception de quelques modifications d'importance tout à fait secondaire, celle qui est" ci-dessus proposée. Dans la dédicace de notre monument, nous avons introduit un détail nécessaire : la qualification de Thermianus comme prêtre à l'autel du Confluent ; de plus, nous avons associé Mars à Vesta et à Vulcain comme il leur est associé dans la dédicace du monument de Sens. Sur ce dernier, il ne paraît pas que d'autres statues aient pris place que celles d'Honoratus et de ses proches. Au contraire, la disposition des inscriptions du monument du Confluent semble indiquer que les statues des divinités mentionnées devaient y figurer avec celles de Thermianus et des siens ; mais les statues divines étant certainement plus grandes que celles des simples mortels, la symétrie réclamait leur place au milieu du stylobate plutôt qu'à son extrémité gauche, et nous avons modifié conformément à cette donnée l'ordre des inscriptions.
La première de ces inscriptions de gauche à droite est celle de Sextus Julius Thermianus, l'auteur du monument. Il est simplement qualifié de Senonius ; mais celle des inscriptions du stylobate de Sens qui le concerne le désigne expressément sacerdos arae inter confluentes Araris et RboJani, omnibus honoribus apud suos functus, et le dit beau-père d'Honoratus.
La seconde est celle de sa femme, dont nous devons le nom au stylobate de Sens; elle s'appelait Aquilia Flaccilla ; elle était éduenne et pourvue du droit de cité romaine : civi Aeduae.
La troisième nomme un Sextus Julius Sextilianus qui probablement était un frère de Thermianus. Il ne figure pas sur le stylobate de Sens.
L'inscription qui vient à la suite de celles des trois divinités, la septième dans l'ordre proposé, est celle d'une petite-fille de Thermianus : Julia Regina; née du mariage de la fille de Thermianus
avec le sénonais Marcus Magilius Honoratus , le donateur du stylobate de Sens, flamine d'Auguste dans sa cité et promu à tous les honneurs municipaux.
Vient ensuite l'inscription de la fille de Thermianus. Julia Thermiola, l'épouse d'Honoratus et la mère de Regina.
La dernière et neuvième est celle d'un petit-fils de Thermianus du même surnom que lui : Marcus Tullius Thermianus; un fils soit d'un premier mariage de sa fille Thermiola, soit d'une autre fille peut-être morte et non nommée sur le monument. Marcus Tullius ne figure pas sur le stylobate de Sens.
Le monument de Thermianus au Confluent a sans doute été fait un peu plus tôt que celui d'Honoratus à Sens ; mais les deux sont. à quelques mois ou à quelques années près, de la même époque. La formule Jonms augusta employée dans la dédicace de celui de Sens permet de reconnaître que cette époque n'est pas postérieure au règne de Commode; c'est sous Commode que s'établit l'usage, ensuite généralement suivi, d'appeler la maison de l'empereur, non plus domus augusta, mais domus diviua. Nous ne savons dire si la dédicace à Vesta et à Vulcain se réfère à quelque événement de ce temps. L'histoire a toutefois gardé le souvenir d'un tremblement de terre arrivé sous le règne de Commode, en 191, et par lequel fut allumé à Rome un incendie qui détruisit une partie de la ville et entre plusieurs autres édifices le temple de Vesta (Hérodien, 1; Dion, 72, 24). De grandes insurrections et de grandes guerres survenues à cette époque pourraient justifier aussi la dédicace à Mars. Mais si l'inscription n'est pas postérieure au règne de Commode, elle peut bien être de beaucoup antérieure et remonter peut-être jusqu'aux temps voisins de cette année terrible qui vit entre Néron et Vespasien la chute de trois empereurs, deux guerres civiles, l'Italie mise au pillage. Rome prise d'assaut et livrée aux flammes, et tout le nord-est de la Gaule violemment secoué par les convulsions de cette grande crise.
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Statue d'un Tricassin, prêtre au temple de Rome et des trois Augustes.
Arcade XXIX. — Bloc quadrangulaire ayant autrefois fait partie d'un stylobate qui portait des statues; employé au moyen âge à porter la croix du cimetière dit de SAINT-PIERRE et SAINT- SATURNIN, quartier des TERREAUX, et retaillé à cet effet en biseau sur ses bords en haut et de chaque côté jusqu'au bas de la deuxième ligne à gauche et de la septième à droite ; entré au Musée avant 1808. — Hauteur 1 m. 66, largeur o m. 80. Hauteur des lettres de la dernière ligne o m. 32.
C • CATVL / i 0
D E C I M I u 0 TVTI- CATVLLIN/ fil
TRICASSIN • OM/uô 5 HONORIB • A?ud su
OSFVNCT- SACerd ADTEMPLROM • et AVGGG-III-PROV-Gtf//
Le troisième G de AVGGG martelé dans l'antiquité et encore visible.
Gruter, 386. 8. — Symeoni, p. 26. — Bellièvre, p. 102. — Paradin, p. 428. — Spon. Recherche, p. 137; éd. 1837, P- l^- — Ménestrier, Hist. cous., p. 135. — Colonia, I, p. 94. — Millin. Voyages, I. p. 448. — Artaud. Notice 1808, p. 20; 1816. p. 45; Musée lapidaire, arcade XXIX. — De Boissieu, p. 88. — Comarmond, Description, p. 178. pi. 11; Notice, p. 64. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 11. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 64. — Dissard, Catalogue, p. 110.
C. Catullio Decimino, Tutii Calullini filio, Tricassiuo, omnibus honoribus apud suosfuncto, sacerdoti ad templum Romae et Augustorum trium, très pr ovine iae Galliae. — Très provinciae Galliae.
« A Caius Catullius Deciminus, fils de Tutius Catullinus; tricas- « sin, promu dans sa cité à tous les honneurs, prêtre au temple de « Rome et des trois Augustes, les trois provinces de Gaule.
« Les trois provinces de Gaule ».
Tutius, le nom du père de notre personnage, est un nom celtique et vraisemblablement le même que Toutius connu par de nombreux exemples. Le fils ne porte pas ce nom ; il s'appelle Catullius, gentilice évidemment formé du surnom de son père.
L'inscription le qualifie prêtre « au temple de Rome et des « trois Augustes ». La circonstance que le G qui servait à désigner le troisième Auguste a été effacé à dessein dans l'antiquité ne permet pas de douter que ce troisième empereur ne soit Géta. Le monument appartient donc au règne commun de Septime Sévère, Caracalla et Géta, de 209 au commencement de 211.
Deux mentions des trois provinces terminent le texte; l'une est particulière au piédestal de la statue décernée à Catullius, l'autre en très grandes lettres se développait sur une étendue considérable et embrassait plusieurs inscriptions à chacune desquelles correspondait une statue placée au-dessus. Un bloc autrefois engagé au pied de l'église Saint-Pierre et aujourd'hui caché mais maintes fois
copié, nous apprend que la statue qui suivait celle de Catullius était celle de sa femme : tuni[aé\ Domitiol[ae], uxor[i] Catul[lii] Decimin[i}\ venaient ensuite les lettres ES PR, reste de la mention collective très proviiiriae Gattiae, dont le développement fait supposer un stylobate assez long pour porter sept statues.
Statue d'un Carnute, prêtre à l'Autel de Rome et des Augustes.
Arcade XL VIII. — Bloc quadrangulaire détaché d'un hémicycle qui portait des statues; « découvert dans la SAONE en 1847 dans « les fondations de la deuxième pile, rive gauche, du PONT DU « CHANGE » (Comarmond). Une pierre pareille, non retrouvée, complétait l'inscription. — Hauteur 1 m. 24, largeur o m. 64.
C • IVLIO • MA
CARNVT • SAcerd- ad templum rO MAE- ET -AVgustorum (?) oMNIBVS • HON or ibu s apud
5 SVOS • FVNCTO qui
TOTIVS ■ CENS us galliarum
DEDI/ très ?Kov\NCi a e galliae
L A à la suite de l'M à la fin de la première ligne et a la suite
de l'S à la seconde, réduit à la partie inférieure de son jambage gauche.
Notice, p. 36. — Monfalcon, Suppl. à Spon, éd. 1857, p. 315. — Musée lapidaire, p. 5, pi. 10. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 55. — Dissard, Catalogue, p. 110. •