C. Ulattio, Ulattii Prisci filio, , sacerdoti. ad
aram Caesarum nostrorum diiontm apud templum Rômâe et Augusiorum inter eônfluentes Araris et Rhodani, primo omnium ex civitate Segusiavorum,
Très provinciae Galliae.
« A Caius Ulattius fils de Ulattius Priscus;
« prêtre à l'autel de nos deux Césars près le temple de Rome et » des Augustes au confluent de la Saône et du Rhône, le premier « de la cité des Ségusiaves parvenu à cet honneur,
« Les trois provinces de Gaule ».
Ce texte incomplet, mais que d'autres exemples permettent
INSCRIPTIONS RELIGIEUSES 6l
de restituer d'une manière certaine, distingue entre un autel dit ici « de nos deux Césars », c'est-à-dire de deux empereurs alors régnants, et un temple de Rome et « d'Auguste » ou, plus probablement d'après l'époque présumable, « des Augustes », c'est-à-dire des empereurs pris en général. La même distinction se rencontre une autre fois sur l'inscription du piédestal de la statue d'un Lucius Ovidius de la cité des Nerviens (inscr. perdue), sacerdos ad aram Caes(aris) n(ostri) apud templum Romae et
Aug On trouve aussi sur l'inscription d'un anonyme (ci-après
n° 130) la qualification de sacerdos ad aram Caes(aris) n(ostri), sans mention du temple, et, par contre, sur l'inscription d'un Caius Catullius de la cité des Tricassins (ci-après n° 116), contemporain de Septime Sévère, Caracalla et Géta, tous trois empereurs en même temps, celle de sacerdos ad templum Romae et Augg[g], sans mention de l'autel. Mais la désignation habituelle sur les textes épigraphiques est templum ou ara Romae et Augusti d'abord. Romae et Aiiguslorum ensuite.
L'usage de redoubler la consonne finale de certaines abréviations pour marquer le pluriel n'ayant pas pris naissance avant le règne de Marc Aurèle et Vérus, la prêtrise de notre Ulattius fils de Prisais n'est pas antérieure à ce règne.
Le bloc sur lequel se lit le fragment d'inscription qui le concerne formait la tête d'un stylobate commun à plusieurs statues et au bas duquel se développaient en une seule ligne composée de lettres très grandes les mots très proviuciae Galliac, qui nous en permettent approximativement la reconstitution. Les quatre premières lettres 7Res répondant à la largeur de la première inscription, les dix-sept lettres des mots proviuciae Galliae représenteraient la largeur de trois autres inscriptions supposées pareilles. Il y aurait eu en tout quatre inscriptions se rapportant à autant de statues alignées sur ce long piédestal, que terminait à chacune de ses deux extrémités un pilastre en saillie.
Statue d'un Ségusiave, père d'un prêtre à l'Autel.
Arcade XIII. — Grande pierre quadrangulaire, terminant autrefois un stylobate qui portait plusieurs statues ; découverte « en « 1846 dans la seconde arche, rive gauche de la Saône, du PONT « DU CHANGE, où elle servait de voussoir » (Comarmond). — Hauteur 1 m. 58, largeur 1 m.; épaisseur o m, 50. Hauteur des lettres de la dernière ligne o m. 27.
P • MAGLIO PRlSCIAN
SEGVSIAVO
PATRI • PAMAE PRlSCIAN
De Boissieu, p. 120. — Comarmond, Description, p. 86, pi. 3; Notice, p. 30. — Monfalcon, Suppl. à Spon, éd. 1857, p. 331. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 59. — Dissard, Catalogue, p. 1 10.
P. Maglio Prisciano, Segusiavo, patri Pamae Prisciani ou Priscianae. — [Très provinciae Gal]liae.
« A Publius Maglius Priscianus, ségusiave, père de Pâma Priscia- « nus ou Prisciana. — Les trois provinces de Gaule ».
Le Ségusiave Maglius Priscianus n'était pas prêtre à l'autel du Confluent ; mais il était ou le père ou le beau-père d'un prêtre de cet autel, et c'est à ce titre que l'assemblée des trois Gaules lui a décerné une statue. Ce prêtre, dans le cas où il aurait été son fils, se serait appelé du nom gaulois Pâma et de tous ses noms Publias (?) Maglius Pâma Priscianus; dans le cas où, au contraire, il n'aurait été que son gendre, il resterait un inconnu pour nous et c'est sa femme qui se serait appelée Maglia Pâma Prisciana. Dans tous les cas il était certainement ségusiave ; il avait non moins certainement parcouru dans sa cité, avant d'être élu au sacerdoce de l'autel, toute la carrière des honneurs municipaux, et sa statue devait être placée à la tête du stylobate dont celle de son père ou beau-père occupait le bout opposé.
On trouve Pâma comme nom de femme dans l'épitaphe d'un Biturige Vivisque du musée de Vérone (Maffei, 121, 3; C. I. L.,
III, 2065 : Virdomarus, Thartontis f., domo Biturix Pamae
sorori).
Il}
Ecriteau à l'entrée d'un établissement de bains, dans la propriété d'un prêtre Ségusiave.
Arcade LXII. — Moitié gauche d'un grand bloc quadrangulaire oblong bordé de moulures qui formaient encadrement autour de l'inscription; « trouvé le 13 juin 1865 dans les eaux de la SAONE, rive droite, « vis-à-vis la montée du GREILLON, sous les fon- « dations des anciennes maisons de Bourgneuf » (M.-Daussigny), aujourd'hui le quai de Pierre-Scize. — Hauteur o m. 98, largeur
en haut i m. 80, en bas o m. 90. Hauteur de la partie encadrée o m. 73. Hauteur des lettres o m. 10 et 11.
IN • HIS • FKAEdiis C • VLATTI • APRI • SAcerdotis THERMVLAE • Salutares AQVA • FONT •
L'E de PRAE à la première ligne réduit à un minime reste de son angle supérieur, l'A de SA à la seconde et l'S de la fin de la troisième réduits à leur partie supérieure; le groupe FONT à la quatrième suivi d'un point.
Martin-Daussigny, n° 1043 de son Registre d'entrées. — Poncet, Documents pour servir à l'histoire de la médecine à Lyon, 1885, p. 10. — Dissard, Catalogue, p. 123.
/// bis praediis C. Ulattii Apri, sacerdotis, tbermulae salutares. Aqua fontis
« Domaine de Caius Ulattius Aper, le prêtre. Bains chauds de « santé. Eau de la fontaine ».
Un trou pratiqué sur la face supérieure du bloc pour l'introduction d'un crampon de suspension se trouve placé juste au-dessus du P du groupe PRAE de la première ligne et marque ainsi d'une manière précise le milieu de la pierre avant sa mutilation, ce qui permet de connaître la mesure primitive des lignes.
La restitution du mot sacerdotis n'est nullement certaine; cependant elle répond au nombre de lettres exigé par l'étendue de la lacune, et, de plus, on connaît trois prêtres ségusiaves, tous trois des noms de Caius Ulattius. Pour deux d'entre eux le surnom n'est pas venu jusqu'à nous; le troisième, dont l'inscription est aujourd'hui
perdue, aurait eu d'après les copies conservées le surnom d'Aspr.... que l'on ne peut guère, croyons-nous, compléter par Asprenas, un Gaulois ne devant pas avoir eu pour surnom un ethnique emprunté à une localité d'Italie. Peut-être s'appelait-il Asper ou Asperinus ou Aper comme notre personnage. Il n'y a aucune difficulté à supposer qu'un de ces anciens prêtres à l'autel du Confluent ait eu à Lyon une propriété et que la désignation de sacerdos lui soit restée comme une sorte de second surnom pour le distinguer d'autres Ulattius, peut-être nombreux, qui habitaient la ville.
C'est sous toutes réserves également qu'est proposée la restitution du mot salutares après THERMVLAE. Tout ce que nous pouvons dire pour la justifier, c'est que le mot s'adapte exactement à l'espace disponible et n'offre rien de contraire à la vraisemblance.
Le nom de la fontaine dont l'eau alimentait les bains chauds établis dans le domaine de Caius Ulattius est malheureusement emporté, circonstance qui nous prive d'un renseignement bien précieux. Deux curieuses inscriptions nous ont conservé le souvenir d'un bain d'Apollon à Lyon, doué des vertus salutaires les plus recommandables ; l'une est gravée sur le tombeau d'un artisan étranger qui engage les lecteurs de son épitaphe à ne pas manquer d'aller avec leurs femmes au bain d'Apollon : — « ce dont il s'est », dit-il, « lui-même si bien trouvé tant de fois que cela lui est « arrivé! » — L'autre est l'enseigne de l'hôtelier connu Septumanus : « A qui loge ici, Mercure garantit bonnes chances de gain, « Apollon la santé, Septumanus le gîte et la table, le tout au « meilleur marché. Après cela, voyageur, décide où tu veux « prendre pied ». Il faut entendre, sans doute par Mercure et par Apollon le champ de foire et le bain, voisins l'un et l'autre de la merveilleuse auberge de Septumanus. Mais bien difficilement le bain d'Apollon, probablement public et rappelé par des inscriptions découvertes l'une sur la rive droite de la Saône dans les fondations de la Commanderie de Saint-Georges, l'autre de provenance précise inconnue, mais déposée au XVIIe siècle non loin du même lieu
et presque vis-à-vis, « dans la cour d'une maison au coin de « Bellecour », pourrait être identifié avec les thermulae d'Ulattius Aper mentionnées sur une pierre d'un très grand poids retrouvée en amont de la rivière à l'autre extrémité de la ville. L'eau du bain d'Apollon était très vraisemblablement celle dont l'excellence est restée célèbre depuis le moyen âge jusqu'à nos jours sous le nom, aussi peu mythologique que peu poétique, de « fontaine des Trois- « Cornets », située au quartier Saint-Georges.
Quant à la source qui fournissait son eau à l'établissement thermal d'Ulattius, il y aurait peut-être possibilité de la reconnaître dans une fontaine voisine de l'endroit d'où a été extraite l'enseigne de cet établissement et à laquelle le moyen âge avait aussi accordé une certaine réputation de propriétés curatives. Elle descend du coteau vers l'extrémité sud du rocher de Pierre-Scize et elle partageait autrefois, avec une chapelle construite auprès et aujourd'hui presque entièrement tombée en ruines sauf un pan de mur, le nom de Saint-Epipode. On y venait en pèlerinage pour guérir de la fièvre.
Statue d'un Éduen , prêtre au temple de Rome et d'Auguste au confluent de la Saône et du Rhône.
Don de M. Dutillieu.
Arcade XXVII. — Grand bloc quadrangulaire brisé en plusieurs fragments et incomplet en haut et à l'angle supérieur droit, autrefois pourvu d'une base et d'une corniche rapportées , et
faisant partie d'un stylobate portant des statues ; trouvé en deux fois dans la rue SAINT- COME , quartier des TERREAUX, le fragment du côté droit au commencement du présent siècle dans la démolition de la chapelle de ce nom et alors transporté dans la collection Dutillieu à la Croix-Rousse (Millin), puis de là au Musée avant 1808 (Artaud); les autres en 1833 « au tournant « de la rue Saint-Côme » (Comarmond). — Hauteur 1 m. 43, largeur 1 m. 53. Hauteur des lettres o m. 10.
AED uo S V M M I S bon or tb us APVD • SVOS • FVNCTO SACERDOTI • AD • TEMPL ROM • ET AVG • AD • CON FLVENT • ARARIS • ET • RHO
Millin, Voyages, I, p. 525. — Artaud. Notice 1808. p. 17; 1816, p. 43; Musée lapidaire, arcade XXVI. — De Boissieu, p. 84. — Henzen, 5966. — Comarmond, Description, p. 167; Notice, p. 61. — Monfalcon, Suppl. à Spon, éd. 1857, p. 314; Musée lapidaire, p. 10. — Bernard, Temple d'Auguste, p. 53. — Wilmanns, 2220. — Dissard, Catalogue, p. 109.
, Aeduo, summis honorions apud suos functo, sacer-
doti ad templum Romae et Augusti (ou Augusloruin) ad confluentes Araris et Rbodani,
[Très provinciae Galliae].
« A éduen, parvenu dans sa cité aux plus hauts
« honneurs, prêtre au temple de Rome et d'Auguste (ou des « Augustes) au confluent de la Saône et du Rhône
« Les trois provinces de Gaule ».
Les lignes qui manquent au commencement de cette inscription devaient contenir le nom du prêtre en l'honneur de qui elle avait été faite, avec la mention du nom de son père, ce qui, avec l'indication de sa patrie, paraît, d'après de nombreux exemples fournis par les inscriptions relatives à l'association des trois Gaules et notamment d'après la loi de Narbonne (Rev. epigr., Il, p. 345 ;
Hirschfeld, C. /. L.. XII, 6038, ligne 12 : [jus sia]tuae
ponendae nomenque suitin patrisque et unde sit et quo anuo fla[mcn
fuerit iusc libellai ), avoir été un des privilèges du prêtre
provincial.
11 n'y a pas à prendre au sérieux la proposition d'Auguste Bernard de rapporter notre monument à l'année de la dédicace de l'autel, c'est-à-dire à l'an 12 ou 10 avant notre ère, et d'en faire le piédestal de la statue de l'éduen Caius Julius Vercondaridubnus (non pas Verecuudaridubius), qu'on sait par Tite-Live (Epit., 139) avoir été créé prêtre pour présider cette cérémonie ; c'est une conjecture purement gratuite à laquelle son auteur ne croyait certainement pas lui-même et qui répugne d'ailleurs non moins à la vraisemblance qu'a la forme des lettres, d'un temps évidemment postérieur à Auguste.
L'inscription n'est pas terminée. Une ligne, qui sans doute courait au-dessous de plusieurs inscriptions faisant partie du même ensemble monumental, rappelait que les statues qui surmontaient ces inscriptions avaient été décernées par les trois Gaules.
Monument votif en l'honneur de la famille impériale, décoré des statues de Mars, de Vesta et de Vulcain, et de celles d'un Sénonais prêtre à l'autel du Confluent et de plusieurs de ses proches.
Arcade XI. — Débris numérotés 1 à 9, dont deux seulement existent encore et proviennent d'un stylobate d'une considérable étendue qui portait autrefois des statues.
N° 1 et partie gauche du n° 2 : au seizième siècle « à l'angle « du CHANGE » (GruterJ.
N° 3 : à la même époque, « sur le coteau de FOURVIERES. « non loin de l'Antiquaille » (Symeoni; renseignement probablement inexact).
N° 4 : restitution.
N° 5 et moitié gauche du n° 6 : au dix-huitième siècle. « dans « la cave d'une maison au coin de la place SAINT PIERRE » (Ménestrier) ; bloc quadrangulaire en parfait état de conservation, entré au Musée avant 1816.
Nos 6 et 7 : « dans la rue de l'ENFANT QUI PISSE sur une « cuve de pierre dans la cour de M. Moze. maître apothicaire >> (Spon); au commencement du présent siècle, « la maison Savaron « où demeure l'épicier à l'enseigne à l'Ours » (Artaud).
rjQ INSCRIPTIONS RELIGIEUSES
N° 7. contenant la fin existante des lignes de l'inscription et formant avec les n"s 8 et 9 un grand bloc quadrangulaire oblong « trouvé en 1827 dans les fondations d'une maison vis-à-vis « l'église SAINT-PIERRE » (Artaud), quartier des TERREAUX, et
[in honora, domus augustae sex. iulius thermianus seno
sex ■ iitlio alquiliae flacc] sexto iiilio augusto
thermiano il[lae civi ae] sextilimo deo
senonio d[uae uxori] [fratri] marti
AVGVS1
DEAI
VESTj
N° 1 et partie gauche du n° 2 : Gruter. 916, n. — Symeoni, msc, pp. 55 et 37- - De Boiss.eu, p. 102. - Bernard, Auiel d'Auguste, p. 63.
N° 3 : Symeoni, msc. p. 87. — De Boissieu, p. 102. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 63.
N° 4 : restitution.
N° 5 et moitié gauche du n° 6 : Ménestrier, Origines de Lyon, p. 32. De Boissieu, p. 13; fac-similé Perrin. — Comarmond, Description, p. 76; Notice, p. 27. — Monfalcon Suppl. à Spon, éd. 1857, p. 357 et planche jointe à la page 175; Musée lapidaire, p. s. pi- 10.
N° 7 : Spon, p. 144; éd. 1857, P- 173- — De Boissieu, p. 529.
Nos 8 et 9 : Artaud, Musée lapidaire, arcade X. — De Boissieu. p. I0I. Comarmond, Descr., p. 74; Notice, p. 26. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 5- — Bernard. Autel d'Auguste, p. 62.
Voir la Notice de M. Julliot, intitulée : Quelques Inscriptions romaines des musées de Sens et de Lyon, Sens, 1877.
In honorent domus Augustae, Sex. Iulius Thermianus, Senouius, sacerdos ad aram inter confluentes, ex voto pro se suisque.
transporté à cette époque au Musée, où il se voit réuni au bloc numéroté s et 6 en un seul groupe.
Hauteur des nos 5 et 6 : o m. 70. longueur 1 m. 49.
Hauteur des nos 7, 8 et 9 : o m. 70, longueur 2 m. 78.
dos ad ara m inter confluent es ex vota pro se suisque.
ttsto
iuliae régi
NAE
I VLIAE
M TVLLIO
eo
magilii bon