PATR / / / / / / / ATE- PRAEF CIV
COLONIAE • ACTORI PVBLIC SACerdotis
ÏÏ VIROAB AERARIO • ITEM 71 VIROAIVRE ■ DlCVNDO
5 flamini • avgvstali cvi divvs-avrelantonlnvs cente'nariam procvrati© sen ....
prov» hadrymetinae dedit
SACERDOTIAD ARAM CAES-N" M A t r i
L'R de PATRONO. à la première ligne, réduite à sa haste et à une trace de sa branche courbe ; les lettres ATE incomplètes :
Il6 INSCRIPTIONS RELIGIEUSES
l'A réduit à la partie inférieure de son second jambage, le T et l'E privés de leur partie supérieure; l'N de PROCVRATION, à la fin de la septième, renfermée dans l'O; des accents sur l'A et l'V de A IVRE, sur le second E de CENTENAR1AM ; le point après PROV figuré par une hedera; l'N, à la fin de la dernière ligne, surmontée d'une barre. Au-dessous de cette N est indiqué, dans la copie d'Artaud, un T dont il n'y a, en l'état actuel de la pierre, aucune trace.
Seconde inscription : Un point entre le C et les lettres IV, et l'extrémité inférieure d'un jambage droit après l'V; un point entre le C et RES; l'A après M réduit à sa partie gauche.
Artaud, Notice, 1808, p. }6; 181 6. p. 56, Musée lapidaire, arcade XXXVII. — Millin, Voyages, I, p. 525. — De Boissieu. p. 156. — Comarmond, Description, p. 234; Notice, p. 86. — Monfalcon, Suppl. à Spon, éd. 18^7, p. 318; Musée lapidaire, p. 16. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 82. — Wilmanns. 2223- — Dissard, Catalogue, p. 108. nn 121.
patrono a te, praefecto colon iae, actori publico,
duumviro ab aerario , item duumviro à jure dicundo , flamini aitgustali, cui divus Aurelius Antoninus centénariam procurationem provinciae Hadrymetinae dédit, sacerdoti ad aram Caesaris noslri.
[Juliae ], Caii Iu[lii J, sac[erdotis] ad a[ram fil iae],
Caii Res[ j Sen[ j matri.
« A patron de préfet de la colonie, actor
« publiais, duumvir trésorier et duumvir juge, flamine augustal ; « nommé par le dieu Aurèle Antonin à la procuratelle du district « d'Hadrymète aux appointements de cent mille sesterces, prêtre à « l'autel de notre César ».
« A Julia fille de Caiusjulius prêtre à l'Autel,
« mère de Caius Res Sen ».
En ce qui concerne l'inscription principale, l'absence des premières lignes nous prive des renseignements dont nous aurions le plus besoin, notamment le nom du personnage en l'honneur de qui elle a été gravée et le nom de. sa cité. Il est vrai que le passage de l'autre inscription . dans lequel est mentionnée une femme dite Caii Julii sacerdotis ad aramfilia, autorise à supposer que ce prêtre n'est autre que notre personnage lui-même, qui par conséquent se serait appelé Caius Jiilius. Pour ce qui est de sa cité, nous lisons sur la partie conservée la mention d'une cité qui avait le titre de colonie, ce qui, dans la supposition que ce soit la sienne, réduit à cinq ou à six le nombre des cités parmi lesquelles se trouvait être sa patrie ; nous n'apercevons, en effet, avec ce titre dans les trois Gaules que Nyon. colon ia Julia Equestris Noviodunum ; Augst, colonia Augnsta Raurica ; Trêves, colon ia Augusta Treverorum; Cologne, colonia Claudia Agrippina ara Ubioruin; Avenches, colonia Flavia Aventicum; Kelln près Clèves, colonia Trujana, Dans sa colonie donc, il avait rempli, indépendamment d'un patronage que la détérioration du texte ne permet pas de reconnaître, non seulement les fonctions ordinaires de duumvir trésorier, de duumvir juge et de flamme augustal, mais aussi et précédemment les fonctions extraordinaires de praefectus coloniae, c'est-à-dire préposé d'office par le gouvernement à l'administration municipale en l'absence ou aux lieu et place des magistrats réguliers, et celles d'actor publiais. D'après une explication de M. Mommsen (voy. Wilmanns. 222}), les adores publia étaient les mêmes qu'on trouve en Italie et ailleurs sous les noms d'avocats du fisc et d'avocats publics. On serait assez tenté de rapporter tout cela à Lyon, qui paraît avoir été, en effet, jusqu'au temps des Antonins. administré par un agent de l'État ; mais on a à se rappeler que Lyon, n'entrant pas dans le compte des soixante cités, ne faisait pas partie de l'association des trois Gaules et ne pouvait être la patrie d'un prêtre de l'autel du Confluent.
Notre personnage, qui certainement était chevalier romain, a
ensuite reçu de Marc Aurèle, déjà décédé et passé au rang des dieux à l'époque de la rédaction de l'inscription , la procuratelle d'un district provincial dont Hadrumète, ville libre au temps de Pline, érigée en colonie par Trajan, était le chef-lieu. Sous le règne de Marc Aurèle, ce district fut, paraît-il, distrait de la province sénatoriale d'Afrique dont il avait jusque-là dépendu, pour former un département séparé. Rétribuée à 100,000 sesterces, soit environ 20,000 francs, la procuratelle d'Hadrumète n'était pas des moindres, car il n'en manquait pas qui ne donnaient qu'un traitement de 60,000 sesterces, c'est-à-dire à peu près 12,000 francs.
Les deux inscriptions : celle du personnage honoré de la bienveillance de Marc Aurèle et celle que nous supposons être au nom de sa fille, décoraient chacune un piédestal de statue; la circonstance qu'un petit-fils y est rappelé permet de penser que ce petit-fils avait aussi sa statue dans le groupe réuni sur un même stylobate. Une longue ligne qui courait au-dessous des inscriptions mentionnait la dédicace par les très provinciae Galliae.
Statue d'un prêtre au temple de Rome et des Augustes au confluent de la Saône et du Rhône.
Don de MM. Boudet et Neaud.
Arcade XLII1. — Bloc quadrangulaire. incomplet en bas, provenant d'un stylobate qui portait des statues; « découvert au cou-
INSCRIPTIONS RELIGIEUSES Iiq
« chant de la place des TERREAUX, dans le pâté de maisons
« faisant face à l'Hôtel de Ville » (M.-Daussigny). — Hauteur o m. 86, largeur o m. 45.
.... O.TAVRO
. . . apu
d suos om N I B V S
honorib ■
municipa L I B V S
functo ■
sacerd OT1 ■ AD
templum
romae ET ■ AVGG
in ter
conflue n TES-ARAR
et rbod ■
qui ann OS ■ HABENS
. . . et MOX-CON
seaiiiis
sacerd 0 T I V M
maturius
quant aVICVM
id mite
eu m ba b V E R A /
fe lie it e r g e ssit
Le 0 à la onzième ligne réduit à sa queue prolongée jusque sous l'I, les lettres de la dernière à leur partie supérieure.
Martin-Daussigny, n° 841 de son Registre d'entrées. — Monfalcon, Suppl. à Spon, éd. 1857, p. 366; Musée lapidaire, p. 23. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 83 et pi. 10. — Dissard, Catalogue, p. 109.
io Tauro fi Ho , apud suos omnibus
honoribus municipalibus functo , sacerdoti ad templum Romae et Augustorum duoruin inter confliienies Araris et Rbodani , qui,
annos babens et mox consecutus sacerdotium maturius quam
quicumque id anle eum habuerat, féliciter gessit
« A Taurus, fils de ; parvenu dans sa patrie à
<\ tous les honneurs municipaux, prêtre au temple de Rome et des « deux Augustes au confluent de la Saône et du Rhône, et qui.
« âgé seulement de ans et promu au sacerdoce plus tôt
* qu'aucun de ceux qui l'avaient obtenu avant lui, l'a géré à « satisfaction »
C'est seulement sous le règne de Marc Aurèle et de Vérus qu'a commencé à s'établir l'usage du redoublement de la dernière lettre de l'abréviation Aug. pour marquer que deux Augustes régnaient en même temps. L'érection d'une statue en l'honneur de Taurus soit par les trois Gaules, soit par sa cité peut se rapporter à cette époque ou au règne commun de Marc Aurèle et de Commode ou. un peu plus tard encore, à celui de Septime Sévère et de Caracalla.-
L'absence du nom de la patrie de Taurus dans l'inscription s'explique aisément par le fait que peut-être la statue dont il a été honoré lui aura été décernée par sa cité, dont le nom se trouvait ainsi énoncé dans la dédicace qui terminait le texte. Parvenu au sacerdoce provincial longtemps avant l'âge, il devait avoir alors beaucoup moins de trente ans.
Statue d'un prêtre à l'autel du Confluent de la Saône et du Rhône.
Arcade XXXIII. — Fragment incomplet en haut et à gauche, ayant probablement fait partie d'un stylobate qui portait des statues;
« trouvé en août 1862 dans les travaux de dégagement du lit « de la SAONE au pont Nemours » (M.-Daussigny), l'ancien pont du CHANGE. — Hauteur o m. 70, largeur o m. 80.
apud s //OS • FVNCTo saceRDOTl • ARAE //^d'R-CONFLVENTES aroRIS-ET-RHODANI
L'R de araRIS , à la dernière ligne, réduite à sa moitié droite.
omnibus bonoribits apud suos functo, sacerdotl arae inter
coiifluentes Araris et Rbodani.
« A tel, fils de tel, de telle cité, parvenu dans sa patrie à tous \< les honneurs, prêtre à l'autel du confluent de la Saône et du « Rhône ».
Statues de la femme et d'un proche parent d'un personnage probablement prêtre.
Arcade XLVIII. — Partie d'un hémicycle qui portait des statues, découvert en 1859 :>l l'extrémité ouest de la rue SAINTE-CATHE- RINE, au quartier des TERREAUX, sur l'emplacement de l'hôtel du Parc , ancien Hospice de l'Aumône générale ; « onze blocs,
« restes d'un hémicycle trouvé sous les bâtiments de l'hôpital « Sainte-Catherine, à l'angle de la rue de ce nom et de la rue « Terme » (M.-Daussigny) ; « les fondations étaient intactes; « trois blocs de la base étaient encore sur leur lit de pose ; de « nombreux fragments de la corniche étaient épars à l'entour sur « le sol antique, et parmi ces fragments se trouvaient trois pierres « provenant du corps de l'hémicycle et portant sur celle de leurs « faces qui formait la paroi intérieure du monument des lettres « romaines » (Renier). Les pierres où sont gravées les inscriptions formaient le dé entre la base et le couronnement. — Diamètre de l'hémicycle environ 7 mètres, hauteur 2 m. 55; hauteur du dé 1 m. 25; largeur des deux pierres contenant la première inscription 1 m. 10, de la pierre contenant le commencement des lignes de la seconde o m. 60. Hauteur des lettres de la seconde inscription o m. 12.
• ■ IAE SALICAE V
il ■ e?Y\ • BELLICl
T I " eppi bellici
tr ES ■ PROVINC SAcerdotis nepti (?)
QV ae
L'A de SA de la seconde inscription réduit à la moitié inférieure de son jambage gauche ; l'V de Qy, au-dessous, à la moitié supérieure de son jambage du même côté.
Martin-Daussigny, n° 915 de son Registre d'entrées. — Renier, dans le Bulletin des antiquaires de France 1859, Découverte d'un monument dépendant du temple de Rome et d'Auguste à Lyon, — Monfalcon, Musée lapidaire, Suppl. : dessin et note de Martin- Daussigny. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 86, pi. 10. — Dissard, Catalogue, p. 1 1 1 .
\litl\iae (?) Salicae, Ti. Eppii Bellici, très provinciae Galliae. V[ iae], Ti. [Eppii Bellici sacerdotis nepti (?)], Oji[ ].
« A Julia Salica, épouse de Tiberius Eppius Bellicus, les trois « provinces de Gaule.
« A V ia Qu petite -fille de Tiberius Eppius
« Bellicus ».
Salica était la femme de Bellicus, bien que le mot uxor ne soit pas énoncé. S'appelait-elle Iulia? Cette restitution de son nom répond à l'étendue présumable de la lacune et se trouve être à cause de cela assez vraisemblable.
Il n'en est pas de même du prénom et du nom gentilice de son mari ; ils sont hors de doute. On les retrouve sur une inscription qui se voyait autrefois à l'entrée du chœur de l'église Saint-Pierre et nous a été conservée par des copies de Symeoni et de Ménestrier (voy. dans Spon. éd. 1857, p. 123, note de Renier): Numinibus Auguslorum Ti ■ Eppius Bellic(us)
Il est à peu près indubitable aussi que ce sont ces mêmes noms qui se lisaient à la deuxième ligne de la seconde inscription, suivis de la qualification de sacerdos à la troisième. La personne honorée d'une statue placée au-dessus de cette seconde inscription était donc un proche membre de la famille d'Eppius Bellicus, mais n'était ni son père, ni son frère, ni son fils, parce qu'alors le nom contenu dans la première ligne eût dû être Eppius et venir à la suite d'un prénom. Le changement de nom et l'absence de prénom montrent qu'il s'agit plutôt d'une femme et vraisemblablement d'une petite-fille née du mariage d'une fille de Bellicus.
La bonne forme des lettres, le rapport civil de la femme au mari exprimé sans qualificatif assignent au monument une époque ancienne. La place où il a été retrouvé, encore assis sur sa fondation primitive, prouve à l'évidence que l'endroit faisait partie de la circonscription sacrée de l'autel, ce qui était le privilège des statues décernées aux prêtres des trois Gaules. Là se voyaient de nom-
breuses statues, la plupart sur des stylobates rectilignes ou suides hémicycles comme était celui dont provient notre inscription. L'autel vu autrefois à l'entrée du chœur de St-Pierre et dédié par Eppius Bellicus aux numina Augustorum ne pouvait être placé qu'au centre de l'hémicycle qui portait sa statue et celles de sa femme et d'autres membres de sa famille.
•54 Statue du fils d'un prêtre.
Arcade XXXIII. — Fragments de la partie inférieure d'un bloc détaché d'un stylobate qui portait des statues, « trouvé en août « 1862 dans la SAONE, au pont Nemours » (M.-Daussigny). l'ancien pont du CHANGE. — Hauteur o m. 48, largeur o m. 95 ; épaisseur o m. 50. Hauteur des lettres de la dernière ligne o m. 28.
.çjCERDOTIs
fIl lentIno p r 0 v I N 0 1 a e g a l l
Martin-Daussigny, n" 1006 de son Registre d'entrées. — Ber-
nard, Autel d'Auguste, p. 88, pi. 9. — Dissard, CataL, p. m. , sacerdotis filio, Lentino. — Très provinciae Galliae].
« A Lentinus, fils du prêtre
« Les trois provinces de Gaule ».
Nous plaçons ici cette inscription incomplète. De frappantes marques d'analogie la rapprochent de celle du ségusiave Maglius Priscianus. Les lignes y sont, de même, largement espacées; les lettres, tant les petites que les grandes, y sont à peu près des mêmes mesures; les pierres ont la même apparence, sont de la même épaisseur et étaient probablement de la même hauteur. Malgré tous ces points de ressemblance, il ne paraît cependant pas qu'elles aient pu faire partie du même piédestal.
Le développement de la formule très provinciae Galliae permet de supposer un stylobate surmonté de six statues.
*3=> Statue d'un juge de la caisse des Gaules.
Arcade XXXI. — Piédestal découvert « en 1846, lors de la « démolition du pont du CHANGE » (Comarmond) ; « au mois « de juillet 1847 parmi les matériaux antiques que recelait la « dernière arche, en deux parties » (de Boissieu), la moitié supérieure avec son couronnement abattu à fleur du dé, la moitié inférieure retaillée en haut et en bas au-dessus de la base. Cette dernière est seule venue au Musée; l'autre, déposée provisoirement
sur le port du quai Saint-Antoine, a été soustraite et convertie en chaux (de Boissieu). — Hauteur du fragment conservé o m. 75, largeur o m. 80.
TIB SVLPI CIO
TIB IVLIPACATIA NI FILIOC//NO//
omni
5 BVS • HONORIBVS
APVD SVOS FVNC TOIVDICI ARCAE
GALLIARVM
TRES PROVINCI
aE G Allia e
Un accent sur l'O de SVOS; les lettres de la dernière ligne réduite à leur partie supérieure.
De Boissieu, p. 279. — Comarmond, Description, p. 183 ; Notice, p. 66. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 12. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 95. — Dissard. Catalogue, p. 1 1 1.
Tiberio Sulpicio, Tiberii Iulii Pacatiani filio, C omnibus
houoribus apud suôs functo, judici arcae Galliarum, très provinciae Galliae.
« A Tiberius Sulpicius, fils de Tiberius Julius Pacatianus, de « telle cité, promu dans sa patrie à tous les honneurs, juge de \s la caisse des Gaules, les trois provinces de Gaule ».
Le surnom de Sulpicius réduit aux lettres C//NO est difficile à restituer; nous pourrions proposer Cano ou Caleuo faute de mieux. Le nom de sa cité, qui venait après, était contenu dans la ligne qui manque entre les deux fragments.
Il est à remarquer que le fils ne s'appelle pas du même nom gentilice que le père.
Un Caius Julius Pacatianus, qui a fourni sous Septime Sévère une brillante carrière équestre et a été honoré à Vienne, vraisemblablement sa patrie, d'une statue en bronze (Inscr. de Vienne, IV. p. 449), peut avoir appartenu de plus ou moins près à la famille de notre Sulpicius. « fils de Tiberius Julius Pacatianus ».
Statue du frère d'un prêtre ou d'un fonctionnaire de l'association.
Arcade LU. — Fragment présentant la partie supérieure d'un grand bloc quadrangulaire détaché d'un stylobate qui portait des statues; « découvert en 1845 dans les démolitions du pont du « CHANGE où il formait voussoir dans la deuxième arche comptée « de la rive gauche de la SAONE » (Comarmond). — Hauteur o m. 72, largeur 1 m. 33.
M-MARIO • FLOREN TINO • PATRI • SEN AT 6 RISMTRITIFLOREN TIS • FILIO • FRATRI
De Boissieu. p. 492. — Comarmond, Description, p. 290; Notice,
p. 106. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 83 et pi. 10. — Dissard, Catalogue, p. m.
M. Mario Floreutiuo. patri Senâtôris ; M. Tritii Florentin filio, fratri.
« A Marcus Marius Florentinus, père de Senator, fils de Marcus « Tritius Florens. frère de ».
Marius Florentinus, qui était fils de Marcus Tritius Florens. ne s'appelait pas comme son père. Il était frère du personnage non nommé qui avait élevé le monument, c'est-à-dire un stylobate décoré de sa propre statue et de celles de ses plus proches parents.
Le droit de grouper avec sa statue celles de ses proches étant un des privilèges propres aux prêtres des trois Gaules, tandis que les simples fonctionnaires de l'association n'avaient droit qu'à des statues isolées, il y a apparence que notre inscription, qui faisait partie d'un stylobate . se rapporte à un prêtre plutôt qu'à un fonctionnaire.
Autel aux divinités des Augustes par un prêtre.
Arcade XLIX. — Moitié inférieure d'un autel avec base de rapport, trouvée « sur son lit de pose », en 1859, sur l'emplacement de l'ancien hospice de l'Aumône générale, à l'angle nordouest de la place des TERREAUX, « à quelques pas au midi » de l'endroit où gisaient également sur leur lit de pose les blocs
formant la base de l'hémicycle décrit sous le numéro 133 (M.-Daussigny). — Hauteur 1 m., du dé o m. 58, largeur o m. 76.
et 11 'u m i n i bus AVGVSTOR TI-CLAVDI\S GENIÂLIS
Le second V et PS de CLAVDIVS liés en un monogramme. Peut-être un accent sur l'A de GENIALIS.
Renier, Découverte d'un Monument dépendant du Temple de Rome et d'Auguste à Lyon, 1859, p. 6. — Martin-Daussigny, n° 910 de son Registre d'entrées; Notice sur la Découverte de l'amphithéâtre antique et des restes de l'autel d'Auguste, 1863, p. 24. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 19. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 87 et pi. 10. — Dissard, Catalogue, p. 121.
[lovi optimo maximo et numinibus] Augusîorum Ti. Claudius Geniâlis.
« A Jupiter très bon très grand et à la divinité des Augustes, « Tiberius Claudius Geniâlis ».
D'après le lieu et les particularités de la découverte de ce fragment d'autel et d'après ce qui a été exposé ci-dessus (n° 1 ))) au sujet de l'autel dédié numinibus Augustorum par le prêtre Eppius Bellius et placé au centre d'un hémicycle où se voyaient sa statue et celles des siens, Tiberius Claudius Geniâlis doit aussi avoir été prêtre des trois Gaules, et l'autel par lui dédié à la
divinité des empereurs avoir occupé le centre d'un hémicycle décoré de sa statue et de celles de ses proches.
Aussi bien au-devant des stylobates qu'au centre des hémicycles étaient dressés de ces autels « à la divinité des Augustes », qui, à toutes les fêtes du culte impérial, étaient honorés de libations et de sacrifices et, dans les grandes solennités, recevaient la visite des processions et des chœurs.
Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.
Ci-dessus n° 14. — Plautien, le préfet du prétoire de Septime Sévère et en même temps le beau-père de Caracalla, honoré d'une statue par les très Galliae.
Ci-dessus n° 13. — L. Aemilius Front légat gouverneur
de la Lyonnaise, parvenu ensuite au consulat et honoré, peut-être à l'occasion de cette promotion, d'une statue par les très [provinciae] Galliae.
Ci-dessus n° 19. — Julius Taurus, pourvu d'une des charges du vigintivirat et honoré d'une statue par les très provinciae Galliae, probablement comme fils d'un prêtre des trois Gaules.
Ci-dessus n° 23. — Tiberius Antistius Marcianus, procurateur de la Lyonnaise sous Septime Sévère et Caracalla, et le premier chevalier romain qui ait été censiteur, honoré d'une statue équestre ad aram Caesarum par les très provinciae Galliae.
Ci-dessus p. 49. — Anonyme honoré d'une statue par les [très provinciae] Galliae sous le septième consulat de Vespasien et le cinquième de Titus, c'est-à-dire en 76.
Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.
Anonyme. — (Fragment autrefois « à la base d'une colonne « à la renverse dans l'église SAINT-PAUL »; voy. Spon, éd. 1857. p. 34), [omnibus bonori\biis in colonia sua perfunctus, sacenios ad aram Romae et Augustor[um.
Titus Belgisius (?) — (Fragment découvert en 1 768 au
quartier SAINT-JEAN, « près du cimetière de SAINTE-CROIX « pour asseoir la fondation de la nouvelle Manécanterie »; voy. De Boissieu, p. 78), sacenios [ad aram, omnibus] bonorib[us apud suos functus], à qui les très prov[inciae Galliae] ont élevé une
statue : statuant cum su[ ]. et le premier de sa cité : primo
u[nquam ex civitale sua], qui ait eu cet honneur.
Anonyme. — (Fragment transporté dès le seizième siècle et qui est encore actuellement au village de CUIRE près Lyon ; voy. De Boissieu, p. 529), . . . [eut equum publicum postulantibus] tribus provinc(iis) Galliis, imp(erator) Caesar Traianus Hadrianus Aug(ustus) dédit. — Très provinciae Galliae.
Anonyme. — (Fragment extrait du PONT DU CHANGE et disparu; voy. De Boissieu, p. 530), [inquisitor ou judex arcae ou allector arcae Gallia]rum, à qui les [très p]rovin[ciae] Galli[ae . . .] ont élevé une statue : ponend[um decreverunt].
Caius Carantius Junianus. — (Fragment autrefois « dans un « arc-boutant de l'église SAINT- PIERRE » ; voy. De Boissieu,
p. 505), Procliani (et non Prognani) filius ; venaient probablement ensuite l'indication de sa cité et la mention qu'il y avait parcouru la carrière des honneurs municipaux.
Anonyme. — (Fragment autrefois « au coin de la rue du « BESSARD vers la Pescherie ». quartier des TERREAUX; voy. De Boissieu, p. 286), [. . . .\111io Prisco, [filio] et [. . . .]nillae filiae, honorés de statues par les /// prov(inciae) Galliae, vraisemblablement parce que leur père avait été prêtre des trois Gaules.
Anonyme. — (Fragment autrefois « au dehors de l'église « SAINT-PAUL »; voy. Spon. éd. 1837, p. 35), qui paraît avoir obtenu quelque faveur des trois Gaules : [. . . f]ribus provinciis Ga[lli]is L'inscription qui le concerne était en vers.
Inscriptions étrangères.
Affranchi des trois Gaules. — Publius Claudius Abascantus (inscr. à Rome ; voy. Henzen, Corpus, VI, 6393 ; Wilmanns. 2669). trium Galliarum liber tu s.
On voit par cette inscription que, soit pour le service subalterne du culte, soit pour celui des bâtiments et diverses autres parties du domaine religieux, tels que l'autel, le temple, l'amphithéâtre les jardins, les statues, les aqueducs, le bocage sacré, les bains, l'association des trois Gaules avait tout un personnel d'esclaves, probablement nombreux , et on ne comprendrait d'ailleurs pas qu'il eût pu en être autrement. Peut-être les postes les plus relevés de ces différents services étaient-ils réservés à des affranchis
Il n'y a aucune bonne raison de supposer que les soixante peuples qui avaient contribué en commun à l'érection du temple de Rome et d'Auguste et de ses accessoires : l'autel entouré des statues de ces soixante cités, l'autre autel plus grand escorté de ses deux Victoires, l'amphithéâtre du Confluent, n'aient pas eu tous dans cet amphithéâtre leurs places marquées à leurs noms et que tous les prêtres et autres fonctionnaires de l'association n'aient pas laissé sur le domaine des trois Gaules des inscriptions en plus ou moins grand nombre rappelant leur passage à ces fonctions alors si considérées. Si cependant les peuples mentionnés par les souvenirs épigraphiques n'y sont qu'en minime proportion, c'est que les vicissitudes de quinze ou seize siècles n'ont laissé arriver jusqu'à nous que bien peu de ces souvenirs.
Des vingt-cinq peuples de la Lyonnaise, neuf seulement sont rappelés par les inscriptions jusqu'à présent découvertes :
Les Ségusiaves par deux prêtres.
Les Éduens par trois prêtres, dont l'un a été créé pour la dédicace de l'autel,
Les Sénonais par un prêtre.
Les Tricassins par un prêtre et par des places à l'amphithéâtre.
Les Carnutes par deux prêtres,
Les Turons par un jadex avcae ou un inquisitor.
Les Viducasses par un député.
Les Véliocasses peut-être par un prêtre,
Les Venètes par un allector arcae,
Des dix-sept peuples de l'Aquitaine, huit ou peut-être neuf seulement sont rappelés :
Les Arvernes par trois prêtres et par des places à l'amphithéâtre à côté des Bituriges Cubes,
Les Cadurques par un prêtre et par un judex arcae,
Les Pétrucores par deux prêtres, le père et le fils successivement.
Les Lémovices par deux prêtres, le père et le fils également, celui-ci avant l'âge.
Les Santons par trois prêtres,
Les Pictaves par un inquisitor,
Les Bituriges Cubes par un judex arcae et par des places à l'amphithéâtre à côté des Arvernes,
Les Bituriges (?) par un personnage dont le titre manque.
Peut-être aussi les Vellaves par un prêtre.
Aucun souvenir des peuples de l'Aquitaine comprise entre la Garonne et les Pyrénées ne nous est parvenu.
Des vingt-deux peuples de la Belgique, cinq seulement sont rappelés :
Les Séquanes par un prêtre et par un inquisitor,
Les Médiomatriques par un prêtre,
Les Suessions par un inquisitor,
Les Viromanduens par un inquisitor et par un allector arcae,
Les Nerviens par un prêtre.
Il faut ajouter, d'après des fragments sans indication de cité : Huit prêtres, un judex arcae, plusieurs personnages appartenant plus ou moins certainement à l'association mais dont le titre manque, plusieurs fils ou autres proches parents de prêtres.
COMMENT EST VENUE L IDÉE D ESSAYER DE FAIRE, A PROPOS DES FOUILLES DE TRION, UNE HISTOIRE DE LYON A L'ÉPOQUE ROMAINE.
C'était par une printanière soirée d'un des derniers jours de mars de l'année 1886, celui-là même qui venait de clore, au bout de plus d'un an, la longue série des découvertes faites à Trion. Nous admirions, M. Hirschfeld et moi, du haut de l'abside de l'église neuve de Fourvière, le merveilleux panorama déroulé sous nos pieds : la grande ville couvrant du flot de ses maisons hautes et pressées les rives des deux fleuves, leur large intervalle, la colline opposée à nos regards et, au-delà du Rhône, la plaine du Dauphiné aussi loin que le jour baissant permettait à la vue d'atteindre. — « Savez-vous », me dit mon savant ami, rompant le silence de notre contemplation, « ce que vous devriez faire? « une histoire de Lyon à l'époque romaine, à l'aide surtout des
« inscriptions et des monuments Si j'étais ici. le sujet me
« tenterait La tâche n'est peut-être pas très difficile ».
Telle est l'origine de cette ébauche. L'idée dont elle est éclose
(1) Conformément au désir exprimé par le Conseil d'administration des Musées, nous reproduisons ici avec quelques modifications cet Exposé préliminaire, extrait de notre livre intitulé Trion, tome I, pp. 3 à 163; II, pp. 597 à 618.
a été conçue sous l'impression d'un spectacle splendide, dans l'éblouissement procuré par une scène pleine de magnificence ; mais, — comme bien souvent il arrive, — brillante et belle était la fleur, terne et médiocre est le fruit !