LE MONTICULE DE FOURVIÈRE
Le monticule de Fourvière forme le bastion d'angle d'un petit massif, qui, faisant front à la Saône venant du nord, l'oblige à décrire par un écart vers l'est un ample circuit figurant assez bien un demi-cercle. Une large dépression correspondante à la naissance de ce détour, dépression qu'occupe l'actuel bourg de Vaise, semble être le résultat d'un effort de la rivière, retenue par quelque obstacle en aval, pour ouvrir devant elle une issue directe ; l'obstacle était vraisemblablement le rocher granitique de Pierre-Scize, qui, avant que les eaux y eussent creusé la brèche par laquelle elles passent, devait opposer à leur libre écoulement une sorte de barrage.
Au pied du versant qui regarde l'est, en avant du promontoire formé par le coteau de la Croix-Rousse faisant pointe au sud, s'effectue la jonction de la Saône et du Rhône.
Aujourd'hui déboisée, la contrée à laquelle appartient le site dont nous esquissons la physionomie était, à l'époque gauloise et en grande partie encore à l'époque romaine, couverte de forêts, où dominaient le pin sur les hautes altitudes, le chêne dans les parties plus basses ; où vivaient nombreux des sangliers, des cerfs, des chevreuils (1 ) et certainement aussi des loups.
(1) Des défenses de sangliers, des andouillevs de cerfs et de chevreuils ont été rouvés en grande quantité dans les fouilles de Trion.
Il s'y voyait aussi, d'après le nom que portait la colline à l'arrivée des Romains, de nombreux corbeaux (i).