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LE TOMBEAU DE PLANCUS

« Sur la colline qui domine la ville de Gaëte est une antique construction romaine de forme circulaire, dont les proportions lourdes, mais imposantes, couronnent très heureusement le som-

met aride sur lequel le monument est assis... Cette tour, à laquelle l'imagination populaire a rattaché le souvenir de son héros favori et qu'on appelle aujourd'hui dans le royaume de Naples « la Tour- « Roland », est construite en beaux blocs de travertin primitivement revêtus d'un stuc qui les protégeait contre l'action corrosive des vents de mer. L'intérieur en opus reticitlatum contient quatre cellules ou chambres funéraires régulièrement disposées, dans chacune desquelles se trouvent trois niches en enfoncement, dont les encadrements, ainsi que ceux des portes cellulaires, sont en belles briques. Une seule porte extérieure, à pilastres cannelés, conduit à une galerie intérieure par laquelle on arrive aux chambres. Au-dessus de cette porte est une table de beau marbre statuaire, contenant, dans un encadrement de moulures bordées d'un rang d'oves, une inscription encore parfaitement conservée...

« Voyageurs lyonnais qui passez devant le promontoire de « Gaëte, après avoir admiré la belle mer Tyrrhénienne qui s'étend « si gracieuse à ses pieds, donnez un souvenir au monument que « je viens de décrire : c'est le mausolée de Plancus ! » (De Boissieu, p. 127).

Il n'est pas nécessaire de retracer ici la biographie de ce fondateur de Lyon, qu'on sait avoir joué sous César et sous Auguste un rôle marquant, sinon toujours honorable; avoir été en correspondance avec Cicéron et lié d'amitié avec Horace. Nous aurons à parler tout à l'heure de son épitaphe; qu'il nous suffise d'ajouter quelques mots à la description de son tombeau.

Le monument a 30 mètres de diamètre à sa base et 12 mètres de hauteur totale. 11 se termine en haut par une corniche servant de support à une attique crénelée, et s'appuyant elle-même sur une frise dorique, dont les métopes sont diversement ornées d'armes, de bucrânes, de patères et de rosaces. La face supérieure est une terrasse plane, qui devait autrefois porter une motte de terre en forme de cône, plantée d'arbustes à verdure persistante et peut-être couronnée au sommet par une statue de Plancus.

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De l'un à l'autre des créneaux de l'attique régnait une balustrade en fer ou en bronze. Ces créneaux, décorés d'un encadrement de moulures sur leur face antérieure, paraissent avoir été en même temps des piédestaux destinés à porter quelque décoration, par exemple des vases dans lesquels étaient entretenues des fleurs.

D'après un dessin de M. L. B. Morel (i).

Le tombeau d'Auguste offrait une disposition du même genre ; outre qu'il était accompagné de grands jardins : le [nemus ad T]iberim Cacsanun mentionné par l'inscription d'Ancyre (ch. 37), les circumjectae silvac et ambulationes dont parle Suétone (Aug., ch. 100), il était surmonté d'un tertre de terre formant une sorte de bosquet.

(1) Le dessin de M. Morel, en ce qui concerne la partie construite, a ete fait sur une vue architecturale dressée, d'après M. Labrouste, par M. Bresson, de l'Académie de Lyon. Le tertre conique en terre auquel la construction sert de base est une restitution conjecturale.

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