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QUARTIERS DE L OUEST

Temple de Mercure et de Mata augustes avec leurs statues et l'image de l'empereur Tibère. — A l'extrémité ouest du plateau de la Sarra, au sommet du versant qui domine Trion, au lieu dit actuellement « le Télégraphe », s'élevait, dès la première moitié du premier siècle, une chapelle de Mercure et de Maia augustes. Quatre inscriptions découvertes sur place nous apprennent ce qu'on en sait ; le pieux édifice avait été construit en accomplissement d'un vœu par un affranchi, et on y voyait, outre les statues des deux divinités, celle de l'empereur Tibère : Mercurio augusto et Maiae augustae sacrum ex voto M(arcus) Herennius, M(arci) l(ibertus), Albauus aedem et signa duo cum imagine Ti(berii) Augusti d(e) s(ua) p(ecunia) solo publico fecit.

Érigée sur le sol public et vraisemblablement au bord d'un chemin, cette chapelle était un laraire augustal, ainsi qu'en font foi l'épithète « d'auguste » jointe au nom de Mercure et à celui de sa mère et la présence du portrait de l'empereur régnant.

Tombeaux de la voie d'Aquitaine. — Du Forum, en suivant le chemin qui est aujourd'hui la rue du Juge-de-Paix , on parvenait à la porte du couchant, un peu en avant de laquelle la ligne d'arcades de l'aqueduc de Pilât, que l'on avait eue constamment à main droite, passait brusquement par un coude à angle droit de l'autre côté. Au sortir de la porte on était sur la grande route d'Aquitaine et l'on marchait entre des tombeaux, dont quelques-

uns, enfouis partiellement dans un remblai qui doit avoir eu lieu peu de temps après l'incendie de l'an 65, ont été dernièrement rendus au jour, au nombre de dix dans les travaux du chemin de fer de Saint -Just à Vaugneray, et de cinq, quelques mois plus tôt, en creusant les fondations du groupe scolaire du chemin de la Favorite. C'étaient, comme déjà cela a été expliqué, de grands et somptueux monuments composés d'une base avec couronnement et d'un étage carré ou circulaire formant un massif plein ou une édicule ouverte et, dans ce dernier cas, offrant aux regards, au milieu d'une riche décoration, la statue du défunt; à chacun d'eux était annexé par- devant et derrière un jardinet clos. A un de ces tombeaux, mais de forme circulaire, doivent avoir appartenu un cippe rond orné à son pourtour d'une guirlande de feuillage avec des masques, et une pierre convexe sur laquelle est gravée une épitaphe, l'un et l'autre trouvés dans la partie du chemin de la Favorite voisine de la place de Trion.

A la voie d'Aquitaine aboutissait, venant de la voie d'Arles qui sortait par la porte Saint-Just, le chemin de Trion, bordé aussi de tombes, mais moins anciennes et moins monumentales : simples cippes ou sarcophages déposés sans abri sur le sol.

Un chemin, faisant suite à celui de Trion, partait de la voie dans la direction que suit aujourd'hui le chemin de Saint-Just à Vaise. Le long de ce chemin, où a été vu « en face d'une pro- « priété appartenant au petit séminaire un tronçon de pavé romain « bien conservé » ; le long de celui de Sainte-Foy, de celui des Massuts, de celui de Champvert, s'alignaient de nombreux tombeaux. Aux Massuts a été trouvé un « magnifique masque de « Larve », à Champvert un fragment de toiture imbriquée, débris de riches monuments funéraires.

Chapelle de Silvain auguste avec la statue du dieu entre deux arbres. — Réservée aux sépultures et de bonne heure envahie par une végétation forestière non moins respectée que les sépultures

elles-mêmes, la campagne, jusqu'à une certaine distance de la ville, devait présenter plus ou moins l'aspect d'une sorte de bocage parsemé de tombeaux.

Tels étaient les environs de Trion. Il s'y voyait une chapelle dédiée à Silvain auguste, édifice modeste où l'autel et la statue du dieu s'élevaient entre deux arbres consacrés : Silvano augusto... aram et signiim inter duos arbores cum aedicula ex voto posuit. Cet agreste temple, dont la situation précise reste ignorée, l'imagination se plaît à le réédifier avec son humble autel et sa statue sous leur ombreux bosquet et à l'entourer de poésie ; volontiers on se sent porté de sympathie pour son pieux fondateur : sans doute quelque innocente âme aux aspirations simples, quelque débonnaire philosophe ami de la solitude et des bois. Heureusement, l'inscription qui nous a conservé le souvenir de son acte de dévotion n'a pas non plus oublié de dire ses noms et sa profession, et la curiosité se trouve satisfaite bien au-delà même du désir. Ce candide rêveur, dont l'image nous apparaît comme dans

une idylle azurée, était , faut-il le dire? le geôlier porte-clefs

de la prison publique de Lyon : clavic(larius carc(eris p(ublici) Liig(uduni), et peut-être est-ce lui qui a rempli ce sinistre et cruel office durant la persécution de Marc Aurèle et a tenu sous les verrous de l'infect cachot noir la sainte troupe des martyrs !

Chapelle d'Apollon entourée d'un mur avec tin auvent en bardeaux. — Un peu au-delà de Trion dans la direction du couchant, au quartier dit des Massuts, s'élevait un autre petit temple consacré à Apollon. Un dévot personnage, qui paraît avoir été un affranchi, l'avait, en reconnaissance d'une faveur obtenue du dieu, entouré d'une clôture en pierres surmontée d'un auvent en bardeaux : Numinibus Augusîorum , deo Apollini G. Nonim Euposius ex voto muro et scandula cinxit. Cet appentis, qui régnait intérieurement sur toute la longueur du mur, constituait une espèce de portique établi dans les conditions les plus simples.

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