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QUARTIERS DU NORD

Les Thermes d'Ulattius. — C'est une inscription qui nous fait connaître les thermes d'Ulattius. Elle a été trouvée au bord de la Saône vis-à-vis la montée du Greillon, dans l'empierrement sur lequel étaient construites les anciennes maisons de Bourgneuf. Elle paraît avoir été l'enseigne d'un établissement de bains qualifiés « bains de santé » : sa[lutares?]> installé dans la propriété d'un Caius Ulattius Aper, sans doute située dans le quartier : In bis praediis Caii Ulattii Apri, s\acerdoiisï\, tbermitlae sa[lu tares] aqua fontis.... Le nom de la fontaine se lisait sur la pierre, mais a disparu avec le fragment aujourd'hui manquant.

Le coteau de Fourvière, qui, sur son versant nord, se déprime sensiblement en formant une sorte d'hémicycle, donne naissance à de nombreuses sources. Deux de ces sources sont particulièrement connues : celle de la Ghana renommée par son abondance, et celle, actuellement tarie, qui formait, au moyen âge, au-dessus de Pierre-Scize , un petit étang accompagné d'un chapelle dédiée à saint Epipoi, où se rendaient en dévotion les fiévreux. Sur le rocher même de Pierre-Scize sortait, au temps de Spon, « une « belle source qui s'étoit fait passage à travers le roc et fournis- « soit continuellement plus d'un pouce d'eau ».

Près de la fontaine de la Chana ont été déterrés « des tuyaux « en terre cuite s'emboîtant les uns dans les autres, chaque tuyau « mesurant 16 pouces de longueur sans compter l'emboîture, « 3 pouces de diamètre intérieur et 7 pouces de diamètre exté- « rieur ». Près de la Chana également, dans la propriété des Dames des Missions africaines, au chemin de Montauban, existent de vastes réservoirs souterrains de l'époque romaine.

Un buste de marbre, d'un assez bon travail, trouvé en 1836 au clos Chinard, entre le rocher de Pierre-Scize et la montée du Greillon, buste venu au Musée et dans lequel M. François Lenormant a cru reconnaître les traits de Démosthènes, aurait peut-être fait autrefois partie de la décoration intérieure des fhermulae d'Ulattius.

Le Tombeau des Deux-Amants. — « Quand on sera descendu de « Pierre-Scize, l'on peut aller voir à 30 pas de là le Convent des

« Cordeliers de l'Observance... Tout auprès de ce convent dans « le milieu de la rué est cette mazure antique qu'on appelle le « Tombeau des Deux-Amans qui paroit. à la vérité, avoir été « assés superbe. Mais comme nous n'avons aucun Historien ancien

« qui en parle, ni aucune Inscription qui nous en éclaircisse, il ne « faut pas s'étonner si le peuple s'émancipe d'y faire des Com- « mentaires fabuleux. La pluspart disent que deux Amans qui « s'étoient longtemps cherché par le monde et y étoient morts « de joye en se rencontrans à Lyon, y sont enterrés. D'autres « croyent que c'est le Sepulchre d'Herodes et d'Herodias qui « avoient été relégués à Lyon par Caligula... De Rubys fait un « autre party, tient que c'est le Tombeau de quelque ancien « Chrétien, mary et femme, qui auraient fait vœu de virginité, « et la raison qu'il en donne c'est qu'il dit qu'on appelloit « anciennement les personnes qui avoient fait un tel vœu. duo « amantes, les deux amans ». Ainsi s'exprime Spon (Ant., p. 117 et suiv.), en ajoutant que, suivant ce qu'il penche à croire, le monument n'était peut-être pas un tombeau, mais plutôt « un « Autel payen dédié à quelque Déité qu'on adoroit à l'entrée de « la Ville ». 11 nous apprend que la façade regardait l'Orient et il donne la figure de l'édifice. C'était, comme on peut le voir par la gravure, une édicule carrée en la forme d'un temple à cella ouverte par-devant et sur les côtés, portée par un soubassement avec socle et corniche, et surmontée d'un toit à fronton reposant par chacun de ses quatre angles sur un pilier carré à chapiteau dorique.

Placé à quelques pas de l'entrée de la ville et à l'embranchement de deux chemins : celui qui longeait le bord de la rivière et celui qui de là gravissait le coteau, le petit édifice était vraisemblablement, comme le conjecturait Spon et comme le pense notre collègue M. Dissard, non pas un tombeau, mais un laraire public.

Edifice à l'Observance. — A l'endroit où s'élève la chapelle de l'Observance existait, à l'époque romaine, un édifice somptueusement décoré ; là ont été trouvés de nombreux et riches débris : des chapiteaux en marbre de colonnes et de pilastres, des restes d'un bas-relief représentant un personnage ailé.

Tombeaux de Vaise. — Les habitants de la ville basse avaient leurs sépultures dans le bas. Aucun tombeau de batelier de la Saône ou du Rhône., ni de négociant en vins, ni d'utriculaire n'a été trouvé sur le plateau. L'espace manquant, les habitants du pied de la colline avaient leurs tombeaux soit à Vaise, où le terrain s'élargit et où ont été retirés des fondations de l'ancienne église des cippes et des sarcophages en grand nombre, soit au-delà du Rhône, à la Guillotière, où se développe une large plaine.

Temple des Mères augustes à Vaise. — De même que Saint- Irénée, que Saint-Just, que Trion et tout le territoire d'en haut parcouru par la voie d'Aquitaine et par les chemins de Saint-Just à Vaise, de Champvert, des Massuts et de Sainte-Foy, Vaise était un bocage parsemé de monuments funéraires, et de même aussi on y rencontrait des chapelles dédiées à des divinités champêtres. Le même dévot qui avait entouré d'un mur et d'un portique en bardeaux le petit temple d'Apollon, aux Massuts, avait élevé ou réparé, à Vaise, une édicule consacrée aux Mères augustes, associant ainsi dans une foi conciliante les croyances apportées par la conquête à celles qui appartenaient d'origine au culte national.

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