‹ Inscriptions antiquesChapitre 62 sur 66 · C-MARIVS-MA civis coloniae · texte numérisé non relu

C-MARIVS-MA civis coloniae

FLAVIAE-AVGVs/<7£'

CVRATVRÂ-EIVs^//?. corporis functus et 5 PATRONVS-"e-PATYo////s nautarum Rhodauiconim

ARARE • NAVlGanthm item et

VTRICLARIO Rum luguduni consistentium

VIVVS • SIBI • ET •

Q.V O N D A M • Conjugi scmctissimae et incompa 10 RABILI • ET • PER fa ton/ ni iniquitatem non SVPERSTITI-CIV/A7//5 eiusdem ponendum ai RAVIT et sub aseia dedieavit

L'A à la fin de la seconde ligne réduit à sa moitié gauche, l'I et f V à la fin de la quatrième à leur partie supérieure, le T à la fin de la cinquième à l'extrémité gauche de sa traverse, l'R à la fin de la septième à sa haste et à l'amorce de sa boucle; le V de CIV à la fin de l'avant-dernière, à sa moitié gauche ; l'E et le T de ET à la cinquième liés en un monogramme ; accents sur l'V de MARIVS, sur l'I ou le second A de FLAVIAE, sur le second V et le dernier A de CVRATVRA, sur l'O de PATRONVS.

Martin-Daussigny, n°i04i de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 117.

Diis Ma ni bus et inem[oriae aeternae] ; C. Mariés Ma [ . . . ,

civis coloniae] Flaviâe Augustae , , curatùrâ eius[dem

corporis functus et] patrôuus, et patr[onus nautarum Rbodanicorum]

Arare navig[antium, item et] utriclarior[um Luguduni consistent/uni], vivus sibi et [ j, quondam c\oniugi sanctissimac et

incompà\ràbili et per[fatorum iniquitatem non] superstiti, civ[itatis eiusdem, ponendum curjavit [et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle ; Caius Marius

« Ma. . . , citoyen de la colonie Flavia Augusta de membre

<s et patron de la corporation des , dans laquelle il a

« rempli les fonctions de curateur; patron des bateliers du Rhône

« naviguant sur Saône, des et des fabricants d'outrés

« demeurant à Lyon, a élevé pour lui-même et à , son

« épouse vertueuse et incomparable, que l'injustice des destins a « empêchée de lui survivre, de la même cité, ce tombeau et l'a « dédié sous Y ascia ».

La cité à laquelle appartenait Caius Marius peut avoir été celle d'Avenches, colonie de Vespasien ou de l'un de ses fils et dont les noms au complet étaient Colonia Pia Flavia Constans Emerita Aventicum Helvetiorum. Elle était déjà, avant son érection en colonie, la principale ville des Helvètes ; devenue colonie, elle continua à être le chef- lieu de toute l'Helvétie réunie en une seule commune, sauf la colonie de Nyon, colonia Eqitestris Noviodunum, fondée peut-être par Jules César, et qui formait une commune indépendante. Elle avait le nom Pia vraisemblablement en souvenir du père de Vespasien. qui y avait exercé la profession de banquier et y était mort (Suétone, I) ; elle tenait de son fondateur celui de Flavia ; elle avait reçu en récompense de son attachement à Galba et en réparation du terrible désastre qu'elle avait subi de la part des généraux de Vitellius celui de Constans, et en l'honneur des vétérans qui y furent colonisés celui à'Emerita (voy. Mommsen, /user. Helveticae, p. 27).

Si les corporations mentionnées dans le texte y étaient classées d'après leur importance, celle dans laquelle Marius avait rempli les fonctions de curateur et qui venait la première dans l'énumé-

ration, aurait été la corporation des négociants en vins, la plus considérable et la plus riche des corporations de Lyon. Il était patron de cette corporation ainsi que de celle des bateliers du Rhône naviguant sur Saône et de deux autres encore dont nous ne pouvons reconnaître que celle des fabricants d'outrés. L'autre, dont le nom manque, était peut- être celle des fabri, que l'on trouve jointe dans une autre inscription (n° 171) à la corporation des utriculaires.

Les inscriptions de Lyon fournissent plusieurs exemples de bateliers du Rhône « naviguant sur Saône » ; elles n'en fournissent pas de bateliers de la Saône dits « naviguant sur Rhône »; c'est peut-être que les bateaux faits pour aller sur la Saône n'étaient pas propres par leur construction à la navigation du Rhône.

Statue d'un Vangion , batelier de la Saône, curateur et patron de la corporation.

Arcade XL1V. — Bloc quadrangulaire qui doit avoir formé le dé d'un piédestal avec base et corniche rapportées ; * trouvé en « octobre 1873, ;l l'hôtel des Trois- Ambassadeurs, quai de « BONDY, au quartier SAINT-PAUL, dans le mur d'une écurie « où, exposée depuis des années à des chocs continuels, l'inscrip- « tion a eu beaucoup à souffrir » (Daussigny). La face inscrite est renfermée dans un encadrement de moulures. Un encadrement pareil est répété sur chacune des deux faces latérales. — Hauteur

i m. 05, largeur o m. 88 ; hauteur de la partie encadrée o m. 79, largeur o m. 64.

C- NOVELLIO ■ IANVAko CIVI • VANGIONI NAVTAE ARARICO-CVRATORI- ET PATRONO • EIVSDEM • CORP

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sabino • IT et anullino c o s

Notre copie : l'R et l'I de IANVARIO, à la première ligne, liés en un monogramme.

Allmer, dans le Salut public du 5 juin 1874. — Martin- Daussigny, n° 1203 de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 117.

C. Novell io Iauuario, civi Vangioni, nautae Ararico, curatori et patrono eiusdem corporis ; Novellii Faustus (?) et Sotericus (?) de se mereuti patrono indulgentissimo. Cuius statuae dedicatione dédit sportulas universis nantis praesentibus denarios III. — Locus

datus decreto nautarum Araricorum. — Dcdicata pridie

septembres (?), Sabino II et Anullino consulibus.

« A Caius Novellius Januarius, de la cité des Vangions, batelier « de la Saône, curateur et patron de la corporation ; Novellius « Faustus et Novellius Sotericus, ont élevé à leur méritant et

« très généreux patron cette statue, pour la dédicace de laquelle « il a donné, à titre de sportule, à tous les bateliers présents, « trois deniers.

« L'emplacement a été donné par décret des bateliers de la « Saône.

« La dédicace a eu lieu la veille des (calendes, nones ou ides) « de septembre, sous le consulat de Sabinus, consul pour la « seconde fois, et d'Anullinus ».

La cité des Vangions était voisine de celle des Trévères, mais dépendait de la province de Germanie Supérieure ; elle était riveraine du Rhin et s'étendait même peut-être au nord jusqu'à l'embouchure de la Moselle ; une partie de l'Alsace aurait été comprise dans son territoire. Elle avait pour ville principale Borbitomagus, aujourd'hui Worms. Chez les Vangions se trouvaient aussi les camps de Bingium et de Mogontiacum. Ptolémée leur attribue, mais à tort. Argentoratum, Strasbourg.

Novellius Januarius, qui appartenait à cette cité, était membre et patron de la corporation des bateliers de la Saône et y avait exercé les fonctions de curateur. Il n'est pas besoin de rappeler que le patronage était une dignité à vie, tandis que la curatelle était une fonction temporaire que nous avons vue, dans une des précédentes inscriptions, exercée deux fois.

Ce sont deux affranchis qui ont élevé la statue. Leurs surnoms ont disparu en partie. Faustus est à peu près certain. On pourrait proposer Tauricus à la place de Sotericus.

Januarius a célébré par une distribution d'argent la dédicace de cette statue, érigée sur un emplacement concédé par un décret de la corporation des bateliers de la Saône ; il a donné à chaque batelier présent à la cérémonie trois deniers, environ 2 fr. 40.

La dédicace s'est faite le 31 août si le mot qui manque dans la date est kalendas, ou bien le 4 ou le 12 septembre si ce mot est nouas ou idus. L'année est indiquée par le consulat de Sabinus et d'Anullinus, ainsi enregistré dans les Fastes dressés par

M. Klein : P. Catius (ou Cattius) Sabiiuis II, P. Cornélius Anullinus; le 111 des ides de janvier (C. I. L., 3, p. 891), le XVIII des calendes de septembre (Orelli, 930), le VII des calendes d'octobre (C. I. L., 2, 2263). Ce consulat répond à l'an 216, mais il ne résulte pas de notre inscription que Sabinus et Anullinus fussent encore consuls en exercice au mois d'août et de septembre. Depuis longtemps le consulat ne se donnait plus pour toute l'année. Dès le règne d'Auguste, il avait, sauf quelques cas exceptionnels, été réduit à six mois, et, bien avant la fin du premier siècle, il n'était plus ordinairement que de quatre ou de deux mois. Mais l'habitude s'était conservée dans les provinces de dater pendant tout le cours de l'année par les noms des consuls ordinaires, c'est-à-dire en fonctions au 1" janvier.

La place où a été retrouvée l'inscription du piédestal de la statue élevée à Novellius comme patron de la corporation des bateliers de la Saône, fait voir, d'accord avec la disposition des lieux, que le port de la compagnie était à la rive droite de la rivière entre le Change et l'église Saint-Paul (voir ci-dessus II, pp. 217 et 318).

Épitaphe d'un Viennois batelier de la Saône , promu aux honneurs de la corporation , fabricant d'outrés demeurant à Lyon.

Arcade XLIII. — Cippe dont la base subsiste et dont le couronnement a été retaillé à fleur du dé par-devant et sur le côté

gauche ; autrefois, c'est-à-dire au XVIe siècle, « en la maison du « Prieur de SAINT-IRÉGNY » (Paradin) ; vers la fin du XVIIe, « dans les jardins des PP. de la Trinité » (Spon), où il était encore vers la fin du XVIIIe (Charvet) ; disparu ensuite, puis retrouvé en mars 1884 dans le mur d'une cave de l'hospice Saint-Vincent-de- Paul, rue du Doyenné, au quartier Saint-Jean. Une ascia est gravée au trait à la première ligne, entre les lettres DM. — Hauteur 1 m. 88; du dé 1 m. 13. largeur 0 m. 51.

ET- MEMORIAE • AETERN G • LIBERTI • DECIMA N C1VI • VIENNENS • NAVT 5 ARARICO- HONORAT 0

VTRICLARIO • LVGV

DVNI • CONSISTENTl MATRONA • MArCIA

NI • CONIVGI • CA

E A • VIXSIT • ANNIS • XVI MENSIBVS- III • DIEBVS XV ■ SINE • VLLA • A NIMI • LESIONE

'5 PONENDVM • CV

RAVIT • ET • SVB ■ AS CIA • DEDICAVIT

L'N et le dernier I de DECIMANI, à la troisième ligne, liés en un monogramme; les mots LIBERTI, à la même ligne, et MATRONA, à la huitième, absolument certains; la syllabe NI, au commencement de la neuvième, non surmontée du trait horizontal indiqué dans presque toutes les copies par suite d'une méprise qui a fait voir un trait de gravure dans un simple accident de la pierre ; l'I de XVI à la fin de la onzième réduit à un très petit reste de sa partie supérieure, l'S de DIEBVS, à la

fin de la suivante, réduite à sa partie inférieure. A la fin de la treizième, un trait incliné qui se voit au-dessous du dernier A pourrait être pris pour un accent, mais n'est qu'accidentel.

Bellièvre, p. 103 et 109. — Symeoni, ms., p. 66. — Gruter, 428, d'après Scaliger. — Paradin, p. 427. — Spon. Recherche, p. 99. éd. 1857. P- I!I- — Ménestrier. Hist. cous., p. 116. — Orelli, 4244. — De Boissieu, 389. — Allmer, Revue èpigrapbique. II, pp. 34 et 60 (note de M. Mommsen). — Dissard, Catalogue, p. 117.

Diis Manibns et memoviae aeternae G. Libertii Decimani , civi Viennensi, nautae Ararico honorato, ntriclario Luguduni consistent!', Matrona Marciani, conjngi carissimo qui cnm ea vixsit annis XVI, mensibns III, diebns XV, sine ulla aninii laesione, ponendum curavit et sitb ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Gaius Liber- « tius Decimanus, citoyen viennois, batelier de la Saône, promu « aux honneurs de la corporation, fabricant d'outrés demeurant à « Lyon, Matrona, femme de Marcianus. à son époux très cher, « qui a vécu avec elle seize ans, trois mois et quinze jours, « sans lui avoir jamais fait aucune peine, a élevé ce tombeau et « l'a dédié sous V ascia ».

Gaius Libertius Decimanus était de Vienne, qui était une colonie de citoyens romains, et probablement il était lui-même citoyen romain bien qu'il ne soit pas fait mention de la tribu à laquelle il devait dans ce cas appartenir et qui était pour Vienne la tribu Voltinia. Il se peut qu'il soit d'un temps postérieur à Caracalla. On sait que cet empereur accorda à tous les sujets libres de l'empire le droit de cité romaine ; ce droit cessant dès lors d'être le privilège de quelques-uns. l'habitude se perdit de consigner dans les inscriptions la mention de la tribu.

Libertius était batelier de la Saône avec la qualification à'bonoratus, c'est-à-dire qu'il avait rempli dans la corporation une ou plusieurs des fonctions appelées honores.

Il était aussi fabricant d'outrés demeurant à Lyon ; les utriculaires, c'est-à-dire les fabricants ou marchands d'outrés, formaient à Lyon une corporation importante ; c'est de cette corporation que nous allons avoir à nous occuper après celle des bateliers.

Matrona, sa veuve, était remariée à l'époque de la rédaction de l'épitaphe. 11 faut remarquer qu'elle avait été bien prompte à prendre un second mari ou bien peu empressée de consacrer un tombeau à la mémoire du premier. Peut-être faut-il simplement comprendre par les mots Matrona Marciani qu'elle était « fille « de Marcianus » ; la filiation serait exprimée ici à la manière gauloise sans le mot filia.

Ainsi dénommée d'un seul nom de forme non gentilice accompagné du nom de son père pareillement dénommé d'un nom qui n'est pas non plus de forme gentilice, elle paraît n'avoir pas eu. quoique femme d'un citoyen romain, le droit de cité romaine.

Épitaphe faisant mention d'un batelier de la Saône.

Arcade XVIII. — Cippe avec base et couronnement, détérioré sur ses bords, « trouvé dans la SAONE lorsqu'on fonda le glacis « du quai de BOURGNEUF » (De Boissieu) ; « il y a quelques « années » (Comarmond). Une ascia, gravée au trait, se voit.

à la première ligne, entre les sigles DM. — Hauteur 1 m. 75; du dé 1 m. 12, largeur o m. 63.

D Sv M

ET QVieti AETERNflf

SECV////AE P L A c /

D A E /cMINAE Sanc 5 TISS/wAE QVAE V I X it

MECVM ANMIS XV///

M 1 1 1 1 DIEBVS XI / / /

SINE VLA ANIMi

/AESIONE G- TIPVR/ / 10 /IVS SACRVNA NAV/rt

ARAR1C CONIVG/

KARISSIMAE ET S I B /

VIVS PONENDVM

CVRAVIT ET SVB 15 ASCIA DEDICAVI/

L'E de DAE, à la quatrième ligne, réduit à sa haste ; l'M de /^MINAE, à la même, à son dernier jambage ; les deux N de ANNIS à la sixième, liées en un monogramme; le P. de TIPVR, à la neuvième, peut-être un B incomplet.

De Boissieu. p. 388. — Comarmond, Description, p. 123 ; Notice, p. 42. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 7. — Dissard, Catalogue, P. 117.

Dits Manib/ts et quieti aetemae Secundiniae (?) Placidae, feminae sanctissimae qnae vixit mecum a/mis XV ... , mensibus III I, diebus XI. . . , sine alla aniini laesione ; G. Tipitr. . . ius Sacrum, nauta Araricus, coniugi karissimae et sibi vivus ponendiim enravit et sub ascia dedicavit.

« Aux dieux Mânes et au repos éternel de Secundinia Placida, « femme très vertueuse qui a vécu avec moi quinze (?) ans, quatre « mois et onze (?) jours, sans m'avoir jamais causé aucune peine. « Gaius Tipur. . . ius Sacruna, batelier de la Saône, ai élevé ce « tombeau à mon épouse très chère et pour moi-même et l'ai « dédié sous Vase la ».

Secundinia, le nom de la défunte, est à peu près certain; Seetindia, dont les inscriptions de Lyon offrent des exemples, ne remplirait pas le vide. Le surnom du mari Sacruna pourrait être comparé à celui du séquane Pompeius Cati/ssa rappelé par une inscription lyonnaise, et est certainement celtique.

ISO

Statue d'un Viennois, curateur et patron des bateliers du Rhône et de la Saône.

Arcade XXXVI. — Piédestal, inscrit sur chacune de ses deux faces principales; encore pourvu de son couronnement, mais incomplet en bas et privé de sa base ; autrefois dans un des murs de l'église SAINT- ETIENNE, au quartier SAINT-JEAN: « Ceste tablature est de l'autre costé (côté gauche) du porche de « l'entrée de l'église Sainct-Ètienne » (Paradin) ; « dans une allée « joignant Saint-Etienne dans la muraille, à la droite » (Spon). « Cette inscription orne le musée de Lyon auquel je l'ai cédée ; « je l'avais acquise des entrepreneurs chargés de la démolition de « l'église dans les murs de laquelle elle était placée » (Cochard).

Chacune des deux inscriptions était renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur 1 m. 35. largeur o m. 70.

lhelviolfLio lhelvio-l-fIlio

voltinfrvgi voltin- frvgi

cvratori • nav cvratori- nav

tarvm ■ bis tarvm bis h vr

? tt vir • viennen v1ennensi vm

s i v m patrono • rho

patrono • rho danicet arar

danicorvm nrhodetararc

ET • ARARICOR

~n- RHODET- ARAR

/. d. d. N RHOD

Première inscription : le premier I et l'L de FILIO ; deuxième inscription : II et l'R de VIR et de ARARIC liés en monogrammes ; deuxième inscription : accents sur l'V de FRVGI, sur l'O de CVRATORI, sur le second E de VIENNENSIVM, sur le premier O de PATRONO.

Bellièvre, Lugd. prise, 91 . — Symeoni, ms., p. 56. — Paradin, p. 422. — Gruter, 418, 3. — Spon, Recherche, p. 26; éd. 1857, p. 28. — Chorier. Antiquités de Vienne, éd. Cochard, p. ^46. — Artaud, Notice 1808, p. 27; 18 16, p. 52; Musée lapidaire, arcade XXXIV. — De Boissieu, p. 395. — Comarmond, Description, p. 217 ; Notice, p. 80. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 14. — Herzog, 514. — Wilmanns, 2235. — Allmer, Inscriptions de Vienne, II, p. 2S7; n° 249 de l'atlas. — Dissard, Catalogue, p. 117.

L. Helvio, Lucii filio, Voltinia, Frùgi. curatori uautarum bis,

duumviro Vimnensium , patrono Rhodanicorum et Araricorum , nautae Rhodanici et Ararici. — Locus datas decreto nautarum Rhodanicorum [et Araricorum

« A Lucius Helvius Frugi, fils de Lucius (Helvius) ; de la tribu « Voltinia, deux fois curateur des bateliers, duumvir des Vien- « nois, patron des bateliers du Rhône et de la Saône, les bateliers « du Rhône et de la Saône ont élevé cette statue.

« L'emplacement a été donné par décret des bateliers du Rhône « et de la Saône ».

Il semble, d'après cette inscription, qui malheureusement n'est pas complète, que les bateliers du Rhône et de la Saône ne formaient, à l'époque où elle a été rédigée, qu'une corporation.

On a déjà vu dans les inscriptions précédentes un exemple de la curatelle exercée deux fois.

Le texte devait se terminer par la mention d'une distribution.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n° 127. — Patron. Quintus Julius Severinus, de la cité des Séquanes, inquisitor des trois Gaules, patronus splendidissimi, corporis n(autarum) Rhodanicor(um) et Arar(icorum).

Ci-dessus n° 129. — Lucius Besius Superior, de la cité des Viromanduens, ailector de la caisse des Gaules, patronus nautar(um) Araricor(um) et Rbodanicor(um).

Ci-dessus n° 162. — Batelier de la Saône. Toutius Incitatus, sévir augustal, nauta Araricus, item centonarius Lug. consistais bonoratus, negotiator frumentarius.

Ci-dessus n° 165. — Batelier du Rhône. Caius Primius Secu]n-

dus, sévir augustal, n(auta) Rhod(ankits), praef(ectus) eiusd(em) cor(poris), fab(er) tign(uarlus) Lug. consistais, omnibus, bonorib(us) apud vos funct(its).

Ci-dessus nn 166. — Batelier du Rhône naviguant sur Saône. Marcus Primius Secundianus, sévir augustal, nauta Rhodaniens Avare navigans, eorporat(us) inter fabros tign(uarios) Lug. consis-

tentes negoi(iator) muriarius.

Ci-dessus n" 172. — Caius Apronius Raptor, de la cité de Trêves, n(auta) Araricus, patronus eiusdem corporis.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Patron des bateliers de la Saône. — Lucius Tauricius Florens, de la cité des Vénètes, allector de la caisse des Gaules (inscr. autrefois à la Boucherie SAINT-PAUL, puis employée dans la construction d'un égout à l'Hôpital; voy. De Boissieu, p. 259), patronus nauta ru m Araricorum et Ligericorum, item Arecarrorum (ou Arecairorum) et fondera tiu m (ou Condeatitnn).

Emplacement donné par un décret des bateliers de la Saône. — (Fragment, autrefois « tout contre l'église SAINT-GEORGES »;

voy. De Boissieu, p. 391) splendidissimam perpétuant vaca-

tion\em\. L(ocus) d(atus) d(ecreto) n(autarum) Araric(orum).

Inscriptions étrangères.

Batelier de la Saône et patron de la corporation. — Caius Sentius Regulianus, chevalier romain (inscr. de Rome ; voy. De Boissieu, p. 207) nauta Araricus, patronus eiusdem

corporis. Il était diffusor olearius ex Baetica, et curateur de la corporation, négociant marchand de vins à Lyon, domicilié aux Canabae et curateur et patron de la corporation , patron des sévirs augustaux domiciliés à Lyon.

Curateur des bateliers du Rhône. — Rufius Catulus (inscr. autrefois dans le département de l'Ain, « aux Marches, sur une « tombe de pierre de taille d'onze pieds de quadrature » ; voy. Inscriptions de Vienne, III. p. 435), curator n(autariim) R(hodanicornm).

Les bateliers du Rhône. — (inscr. à Saint-Jean-de-Muzols dans l'Ardèche ; voy. Inscriptions de Vienne, I, p. 54). Ils élèvent à l'empereur Hadrien, pendant sa troisième puissance tribunicienne, une statue : trib(unicia) potest(ate) III, cos III, n(autae) Rhodanici indidgentissimo principi.

Les bateliers du Rhône et de la Saône. — Inscr. au musée de Nîmes, Hist. de Languedoc, éd. Privât, XV, n° 422). Ils ont quarante places réservées dans l'amphithéâtre : loca n(autis) Rbod(anicis) et Arar(icis) XL d(ata) d(ecreto) d(ecurionum)

N(emaiisensium).

Batelier de la Saône. — Aebutius Agatho (inscr. au musée de Saint-Remy, près d'Arles), nauta Araricus.

Corporation des Condcates et des, arcarii.

La corporation lyonnaise : des Condeates et des arcarii Lugud(uni) consistentes, n'est connue que par deux inscriptions, l'une encore existante et déjà enregistrée, l'autre perdue depuis longtemps.

Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.

Ci-dessus n° 129. — Patron des Condeates et des arcarii. Lucius Besius Superior, de la cité des Viromanduens, chevalier romain, adlector de la caisse des Gaules, patronus nautarum Araricor(um) et Rhodanicor(um) , patronus Cond(eaUu)m e[t a]r[c]arior(um) Liigud(imi) consistentiwm .

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Patron des arecairi et des Condeates. — Le Lucius Tauricius Florens, de la cité des Vénètes, allector Galliarum, qui vient d'être mentionné comme patron des bateliers de la Saône (inscr. autrefois à la Boucherie SAINT-PAUL; voy. De Boissieu, p. 259), patronus nautar(um) Araricorum et Ligericorum, item Arecarrorum (variante: Arecairoruin) et . . .onderatium (variante: Condeatium). Aucun des deux noms n'est certain. Les plus anciens transcripteurs ont lu ARECAIRORVM ET CONDEATIVM; les derniers ARECARRORVM et | />ONDERATIVM. L'inscription existe encore, mais est fruste et illisible dans plusieurs de ses parties. Il reste de l'un des deux noms : CONDI////M suivi d'un I. probablement la première lettre en partie effacée du mot ET; de l'autre il reste : / R / ARIOR précédé d'une lacune qui ne peut avoir contenu qu'une lettre, probablement un A, ce qui donnerait a]r[c]arior(uin), non arecairoruin ni arecarrorum ; mais l'R elle-même étant douteuse, on pourrait peut-être aussi penser à [elii\arior(uin).

Qu'étaient ces Condcates et ces arcarii ou elciarii, qui formaient une corporation lyonnaise : Liigudimi consùtentes ? A cause de leur liaison avec les bateliers du Rhône, de la Saône et de la Loire, des bateliers sans doute. Les Condeates peuvent avoir été des bateliers du Confluent: Condate ; les arcarii peuvent avoir été des bateliers dont les embarcations se seraient, en raison d'une forme particulière, appelées du nom à'arca, et si on lit elciarii (pour hclciarii), des bateliers dont les bateaux étaient halés au moyen d'une corde.

Corporation des utric nia ires.

Les utricularii étaient des fabricants d'outrés. Les anciens faisaient un grand usage d'outrés. Ils les employaient pour le transport des liquides, notamment le vin et l'huile.

Ils les employaient aussi à d'autres usages. Ils liaient des outres gonflées d'air à des radeaux, rendus ainsi insubmersibles et à l'aide desquels ils exploitaient des cours d'eau autrement non navigables. On a inféré de là que les utriculaires, si souvent mentionnés dans les inscriptions, étaient les bateliers qui montaient ces bateaux. Mais alors pour rendre possible la distinction entre ces bateliers et les fabricants d'outrés, il eût au moins fallu dire : nautae utricularii et non pas simplement utricularii ; or cette association des mots ne se rencontre pas. D'un autre côté, les bateliers qui formaient des corporations se disent ordinairement sur les inscriptions « bateliers de tel fleuve, de telle rivière », par exemple nautae Rhodanici, nautae Ararici, nautae Ligerici, nautae Druentici, etc.; on ne connaît pas d'utriculaires qui aient joint à leur nom professionnel celui d'une rivière ou d'un fleuve.

De plus, on trouve des corporations d'utriculaires dans des villes où n'existent pas de cours d'eau pouvant porter bateau. C'est que les utriculaires n'étaient autre chose que des fabricants d'outrés, ainsi que déjà l'a établi Renier dans une de ses annotations à la Recherche de Spon (éd. 1857, p. 119) : « Quoi « qu'en dise Spon et quoi qu'en ait dit depuis Calvet dans une « dissertation qui a une certaine célébrité, on ne peut prendre les « utriculaires que pour des fabricants d'outrés destinées à contenir « le vin et l'huile ». Marquardt dans son Manuel (7, p. 719) les donne aussi comme des fabricants d'outrés. La fabrication des outres était une branche de commerce considérable. Si les utriculaires eussent été des bateliers, on a à se demander comment se seraient appelés les fabricants d'outrés.

Nos inscriptions nous montrent les utriculaires, utriclarii, formant une corporation : corpus utriclarioriim ; corporatus inter utriclarios Luguduni consisteutes; adpertinens et honoratus corporis ittriclariorum. Parmi les incorporés, apparaissent un lintiarius, c'est-à-dire un marchand toilier, et un negotiaior artis prossariae, fabricant d'étoffes de laine à longs poils. On trouve plusieurs fois les utriculaires joints à d'autres corporations sous un même patron. Un de ces patrons, Minthatius Vitalis, négociant marchand de vins, batelier naviguant sur Saône, réunit sous son patronage cette dernière corporation, les chevaliers romains, les sévirs, les utriculaires et \tsfahri; un autre. Caius Marius Ma est en même

temps patron des bateliers de la Saône, des et des

utriculaires.

Les outres servant principalement à contenir les vins que les marchands de vins en gros envoyaient par voie fluviale, il se comprend de soi que les fabricants d'outrés aient été en étroits rapports avec les marchands de vins et avec les bateliers. Un Viennois, Caius Libertius Decimanus, était de la corporation des bateliers de la Saône et de la corporation des utriculaires établis à Lyon.

D'après leurs noms, les utriculaires rappelés par nos inscriptions étaient des hommes de condition libre.

On voit par un passage de Suétone (Ner., 54), que les joueurs de cornemuse s'appelaient aussi utriculaires.

Épitaphe d'un Véliocasse, marchand toilier, membre de la corporation des utriculaires de Lyon.

Arcade LIX. — Cippe avec base et couronnement « provenant « de l'ancienne église de VAISE » (De Boissieu) ; « découvert « dans les fouilles faites à Vaise en 1846 par ordre du Gouverne- « ment » (Comarmond). Une ascia est gravée en creux au milieu du bandeau de la corniche entre les sigles DM. — ■ Hauteur 1 m. 47 ; du dé 0 m. 85. largeur 0 m. 60.

ET • MEMORIAE • AETERN ILLIOMARI • APRI • LINTIA RI EX CIVITATE • VELIOCAS 5 SIVM • SVBLECTO ■ I NM V M E R

COLONOR • LVG • CORPORA TO • INTER VTRICLAR • LVG

CONSISTENTIVM

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