QV I • VIX • ANN ■ LXXXV-SINE-VL
IO LIVS • ANIMI ■ SVI • LAESIONE
APRIVS- ILLIOMARVS- fIl- PA
TRI-KARISSIM-P-C-ET-SVB-A-D-
Le D au commencement de la première ligne encore visible en
4»b INSCRIPTIONS MUNICIPALES
partie; les deux N de IN NVMER, à la cinquième, liées en un monogramme.
Notice, p. 108. — Monfalcon, Suppl. à Spon, éd. 1857, p. 240. avec planche; Musée lapidaire, p. 19. — Wilmanns, 2240. — Dissard, Catalogne, p. 112.
Diis Manibus et memoriae aeternae llliomarii Apri, lintiârii, ex civiiate Veliocassiuni, sublecfo in minier um colon or nm Lugudunensium, corporato in ter utriclarios Luguduni consiste ntium (à corriger par consistantes), qui vixit annos LXXXV sine ullius auiuiï sui laesione; Aprius Illiomarus, filins, patri harissimo ponendwn curavit et sub ascia dedicavil.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d'Illiomarius « Aper, marchand toilier, de la cité des Véliocasses, admis au « nombre des colons de Lyon , membre de la corporation des « utriculaires demeurant à Lyon, mort à l'âge de quatre-vingt- « cinq ans sans avoir jamais fait à personne aucune peine ; « Aprius Illiomarus, son fils, a élevé ce tombeau à son père très « cher et l'a dédié sous ï ascia ».
L'ars lintiaria, ou mieux lintearia, était le tissage de la toile de chanvre et de lin ; les lintiârii étaient des fabricants ou marchands toiliers. Pline (19, 2) nomme expressément plusieurs peuples gaulois particulièrement réputés pour la fabrication de la toile : les Cadurques, les Calètes, les Rutènes, les Bituriges, les Morins presque à l'extrémité septentrionale de la Gaule ; puis il ajoute que dans toute la Gaule on fabriquait de la toile à voiles. Les Véliocasses, dont le territoire s'étendait, au-dessus des Parisii, tout le long de la rive droite de la Seine jusqu'à son embouchure et dont la ville principale Rotomagus, aujourd'hui Rouen, était un port de mer, devaient d'autant mieux se livrer à cette fabri-
cation que la Seine, mise en communication avec la Saône par un court trajet de terre, était, aussi bien que la Moselle, la continuation de la grande voie navigable qui unissait la Méditerranée à la Manche et à la mer du Nord.
Illiomarius Aper, originaire de cette cité, était marchand toilier, non seulement établi à Lyon, mais même admis par une sitblectio des décurions au nombre des colons lyonnais; de plus, il était membre de l'importante corporation des marchands d'outrés demeurant à Lyon. S'il n'était d'abord que pérégrin ou citoyen latin, il est certainement devenu citoyen romain par le fait de la sublectio dont il vient d'être parlé, et ce sera alors qu'il aura fait de son nom celtique Illiomarus le gentilice romain Illiomarius; mais ce qui est remarquable, c'est que ce nom ne s'est pas transmis à son fils comme nom de famille. Ce fils a reçu un nom gentilice nouveau : Aprius , formé à' Aper, le cognomen de son père, et a eu pour surnom le nom Illiomarus rendu à sa forme primitive. On aperçoit là une des causes de la transformation des cognomina en noms de famille ; ce n'est toutefois pas la seule ; une autre cause, dont il ne manque pas d'exemples, est celle où la transformation résulte d'un affranchissement dans lequel l'affranchi reçoit, non pas le gentilice de son maître, mais un gentilice formé du surnom de celui-ci.
Il n'y avait probablement pas à Lyon de corporation des lintiarii ; ce sera pour cela qu'llliomarius s'est fait admettre dans celle des utriculaires.
Épîtaphe d'un Séquane, peigneur de laine ou fabricant et marchand d'étoffes de laine à longs poils, membre de la corporation des utriculaires.
Arcade XXI. — Fragment incomplet en haut, à droite et en bas; autrefois au quartier SAINT-GEORGES, « au pied du « GOURGUILLON, au logis de M. de Langes, Lieutenant général « en la Seneschaussée de Lyon » (Paradin); « au jardin des PP. « de la Trinité » (Spon) ; « dans la façade d'une maison de la « rue Moncey à la Guillotière, appartenant à M. Parisis » (De Boissieu) ; extrait de là et apporté au Musée « en 1855 » (Daussigny). — Hauteur o m. 40 ; largeur o m. 35.
aeternae III ER///// / 5 POPPlLLlNATIOw
SEQVANO CIVi LVGVDVNENS* N EGOTIATORlrt/- TIS PROSSARIa* 10 ADPERTINEN/t et
HONCRATO COrpor VTRICLARIOrwm / / / / / R-B / / / /
L'E et l'R de la troisième ligne réduits à leur moitié inférieure; la seconde L de P0PPILL1 à la cinquième à sa branche horizontale ;
le second O et l'R de HONORATO, à la onzième, liés en un monogramme; l'R et le B à la dernière très incertaines et actuellement presque entièrement effacés.
Bellièvre, Epitapb., p. 90. — Paradin, p. 444. — Gruter, 649, 7. — Spon, Recherche, p. 102; éd. 1857, p. 115. — Ménestrier. Prèp., p. 33 ; Diss. sur l'Orig. de Lyon, p. 3. — Colonia, Hist., I, p. 82. — De Boissieu, p. 407. — Martin-Daussigny, n° 816 de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 118.
Dits Maiiibus et memoriae aeternae Terentii (?) Poppilli,
naiione Sequano, civi Lugudunensi , negotiatori artis prossariae, adpertinenti et honorato corporis utriclariorum
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de . . . Terentius « Poppillus, de la nation des Séquanes, citoyen lyonnais, négo- « ciant peigneur de laine ou marchand d'étoffes de laine à longs « poils, appartenant à la corporation des utriculaires et promu « parmi eux aux honneurs ».
Le nom gentilice de notre personnage a disparu à l'exception des deux lettres ER, insuffisantes pour permettre de le reconnaître. La restitution de ce nom par vatERu aurait l'inconvénient de ne pas laisser de place au commencement de la ligne pour un prénom. tEReutii, précédé d'un prénom, satisferait aux exigences de la disposition du texte, mais ne peut toutefois être proposé qu'à titre de conjecture.
L'ars prossaria est peu connue ; ce n'est que dans des glossaires de la basse époque (Cyrille, Philoxène), qu'on en trouve des mentions indirectes sous l'indication prosa : pexa tunica. Le négoce exercé par Poppillus aurait donc été le commerce des étoffes de laine à longs poils, fabriquées dans le pays des Séquanes.
Bien qu'originaire lui-même de ce pays, il était citoyen lyonnais, c'est-à-dire citoyen romain de Lyon.
Il ne paraît pas que les prossariï aient formé à Lyon une corporation. Poppillus faisait partie de la corporation des utriculaires, non comme simple membre, mais comme parvenu aux honneurs.
Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.
Ci-dessus n° 171. — Patron. Minthatius Vitalis, négociant marchand de vins domicilié aux Kanabae, patronus eq(ues) R(oinaiins) IlIIlI vir(orum), utriclar(iorum), fabror(um) Lugud(uni) consiste ntiitm.
Ci-dessus n° 176. — Caius Marius Ma pat[ronus nauta-
riun Rhodanicorwn] Ai are navig\antium, item. . . et] utriclarior\nm.
Ci-dessus n° 178. — Membre. Gaius Libertius Decimanus, citoyen viennois, nai/ta Avariais bonoraf/is, utriclarius Luguduni consistais.
Inscriptions perdues on non entrées au Musée.
Membre de la corporation. — Caius Catius Driburo (inscr. autrefois à la SARA près de FOURV1ÈRE ; voy. De Boissieu, p. 403), corporis utriclariornm Lugduni consistcntiitm. Son surnom probablement celtique.
Membre de la corporation. — Caius Victorius Tauricus (?), surnommé par sobriquet Quiguron (inscr. trouvée au quartier SAINT-GEORGES à la montée du GOURGUILLON « et trans-
« portée à l'ile Barbe »; voy. De Boissieu, p. 402), civ(is) Lug., corporatus inter utriclar(ios) Lug. consistâmes. Sa mère s'appelait, non pas Castaurina, mais vraisemblablement Cas[sia] Taurina.
Inscriptions étrangères.
Utriculaire de Lyon. — Fragment, autrefois « à Montélimar, à « l'angle d'une maison, sur la place du Mai »; voy. De Boissieu,
p. 404). . . .VTRIjYA?/' ] CVDVNI ... ; peut-être [///JGVDVNI.
M. Hirschfeld (Gallische Studien, II, p. 16), considère ce fragment comme très suspect ; il n'a peut-être jamais existé.
Corporation des marchands d'huile de la Bétique.
La corporation des diffusores olearii ex Bactica, « placeurs d'huile « de la Bétique », est rappelée par une inscription, non de Lyon, mais de Rome (voy. De Boissieu, p. 207), et cette inscription n'explique pas si le siège était en Bétique ou à Rome ou à Lyon, mais les autres corporations auxquelles appartenait le personnage étaient toutes des corporations lyonnaises : Dits Manibus sacrum ; C. Sentio Reguliano, eq(uiti) Romano, diffus(ori) olearlo ex Bactica, curatori eiusdem corporis; nego(tiatori) vinario Luguduu(eusi) in canabis consistai (fi), curatori et patrouo eiusd(em) corporis, patrono IlIIlI vir(orum Aug.) Luguduni consiste ntium ; L. Scutius Reginus et Ulattia Metrodora, filii eiusdem, ponendum curaverunt, procurant (ibus) Dionysio et Belticiano et O
La belle-fille de Sentius Regulianus, qui se nommait Ulattia, était lyonnaise ou ségusiave ; lui-même était établi à Lyon, au quartier des Canabae ; c'est là qu'il avait un entrepôt d'huile de la Bétique, comme représentant de la corporation des diffusores.
Corporation des fabricants on marchands de sayons.
Les sagarii, fabricants ou marchands de sayons, formaient à Lyon une corporation : sagarius corporatus ; sagarins LiigudÇuvensis), que les inscriptions nous montrent en rapport avec celles des sévirs augustaux et des centonaires.
Le sagiim était une sorte de manteau ou de pardessus d'une épaisse étoffe de laine, propre à garantir du froid et du mauvais temps. C'était un vêtement épais et fourni, car Martial (Epigr., VI, 11) l'oppose au vêtement d'étoffe fine. La fabrication des sayons était une des principales branches de l'industrie gauloise. Ceux qui se fabriquaient en Belgique étaient particulièrement forts et résistants (Strabon, p. 196). On sait qu'il s'en faisait chez les Lingons (Martial , XIV, 1 59), chez les Atrébates et chez les Nerviens (Langres, Arras et Tournay). L'inscription qui suit permet de croire qu'il s'en faisait aussi chez les Rèmes. On en expédiait de ces cités jusqu'en Italie. Si on doit s'en rapporter au tarif de l'édit de Dioclétien (C. /. L., 3), ils ne se donnaient pas à vil prix. Un sagum Gallicum y est coté 8000 deniers, c'est-à-dire à raison de 0,0212 le denier, 169 francs 60 centimes (voy. Lépaulle, Edit de maximum, Lyon 1886, p. 15).
Epitaphe d'un Rème, fabricant ou marchand de sayons.
Arcade LUI. — Petit cippe avec base et couronnement; « trouvé « dans la SAONE, dans la démolition du pont du CHANGE » (De Boissieu); « en 1846, dans la deuxième arche du pont du « Change, rive gauche de la Saône » (Comarmond). — Hauteur 1 m. 20; du dé 0 m. 66; largeur 0 m. 54.