C ■ L AT I N I
R E G I N I REMI SAGAR/ 5 L V G V D
Notice, p. 87. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 16. — Wilmanns, 2551. — Dissard, Catalogue, p. 118.
Diis Manibus C. Latinii Regini, Rémi, sagarii Lugudunensis, hères ponendum curavit.
« Aux dieux Mânes de Caius Latinius Reginus, de la cité des « Rèmes, de la corporation lyonnaise des marchands de sayons, « son héritier a élevé ce tombeau ».
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Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.
Ci-dessus n° 168. — Sayonnier. Caius Rusonius Secundus, Illlll vir Aug. c. C. C. Aug. Lug. item sagarius.
Ci-dessus n° 168. — Sayonnier incorporé. Caius Rusonius Myron, Illlll vir Aug. Lug. bonoratus. item centonarius honorât us et saga ri us corporatus.
Corporation des maîtres charpentiers entrepreneurs et des artistes stiicateurs.
Les fabri tignarii, ou suivant l'orthographe habituelle des inscriptions fabri tignuarii, étaient des charpentiers et, dans une acception plus étendue, des entrepreneurs : fabros tignarios dicimus non cos dumtaxat qui tigna dotant, sed omnes qui aedificant (Cujas. Dig., 50, 16. 235). Ils formaient une corporation : splendidissimum corpus, qui avait son siège à Lyon : Lugd(uni) consisteutes, et, d'après une des inscriptions qui suivent, paraît avoir compris les artistes stucateurs : Genio spiendidissimi corporis fabrorum tign[iiarioriim] itemque artificum tectorum, dont la spécialité est ainsi définie par Tertullien (De idol., 8) : Scit aibarius tector et tecta sarcere et tectoria inducere et cisternam liare et cymatia distendere et multa alia ornamenia praeter simulacra parietibus incrustare.
La corporation avait une hiérarchie de fonctions et de dignités : des incorporés, des honorait, des patrons : corporatus inter fabros
tignuarios Lugduni consistentes; faber tignuarius Lugduni consistens omnibus honoribus apud eos functus, paironus eiusdem corporis.
On la trouve en rapports avec la corporation des négociants cisalpins et transalpins.
Parmi les incorporés oh rencontre, non seulement des bateliers du Rhône, mais aussi des forgerons : iuvenis incomparabilis ingenii artis fabricae ferrariae corporatus inter fabros tign(itarios) Lugud.
La corporation des fabri tignuarii et des artifices tectores avait un champ de sépulture lui appartenant en propre.
Épitaphe d'un artiste en ouvrages de serrurerie, membre de la corporation des maîtres charpentiers entrepreneurs.
Arcade XXIV. — Cippe avec base et couronnement, trouvé en décembre 1874 à SAINT-JUST, dans les terrassements pour l'établissement de la gare de TR.ION. Un fronton aigu, en forme de pyramide, termine le couronnement et présente sur sa face antérieure des instruments professionnels gravés au trait : des tenailles d'une forme particulière entre deux objets peu distincts : un burin (?) à gauche et peut-être un marteau à droite. Sur l'attique qui sert d'appui à ce fronton se lit la première ligne de l'inscription. Deux ascia, dont l'une, celle de gauche, est presque entièrement effacée, occupent le bandeau de la corniche. L'extrémité de chacune des deux antéfixes d'angle de la lysis figurée sur cette attique conserve encore les restes d'un crampon de fer, scellé
avec du plomb, qui servait à fixer un ornement de métal. Au milieu de la plinthe de la base se voit un trou carré autrefois fermé par un portillon et communiquant avec le sol. — Hauteur 1 m. 75 ; du dé o m. 75, largeur o m. 58.
D ET M
M E M O R ! A E e AETERNAEcs V A L E R I A E • LEVCADIAE INFANTIS DVLCISSIMAE-QVAE-VIXIT-ANMIS- 5 o • VI • D • XXX • ET •
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15 TIAOMNIBVS-AMICIS-ET-PARENTlins
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anvs • et-val • secvndinvs • fra tres • p- c- 3" • s1bi-vivi-svb • asc- dedic
Les deux N de ANNIS à la quatrième ligne et de ANN à la douzième, l'E et le T de ET à la dernière, liés en monogrammes;
accents sur l'I final de VIREI au commencement de la sixième, sur l'I final de INGENI à la septième, sur l'A de VAL à la dixhuitième, mais peut-être accidentel ; les points avant et après le mot AETERNAE, à la seconde, et celui avant VI. au début de la cinquième, figurés par des bederae.
Martin-Daussigny, n° 12 12 de son Registre d'entrées. — Allmer, Revue du Dauphin é 1877, p. 61; Revue èpigraphique, I. p. 297. — Allmer et Dissard, Triou, p. 43. — Dissard. Catalogue, p. 122.
Diis Mauibus et memoriae aeternae Valeriae Leueadiae, infantis dulcissimae quae vixit annis VI, diebus XXX, et Vire'ii Vitalis, iuvenis incomparabilis ingenii artis fabricae ferrariae, fratris eiusdem
Leueadiae, quorum mortem soti XXX dies inter fueruiit; corporato inter fibros tignuarios Luguduneuses, qui vixit annis, XVllll, mensibus X, diebus VI III; eujus aetas ta lis fuit ut virgo defitnetus sit ; euiusque sapientia omnibus amieis et parentibus admirabilis fuit. Huius de aetate mors inique iudieavit ! — Vâlerius Maximus, vitrieus. qui eu m sibi jilium adoptaverat et arte educaveral , in quo spem aetatis suae conlocaverat, et lu lia Seeundina, mater infelieissima, qui sibi ab eis id fieri sper avérant, et Vireii : Marinianus, Secundianus, et Vàlerius Seeundinus, fratres, ponendum euraverunt et sibi vivi sub aseia dedieaverunt.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Valeria Leu- « cadia, morte à l'âge de six ans et trente jours, et de Vireius « Vitalis. son frère, jeune homme d'une habileté merveilleuse « dans l'art de façonner le fer, membre de la corporation des « entrepreneurs lyonnais, mort à trente jours seulement d'inter- « valle après sa sœur, à l'âge de dix-neuf ans. dix mois et neuf « jours. Telle a été la pureté de sa jeunesse qu'il a emporté au « tombeau sa virginité et que par sa sagesse il faisait l'admiration « de ses amis et de ses parents. La mort s'est méprise sur son
SOO INSCRIPTIONS MUNICIPALES
« âge ! — Valerius Maximus. son beau-père, qui l'avait adopté « pour son fils, l'avait instruit dans son art et avait placé en lui « l'espérance de ses vieux ans. et Julia Secundina. sa mère infor- « tunée : qui. tous deux, avaient espéré recevoir de leurs enfants « les tristes honneurs qu'ils leur rendent, et Vireius Marinianus « et Vireius Secundianus et Valerius Secundinus , frères des « défunts, ont élevé ce tombeau, qu'ils se sont de leur vivant « destiné à eux-mêmes, et l'ont dédié sous Yascia ».
L'ars fabrica ferraria était ce que nous appelons la serrurerie, l'art de forger le fer et d'en fabriquer toutes sortes d'ouvrages. Cette industrie ne formait pas à Lyon une corporation, puisque nous voyons un de ceux qui l'exerçaient agrégé à la corporation des tignuarii, c'est-à-dire des charpentiers entrepreneurs.
Les termes de l'épitaphe : iuvenis incomparabilis ingenii artis fabricae ferrariae, perme-ttent de considérer Vireius comme supérieur à un simple artisan. Ils nous le montrent comme un véritable artiste, parvenu à la perfection dans son art difficile, sachant sans doute faire prendre au fer les mille formes variées que lui suggéraient les inspirations de son « génie incomparable », le forger et le ciseler en merveilleux travaux, le façonner soit en luxueuses armures, soit en ouvrages décoratifs pouvant rivaliser d'élégance et de richesse avec les magnificences que la sculpture répandait à profusion sur la pierre et le marbre. Admirable forgeron et ciseleur, dominé par la passion de son art au point de n'en avoir jamais éprouvé aucune autre, le jeune Vireius Vitalis nous paraît mériter de prendre place parmi les artistes, connus en trop petit nombre, qui ont illustré notre pays à l'époque romaine.
Remarquer le mot aetas employé dans l'acception ordinaire d'âge et dans les acceptions opposées de jeunesse et de vieillesse.
Autel au Génie de la splendidissime corporation des maîtres charpentiers entrepreneurs et des artistes stucateurs , et champ de sépulture des membres de la corporation.
Arcade VII. — Bandeau pourvu d'une inscription sur ses deux faces principales ; incomplet à droite et en bas ; « découvert « en 1855, place SAINT-IRÉNÉE » (Daussigny). Chacune des deux inscriptions était renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur 0 m. 40, longueur 1 m. 30.
GeNIO-SPLENDIDISSIMI'CORPORIS-FABRORVMTIGN(!//o/k»;
^emqve-artificvmtectorvm-clavdivsjyurone/
/ / / entes i i i i i i i / i i i i erga-memoriam-clavrfn
corpvs cvivs qvam praeter • sepvltvrae gratia
A-HABENT QvIqVE-EXCEPERVNT-ADITVM-ET-HA BITATO
EM ■ LOCVM ■ SEPVLTVRAE • CVIVS ■ REI GRATIA
TO 0 CONSECVTI • SVNT
sghCTISSIMA • SEMPER
Lettres de très bonne forme ; le dernier T et le dernier I de HABITATIO liés en un monoa-ramme.
Martin- Daussigny, nos 853 et 854 de son Registre d'entrées. — Monfalcon, Suppl. à Spon, Recherche, éd. 1857. p. 341. — Dissard, Catalogue, p. 118.
Geuio splendidissimi corporis fàbrorum tignariorum itemque
artificum tectorum, Claudius Myron et clientes (?) devo-
tissimi erga memoriam Claudii dant.
« Au Génie de la splendidissime corporation des charpentiers « entrepreneurs . . . . , et des artistes stucateurs, Claudius Myron
« et clients très dévoués à la mémoire de Claudius
« donnent cette chose ».
Nous ne savons ce qu'était ce personnage appelé Claudius dont deux clients tiennent à honorer la mémoire par un don au Génie de la corporation ; mais on ne risque guère de se tromper en présumant en lui un bienfaiteur.
Il paraît s'agir, dans la seconde de ces inscriptions, malheureusement plus incomplète encore que la première, de la réglementation d'un champ de sépulture particulier à la corporation des fabri tignarii et des artifices tectores ; champ de sépulture probablement donné par le Claudius dont le surnom manque. Deux clients de celui-ci : un Claudius Myron et un anonyme, mus par leur reconnaissance envers sa mémoire, ajoutent à sa libéralité en consacrant au Génie de la splendidissime corporation un petit temple, placé, si notre imagination ne nous égare pas, à l'entrée du cimetière dont il s'agit. Sur la paroi intérieure du modeste édifice, contenant dans une niche ouverte l'image du Génie, se lisait l'inscription dédicatoire, et, sur la paroi extérieure, l'inscription relative au droit de sépulture des membres de la corporation.
Les fabri tignarii ou tigni/arii étaient des charpentiers et le plus souvent, dans une acception plus large, des entrepreneurs. Les tectores, ou comme ils sont appelés ici artifices tectores, étaient des artistes qui avaient la spécialité des enduits à appliquer sur les murs pour les mettre en état de recevoir la peinture qui en était la décoration habituelle. Ces enduits, lorsqu'ils étaient bien faits, étaient lisses, brillants, inaltérables et pouvaient être lavés
sans que la peinture qui les recouvrait eût à en souffrir (Vitruve, VII, 3). Les Grecs surtout excellaient dans cet art. qu'ils avaient poussé à un étonnant degré de perfection. Il est tout simple de voir réunis en une corporation les charpentiers entrepreneurs de construction de maisons et les artistes stucateurs. Voir l'inscription suivante.
Autel au Génie d'un bienfaiteur de la corporation des maîtres charpentiers entrepreneurs et des artistes stucateurs.
Arcade VII. — Tablette de marbre, trouvée à CHOULANS, quartier SAINT- IR.ÉNÉE; « chez M. Rougnard » (De Boissieu), « du cabinet d'Artaud acquis par la ville » (Comarmond). L'inscription est renfermée dans un cartouche à ailerons en forme de peltae, dont il ne reste que celui de droite. — Hauteur o m. 16, largeur o m. 2j; hauteur de la partie encadrée o m. il. largeur 0 m. 15.
C L AVD I MYRONIS
De Boissieu, p. 47. — Comarmond, Description, p. 529, Notice, p. 120. — Monfalcon, Suppl. à Spon ; Recherche, éd. 1857, p. 341. — Dissard. Catalogue, p. 121.
Genio Claudii Myronis : = « Au Génie de Claudius Myron ».
Vraisemblablement, le même Claudius Myron que celui qui, dans l'inscription précédente, fait, de concert avec un personnage anonyme, un don que nous avons supposé être un petit temple au Genius de la « splendidissime » corporation des charpentiers entrepreneurs et des artistes stucateurs.
A son tour il reçoit, nous ne savons de quelle part, un semblable hommage de dévouement et d'affection. Le monument dédié à son Genius n'était pas un tombeau ; c'était un autel surmonté du buste de son Génie représenté sous ses propres traits.
Le musée de Nîmes possède plusieurs autels consacrés par des affranchis, des clients, des amis, à leurs patrons ou à leurs amis. Ce sont des piédestaux de grandeur d'homme, en forme de gaîne d'hermès, portant, à leur sommet coupé en plan incliné, la tête du Genius, c'est-à-dire le portrait du personnage honoré. Notre petite inscription devait se voir au-dessous du portrait du Génie de Myron dans le haut d'un piédestal engaîné.
Epitaphe faisant mention d'un artiste stucateur.
Don Laya.
Arcade LUI. — Petit cippe avec base et couronnement ; « décou- « vert en 181 5 dans les fondations de la COMMANDERIE DE SAINT-GEORGES » (Artaud). Les deux premières lignes de l'inscription sont placées en dehors du dé, la première avec deux petites asçia gravées en creux sur l'attique, l'autre sur le bandeau
de la corniche du couronnement. — Hauteur o m. 7s ; du dé 0 m. 37, largeur 0 m. 42.
D $ ET ^ M
MEMORIAE ■ AETERN
BLANDINIAE-MARTIOLAE-PVELffi, INNOCENTISSIMAE • QVA E • V I X I T 5 ANN-XVIII-M-VIIII-D-V-PONPeIVs
CATVSSA- CIVES -SE QVA N V S -TEC TOR-CONIVGIINCOMPARABILI ET- SIBI • BENIGNISSIME • QVA E • M E CVM -VIXIT • AN-V-M-V I -D • XVIII