SI N E-VLA- CRIMI NIS • SORDE ■ VI VS
SIBI-ET-CONIVGI-PONENDVM-CV RAVIT-ET-SVB-ASCIADEDICAVIT TVQVI-LEGIS-VADE-IN- APOLINIS L AVAR I • QVO D-EGO-CVM-CONIV
'5 GE • FECI-VELLEM • SI • ADVC ■ POSSEM
L'M et le second P de POMPEIVS liés en un monogramme.
Artaud, Notice 1816, p. 82; Musée lapidaire, arcade XLVI. — Mongez, dans les Mèm. de l'Acad. des inscrip. et bettes-lettres, s. p. 53. — De Boissieu, p. 429. — Comarmond, Description, p. 311, pi. 8; Notice, p. 114. — Monfalcon, Suppl. à Spon, Recherche, éd. 1857, p. 342 avec planche; Musée lapidaire, p. 21. — ■ Wilmanns, 2566. — Dissard. Catalogue, 123.
Dits Manibus et meinoriae aeternae Blandiniae Martiolae, puellae, innocentissimae , quae vixit anuos XVlll, menses Vllll, dies V; Pompeius Catussa , civis Sequaims, tector , couiugi iniconiparabili et sibi beiiignissimae , quae mecum vixit anuos V, menses VI, dies XVlll, sine ulla criminis sorde, vivus sibi et coniugi pouenduiu curavit et sub ascia dedicavit.
SOÔ INSCRIPTIONS MUNICIPALES
77/ qui legis, vade in Apollinis lavari, qitoJ ego cum coniuge feci ; vcllem si adbuc possem.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Blandinia « Martiola, jeune femme pleine d'innocence, morte à l'âge de « dix-huit ans, neuf mois et cinq jours; Pompeius Catussa, de la « cité des Séquanes, artiste stucateur, à son épouse incomparable, « remplie de bonté à son égard, qui a vécu avec lui cinq ans. « six mois et dix-huit jours, pure de toute souillure, a élevé ce « tombeau et aussi pour lui-même et l'a dédié sous Xascia.
« Toi qui lis ces lignes, vas au bain d'Apollon, ce qu'avec ma « femme j'ai souvent fait et voudrais encore faire si cela était « possible ».
Pompeius Catussa était artiste stucateur : tector, artifex tector comme explique l'inscription précédente, qui nous montre les artifices tectorcs joints aux fàbri tignuarii et formant avec eux une corporation qualifiée de « splendidissime ».
L'apostrophe que la fin du texte adresse au passant est curieuse. Elle fait connaître qu'il y avait à Lyon un bain d'Apollon en possession d'une vertu des plus précieuses , signalée aussi par l'enseigne de l'hôtelier Septumanus, qui même en garantit l'infaillibilité : Promittit Apollo salutem. Où étaient ces bains si dignes d'être fréquentés ? Très vraisemblablement , comme déjà nous l'avons dit (ci-dessus p. 307). au quartier Saint-Georges, dont provient notre inscription et dont le coteau donne naissance à plusieurs sources aujourd'hui détournées par le passage souterrain du chemin de fer de Saint-Just. 11 faut citer en première ligne la source qui alimentait la très célèbre fontaine des Trois-Cornets, naguère encore en grand renom de salubrité pour son extrême fraîcheur plus peut-être encore que par des propriétés médicinales bien réelles ; puis une source ferrugineuse retrouvée il y a peu d'années (De Boissieu, p. 430, note) entre l'église Saint-Georges et le pont d'Ainay. Sur le sommet de ce coteau existe aussi
un magnifique bain ou réservoir décrit et représenté dans les Antiquités de Lyon du P. Colonia (I, p. 81) : « Parmi les réser- « voirs, les bains & les autres édifices destinez à recevoir l'eau de « nos Aqueducs, il en reste un dans une vigne des Religieuses « Ursulines près de Saint-Just, qu'on peut regarder comme un « monument antique des plus curieux et des mieux conservez « qui soient peut-être dans toute l'Europe. Ce sont des Bains « Romains construits dans la terre , faits en forme de voûte & « fort régulièrement décorez par une enceinte de portiques encore « tous entiers. Ils ont 4 s pieds de longueur et 44 de largeur. La « muraille a trois pieds d'épaisseur, & le ciment qui les incruste « est presque aussi dur que la pierre même ».
Remarquer le nom séquane Catussa et l'orthographe des mots cives, aduc, puelae, nia, Apolinis, qui sans doute se prononçaient dans le peuple ainsi qu'ils sont écrits.
Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.
Ci-dessus n° 166. — Incorporé. Marais Primius Secundianus, nauta Khodanic(us) Arare navigans, corpomf(iis) inter fabros tign(uarios) Lug. consist(euies). Il était membre et curateur de la corporation des sévirs augustaux et negotiator muriarius.
Ci-dessus n° 165. — Honorât et patron. Caius Primius Secun-
dus, le père du précédent fab(er) tign(iiarius) Litg. cons(is-
tens), omnib(us) bonorib(us) apud eos fuucl(its), patr(onus), eitisd. corp(oris). II était aussi membre et curateur de la corporation des sévirs augustaux , membre et préfet de celle des bateliers du Rhône.
Corporation des négociants cisalpins et transalpins.
Les négociants cisalpins et transalpins : splendidissimum corpus Cisalpinorum et Transalpinorum, faisaient le commerce des divers produits des contrées situées en deçà et au-delà des Alpes.
La corporation était sous la direction d'un préfet : einsdem corporis praefectus, et elle paraît avoir eu deux sièges, l'un à Milan, l'autre à Lyon.
On la trouve en relations à Milan avec un collège de bateliers du lac de Côme, et à Lyon avec la corporation des maîtres charpentiers entrepreneurs.
Épitaphe d'un faber tignuarius, membre et préfet d'une corporation dite des négociants Cisalpins et Transalpins.
Arcade XVI. — Cippe avec base et couronnement, trouvé en novembre 1884 dans le RHONE, en aval du pont de la Guillotière sur le bord est du banc de graviers situé entre la place GROLIER et le terrain contigu à l'extrémité nord de l'ÉCOLE DE MÉDECINE. Un trou de scellement, encore garni de plomb, se remarque sur
chacun des deux bouts du bandeau de la corniche et servait autrefois à retenir un ornement de métal en étain ou en bronze doré. Sur la face supérieure existe une cavité circulaire assez profonde, qui est peut-être une mortaise dans laquelle s'engageait le pied d'un buste ou d'une urne en marbre ou en pierre, ou de quelque autre sujet décoratif. — Hauteur i m. 82, du dé 1 m. 16 1/2; largeur 0 m. 98.
MSENNI METILl /REVE RI • NEGOTIATORI CORPORIS ■ SPLENDI 5 DISSIMI • CISALPINO
RVM • ET • TRANSALPINO RVM- EIVSDEM • COR PORIS ■ PRAEF • FABRO . TIG NVARIO • LVG ■ ET • SEWIAE >o IVLLAE • CONIVGI ■ EIVS • DVL
CISSIME ■ VIVAE • PAREN TIBVS • MERENTISSIMIS FlLI • HEREDES F • C ET • SVB • ASCIA • DEDIC
Les deux N de SENNI, à la seconde ligne, et de SENNIAE, à la neuvième, liées en monogrammes.
Guigue, dans le Courrier de Lyon du 27 novembre 1884. — Allmer, dans la Revue Lyonnaise 1885, p. 9, et Revue èpigrapbique 1885, II, pp. 67 et 92. — De Vellefosse, dans le Bulletin des antiquaires 1884, p. 300. — Lafaye, dans le Bulletin èpigrapbique 1885, p. 43. — Dissard, Catalogue, p. 117.
Diis Manibus M. Sennii Metilii , Treveri; negotiatori corporis
splendidissimi Cisalpinorum et Transalpinorum , eiusdem corporis praefecto , fabro tignuario Lugudunensi, et Senniae Iidlae, coniugi dus dulcissimae vivae; parentibus merentissimis filii et beredes facieintum curaverunt et sub ascia dedicaverunt.
« Aux dieux Mânes de Marcus Sennius Metilius. de la cité de « Trêves, membre de la splendidissime corporation des négociants « cisalpins et transalpins, préfet de cette même corporation, maître « charpentier entrepreneur lyonnais, et à Sennia Iulla son épouse « chérie, ses enfants et héritiers ont élevé, du vivant de leur « mère, à leurs bien méritants parents, ce tombeau et l'ont dédié « sous i'ascia ».
Sennius Metilius, maître charpentier entrepreneur à Lyon était en même temps membre et même préfet, c'est-à-dire directeur en chef, d'une corporation qui s'intitule splendidissimum corpus Cisalpinorum et Transalpinorum : « la splendidissime corpora- « tion des négociants cisalpins et transalpins », déjà connue par une inscription de Milan (Corp., V, 594) au nom d'un negotiator Cisalpinus et Transalpinus, qui était en outre patron d'un collège des bateliers du lac de Côme : patronus collegii nautarum Comensium.
Dans une précédente dissertation, insérée dans notre Revue épigraphique (II, p. 67), nous avons émis, en nous appuyant sur un texte de Cicéron et sur divers textes réunis par notre savant et honoré confrère M. Caillemer, l'opinion que les negotiatores simplement dits étaient des marchands de blé en gros qui faisaient en même temps la banque et l'usure. Il y a peut-être à compléter cette explication. Les plaines de la Cisalpine produisaient du blé en abondance ; au contraire, les Alpes et les pays y attenant : le sud-est de la Gaule, l'Helvétie, la Rétie, étaient peu productifs de blé et en rapportaient à peine pour les besoins de leurs populations, mais, par contre, abondaient en grands arbres, autrefois comme aujourd'hui encore, rares en Italie. Le commerce des
négociants cisalpins et transalpins aurait consisté à trafiquer des divers produits des contrées qu'embrassait ce vaste champ d'exploitation : le blé dans la Cisalpine, les bois de construction dans les Alpes et dans les pays transalpins. Ils auraient été ainsi à la fois marchands de blé et marchands de bois de construction, ce qui se rattache très bien à la profession de maître charpentier entrepreneur que Sennius exerçait à Lyon. Ils devaient vendre du blé surtout dans les Alpes et dans la région transalpine, et des bois surtout en Italie, où ils étaient très recherchés pour la construction, soit des édifices, soit des navires.
L'étendue de la circonscription et son partage en deux parties par les Alpes nécessitèrent peut-être deux sièges de la corporation ; l'un aurait été à Milan pour le pays cisalpin, l'autre à Lyon pour le pays transalpin. Les deux villes étaient des centres routiers de premier ordre d'où les transports pouvaient se faire dans toutes les directions : vers le nord par les routes qui traversaient les Alpes, par celles qui sillonnaient la Gaule et par la Saône ; vers le sud par les voies terrestres qui de Milan les disséminaient dans l'intérieur de l'Italie, ou par le Rhône qui de Lyon leur fournissait le moyen de descendre à la Méditerranée et d'aller aborder aux ports de la côte.
M. Lafaye, professeur à la Faculté des lettres de Lyon, émet l'opinion (l. c.) que les négociants cisalpins et transalpins auraient été peut-être des expéditeurs, entrepreneurs de roulage, et, ce qui pourrait donner appui à cette conjecture, c'est que la corporation était, ainsi que celle des bateliers, sous la direction d'un praefectus.
Sennius était de Trêves, dont les relations commerciales avec Lyon étaient des plus actives. Des Trévères se sont déjà rencontrés dans les riches corporations lyonnaises des négociants en vins et des bateliers de la Saône. A Bordeaux, pareillement, ce sont les Trévères qui apparaissent le plus fréquemment sur les inscriptions où sont mentionnés des étrangers.
Le nom Sennius paraît être gaulois. On le trouve le long du
Rhin sous la forme Semais et même sous celle de Seima comme nom d'homme. On le trouve aussi sous la forme gentilice Sennius dans le nord de la Gaule sur les bords de la Manche, et dans le midi à Nîmes, où les noms gaulois ne sont pas rares. Il ne faut pas manquer de rappeler, d'après l'inscription de Thorigny (De Boissieu, p. 263), que le célèbre député viducasse qui fit échouer par son opposition dans l'assemblée des trois Gaules le projet de mettre en accusation un gouverneur de la Lyonnaise, s'appelait Sennius et était fils d'un Sennius.
La femme de Sennius Metilius le maître charpentier entrepreneur lyonnais, s'appelait comme lui Sennia, par hasard sans doute; car son surnom lutta ne permet en aucune manière de la prendre pour une affranchie de son mari. Elle était certainement de condition ingénue.
Fragment d'épitaphe faisant mention d'un curateur d'une corporation incertaine.
Don Bourdeleix.
Arcade XVI. — Grand bloc quadrangulaire sans ornements, incomplet dans le bas; autrefois au quartier SAINT- IRÉNEE, « dans le mur extérieur d'une maison appartenant à M. Contamin » (depuis à M. Bourdeleix), « sur le chemin de Saint-Just à l'Etoile- « d'Alai vis-à-vis la FAVORITE » (De Boissieu); entré au Musée en juillet 1886. L'inscription entière se composait de plusieurs blocs juxtaposés, un à gauche de celui qui nous est parvenu,
un autre ou même deux autres à sa droite. — Hauteur i m. 54, largeur 0 m. 58. Hauteur des lettres de la première ligne 0 m. 1 1, de la seconde et de la troisième 0 m. 10, des six autres 0 m. 08.
v 1 v O ~ S F En7 si bi marc\ V S V Rbanus (?) q. et C V R Â Tor . tignÇ)
in s^GVSIÂVlS ■ 'Hegotiantium
5 e t m e M O R I A E aëternae
pa T R O N I • sanctissimi
ma rci O • G E M I No curaniib.
///;(?) . M A R Cio
et . . M A R C / 0
Lettres de bonne forme; accents sur l'V et l'A de CVRATor et sur l'A de s^GVSIAVIS.
De Boissieu, p. 123. — Roux, Forum Segusiavoritm 1851, nn III des planches. — Bernard, Description du pays des Sègusiaves 1858, p. 20. — Dissard, Catalogue, p. 117.
Vivos fecit sibi Marcius U rbanus (ou Urbicus), quaestor (?) et curator tignuariorum in Segusiavis negotiantium, et memoriae aëternae patroni sanctissimi, Marcio Gemino, curantibus libertis (ou filiis) . . . Marcio et ... Marcio
« De son vivant, Marcius Urbanus questeur (?) et curateur de la « corporation des charpentiers exerçant chez les Ségusiaves, a « élevé ce tombeau pour lui-même et à la mémoire éternelle de « son vénéré patron Marcius Geminus, par les soins de ses affran- « chis {ou fils), . . . Marcius et ... Marcius ».
Cet essai de restitution n'est nullement présenté comme certain. La qualité d'affranchi, que prend l'auteur du monument en appelant
« patron » celui à la mémoire de qui il l'élève, ne permet pas de voir en lui un curateur de la res public a de Lyon, fonction publique qui ne se donnait qu'à des sénateurs ou à des chevaliers. Avec plus de vraisemblance il s'agit de la curatelle de quelque corporation industrielle ou marchande que nous ne pouvons pas déterminer d'une manière sûre; peut-être des tignuarii, qu'une inscription de Feurs, dédiée Numinibus Aiigustontm et deo Silvano, nous montre siégeant au chef-lieu des Ségusiaves : fabri tignuarii qui Foro Segus(iavoruni) consistant.
Que les personnages des deux dernières lignes aient été des fils ou des affranchis, leur nom gentilice Marcius n'en fournit pas moins sûrement celui du constructeur et celui du destinataire du tombeau.
Ce débris d'une inscription, qui, dans son état intégral, occupait la surface de trois ou même quatre grandes pierres juxtaposées, doit avoir appartenu à un tombeau de proportions considérables comme paraissent avoir été tous ceux qui, à partir de la sortie de Lyon, bordaient de chaque côté la voie d'Aquitaine.
Fragment dîme liste de noms qui peuvent être ceux de membres d'une corporation.
Arcade LV1I. — Tablette de marbre incomplète de tous côtés; « trouvée en avril 1862, au quai de BONDY, dans la SAONE »
(Daussigny), quartier SAINT- PAUL. — Hauteur o m. 30, largeur o m. 33.