Tac. Ann., XI., 23; cf. Desjardins. III, 279, ss
les Lingons. Il n'est pas invraisemblable qu'en reconnaissance du bienfait de Claude, il ait pris les noms de l'empereur. — Niger est un sobriquet : « le Noir ».
3. Deo Moritasgo. Ce dieu est sans doute un dieu local comme il y en avait tant dans la Gaule. Parmi ces dieux, les uns sont simplement, comme ici, qualifiés de deus ou dea [dea Bibracte, à Autun ' ; Icouellauna dea, au Sablon2 ; deus Boruo, dans l'Allier et à Bourbonne-les-Bains, etc.), les autres sont identifiés à un dieu romain, Mars (cf. plus haut), Mercure, Jupiter, Hercule3. Moritasgus est le nom d'un roi des Senones mentionné par César4. Ce nom est composé de deux parties : Mort que l'on retrouve dans Morini, nom d'une peuplade habitant le nord-ouest du département actuel du Pasde-Calais5, et Tasgus (Tasg-) reconnaissable dans Tasg-ellus6, Tasg-ius', Tasgetios*.
5. Suo nomine, luliae Virgulinae uxoris, etc. Remarquer la brachvlogie d'après laquelle et nomine se trouve sous-entendu. Cette manière de dire est fréquente dans le style épigraphique : nomine meo et Atiliae nxori(s) ; dans la langue ordinaire on trouve seulement : meo iudicio stare malo quam omnium rcliquorunr \ Cette construction, dans toute la hardiesse que nous présentent les inscriptions, devait être courante dans la langue populaire, car on la retrouve dans les serments de Strasbourg : pro Deo amur et pro Christian poblo et noslro commun salvament™. Elle est très logique, puisque