Siehel, Ann. ocul., LVI
NUITS. — EN BOLARD 187
a. C. Dedemo. Ce surnom peut être d'origine grecque (fcei- &YJtM*>v. poltron, Hom. V 96). Il faut remarquer le grand nombre de noms grecs portés par les oculistes : nous venons de voir au cachet précédent Soterichianus (cp. Swx^pi^o;), on pourrait y ajouter Uelius, Philumenus, Hypnus, Herestratus, Orgilus, Dionysodorus \ etc. D'un autre côté, les noms des collyres sont ordinairement empruntés au grec. Enfin la plupart des abréviations des inscriptions des cachets sont formées à la manière grecque, c'est-à-dire sur une voyelle et non sur une consonne2. Cet ensemble de faits constitue une présomption assez forte en faveur de l'origine grecque de la majorité des oculistes anciens. — Ambrosium, collyre nouveau à nom emphatique. Cf. n° 149 a.
b. Teochist(um) doit être corrigé en Teoch{r)ist(um) (Sichel). C'est encore un nom emphatique qui est à peu près l'équivalent de « onction divine ». — Epiphora, ce nom est ordinairement du féminin, epiphorae ; cp. n° 149, d 2. Contre ce genre d'affections, on se servait de collyres dont le nom spécifique était delacrimatorium 3. — Ex ouo, la préposition ex à la suite du nom d'un collyre désigne la matière dans laquelle il faut délayer ce collyre devenu sec, avant de l'employer. Ici, il s'agit de blanc d'oeuf. Dans d'autres cas, on se sert d'eau et alors l'effet est différent. Nous connaissons un authemerum, collyre à employer le jour même, qui est calmant délayé dans du blanc d'œuf et caustique délayé dans de l'eau, lene ex ouo, acre ex agita*. On employait dans le même but
1. Cp. la liste publiée par M. S. Reinach, Rev. arch., 1888, t. XI, p. 255.
2. C'est ainsi que sont aussi pratiquées les abréviations en Gaule, au temps de l'autonomie. Cf. de Longpérier, Journ. des sav. ,1873, 653. Le grec a, moins que le latin, conscience des limites des mots. De là ces inscriptions a-coi/rjoov où les mots sont coupés d'une manière parfois si bizarre. Dans les inscriptions latines, dès le début, les mots sont séparés par des points ; c'est un usage tardif dans les inscriptions grecques. Une des causes de cette différence est dans l'intensité donnée aux syllabes initiales des mots latins. Cf. L. Havet, ap. Mèm. Soc. Ling., t.* VI, 11.