Schuchardt, I
9. Schuchardt, I, 143 (inscr. du Rhin), III, 75 (inscr. chrétienne de Gaule du vne siècle).
10. L'orthographe bs pour ps est certainement très rare. Voici d'après les tables parues du Corpus le relevé très court de ces formes : t. I : néant; — t. II : conlabs- (4788); — t. III : conlabs- , dilabs-. 1 fois
individu chargé de la garde d'une capsa. La capsa était un coffret dans lequel on pouvait plier des vêtements ou ranger des rouleaux pour écrire. De là le nom de capsarias donné à l'esclave chargé dans les bains de garder les vêtements, à l'esclave qui porte la capsa où sont contenus les objets nécessaires à un écolier. Dans l'armée, le capsarius devait être préposé à la garde des archives de la légion : c'était un soldat jouissant d'immunités \
La première inscription (n° 273) a été publiée ou copiée dans les imprimés ou manuscrits suivants :
Gruter, 84, 5. — J. Vignier, Décade historique, B. N., ms. fr. 5993, f° 33a; 5994, f° 9a. — Lettres de Spon à Nicaise, B. N., f. fr., ms. 9360, pièces 114 et 115. — Lettres de l'abbé Nicaise à Spon, bibl. de Lyon, ms. 0 864, 1, pièces 88 et 91 2. — Abbé Nicaise, Minerua Arnalya, B. D., mss. 406 (3), p. 78, et 406 (4), p. 4. — Orelli, 2105. — Ant. Héron de Villefosse, Rép. trav. hist., I, p. 25, n° 89.
Cette inscription, comme le n° 273 bis, est attribuée par les anciens recueils à Langres. C'est une erreur. L'abbé Nicaise, dans sa Minerua Arnalya, prétendait quelle venait d'Is-sur-Tille. Ce n'est pas encore tout à fait exact, et il faut restituer ce monument à Thil-Châtel. C'est Nicaise qui nous l'apprend lui-même dans sa correspondance avec Spon. 11 lui écrit de Dijon, le 30 août 1678 : « Je ne scaurois, Monsieur, trop vous recommander vostre santé. Vous me réjouissez de ce que vous trouvez bon que je vous y exhorte. C'est ce qui m'oblige de vous en réitérer mes prières (scachant que ie profiterai avec le public,
chaque; — t. IV : néant; — t. V : conlabsum (7228); — t. VII : néant;
— t. VIII : conlabs-, 5 fois; dilabs-, 1 fois (2657); scribsi, 1 fois (724);
— t. IX : conlabs-, 3 fois; — t. X : conlabs-, 4 fois; — t. XII : -labs-, 4 fois; scribs-, 2 fois; — t. XIV : collahs- , 1 fois (126).
1. Corp. Inscr. foi., VIII, 2553; discenles capsario[rum?\. — Cf. Daremberg et Saglio, Dict. d'Antiq. grecques et romaines, v°; Cauer, de muneribus militaribus, etc., XVIII, inscr. n. 13 (Eph., IV, 433); Eph., IV, p. 533. Notre inscription est donc la seconde qui mentionne un capsarius.
2. Je dois à mon ami, M. l'abbé Louis Jarrot, la copie des extraits des lettres de Nicaise que je publie ici. J'ai dépouillé moi-même les lettres des correspondants de Nicaise à la Bibliothèque nationale.
parce que vous advancerez beaucoup plus vos travaux de l'antiquité dans une forte disposition que dans la contraire) ; de vous envoyer, Monsieur, pour vous divertir deux inscriptions que vous trouverez dans Gruter. La lre pag. 84, inscript. 5, qu'il dit avoir esté trouvée dans la ville de Langres quoiqu'elle l'ayt esté à 7 lieues de là, dans un village où elles sont encore ensevelies sous la ruine d'une maison d'un particulier.^) Suit le texte de l'inscription, semblable à celui de Gruter. Les lignes sont divivisées autrement que plus haut : 1. 5 : QVADRIVISAVREL ; 1. 12 : EXIT. ET, le reste à la ligne suivante : pour le nombre, on voit qu'il n'y a pas de différence. L. 7, Ye de LEGa la forme onciale. Nicaise continue : « L'autre est de la page 92, 2 », et il donne le texte de l'inscription aux déesses mères. Il termine en disant : « Que veut dire en celle-cy cet ABSARIVS et dans l'autre P IM COS. GERM. SVPERIORIS ? » Le 9 septembre 1678, Spon écrit à Nicaise : « Vous ne me dites point le nom du village où sont les deux Inscriptions. Si vous les revoyez, ie vous prie de considérer si avant HD il n'y a point apparence d'y avoir eu des lettres de mesme qu'avant IS DEA et si ce n'auroit point esté DIS DEABus; LEG. XXI. P. IM. COS. GERM. SVPERIORIS signifie LEGIONIS XXIae Piae IMmunis Consularis Germaniae Superioris, à moins qu'il n'y eût après le P une R et ainsi en joignant PRIM. feroit PRIMIGENIAE. Pour ABSARIVS ou AABSARIVS s'il faut joindre les deux A je ne say ce que c'est ». Nicaise dut répondre à ces deux questions : l'origine des inscriptions et le sens d'absarius : il devait lui donner le sens de ce mot d'après Ducange et lui indiquer sommairement l'étymologie. En effet, Spon écrit de Lyon, le 16 septembre 1678 : « Je suis bien aise de savoir l'explication du mot Apsarius ; mais le Glossaire [de Ducange] en ajoute peut estre bien l'étymologie ». Pour répondre à ce doute, Nicaise envoie des extraits étendus du Glossaire dans une lettre du 20 septembre 1678 : « Je vous diray, ... Monsieur, touchant le mot d'ahsarius de votre inscription qui est cachée à Til-Chastel, à demilieue d'Is-sur-Tille, sous la ruine d'une maison, que ce mot vient d'abseitas ou d'assitas et que mansum absum seu apsum opinatur esse praedium nudum et inueste. [Suit une longue citation de Ducange] . Il me semble que celluy qui a copié l'inscription a fait une faulte et que au lieu de mettre ANTONI- NIANEA, il devoit mettre l'A devant l'E, pour laisser après, le mot d'ABSARIVS avec un seul A ». On voit donc que la lettre de Nicaise en réponse à celle de Spon du 9 septembre doit être
perdue. Heureusement, dans sa lettre du 20 septembre, Nicaise mentionne incidemment la provenance des deux inscriptions.
L'affirmation de Nicaise est confirmée par un autre témoignage. D'après la Décade historique de Jacques Vignier, manuscrit de la Bibliothèque nationale l dont Clément-Janin a publié des extraits inexactement et sans référence2, ces inscriptions auraient été trouvées à Thil-Châtel. Vignier suppose qu'il y avait un campement dans ce pays, et en donne comme preuves des inscriptions dont malheureusement il ne cite pas le texte même. Voici ce qu'il dit des deux inscriptions précédentes : « La première [inscription] est. sur un piédestail de pierre, fort entier, de pierre de Sampans, et contient un vœu fait par un chevalier ou un soldat nommé Victorin, du temps de l'empereur Septime Sévère, Dexter et Priscus Marcellus estants consuls ; qui estoit l'an 198 de la naissance de N. S. selon le Gard. Baronius, et de la fondation de Rome 948 ou 949. Il semble que ce vœu ayt esté conçu en faveur de quelque grand et dangereux voyage en la haute Allemagne, et addressé aux dieux et déesses tutélaires des chemins, par où ce soldat, qui avoit sans doute quelque
commandement, devoit passer La deuxième est encore un
vœu, comme la première, et porte qu'un Marius Régulus, soldat de la sixième légion, dite Antoninienne, a accompli son vœu en l'honneur de tous les dieux 3 ». Il avait sans doute lu in honorem deorum deahus Marius Iulius Regulus, etc.
L'inscription aux déesses mères (273 bis) a été publiée par Gruter, e schedis Rousiati (Roustat était un maire de Langres qui s'est beaucoup occupé au xvie s. des antiquités de cette ville : delà l'attribution à Langres faite par Gruter), p. 92, 2.
« La troisième, à demi effacée, est le vœu d'un Clémentinus Agricola ».
[ CUmentinus Agricola u(ptum) s(oluit) l(ibens) m(erito).}
J. Vignier, Décade historique, texte cité par Clément-Janin ; cp. B. N., ms. fr. 5994, f. 9.
1. B. N., ms. fr. 5994, ff. 8b et 9a. Voir aussi le texte, non moins formel pour l'attribution à Thiî-Chàtel, que j'ai cité plus haut, p. 214.