Gandelot, xliv
Lejay. Inscriptions antiques de la Côte-d'Or. 4
plausible est celle d'un milliaire. Cette opinion avait été soutenue anciennement, ainsi qu'en témoigne Pasumot qui essaie de la réfuter '. On a trouvé sur la voie Appienne une série de monuments tout semblables. M. Mommsen, après les avoir d'abord considérés comme des bases, les a classés définitivement parmi les milliaires2. M. Protat croit aussi que c'est un milliaire et il complète l'inscription par un autre fragment sur lequel il ne donne pas de détails. Voici l'ensemble de l'inscription ainsi rétablie.
IMP • C.ES • FL- Imp(eratore) Caes(are) Fl(auio)
CONSTANTINO Constantino
P • F. AVGVSTO P(io) F(elice) Auguste
BONO bono
5 R E I P V B L reipubl(icae)
NATO nato
LXXIII l(eugae) XXIII
1. « Je n'ai pu me ranger de cet avis, dit-il, parce que les pierres placées sur les voies romaines pour faire connaître les distances ont toujours eu la forme d'une colonne [c'est en effet la forme ordinaire, mais on trouve aussi des milliaires carrés, par exemple aux environs de Lambèse, Renier, 4305=: Corp. Inscr. Lat., 10238]; que leur dimension était plus grande [si ce fragment appartient à un milliaire, il est incomplet et le monument était plus grand dans son ensemble]; que jamais on n'y mettait de couronne triomphale [c'est la seule objection un peu sérieuse, mais on peut penser que la couronne encadrant l'éloge rappelait les quinquennalia de Constantin] et qu'enfin l'inscription faisait mention seulement du nom de l'empereur sous le règne duquel elles avaient été posées ou réparées [on n'a qu'à parcourir un recueil d'inscriptions pour se convaincre de la fausseté de cette assertion; la formule bono reipublicae nato devient d'ailleurs un véritable nom impérial dans les inscriptions de Constantin et de Julien et on ne peut la considérer comme un éloge véritable]. » Pasumot, 72. Il en conclut que l'inscription était un cippe en l'honneur de Julien. Quant à la rigole qui a fait prendre ce monument pour un autel de libations (?), elle ne peut entrer en discussion ; puisque la partie supérieure de la première ligne manque, la surface dans laquelle se trouvait cette rigole (qui n'était peut-être qu'une cassure) n'était pas la surface antique.
2. Cf. la note du t. X, n° 8419. Parmi les inscriptions énumérées
BEA UNE 51
3. M. Protat donne E au lieu de F. Il faut noter l'absence du surnom de Maximus. Ce surnom fut pris par Constantin en 315, époque des decennalia de ce prince et de l'érection à Rome de Tare de Constantin.
4. Il est impossible dédire si quelques mots manquent entre la 1. 3 et la 1. 4. Certaines inscriptions de Constantin ne donnent en effet que les titres que nous avons ici. — bono reipubl{icae) nato. C'est un éloge propre aux Césars du rve s. On le trouve déjà appliqué aux Augustes Constantin et Licinius, aux Césars Crispus, Licinianus et Constantin, dans une inscription gravée entre 315 et 323 1. Comme dans ce texte, l'éloge est sous forme de sigles : B(ono) R(ei) V[ublicœ) N(ati$), il devait être en usage depuis quelque temps. Cette formule rappelle un éloge décerné à Tibère : natus ad aeternitatem romani nominis1 ; mais cet éloge n'est pas un titre qui se répète à la suite des noms du prince dans toute une série de monuments. Bono dans ces expressions est peut-être un ablatif indiquant l'idée d'accompagnement : « né avec le bonheur de l'Etat )> ; on peut comparer dans Tacite (Ami., 14, 11) : public a for tuna extinctam oùpnblica fortuna semble être l'équivalent de bono publico.
7. Il est difficile de dire quel est le point de départ de cette mesure : ce n'est ni la distance d'Autun à Beaune ni celle de Beaune à Dijon. M. Protat lit : (leugae) LXXlîI : mais cette lecture est impossible : il faut absolument prendre L comme indication des lieues. Beaune ne devait pas se trouver sur la voie de Dijon à Lyon, mais sur une voie venant de Saulieu. S'il en est ainsi et si le tracé qu'on donne de cette voie est exact, ce serait à peu près la distance de Saulieu à Beaune. Cette distance devait être, si l'on tient compte des détours de la route, de 54 à 58 kilomètres; 23 lieues gauloises font environ 51 kilomètres. On peut admettre que le milliaire a été déplacé de quelques kilomètres pour servir de base à la croix mentionnée.
dans cette note, les ncs 6080, 6222 et 8419 présentent la même inscription que notre fragment, sauf le chiffre de la distance qui manque dans ces textes.