INSCRIPTIONS RELATIVES AUX SPECTACLES
Les spectacles paraissent, ainsi que déjà nous l'avons expliqué, avoir eu à Nîmes une importance toute particulière. Il y existait, comme du reste dans toutes les villes chefs-lieux de cité, un amphithéâtre où se donnaient des combats de gladiateurs; mais indépendamment des jeux de cet amphithéâtre, il y avait aussi des jeux scéniques à la manière grecque : — gymniques, musicaux;, littéraires, — qui étaient, croit-on, représentés sur un théâtre situé près de la Fontaine, au pied de la colline qui la domine au nord -est. Nimes est jusqu'à présent la seule ville de la Gaule où aient été retrouvés des souvenirs de ces jeux.
Les inscriptions, dont plusieurs sont aujourd'hui perdues, relatives aux spectacles de l'amphithéâtre sont rédigées en latin & sont toutes des épitaphes. On y rencontre des gladiateurs de plusieurs sortes : des rétiaires, des myrmillons, des thrèces, des essédaires, avec mention du nombre des combats qu'ils ont soutenus ou des couronnes qu'ils ont gagnées. Une de ces épitaphes rappelle un entrepreneur des jeux (mimerarius); une autre un curateur (n. 182 : curator htdi ou ludorum).
Les inscriptions qui se rapportent aux jeux
grecs sont presque toutes rédigées en grec, la plupart réduites à des fragments qui paraissent provenir, non pas d'épitaphes, mais de copies de décrets en l'honneur de vainqueurs aux concours auxquels ils donnaient lieu. Ces concours s'appelaient « synodes » (n04 99, 128), & ce nom est ordinairement accompagné de l'épithète « thymélique » ( n05 189, 190), par laquelle on apprend qu'ils étaient surtout musicaux. Ils étaient particulièrement sous le patronage de Bacchus(n. 190) & de l'empereur (n. 189), qualifié de « nouveau Bacchus ». Ils avaient, non moins que les jeux de l'amphithéâtre, un caractère sacré, & étaient présidés par un « grand-prètre » du titre d'archiereus (n. 99) & peut-être aussi, mais pas certainement, tfhierarchus, &, de même que le motif religieux des combats de gladiateurs était la conservation de l'empereur régnant, ils avaient pour principal objet la louange du prince. On y distribuait des récompenses sans doute de plusieurs sortes, mais notamment en argent. Des divers artistes qui coopéraient aux jeux grecs, sont mentionnés seulement un « acteur » : inw*piTij« (n. 190), des « joueurs de flûte » : ^opafawj & un chef d'orcliestre : yropvpfcaç. Une épitaphe latine (n. 197) fait connaître une troupe dite « de Memphius & de Paris », ayant peut-être à sa tête quatre administrateurs.
C'est l'empereur Hadrien qui a remis en honneur les jeux grecs, restés jusqu'alors presque exclusivement limités aux provinces orientales de
l'Empire romain. On a, par une inscription venue jusqu'à nous (n. 189), la preuve certaine qu'ils existaient à Nimes déjà antérieurement & au moins dès le temps de Trajan.
L'association des artistes scéniques grecs n'avait pas de siège fixe. Elle s'intitulait « universelle & ambulante » (nos 128, 189). Elle envoyait ses acteurs, aux époques convenues, dans les villes où étaient institués les jeux qu'elle avait à desservir. On ne sait pas si les jeux de Nimes étaient quinquennaux ou triennaux.
SPECTACLES DE L AMPHITHEATRE.
Epitaphe d'un curateur des jeux.
Moitié supérieure d'un cippe avec son couronnement; trouvée en 18 12 dans les ruines de l'ancien palais de justice (Pel.). L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures. Une élégante lysis, formée d'un arc abritant une permette & de deux volutes à rosace, surmonte la corniche. — Hauteur, om66 ; Largeur, 0*42 ; largeur de la partie encadrée, o"'3o.
43o COLLECTION EPIGRAPHIQUE DE NIMES.
C'VERATI'TRO PHIMI-IÎÏTÏI VIR AVG'CÔRPORaT' DEA- AVG'VÔCoN TIÔR'CVRATÔRi LVD^
Copie dessinée de M. Allmer : le point entre le D & l'M, à la première ligne, figuré par une liedera; des accents sur le premier Ode CORPORAT, sur le premier & le troisième de VOCONTIOR & sur celui de CVRATOR/.
Perrot, Antiquités, i836, p. i38. — Long, Mém. sur les antiq. du pays des Vocontiens, p. 127. — Pelet, Catalogue, p. 49. — Henzen, 5 224. — Herzog, n. 194. — E. Germer-Durand, Notes archéol., 1867, p. i5.
Diis ManibusC. Veratii Trophimi,seviri augustalis corporati Dea A ugusta Vocontiorum, curatori ludi
« Aux dieux Mânes de Caius Veratius Trophi- « mus, membre de la corporation des sévirs au- « gustaux de Die chez les Voconces, curateur des « jeux ».
L'état du texte ne nous permet pas de savoir si Veratius Trophimus était curateur des jeux à Die où il avait la dignité de sévir augustal, ou à Nimes, qui paraît avoir été sa patrie.
Epitaphe d'un rétiaire viennois.
Stèle à sommet cintré, découverte il y a quelques années dans la rue Charlemagne, entre le chemin de Saint-Gilles & celui de Géncrac. — Hauteur, im3o; largeur, om36.