‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 110 sur 261 · SIS'ANN-XXV · texte numérisé non relu

SIS'ANN-XXV

5 OPTATA'CONIVX

Estampage de M. Albin Michel & copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : lettres tendant à la forme cursive; le point avant VIIII & celui après N a la troisième ligne, celui après SIS à la quatrième, tous ceux de la dernière, faits en forme de virgule ou de C rétrograde.

E. Germer-Durand & Mowat, dans le Bulletin des antiquaires de France, 1879, pp. 184, 21 3, 293. — E. Germer-Durand, dans la Rev. des soc. sav., juin 1879, & dans la Rev. archéologique, 1880. — Fl. Vallentin, Rapport sur les découv. archéol. faites en Dauphiné pendant l'année 187g. — Allmer, Rev. épigr., 1, p. 172.

Retiarius. — L. Pompeius, (pugnarum ou coronarum) VII II, natione Viannessis, annorum XXV . Optata conjux de suo dat.

« Gladiateur rétiaire. — Lucius Pompeius, mis « en combat (ou couronné) neuf fois, né à Vienne, « mort à vingt-cinq ans, (repose ici). Optata, sa a femme, a, de ses deniers, fait faire ce tombeau ».

Les gladiateurs rétiaires tiraient leur nom d'un grand filet qui était leur arme principale & qu'ils tâchaient de lancer sur leur adversaire afin de l'en envelopper. Ils combattaient le corps nu ou simplement ceint d'une tunique & la tête découverte, avaient le bras gauche protégé par une manche & portaient, fixé sur le haut de l'épaule du même côté, un carré de cuir ou de métal. Ils avaient pour armes, outre le filet dont il vient d'être parlé, un trident à long manche & un poignard. Ils ne combattaient pas entre eux, mais contre le secutor, gladiateur armé à la légère, ou contre le myrmillon ou le samnite, qui, au contraire, étaient l'un & l'autre pesamment armés. (Voyez FRiEDLAENDER,dans \e.Handbuch, G, p. 540.)

Il n'y a, croyons-nous, aucun compte à tenir d'une petite figure en forme de virgule ou de C rétrogade qui précède, au commencement de la troisième ligne, le chiffre VIIII, & se retrouve plusieurs fois aux lignes suivantes, notamment à la dernière, comme signe de ponctuation. Si cependant cette figure est par hasard, non pas simplement un point, mais un C inverse, on pourrait

y voir, d'après l'inscription suivante de Vettius Gracilis cor(onarum) trium, une abréviation du mot coronarum.

Quoique gladiateur, Lucius Pompeius,qui porte un prénom & un nom gentilice, n'était pas un esclave, peut-être même pas un affranchi. Nous ne savons dire s'il était originaire de Vienne chez les Allobroges, qu'on ne trouve avec le nom de Vianna que dans des documents du moyen âge, ou d'une ville de Rétie que Ptolémée (2, 12) appelle Viana & place sur le Danube. (Voyez C. I. L., 3, p. j3q.) M. Hirschfeld (Gallische studien, i883, p. 58, note 3) n'hésite pas à le considérer comme Viennois.

Malgré les indices d'ancienneté fournis par l'absence de cognomen & par le redoublement de Vs dans le mot Viannessis , l'épi taphe de Lucius Pompeius ne remonte peut-être pas à une époque de beaucoup antérieure au troisième siècle. On y rencontre le mot natione exprimé abréviativement par une N surmontée d'une ligne horizontale. Borghesi (Œuvr., 6, p. 446) a cru pouvoir constater que l'emploi de la barre au-dessus des lettres comme marque d'abréviation, si ce n'est au-dessus des lettres numérales, n'était pas encore en usage dans les premières années du règne de Marc-Aurèle.

Voir sur une des épitaphes suivantes (n. 186) une Optata, femme du thrèce Aptus & peut-être la veuve de notre rétiaire.

Epitaphe d'un myrmillon éduen.

Stèle sans ornements, terminée en haut par un fronton triangulaire; extraite en 1810 ou 181 1 des déblais de l'Amphithéâtre (Trél., Pel.). — Hauteur, im; largeur, om5o.

M V R COLVMBVS»

SERENIANVS-XXV NAT'AEDVS 5 HIC-ADQVIESCIT

SPERATA-CONI\K

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : lettres tendant à la forme cursive ; un accent sur l'V de AEDVS, à la quatrième ligne; l'V & l'X de CONIVX, cà la dernière, liés en un monogramme.

Trélis, dans les Mém. de l'Acad. du Gard, 181 1, p. 387. — Pelet, Catal. du musée, p. 67. — Allmer, Rev. épigr., 1, p. 174.

Murmillo. — Columbus Serenianus annorum (?) XXV, natione Aeduus, hic adquiescit. Sperata, conjux.

« Gladiateur myrmillon. — Columbus, de la

« troupe de Serenus ; âgé de vingt-cinq ans, éduén « de naissance, repose ici. Sperata, sa femme ».

Les gladiateurs rétiaires avaient le plus souvent pour adversaires les myrmillons,qui combattaient à l'abri d'un grand bouclier terminé carrément & d'un casque à visière, avaient une manche au bras droit, une ocrea à la jambe gauche, une ceinture & se servaient d'un glaive à courte lame. (Voyez Friedlaender, dans le Handbuch, p. 5> 4 1 . ) Il y a apparence que le nom leur venait des myrmidons, les soldats d'Achille à la guerre de Troie. On croit cependant qu'ils pourraient aussi l'avoir tenu de celui d'un poisson appelé mormyr, dont la figure aurait décoré leur casque, ce qui aurait donné lieu à la chanson qu'on met dans la bouche du rétiaire : Non te peto, piscem peto ; quid me fugis, Galle? Cette provocation pourrait tout aussi convenablement avoir été chantée par le myrmillon, qui, feignant de prendre le rétiaire pour un pêcheur, l'aurait harcelé de son refrain : « Ce n'est pas toi que je veux; je veux ton poisson. Pourquoi me fuis-tu, Gaulois »?

Columbus ne s'appelait pas Serenianus, mais faisait partie d'une troupe appartenant à un maître laniste du nom de Serenus.

Le chiffre XXV, qui n'est accompagné d'aucune indication, peut s'interpréter soit par annorum XXV, « mort à vingt-cinq ans », soit, mais moins vraisemblablement, par pugnarum XXV, « mis en combat vingt-cinq fois ».

Remarquer, dans le mot Acdus pour Aeduus, remploi de l'accent en remplacement de la lettre absente, & dans le mot adquicscit, peu usité dans Pépigraphie romaine, l'expression peignant éne;giquement le terme des fatigues d'une vie tourmentée h dure à l'excès comme devait être celle des gladiateurs. C'est d'après cette même Liée que ce verbe & ses similaires, quiescere, requiescere, ont été ensuite si aiTectionnément employés par les chrétiens dans le début de leurs épitaphes.

CHAP. IV. INSCRIPTIONS MUNICIPALES. ^3j

Epitaphe d'un myrmillon.

Extrémité supérieure d'une stèle à sommet cintré ; trouvée en 1 8 1 i dans les déblais de l'Amphithéâtre (Trél.). L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures excepté la première ligne, gravée au-dessus de cet encadrement. — Hauteur, o'"32; largeur, ora5o; largeur de la partie encadrée, o'"33.

IVENCVS

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : lettres tendant à la forme cursive.

Trélis, dans les Mém. de l'Acad. du Gard, 1 8 1 1 , p. 387. — Pelet, Essai sur le Nymphée, p. 46. — Allmer, Rev. epigr., 1, p. 174.

Murmillo. — luvencus

« Gladiateur myrmillon. — luvencus

Epitaphe d'un thr'ece d'Alexandrie.

Stèle à sommet cintré, découverte en 1878 dans des travaux de terrassement exécutés rue Charlemagne, entre le chemin de Saint-Gilles & celui de Générac. — Hauteur, ora8o; largeur, om^b.

APTVS-NAT

ALEXSAND

RINVS'XXXVII

5 OPTATA-COIVX

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