L AT I N V S
Estampage de M. Aurès & copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : lettres tendant à la forme cursive.
E. Germer-Durand & Mowat, dans le Bulletin des antiq. de France, février 1880. — E. Germer-
Durand, dans la Rev. archéol., 1880. — Allmer, Rev. épigr., 1, p. 171.
Trex. — Q. Vettio Gracili , coronarum trium, annorum XXV, natione Hispano, donavit L. Sestius Latinus, doctor (':).
« Gladiateur thrèee. — A Quintus Vettius Gra- « cilis, couronne trois fois, mort à vingt-cinq « ans, Espagnol de naissance, Lucius Sestius La- « tinus, son professeur, a donné ce tombeau ».
Nous ne savons ce que signifie la lettre D qui termine cette épitaphe. C'est à tout hasard que nous proposons de l'interpréter par le mot doctor, qui, pour pouvoir être compris même par les gens du temps, aurait dû être écrit moins abréviativement.
Combat d'un rétiaire 8- d'un myrmillon , sur un médaillon de terre cuite.
Médaillon circulaire, détaché d'un vase de terre à couverte rouge lustrée; trouvé en 1845 près de Cavillargues , avec une urne cinéraire dont il couvrait l'orifice (Pel.). — Diamètre, omi6.
Dessin de M. Fr. Germer-Durand & moulage en plâtre de M. Albin Michel.
Pelet, dans les Mém. de l'Acad. du Gard, i85i, p. 35; Catal. du musée, p. 102. — De Longpérier, Catal. de l'Hist. du Travail, 1867, p. 68. — Héron de Villefosse, Galette archéol., 1880, p. 181.
La poterie à couverte rouge étant, en Gaule, non pas un produit de l'industrie locale, mais une marchandise d'importation provenant d'Italiç, il n'y a pas lieu de chercher dans le sujet qui décore notre fragment un rapport quelconque avec le lieu où il a été découvert.
Ce sujet est une lutte entre deux gladiateurs, scène empruntée, suivant toute apparence, aux spectacles des amphithéâtres de Rome. L'un des deux combattants, celui de gauche, facilement reconnaissable au trident à long manche qu'il tient à deux mains, est \in rétiaire. Il est entièrement nu, à l'exception des reins entourés d'une large & forte ceinture retenant un subligaculum,
& du bras gauche garanti, du poignet au coude, par un ceste, & plus haut, par une sorte de bouclier qui couvre l'épaule & même la dépasse assez pour préserver en même temps le visage.
Son adversaire, le combattant de droite, est un myrmillon, nu aussi presque entièrement & armé défensivement d'un casque à cimier & à visière, d'un grand bouclier carré demi-cylindrique, d'une ocrea à la jambe gauche & d'une large ceinture qui retient le subligaculum. Pour arme offensive il n'a qu'un glaive, invisible dans le dessin.
Un petit personnage qu'on aperçoit à distance, à la droite de chacun d'eux, portant un écriteau, fait connaître leurs noms : Xantus est le nom du rétiaire, Eros celui du myrmillon.
XANTVS EROS
CAESXV CAES XVI
Xantus, Caesaris , (pugnarum) XV. — Eros , Caesaris, (pugnarum) XVI.
Chacun des deux antagonistes a prés de lui, pour l'assister, un laniste. L'assistant de Xantus paraît attristé; il tourne avec découragement la tête de côté, comme pour se désintéresser d'un combat qui va se terminer malheureusement pour son combattant. L'attitude de ['assistant d'Eros, au contraire, annonce la joie du triomphe; il étend le bras droit vers les gradins & tient repliés sous la main le bout des doigts & le pouce ; il
semble demander au public la permission pour le combattant vainqueur, auquel il sert de témoin, de mettre à mort son adversaire.
Que cette permission soit ou non accordée, le vainqueur va sans doute all^r se joindre à un groupe de quatre gladiateurs qui occupent, en haut du médaillon, L'extrémité de l'arenc, où la légende :