‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 129 sur 261 · INSCRIPTIONS l'I'NKR A IRFS · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS l'I'NKR A IRFS

Les inscriptions de Nimes appartiennent à cette belle épigraphie des bords du Rhône, qui, beaucoup mieux que « la civilisation raffinée des ha- « bitants & la riche culture du sol » admirées par Pline au début de sa Description de la partie de la Gaule baignée par la Méditerranée, justifie aujourd'hui à nos yeux son impression : « que la « Narbonnaise était, à vrai dire, bien plus une « continuation de l'Italie qu'une province ».

Une pierre calcaire d'une nature éminemment propre au travail du ciseau, commune sur toute l'étendue du territoire, mais ne se trouvant pas en blocs considérables sans fissures, a permis d'y multiplier avec une extrême abondance les monuments funéraires sous formes de cippes-& de stèles. Stèles & cippes, à peu près en égal nombre & en général de dimensions modestes, s'y rencontrent partout, aussi bien dans la ville que dans les villages, enchâssés dans les murs des bâtiments où épars dans la campagne. Sur les stèles, l'épitaphe, ordinairement contenue dans un encadrement de moulures, prend place immédiatement au-dessous d'un fronton cintré ou triangulaire qui les termine en haut. Sur les cippes, cet encadrement occupe toute la hauteur du de & presque toujours est bordé d'un rinceau plus ou moins délicatement découpé & fouillé. Ce rinceau, avec

ses feuillages, ses fleurs, ses fruits, — on y voit aussi des oiseaux quelquefois, — est uni image de convention artistique des délices de l'Elysée, & telle de ces sculptures, qui roule parmi les pierres du chemin ou sert de borne au coin d'un champ solitaire, dégage encore, suave & exquis comme au premier jour, le parfum de poésie qu'y a mis, il y a dix-sept ou dix-huit siècles, le génie d'un artiste aujourd'hui aussi inconnu que l'hôte du tombeau décoré par lui d'un petit chef-d'œuvre. Il n'est pas rare que le buste du défunt, sculpté de haut-relief dans une niche, surmonte l'inscription; lorsque le mari & la femme sont ainsi figurés à côté l'un de l'autre, celle-ci est placée de manière à ce que le mari Tait à sa droite (la gauche du spectateur). Si plusieurs bustes sont alignés sur un ou plusieurs rangs, chacun d'eux correspond à une épitaphe gravée au-dessous. Ces bustes, au premier siècle & encore pendant une partie du second, sont pour la plupart des œuvres d'art remarquables. Le chapitre des Inscriptions municipales nous a montré plusieurs de ces cippes à portraits : un cippe (ci-dessus, n. i 58) avec quatre bustes; un autre (n. io5) avec les bustes d'un tribun légionnaire & de sa femme, flaminique augustale; celle-ci parée d'une élégante coiffure de mode au deuxième siècle, son mari dans son costume militaire; puis encore a passé sous nos yeux un très-grand & très-riche cippe de marbre (n. 116) élevé à la mémoire d'un décurion omamentarius, entièrement couvert de

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sculptures (S: le plus orne des monuments funéraires du musée de Mines. Le présent chapitre îles Inscriptions funéraires nous offrira un cippe pourvu de neuf bustes disposés sur deux re très. Sous le numéro 1 3 i a été donnée la description d'un somptueux tombeau sur lequel étaient représentés, en tort relief & à trois quarts de grandeur de nature, des groupes en pied; malheureusement, il ne reste de ce mausolée que des débris.

Tandis qu'à Arles, ville maritime en constante communication avec les côtes de l'Italie, les sarcophages de marbre sont relativement nombreux, à Nimes, chef-lieu d'un pays surtout agricole, ils manquent à peu près complètement.

Que des tombeaux dans le genre de celui qui est encore débout à Saint-Rémi aient existé à Nimes, il n'y a aucune bonne raison d'en douter; seulement, les vicissitudes du long espace de temps qui nous sépare des époques auxquelles ils peuvent avoir été construits ne leur auront par permis de venir jusqu'à nous.

Il eût été désirable de pouvoir diviser les inscriptions funéraires d'après la condition des personnes. Malheureusement la distinction dans le plus grand nombre des cas nous a paru impossible, &, outre cela, il arrive souvent que des personnes de conditions différentes se trouvent réunies dans une même inscription. Lorsque, à

côte des trois noms de la nomenclature romaine,

apparaît l'indication de la tribu, on reconnaît sans incertitude un citoyen romain; mais beaucoup plus fréquemment cette indication est absente, &, bien qu'il soit assez vraisemblable qu'un citoyen romain n'eût pas négligé d'énoncer sa tribu, on a néanmoins à hésiter entre un Romain & un Latin. Lin seul nom, suivi du complément de désignation « fils de tel », indique assez clairement un pérégrin ; mais quelquefois le mot filins manque & on peut ne pas savoir alors s'il faut comprendre « tils de tel » ou « esclave de tel ». Pour ces motifs, nous nous sommes abstenu de divisions & borne à indiquer la condition lorsque nous avons cru la reconnaître sûrement.

Bornes marquant les limites d'un emplacement funéraire.

Bornes au nombre de deux à sommet cintré, « trouvées le 4 mars 184^ dans un puits, arec « d'autres bornes anépigraphes, non loin de la «. voie Domitienne, près du pont biais de la route « de Montpellier » (Pelet). — Hauteur de chacune des deux, o"'45; hauteur au-dessus de la culasse,

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