‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 27 sur 261 · CHAPITRE I. — DIEUX, DEESSES, ETC · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — DIEUX, DEESSES, ETC

Autel votif trouvé, au mois de février 1760, « à la carrière qui est près de l'Echo de Nismes»». Recueilli & conservé dans le jardin de la maison Séguier, il vient d'être donné (octobre 1879) au Musée par M. Cabane de Florian. — Hauteur, o'Vjo; largeur, om4o.

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Rufina Lucubus v(otum) s{olvit) l(ibens) m(erito).

« Rufina aux Bois sacrés, avec reconnaissance, en accomplissement de son vœu ».

1 Sur l'Écho de Nimes, fort célèbre chez nos aïeux, & que l'exploitation de la carrière a fait disparaître, voici les renseignements que je trouve dans Guiran : Supra fontem nostrum celeberrimum, in locis montanis, juxta villam Moleri (aujourd'hui Mas-Moléry), resonabilis est écho, quae suavissimam distinctamque vocem resonat redditque. Foramen exiguum est in pede monticuli, parumque excavation, sine alla profunditate; cui si pronus adponis os cantans vel damans, postica collis parte singulas a te éditas voces (non septies, ut quidam praedicarunt) repetitas audient comités praesentes (voir J.-C. Frey, Admir . Gall.t p. 370). — Hue quandoque domicellae, cum adolescentulis convenientes, merendis se reficiunt & recréant. — (Antiq. & Inscr. Nemausenses, B. N., i3 8oo, p. 208.)

Bien que la latinité classique ne connaisse que la forme litcus, i, datif pluriel lucis, nous croyons que les divinités auxquelles Rufina a élevé cet autel ne sont pas autres que les « bois sacrés » des collines au pied desquelles s'épanche la belle source de Nemausus. On a bien proposé (Topogr. de Nismes), en s'appuyant de la forme lucu (ablatif (?) de lux) employée par Plaute & par Térence, dans le sens de « au jour, le matin », de voir dans lucubus le datif pluriel de lux, lucis. Dans ce cas, le vœu dont Rufina s'acquitte aurait été fait « aux flambeaux célestes, aux étoiles ». Mais il faut remarquer que, aux premiers siècles de notre ère, la colline près de laquelle a été trouvé cet autel était boisée, ainsi que les collines environnantes; & c'est surtout pour cette raison que l'interprétation lucubus = lucis nous paraît bien préférable à l'autre, lucubus = lucibus.

Baumes &Vincens, Top.de Nismes, p. 571, n. 10; Millin, Voy. dans le Midi de la France, t. 4, p. 264 ; Hist. de Lang., édit. Dumège, t. 1, p. 634, n. i3.

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